08 nov 2018

Être ici est une splendeur. Vie de Paula Becker

Darrieussecq, Marie

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C’est une biographie de Paula Becker, peintre allemande, mais amoureuse de Paris, qui compte parmi les premiers impressionnistes et la première à peindre des nus de femmes.

L’auteure, écrivaine et psychanalyste, a « rencontrée » Paula B. en 2010, sur une annonce pour un colloque de psychanalyse portant sur la maternité. Elle admire alors un tableau de Paula B. représentant une femme nue allongée qui donne le sein à son bébé. Elle est frappée par cette représentation de la femme et de la maternité, comme elle le dira tout au long de son livre : « De vraies femmes […] qui ne sont ni aguicheuses (Gervex), ni exotiques (Gauguin), ni provocantes (Manet), ni victimes (Degas), ni éperdues (Toulouse-Lautrec), ni grosses (Renoir), ni colossales (Picasso) […] aucun jugement. Elle montre ce qu’elle voit. »

« Être ici est une splendeur » est en fait une parole de Rainer Maria Rilke dont il est beaucoup question dans cette biographie. L’auteure y cite plusieurs passages de Lettre à un jeune poète, de correspondances avec Paula B., de petits poèmes pour elle, ainsi que du Requiem pour une amie. « Qu’elle fut courte ta vie » écrit-il. Cette amie est Paula Becker, avec laquelle il a eu des fréquentations assidues, parfois charmantes, parfois tendues, et qui est morte très jeune.

Cette peintre était aussi passionnée de la vie, des landes, des fleurs, des carnavals, des confettis et de la ville de Paris, où elle apprécie « la joie de vivre des Français » et où elle reviendra travailler très souvent dans un petit atelier bien choisi. Elle est également une femme avide de liberté qui s’accommode peu de la vie maritale. Son mari, Otto Modershon, peintre reconnu, en souffre, mais lui voue un amour indéfectible et la soutient toujours.

C’est un mécène brêmois, écrit Marie Darrieussecq, fit sa fortune colossale en inventant le café décaféiné. En 1927, il mit sur pied la Maison Paula Becker-Modersohn. Une partie des œuvres de la peintre furent détruites par les nazis pendant la guerre et, note l’auteure, il est curieux que « sa » ville de Paris ne l’aie jamais exposée. Elle ajoute : « Faut-il croire que le fait d’être femme l’arrêta à la frontière ? » Mais c’est justement en 2016 que Marie prépara une exposition sur Paula au musée d’Art moderne de Paris. Quel beau voyage pour le lecteur aussi !

Membre : N.L., Île-des-Soeurs

Darrieussecq, Marie. Être ici est une splendeur. Vie de Paula Becker, Éditions P.O.L., 2016, 152 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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