27 août 2015

La Cuisinière d’Himmler

Giesbert, Franz-Olivier

la cuisinière d'Himmler

Dans ce livre, on aborde la grande Histoire du XXe siècle à travers la petite histoire de Rose, la narratrice, qui a pour animal de compagnie une salamandre, Théo, à laquelle elle confie ses pensées et ses émotions. Elle lui avoue, page 20 : « J’ai cherché à mettre en garde l’humanité contre trois tares de notre époque, le nihilisme, la cupidité et la bonne conscience qui lui ont fait perdre la raison. » Toujours est-il que la vie de cette femme est rocambolesque et même loufoque ! Après avoir échappé au génocide arménien, elle survit, exploitée par tous ceux qui se trouvent sur son chemin. À 18 ans, elle réussit à ouvrir son premier restaurant à Marseille La Petite Provence ; elle en ouvrira un autre à Paris, aux États-Unis et même en Chine.
Elle fait fortune grâce aux bonnes recettes de sa grand-mère et compte parmi ses clients des célébrités. Elle soulagera Hitler grâce à ses tisanes. Elle compte sur Himmler pour retrouver son mari et ses deux enfants déportés.
C’est une éternelle amoureuse qui manifeste à tout moment sa joie de vivre, tout en supprimant sans remords ceux qui lui ont nui : « Je ne crois, dit-elle, qu’aux forces du rire, de l’amour et de la vengeance. » Elle incarne parfaitement la formule de Nietzsche : « Tout ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. »
L’auteur avait l’intention de faire rire, mais ce ne fut pas mon cas. À l’occasion, il donne l’impression qu’il règle des comptes, surtout avec Sartre et Simone de Beauvoir. Il est difficile de croire que ce roman est écrit par une femme : Rose n’est que l’auteur lui-même.
Lecture intéressante par moments, mais grinçante et trop caricaturale.

Membre : Outremont

Giesbert, Franz-Olivier. La Cuisinière d’Himmler, Éditions Gallimard, collection Blanche, 2013, 384 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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