25 nov 2021

Courir après les ombres

Vinson, Sigolène

Courir après les ombres

Paul Deville, économiste désabusé qui s’est donné pour but de déstabiliser l’économie capitaliste occidentale, est chargé par une multinationale chinoise de négocier les ressources du détroit de Bab-el-Mandeb au golfe d’Aden.

Depuis des années, la Chine installe des bases navales le long des routes commerciales que ses porte-conteneurs empruntent et ce, afin de garantir leur sécurité. En échange du droit de s’installer, elle construit des routes, des hôpitaux, des écoles, mais surtout signe des contrats à son avantage pour exploiter les ressources du pays hôte. Ces bases constituent ce qu’on appelle le collier de perles.

Il va ainsi de port en port constater les ravages de la mondialisation, de la perte des identités culturelles aux décharges sauvages de produits toxiques (nucléaires) dans les eaux territoriales des pays d’accueil. Instrument conscient de ce carnage, tiraillé, en quête d’identité, il se crée une chimère et cherche à retrouver les « écrits jamais écrits » du poète Arthur Rimbaud.

Excellent livre. Ségolène Vinson a vécu à Djibouti et cela se sent tant les descriptions des paysages sont d’une beauté époustouflante comme le sont ceux de la Corse qu’elle a décrits dans son premier roman, Le Caillou (2015). Les personnages qu’elle met en scène ont tous une faille que rien ne semble pouvoir colmater. Certains arriveront à survivre à leur destin, d’autres connaîtront une fin violente qui mettra un terme à leurs angoisses. Lesquels auront été les plus chanceux ? Je ne saurais le dire…

Membre : Christine d’Outremont

Vinson, Sigolène. Courir après les ombres, Éditions Plon, 2015, 208 pages.



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