19 jan 2023

Confessions animales : bestiaires. 1

Bouchard, Serge

Confessions animales

Ce livre est un pur bonheur. Du grand Serge Bouchard. Le lisant, je n’arrêtais pas de sourire. Il s’agit d’un bestiaire. Quarante-quatre espèces d’ici y prennent la parole pour nous rappeler une sensibilité, des savoirs que, bétonnés dans nos vies urbaines, dans nos banlieues géométriques, propres et gazonnées, nous avons oubliés. Que voulez-vous, le Wi-Fi, la 4G, la 5G, la 1000G, nous ont déconnectés de la nature.

Nous en apprenons ainsi sur les comportements de ces animaux, sur nos rapports avec eux, sur l’imaginaire auquel ils ont donné naissance, en particulier chez les Amérindiens qui ont fondé sur eux leurs mythologies. Tout un monde de proximité entre homo sapiens et les autres espèces animales.

C’est documenté, rigoureux, mais sans lourdeur. Vous trouverez au contraire dans ces pages des bonheurs de formulation, une poésie imprégnée de grands espaces. Et puis Bouchard est une loutre, il faut qu’il s’amuse.

Sa prose est truffée de références qui n’ont aucune raison d’être, sinon le pur plaisir du jeu. En voici quelques-unes : « Chassez, chassez, chassez le lièvre, il en restera toujours quelque chose » ; « Le petit père des petits peuples du Nord » ; « Le loup est un homme pour le loup » ; « Quand t’es-tu promené la dernière fois dans les bois ? Homme, y es-tu ? » ; « Qu’est-ce que le spasme de vivre, serai-je aimé, serai-je aimé ? » ; « Voir un loup et mourir » ; « Des souris et des hommes, il faudrait faire l’histoire » ; « Humain, trop humain » ; « Mon pays s’appelait Terre Inconnue des Hommes »…

Chaque foyer québécois devrait avoir ce livre, à côté du dictionnaire.

Membre : S. de Montréal

Bouchard, Serge. Confessions animales : bestiaires. 1, Éditions du Passage, 2006, 126 pages.



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