03 mai 2018

Dans la main du diable

Garat, Anne-Marie

Dans la main du diable

Découvert au hasard du forum (peut-être celui des Irrésistibles), je commence à lire l’œuvre d’Anne-Marie Garat par Dans la main du diable. J’en ressors tout éblouie d’avoir pu revivre mes émois (tempérés par l’âge et l’expérience hélas !) de lectrice, jeune adolescente à la découverte des plus belles plumes, celles qui n’hésitaient pas à allonger le moment en décrivant à pleines pages, l’émotion, l’espace et le temps sans pour autant nuire à l’histoire.

Car oui, histoire il y a et elle est bien ficelée. On y retrouve tous les genres : policier, historique, romanesque et même sentimental. Les intrigues foisonnent, l’époque est superbement et minutieusement documentée et la psychologie des personnages est finement dépeinte avec beaucoup de justesse.

Dans la main du Diable est le premier volume d’une trilogie, fresque épique et familiale, qui se déroule de l’aube de la Première Guerre mondiale jusqu’aux années 60.

L’histoire racontée dans le premier tome se passe à l’automne 1913. Gabrielle Demachy et sa tante Agota, sont convoquées au ministère de la Guerre où elles reçoivent la nouvelle de la mort d’Endre, l’amour disparu de la première, le fils de la seconde. Décidée à tout savoir sur les circonstances de la disparition d’Endre, ingénieur chimiste parti en mission il y a six ans en Birmanie, Gabrielle va mener une dangereuse enquête et, au travers de cette aventure, c’est toute la France du début du XXe siècle qu’Anne-Marie Garat nous fait revivre sous sa plume : l’émancipation des femmes, les premières grèves ouvrières, la pauvreté des classes populaires, la montée de l’anarchisme, l’éclosion du syndicalisme, le début du cinématographe, le déclin de la Troisième République, etc.

Je ne bouderai pas mon plaisir et je vais continuer de lire cette auteure car, force est de constater de par l’émotion ressentie à la lecture de ce roman, que la richesse du vocabulaire, l’écriture finement ciselée, la qualité de la structure de la phrase et de son rythme, la justesse du propos jusque dans les détails révélés par les mots justes, que tout cela, réunit au service d’une histoire, me procure plus de plaisir que l’intrigue elle-même.

Je referme le livre avec nostalgie, un soupçon de tristesse, me sentant un peu abandonnée. Anne-Marie Garat est une fameuse conteuse !

Membre : Outremont

Garat, Anne-Marie. Dans la main du diable, Éditions Actes Sud, 2006, 906 pages.



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