09 juil 2020

Hidden

McKenzie, Catherine

Hidden

J’ai choisi de lire Hidden par hasard, en le sélectionnant parmi les titres de Catherine McKenzie qui étaient disponibles à la bibliothèque.

Je me suis intéressé à cette auteure montréalaise, car je l’ai entendu faire une présentation au dîner annuel du fan club local de Sherlock Holmes et, considérant l’occasion, j’ai supposé qu’elle écrivait du mystère ou du polar, mais Hidden n’est ni l’un ni l’autre. McKenzie a commencé sa carrière en écrivant de la fiction pour femmes, parfois appelée « chick-lit ».

Avec Hidden (en 2013, et plus tard avec Fractured en 2016 et The Good Liar en 2018), elle s’est lancée dans la fiction psychologique avec une légère touche de thriller. Bien que ses personnages évoluent souvent dans le monde juridique (cabinets d’avocats et tribunaux), Catherine McKenzie commence à mettre de véritables éléments de polar dans son écriture uniquement avec I’ll Never Tell (2019) et You Can’t Catch Me (2020).

Hidden est très bien écrit. Il offre une histoire fascinante sur le deuil et l’adultère qui sait garder l’intérêt du lecteur. Ses personnages semblent tout à fait vrais et, lorsque la narration crée une tension croissante, vous ressentez vraiment de l’empathie pour les personnages. Elle réussit même à nous surprendre à la fin.

J’ai aimé lire ce roman, mais je n’ai pas pu éviter d’être ennuyé par la narration à la première personne, faite par trois personnages différents – incluant le personnage décédé au début du livre ! C’est plutôt inhabituel. J’aurais préféré qu’elle mette le nom du narrateur dans le titre de chaque chapitre (ce qui semble la pratique habituelle dans ce genre de narration), ce qui aurait évité la confusion, devant lire quelques pages dans chaque nouveau chapitre avant de savoir qui était le narrateur…

J’ai également remarqué que Catherine McKenzie avait « menti » dans sa présentation au club. Lorsqu’on lui a demandé si elle avait basé ses personnages sur elle-même, elle a répondu catégoriquement « non », arguant que lorsque les éditeurs disent « écrivez sur ce que vous savez », le public se fait une idée fausse en pensant que les auteurs écrivent sur eux-mêmes. Au contraire, mon expérience dans le monde littéraire me dit que les écrivains (consciemment ou non) mettent toujours une part d’eux-mêmes dans leurs personnages. Ceux de McKenzie travaillent souvent dans le monde juridique, alors elle utilise clairement une partie de « ce qu’elle sait » (sa propre expérience en tant que femme, en tant que mère, en tant qu’avocate) pour créer le cadre de ses fictions.

Dans Hidden (p. 303), Jeff accuse Tish d’avoir menti à propos de son handicap au golf, mais elle répond qu’elle lui a parlé de ses mauvais roulés lors de leur première rencontre, ajoutant : « Je me souviens toujours parfaitement des conversations. » McKenzie a utilisé cette même phrase (« I have perfect recall of conversations »), mot pour mot, lors de sa présentation en expliquant qu’elle recourait parfois dans ses livres à de vraies conversations qu’elle avait eues ou avait entendues. Ceci conclut mon plaidoyer.

Hidden est une très bonne lecture. Je l’ai beaucoup appréciée. Il est parfois agréable de lire un livre simple sur la vie complexe des gens ordinaires. Je vais certainement essayer de lire davantage d’oeuvres de Catherine McKenzie. Je vous recommande d’en faire autant.

Titre original : Hidden

Pour un lectorat adolescent (16+).

Membre : Claude J, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension

McKenzie, Catherine. Hidden, Éditions HarperCollins, 2013, 360 pages.



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter