31 mai 2018

Continental Drift

Banks, Russell

Continental Drift

Une histoire très habilement menée sur le rêve américain que poursuivent des personnages totalement différents : un simple ouvrier américain qui n’en peut plus d’un travail répétitif et une haïtienne dans la misère la plus totale qui doit quitter son pays.

L’auteur connaît bien son sujet parce qu’il a un parcours qui nous est esquissé à la fin du livre, avec des périodes de tourments et de pauvreté. Il a lui-même été « très bas » et, dit-il, s’il n’avait pas trouvé l’écriture, il aurait probablement fini poignardé dans la cour d’un bar, par quelqu’un ou par lui-même, car il reconnaît avoir eu de fortes tendances autodestructrices à la suite d’une enfance troublée avec un père alcoolique et abusif.

Banks est parti de chez lui à 16 ans, a parcouru la Floride et la Jamaïque qui seront les décors de plusieurs de ses livres. Il a exercé divers métiers ennuyeux et c’est souvent sur cela qu’il écrit, en somme une petite vie de misère.

Dans ce roman, l’analyse des caractères est remarquable, les tourments intérieurs des personnages donnent le frisson, mais sont parfois à peine tolérables.

Auteur souvent noir, sans espoir sur la nature humaine, en général, mais Freud n’a-t-il pas dit lui aussi qu’il était pessimiste sur le devenir de l’être humain, tout en offrant, lui, des pistes de solutions ?

Il ne semble pas y avoir beaucoup d’espoir dans ce livre : la Floride est le lieu de richissimes propriétaires souvent corrompus et qui côtoient avec indifférence la misère noire dans tous les sens du terme. Je lui en veux un peu d’avoir noirci certains de mes souvenirs d’une mer si belle et vivante, parce que c’est là que se passe le pire du roman, près du phare de Pompano.

Je dirais que si le roman est bien écrit, avec un langage simple qui convient, et qu’il y a même parfois un peu d’humour, il y a trop d’horreurs et quelques longueurs dans son récit. Par exemple, lorsqu’il s’attarde un peu trop, à mon avis, sur la description des cérémonies quasi shamanistes, ou sataniques de certaines populations. On s’y perd.

Si parfois on a l’impression d’un cauchemar, je reste impressionnée par la dernière partie du livre où le personnage principal est en proie à une culpabilité insoutenable.

Un conseil : faites attention si vous aimez la mer de la Floride.

Publié en 1987 sous le titre Terminus Floride.

Titre en français : Continents à la dérive

Membre : N.L., Île-des-Soeurs

Banks, Russell. Continental Drift, Éditions Actes Sud, 1985, 1987, 577 pages.



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