22 fév 2018

Dans la solitude des champs de coton

Koltès, Bernard-Marie

Dans la solitude des champs de coton

Grand fracas à l’Usine C le 10 février dernier lors de la présentation de la pièce de Bernard-Marie Koltès, Dans la solitude des champs de coton.

Avant d’aller voir la pièce, j’avais lu deux fois le texte de Koltès. Un regard un peu intellectuel, j’avais bien vu la joute verbale entre les deux protagonistes, un texte époustouflant, mais j’avais un peu raté son côté animal, rugueux, explosif. Toutes choses magnifiquement bien rendues par les acteurs, Sébastien Ricard et Hugues Frenette.

J’avais bien lu les lignes de fuite. Les jeux d’opposition : le haut / le bas ; l’homme / l’animal ; le possédant / le requérant ; le demandant / le demandé ; le chaud / le froid ; le désir / l’objet du désir ; le creux / la saillie ; l’offre / la demande ; le mâle / la femelle ; l’humilité / l’arrogance ; le clair / l’obscur ; l’humilité / l’arrogance; les lignes droites / les lignes courbes (fatales) ; le licite / l’illicite, l’envers / l’endroit et la botte qui ne peut qu’écraser le papier gras.

Toutes ses oppositions explosent dans le jeu physique, olympique et exténuant de deux acteurs. Ricard n’en peut vraiment plus à la fin. Il mâche ses mots et c’est beau. C’est un peu une fin impossible, le début de la fin du monde.

Même si la pièce n’est plus présentée à Montréal, vous pouvez vous reprendre à Ottawa au Centre national des arts où elle est à l’affiche jusqu’au 24 février 2018.

Membre : J. de Rosemont

Koltès, Bernard-Marie. Dans la solitude des champs de coton, Éditions de Minuit, 1987, 64 pages.



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