08 sept 2016

Femmes d’homosexuels célèbres

Larivière, Michel

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Seize portraits de couples dont la femme était mariée à un homosexuel. Allant de deux souverains anglais (Richard Cœur de Lion et Édouard II) dont les chroniqueurs médiévaux auront retenu le récit, jusqu’aux XIXe et XXe siècles où l’on retrouve des couples dont presque tous les conjoints étaient des écrivains : Goethe, lord Byron, Jules Verne, Verlaine, Oscar Wilde, Gide, Loti, Aragon, Jouhandeau. Des portraits où il s’avère, le tabou de l’homosexualité ayant prévalu jusqu’aux années cinquante, que toutes les conjointes, sauf une, s’étaient mariées sans se douter le moindrement du penchant de leur mari. Et qui plus est, qu’elles auront ensuite pris beaucoup de temps pour finalement s’en rendre compte. Et une fois cela fait, plusieurs croiront pouvoir « reconquérir » leur mari, ce qui de l’avis de l’auteur du livre – lui-même homosexuel – serait une chose tout à fait impossible.
Des couples où l’homme souhaitait avoir une conjointe sans qu’il y ait de rapports physiques entre eux et qu’elle lui laisse toute liberté dans ses relations avec ses amis, tout en étant bonne maîtresse de maison, permettant ainsi de donner le change quant à la « normalité » du couple en ces temps, l’auteur le répète, où l’homosexualité était tue.
Comment chacun s’en accommodait-il parmi les seize couples étudiés ? Cela pouvait aller d’un poète Lord Byron qui, excédé de la présence dévouée de sa femme, s’emportait et l’invectivait, à un Verlaine introduisant dans son foyer un Rimbaud, odieux gamin complètement asocial. À quoi opposer l’image d’un Pierre Loti, père aimant et conjoint respectueux de sa femme, qui savait mener intensément en d’autres lieux sa vie bisexuelle.
Du côté des conjointes, il y aura la belle Constance qui n’hésitera pas à visiter Oscar Wilde en prison lorsqu’en 1895, celui-ci sera arrêté pour « mœurs contre nature », tandis que face à la découverte de telles mœurs, la reine Isabelle, au contraire, complotera la mort de son conjoint, Édouard II, en ayant recours au supplice de la barre de fer rougie au feu. Solution moyenâgeuse pour le moins, on est dans ce cas à mille lieux du mariage blanc amical, choisi d’un plein commun accord entre André Gide et sa cousine.
Le livre se terminera par le récit de couples atypiques, dont un où l’épouse était lesbienne, et surtout par le portrait du couple constitué de lady Simpson et du duc de Windsor, vous savez ce roi George V dont on dit qu’il avait renoncé au trône d’Angleterre par amour – digne d’un roman Harlequin. Un portrait tout faux, de dire l’auteur du livre, ce couple se méritant un jugement sévère, très sévère et démystifiant, de la part de Michel Larivière.
Pour ma part, un petit livre écrit sans aucune recherche d’écriture, mais qui, s’agissant pour la plupart de portraits de couples où il y avait un écrivain, m’a fait me demander ce qui en aura été ici, au Québec, du mariage d’une Gabrielle Roy. Mariage sous le signe de la détresse et de l’enchantement ?

Membre : Jean-Marc

Larivière, Michel. Femmes d’homosexuels célèbres, Éditions La Musardine, 2016, 142 pages.



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