29 déc 2016

La douleur porte un costume de plumes

Porter, Max

la-douleur-porte-un-masque

Une femme meurt à la suite d’une chute banale. Elle laisse deux petits garçons jumeaux et son mari terrassés par le chagrin. Pour faire un lien avec la vie de l’auteur, mentionnons que lui et son frère ont perdu leur père en bas âge.
Un soir, on frappe à la porte de leur appartement londonien. Lorsque le père va répondre, il se trouve face à face avec un personnage très bizarre. Il s’agit d’un corbeau doté de la parole, mais pas d’une parole ordinaire. Non, sa parole est souvent poétique, parfois obscure, mais toujours vivante et captivante.
Ce corbeau s’est donné une mission. Il dit au père : « Je ne partirai pas tant que tu auras besoin de moi. » (p. 17) En fait, il permettra à chacun des membres de la famille d’extérioriser sa douleur. Corbeau représente l’imaginaire, le fantasme. Il est le réceptacle de la tristesse, de la colère, du déni, de l’impuissance et, plus tard, de l’instinct de vie et de la joie retrouvée.
La langue de Corbeau fait par moments penser au langage poétique d’Henri Michaud ou encore au langage exploréen de Claude Gauvreau.
Voici un très beau passage où s’expriment les garçons : « Il était une fois deux garçons qui faisaient exprès de mal se rappeler les choses qui concernaient leur père. Ça les aidait à se sentir mieux au cas où ils oublieraient des choses qui concernaient leur mère. » (p. 81)
À lire, très beau roman !

Titre original : Grief Is the Thing With Feathers

Membre : Ville Mont-Royal

Porter, Max. La douleur porte un costume de plumes, Éditions du Seuil, 2015, 2016, 121 pages.



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Pour laisser un commentaire

*