08 mai 2014

Et au pire, on se mariera

Bienvenu, Sophie

Et au pire, on se mariera

Il arrive parfois que l’on découvre une perle. Sophie Bienvenu nous offre un collier de perles. Je croyais que Soie (1997) d’Alessandro Baricco était mon meilleur roman à ce jour. Je n’en suis plus aussi sûre. Dans un autre registre, le roman de Sophie Bienvenu est tout aussi percutant. On sort de cette lecture ne sachant pas s’il faut rire ou pleurer. C’est à crever le cœur.
Aïcha, adolescente de 13 ans, se raconte ou plutôt raconte « sa vie » à une interlocutrice dont on ne saura jamais s’il s’agit d’une travailleuse sociale, d’une psychologue ou d’une policière. Pourquoi ? Le dénouement ne nous en révèle pas beaucoup. Aïcha parle, parle, parle et la personne à qui elle s’adresse ne s’exprime jamais. On comprend qu’il y a des questions ou des réponses à « … » que l’on retrouve partout entre les récits (fabulations d’une adolescente ?). À nous d’imaginer une partie du dialogue.
Phrases coup de poing. Par exemple, Aïcha révèle que quand elle pense à quelque chose de souffrant, un personnage lui répond : « Quand tu y penses, n’y pense pas »… Le livre est truffé de ce genre d’incongruités.
Ce roman a parfois été qualifié de vulgaire. Il est tout simplement réaliste. Cette adolescente vient nous chercher dès la première phrase du roman. Il faut avoir du temps devant soi, car une fois ouvert, ce livre, on ne peut le quitter avant de l’avoir tout lu – 152 pages.
J’avoue ne pas avoir les mots pour rendre adéquatement hommage à Sophie Bienvenu. Je la remercie et je vous incite à ne pas manquer ce petit chef-d’œuvre.

Membre : Île-des-Sœurs

Bienvenu, Sophie. Et au pire, on se mariera, Éditions La Mèche, 2011, 151 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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Une réponse pour “Et au pire, on se mariera”

Luc Jodoin dit : - 8 mai 2014

Excellente recommandation J'ai moi aussi adoré ce livre.

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