18 mar 2011

Colette, La vagabonde assise

Dufour, Hortense

J’ai lu avec curiosité cette biographie fort bien documentée. Colette est une auteure que j’ai fréquentée très brièvement à mon adolescence avec L’Ingénue libertine. Probablement que le mot libertine y était pour quelque chose. On y découvre une femme qui a su, d’une certaine façon, tirer le meilleur de sa vie malgré ses ambiguïtés : antiféministe, mais dominée par ses hommes, ignorante du contexte politique dans lequel elle vivait, distante de sa mère comme de sa fille. Elle cherchait le plaisir dans le fait de vivre (manger, baiser, avoir des ami(e)s, avoir un corps désirable, être bien vêtue). Une épicurienne.
À lire, ou plutôt à regarder, en même temps : Album Colette (Éditions Gallimard, 1984). Iconographie choisie et commentée, 508 illustrations qui nous donnent un éclairage sur cette femme qui avait une force de vivre malgré toutes ses faiblesses. Du moins une femme qui a su s’assumer.


3 septembre 2010
Colette (Gabrielle) est née le 28 janvier 1873 dans « la maison au perron qui boîte » au village de Saint-Sauveur-en-Puisaye, en Bourgogne. Fille de Sido (Sidonie Landois) femme moderne pour son temps et du capitaine Jules-Joseph Colette. Après une enfance heureuse, Colette rencontre adolescente Henri Gauthier-Villars, dit Willy, avec qui elle se marie en 1893. Auteur de romans populaires, il a un « atelier de nègres ». Colette se joint au groupe. Willy lui propose d’écrire ses souvenirs d’écolière en mettant du piquant et du patois. « Claudine » est née. Les livres sont publiés sous le seul nom de Willy.
Divorce et second mariage en 1912 avec le baron Henri de Jouvenel, rédacteur du journal Le Matin, avec lui, elle a une fille, Bel-Gazou.
En 1935, elle rencontre Maurice Gaudeket, elle a 16 ans de plus que lui. Et un nouveau mariage. Colette a tous les dons et tous les vices ! Elle fait du théâtre, du Music-hall, du journalisme (Le Matin). Elle fait de la peinture, de la tapisserie, donne des conférences en France et en Belgique. Elle ouvre une boutique de produits de beauté, en face de l’Élysée, où elle accueille et conseille les clientes.
Colette raffole des honneurs : en 1928, elle est reçue Grand officier et en 1936, Commandeur de la légion d’honneur. En 1945, elle est élue à l’Académie Goncourt. Colette aime les femmes, les hommes, sans oublier sa passion pour les bêtes. L’image de Sido, la mère irremplaçable, hante chaque texte.
Le 3 août 1954 disparaît Colette. Ses obsèques civiles dans la cour d’honneur du Palais-Royal sont grandioses (le curé de Saint-Roch lui a refusé l’absoute).
Une biographie des plus intéressante avec beaucoup de détails sur cette époque. Et pour connaître Colette de plus près, il faut aussi lire : Colette par elle-même de Germaine Beaumont et André Parinaud (Collection Écrivains de toujours, Le Seuil, 1954). Germaine Beaumont a été longtemps, la secrétaire de Colette au Matin; en plus des nombreux séjours passés ensemble à Rozven en Bretagne.

Sylvie Durbet-Giono sera à Montréal à l’automne. Elle donnera une conférence sur son père Jean Giono le mardi 26 octobre, à 19h30, au Pavillon 3200 Jean Brillant de l’Université de Montréal.



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Membre : Outremont

Dufour, Hortense. Colette, La vagabonde assise, Éditions J’ai lu, 2000.

Catégorie : Biographies

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