21 jan 2016

Elizabeth Rex

Findley, Timothy

elilsabe findley

C’est une pièce de théâtre non traduite en français ; publiée à la fin de sa vie et écrite, peut-être, alors que Findley était à l’apogée de son art. En témoigne, à mon avis, ce petit extrait, un dialogue entre la reine Elisabeth et la costumière…
« Êtes-vous aussi aveugle que vous semblez l’être (you seem) » dit la reine ? « Je suis aveugle parce que je couds (I seam)… c’est le monde qui me déconcerte. » « Il nous déconcerte tous » dit Elisabeth. « Pas lui » dit la costumière en désignant Shakespeare : « […] il trie mes fils, les démêle et… sews it back together. Same as he sews his people. »
Elisabeth : « Master Shakespeare. A tailor of lives, is that it ? » « Peut-être » répond celle-ci « But it takes an actor to wear them. » Un regard amusé sur le passé où les acteurs ne pouvaient être que des hommes et un regard profond sur les hommes de tous les temps avec leurs ambigüités, leur complexité.
Je crois aussi que Timothy Findley s’amuse un peu avec ses lecteurs avec la multitude de ses personnages ambigus et intrigants. Mais il y a une morale à cette histoire. Elisabeth dit : « I shall die of regret… for never having been myself. » Elisabeth qui se faisait appeler « le prince de l’Europe », mais à laquelle n’échappait pas la difficulté des relations amoureuses.
Dans sa courte préface, qui est presqu’un livre en soi, l’auteur cite Glenn Gould : « […] all that matters is that you become yourself. »
Un livre à savourer.

Prix du Gouverneur général du Canada en 2002.

Membre : Île-des-Sœurs

Findley, Timothy. Elizabeth Rex, Éditions Blizzard, 2000, 79 pages.



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