11 jan 2013

Dans les forêts de Sibérie : février-juillet 2010

Tesson, Sylvain

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« Je m’étais promis avant mes quarante ans de vivre en ermite au fond des bois ». Tel est le point de départ d’un voyage qui a duré six mois, seul, dans une cabane sibérienne sur les bords du lac Baïkal par des températures pouvant atteindre -30 degrés. Des livres, des ours, des bouteilles de vodka, des cigares, des oiseaux, des chiots, des bonheurs intenses. L’écrivain venu chercher le silence et la solitude évoque, dans son journal, un ermitage vécu de février à juillet 2010.
« Si l’on se demande pourquoi on répond à l’appel de la forêt, on laisse passer l’appel de la forêt. Ma famille m’a légué une énergie vitale maladive. J’ai besoin de m’esquinter et de m’épuiser. J’appartiens à une génération et un milieu privilégiés. Je mène un combat contre moi-même. Je livre une guerre contre le confort et le conformisme. »
« On est dans les villes comme des hamsters dans une cage en plastique. J’ai voulu connaître l’étirement du temps. Disposer de 24 heures en sachant qu’elles ne me seront pas volées. Les hommes politiques me donnent particulièrement l’impression de posséder une fébrilité d’animal de laboratoire, ils n’ont pas une heure à eux dans leur emploi du temps. Ils bavardent et gesticulent. Je n’aurais pas aimé entendre Jean-François Coppé frapper à la porte de ma cabane en Sibérie. »
Tesson pourrait faire sienne la phrase de Jean-Jacques Rousseau avouant fuir les hommes pour éviter de les haïr. Près de la nature, loin des hommes « il est impossible d’être réactionnaire quand on est voyageur. On se demande sans cesse quelles surprises et nouveautés se trouvent derrière chaque montagne envisagée… L’Homme avec un grand H n’existe pas. »
Dans les forêts de Sibérie, qu’est-ce que Sylvain Tesson aurait appris durant ses six mois, dans une cabane, à cinq heures de marche de la plus proche présence humaine ? Le courage des mésanges, la beauté du printemps, le réconfort de la littérature et surtout la paix, le plus dur à trouver sur terre. Partir au bout du monde, c’est partir au bout de soi pour retrouver la paix intérieure.
Le propos est riche et poétique, c’est le dépaysement total. Donne envie de se nicher dans sa propre cabane loin des travers de notre temps.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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Membre : Outremont

Tesson, Sylvain. Dans les forêts de Sibérie : février-juillet 2010, Éditions Gallimard, 2011, 288 pages.

Catégorie : Livres audio, Récits de voyage, Romans : étapes de la vie

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