31 août 2012

De colère et d’espoir

David, Françoise

Actualité aidant, je suis retourné lire le carnet de Françoise David. Pour aller plus loin, pour m’imprégner des enjeux sociaux qui se jouent dans la campagne électorale en cours, pour regarder le monde autrement. Il s’est trouvé de mauvaises langues et de mauvais analystes pour affirmer que la prestation de madame David au débat des chefs n’avait rien d’étonnant étant donné qu’elle n’avait rien à perdre… Hum. Je peux pour ma part vous assurer que vous avez tout à gagner à lire ce carnet pour sortir des ravins et des caribous battus de la politique et de ces campagnes électorales qui semblent vouloir se gagner avec les mots-clefs de la facilité : ménage, changement, mains libres, mains sales, mains attachées, compressions, efficacité, efficience, productivité, effort, paresse, belle vie… Sans compter l’infâme « La Rue ». Lisez ce carnet, vous verrez que la démocratie s’incarne aussi dans La Rue, Le Rang, La Ruelle. Lisez le chapitre « Verdir l’économie » pour bien saisir le rôle qu’a joué La Rue justement (la participation citoyenne) pour refroidir les ardeurs des tenants du développement aveugle de l’exploration et de l’exploitation pétrolière et gazière dans l’estuaire du St-Laurent. Comment le gaz de schiste est devenu le gaz de la colère d’une population aux aguets (pas seulement aux quatre ou cinq ans, lors d’élections lancées au vu de sondage ou de crise appréhendée). Faites une petite virée du côté de Rabaska. Indignez-vous avec les Maskoutains. Parcourez le pays inclusif de ses rêves, son écoute de la différence, sa défense bec et ongles du français. Saisissez le grand écart, la paupérisation grandissante de larges couches de la population. Attardez-vous un instant sur ce qu’elle dit de l’économie de l’ordinaire, pas celle de la dévastation et du profit à tout prix. J’ai vraiment été séduit par l’action (40 ans) sociale, féministe et écologiste de madame David. Une pensée toujours en mouvement qui s’est développée au contact des citoyens et des groupes de pression. Loin de tout dogmatisme, quoiqu’en disent certains en manque de vocabulaire. Une pensée ouverte pour faire la politique autrement. Elle a « gagné » ce débat parce qu’elle est l’incarnation et la voix de l’autre, de « nous-autres ».



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Membre : Montréal

David, Françoise. De colère et d’espoir, Éditions Écosociété, 2011.

Catégorie : Documentaires/Essais

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