05 jan 2017

Kobra

Meyer, Deon

kobra-meyer

Benny Griessel, principal personnage du roman, est capitaine à la direction des enquêtes criminelles prioritaires de la commune de Bellville en Afrique du Sud, banlieue nord du Cap. On le voit au début du livre sur la scène d’un triple crime et d’un enlèvement, dans la maison d’invités sur une ferme viticole. Griessel est chargé de l’enquête.
Un ouvrier du vignoble a été tué de même que deux gardes du corps d’un citoyen britannique nommé Morris (faux nom). Les douilles des balles utilisées révèlent dessus le dessin d’un serpent extrêmement venimeux du Mozambique (il y en a plusieurs autres sortes dans le monde) : le cobra. (Le traducteur a conservé le titre allemand : Kobra).
Le deuxième chapitre nous présente Tyrone Kleinbooi, un pickpocket noir. Les touristes qui sortent des trains de banlieue, surtout les femmes, sont ses proies de prédilection. Il veut amasser des sous pour les études de sa soeur Nadia.
Sa méthode est simple : il prétend ramasser un objet par terre, tel une barrette pour cheveux ou autre objet de ce genre, et en profite pour voler le portefeuille à l’intérieur du sac à main de la victime. Là, on le regarde voler le portefeuille d’une dame qui n’est nulle autre que la collaboratrice de l’homme qui a été enlevé. Et dans ce portefeuille… il y a une carte verrouillée par un mot de passe d’un logiciel permettant de trouver des preuves évidentes de corruption d’hommes politiques dans divers pays ainsi que des banquiers. Tyrone se fait prendre.
Évidemment toute cette histoire, nous ne l’apprenons que progressivement. Tyrone le pickpocket s’en tire miraculeusement, semble-t-il, tandis que les « Kobra » abattent les policiers qui l’ont arrêté. Tyrone se rend compte que la carte dans le portefeuille a une valeur inestimable. La suite est une succession de petits événements menant au dénouement inéluctable de l’histoire.
Roman plutôt intéressant à comprendre bien que de nombreux personnages soient en scène. C’est qu’il est facile de s’apercevoir que la plupart sont des acteurs secondaires. On pense, en premier, que c’est un roman d’espionnage à cause surtout du citoyen britannique enlevé. Cependant nous sommes dans un seul pays, l’Afrique du Sud. Les douilles de balles et plusieurs tueurs à la recherche d’une carte très importante nous donnent à penser que c’est plutôt un roman policier.
Plusieurs petits faits incroyables. Ça n’arrive pas dans la vie, qu’à cela ne tienne, les péripéties sont décrites de façon extrêmement réalistes et on y croit.
Plusieurs thèmes abordés : le vol à la tire, l’enlèvement, l’organisation de malfaiteurs, l’alcoolisme, l’informatique, les téléphones cellulaires, les tueries massives. Il s’agit d’un genre policier « thriller » plutôt mordant par moments. Le style est nerveux, de plus en plus vers la fin, très maîtrisé, logique dans les moindres détails, imaginé avec brio.
La fin nous réserve cependant quelques surprises pas toujours heureuses. Évidemment tout ne peut pas être parfait en ce bas monde. Un livre à lire parce qu’il nous saisit de plus en plus fortement jusqu’à la fin.
Des questions restent en suspens : par exemple, M’bali, la policière, aura-t-elle son poste de capitaine ? C’est à vérifier dans un prochain livre de l’auteur.
L’intrique nous plonge dans un univers policier où la moindre erreur peut être fatale. Les personnages contribuent à l’action et apparaissent de la plus grande importance bien que leur psychologie relève plutôt de personnages de bandes dessinées. Ils sont décrits de façon très réaliste, mais ils ne sont attachants que vers la fin de l’intrigue.

Membre : Verdun

Meyer, Deon. Kobra, Éditions du Seuil, collection Points policier, 2013, 2014, 494 pages.



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