29 sept 2022

La Cité des nuages et des oiseaux

Doerr, Anthony

La Cité des nuages et des oiseaux

La date du 14 septembre est encerclée sur mon calendrier depuis des semaines, il y est inscrit le mot DOERR. C’est alors que la version française du dernier roman d’Anthony Doerr sera en librairie. J’attends fébrilement ce jour, les critiques de La Cité des nuages et des oiseaux, sont élogieuses. Le New York Times a qualifié ce roman d’inventif qui « grouille de vie, convoque une somme impressionnante de savoir et d’expériences » ; le Wall Street Journal parle d’« une merveilleuse histoire, riche de personnages singuliers et d’une langue magnifique ».

Anne-Frédérique Hébert-Dolbec, dans le cahier livre du journal Le Devoir du 12 septembre dernier en faisait également l’éloge : « Un roman qui célèbre le pouvoir de l’écrit et de l’imaginaire ? Pas très original, pourrait-on penser. C’est avant de monter à bord de La Cité des nuages et des oiseaux (Albin Michel, 14 septembre), un voyage exaltant et inventif à travers le monde et le temps. De Constantinople à l’Amérique des années 1950, de l’époque moderne à un futur lointain où l’humanité joue sa survie à bord d’un vaisseau spatial, l’écrivain américain Anthony Doerr crée des personnages inoubliables, dont les destins se trouvent liés par un mystérieux texte de la Grèce antique. Un roman immersif et passionnant qui permet d’effacer, l’espace d’un instant divin, les contours de la réalité. Traduit de l’anglais par Marina Boraso. » (1)

Le livre que j’avais précommandé s’est chargé automatiquement sur ma liseuse à minuit, le 14 septembre. Depuis, je suis littéralement plongée dans ce ou plutôt ces récits fabuleux. Je me réjouis qu’il pleuve toute la journée, je pourrais accorder les 7 heures qu’il faut pour lire ce mastodonte de 695 pages.

Dès le point de départ, la dédicace m’interpelle puisque ce livre célèbre « tous les bibliothécaires passés, présents et à venir ». Je me suis demandé alors s’il s’agissait d’un recueil de nouvelles, l’auteur proposant les récits de cinq personnages dans cette saga se déroulant sur huit siècles. À peine fait-on la connaissance de Konstance dans son vaisseau spatial que Doerr nous présente une « autre petite fille curieuse » du passé (XVe siècle) à Constantinople. Une enfant avide de connaissances et qui apprend à lire grâce à un vieux sage.

Puis, le roman prend des allures de contes de fées alors qu’on fait la connaissance d’Omeir en Bulgarie. Nous sommes transportés ailleurs, en d’autres temps lorsque Zeno est présenté aux lecteurs, l’auteur propose finalement le fil de trame de ce « récit choral : un lieu qui va changer sa vie : la bibliothèque ». La littérature deviendra son nouvel univers. Puis vient Seymour, ce jeune garçon dont le seul ami « dans ce monde hostile » est une chouette. Seymour qui crie vengeance.

En acceptant l’étrange proposition d’Anthony Doerr, car je connais son habileté de conteur, je sais qu’on trouvera le fil de trame de ces récits. Je me laisse donc emporter dans ces fables où transpire l’amour des livres « des lettres, des contes, des mythes, des hommes » et qu’il y aura une « histoire cohérente, humaine et incroyablement émouvante ». (2)

Je retrouve avec bonheur l’auteur que j’ai tant admiré à la lecture de Toute la lumière que nous ne pouvons voir, couronné par le prix Pulitzer et vendu à plus de 20 millions d’exemplaires. Je renoue avec l’écrivain que j’honorais, dans mon commentaire publié sur le site des Irrésistibles le 5 décembre 2019 pour : « […] le regard intelligent qu’il pose sur la vie ; son langage élégant, fluide et précis ; la justesse avec laquelle il s’exprime ; la sensibilité lorsqu’il décrit une atmosphère ; sa tendresse pour des personnages fascinants ; sa sagesse quand il donne des leçons de courage, de volonté et de résilience ; son humanité  ; sa persistance à trouver de l’espoir […] ; sa capacité d’allumer un phare dans le brouillard ».

Ces propos, je les tiens également pour le livre La Cité des nuages et des oiseaux et je me délecte de la lecture de ce roman où l’espoir naît de la survie de la littérature, « un chef-d’œuvre d’humanité et d’intelligence », peut-on lire sur le site Babelio.

Je vous souhaite un magnifique voyage dans ce monde qui fait l’éloge de la transmission du savoir.

1. Soulignons la qualité de cette traduction d’une grande finesse et musicalité poétique.

2. Extraits du très beau texte de JustAword paru sur Babelio le 2 septembre 2022.

Titre original : Cloud Cuckoo Land

Membre : Monique L. de Sherbrooke

Doerr, Anthony. La Cité des nuages et des oiseaux, Éditions Albin Michel, 2021, 2022, 750 pages.



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