24 août 2017

Fin de cycle : aux origines du malaise politique québécois

Bock-Côté, Mathieu

Fin de cycle

Relire un essai politique datant de quelques années permet de tester la pertinence des thèmes que l’auteur y a abordés. Celui-ci a bien vieilli : malgré les nombreux événements survenus dans notre paysage sociopolitique depuis 2012, il demeure d’actualité, car les questions qu’il soulève n’ont pas trouvé de réponses satisfaisantes à ce jour.

L’auteur se définit comme un conservateur, en ce sens qu’il estime (avec Alain Finkielkraut, entre autres) que chaque être humain est le produit d’une société, une société qu’il est à la fois utopique et dangereux de vouloir réinventer à chaque génération. Créer un homme nouveau fut l’utopie des marxistes et des millions de gens ont payé cette utopie de leur vie ; il a fallu longtemps à des intellectuels comme Sartre pour le réaliser et s’en détacher.

C’est un reproche de cette nature qu’il adresse à une frange de ceux qui ont fait la Révolution tranquille. L’objectif de départ était principalement de permettre au Québec d’acquérir une plus grande autonomie et, avec René Lévesque, une large coalition s’est constituée pour y parvenir. Cependant, à partir surtout des années 2000, un discours social qualifié de progressiste a pris le dessus, amenant à rejeter comme périmés tous les acquis antérieurs (éducation, religion, valeurs sociales, etc.), rendant de plus en plus difficile la coalition. C’est ce que l’auteur qualifie de « fin de cycle ».

Paradoxalement, la gauche multiculturaliste et la droite libertarienne contribuent selon lui à la désagrégation de la société québécoise. Il appelle de ses vœux, mais ne la voit pas dans un avenir prochain, une réappropriation par les Québécois de leur histoire et de leur contribution aux valeurs de l’Occident.

Membre : Pierre, abonné de Guèvremont

Bock-Côté, Mathieu. Fin de cycle : aux origines du malaise politique québécois, Éditions du Boréal, 2012, 184 pages.



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