Éloge de l’oisiveté
Russell, Bertrand
Un court et fort texte de Bertrand Russell. Il reprend là où nous avait laissé Paul Lafargue dans Le droit à la paresse : réfutation du droit au travail de 1848 (1992). L’auteur y stigmatise la bêtise humaine, la surconsommation et la folie du travail. Travailler quatre heures par jour devrait suffire dans nos sociétés modernes, pense l’auteur. Je vous laisse méditer un extrait un tantinet prémonitoire. C’est écrit en 1932, juste avant la Seconde Guerre mondiale : « L’une des choses les plus banales que l’on puisse faire des ses économies, c’est de les prêter à l’État. Étant donné que le gros des dépenses publiques de la plupart des États civilisés est consacré soit au remboursement des dettes causées par des guerres antérieures, soit à la préparation de guerres à venir, celui qui prête son argent à l’État se met dans une situation similaire à celle des vilains personnages qui, dans les pièces de Shakespeare, engagent des assassins. En fin de compte, le produit de son économie sert à accroître les forces armées de l’État auquel il prête ses épargnes. De toute évidence, il vaudrait mieux qu’il dépense son pécule, quitte à le jouer ou à le boire… »
Russell, Bertrand. Éloge de l’oisiveté, Éditions Allia, 2002.
Catégorie : Documentaires/Essais
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