Plus de 60 ans après sa publication en anglais, le roman dystopique 1984 est toujours brûlant d’actualité. Il met en vedette un fonctionnaire, Winston Smith, qui ne peut croire tous les mensonges du régime totalitaire dans lequel il vit et qui déteste viscéralement Big Brother. Winston va se rebeller contre le régime et adopter des comportements interdits comme, notamment, devenir amoureux d’une femme très impliquée dans l’appareil étatique. On peut penser que Big Brother et ses sbires l’ont à l’œil…
Situé dans le Londres de l’immédiat après-guerre et inspiré du stalinisme et du nazisme, 1984 est une métaphore redoutable des régimes totalitaires. Orwell illustre comment ces régimes imposent une pensée dogmatique, utilisent le langage, réinterprètent l’histoire, fanatisent les foules contre les ennemis réels ou imaginaires et font tout pour garder le pouvoir.
C’est une œuvre importante du XXe siècle. Et quand on regarde les actualités télévisées, on ne peut s’empêcher de trouver à ce roman une valeur prophétique.
Catégorie : Fantastique et Science-fiction
1984
Auprès de moi toujours
Au point de départ, l’histoire m’est apparue idyllique et fait penser à « Libres enfants de Summerhill » d’Alexander S. Neill (Gallimard, 1970, 1985). Mais voici que cette école où les enfants sont protégés du monde extérieur, s’avère différente… Et ce n’est que plus tard dans le roman que le doute s’installe. Oui, tout à fait étrange… Mais le suspense durera encore longtemps. Le rythme d’écriture de l’auteur nous entraîne et permet de se rendre jusqu’à la dernière page. Donnez-vous la peine d’être patient(e), vous ne le regretterez pas !
4 sept 2009
Au point de départ, l’histoire m’est apparue idyllique et fait penser à « Libres enfants de Summerhill » d’Alexander S. Neill (Gallimard, 1970, 1985). Mais voici que cette école où les enfants sont protégés du monde extérieur, s’avère différente… Et ce n’est que plus tard dans le roman que le doute s’installe. Oui, tout à fait étrange… Mais le suspense durera encore longtemps. Le rythme d’écriture de l’auteur nous entraîne et permet de se rendre jusqu’à la dernière page. Donnez-vous la peine d’être patient(e), vous ne le regretterez pas !
24 juil 2009
Je n’ai jamais lu cet auteur et ne savais pas à quoi m’attendre, le titre à l’eau de rose ne m’attirait pas outre mesure, mais j’étais intriguée par les recommandations particulières d’un membre du Club des Irrésistibles. Et je l’en remercie. À mon tour de dire : quelle oeuvre ! Un réel coup de coeur… qui nous frappe en plein coeur et qui nous hante longtemps après l’avoir terminé.
Titre original : Never let me go
20 mars 2009
On m’a offert récemment un livre que je n’aurais probablement jamais acheté. Et pourtant, quelle œuvre ! L’auteur, Kazou Ishiguro, est né en 1954 à Nagasaki et il vit en Grande-Bretagne depuis l’âge de 5 ans. Couronné du Booker Price et d’autres prix de valeur, il a même été fait, en France, Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. J’ai lu avec fascination « Auprès de moi toujours », une œuvre intrigante, située ans les années ‘90 en Angleterre, écrite à la première personne.
Une femme, Kath, se remémore son enfance, dans une école idyllique nichée dans la campagne, où les enfants sont protégés du monde extérieur et comprennent peu à peu que leur destin ne sera pas ordinaire. Pourquoi leur bien-être est-il essentiel ? Pourquoi sont-ils là? Nous sommes en face d’un genre d’autobiographie, qui nous hante insidieusement, par petites touches…
Kazou Ishiguro traite de sujets qui ne nous laissent pas indifférents : la perte de l’innocence, l’importance de la mémoire, ce qu’une personne est prête à donner, la marque qu’elle pourra laisser. Ce « roman » vertigineux, porté par la grâce, raconte une histoire d’humanité, de conscience et d’amour, dans l’Angleterre contemporaine. Ce chef-d’œuvre d’anticipation qui nous interpelle, nous fait réfléchir, a le grand mérite d’être inoubliable….
Bizango
L’auteur raconte la vie des Haïtiens à Montréal-Nord : gangs de rues, prostitution, drogue, violence. Gemme-Domino, prostituée haïtienne contrôlée par l’organisation de Chill-o, endure la misère, mais la coke et l’alcool deviennent sa survie. Un jour, elle consulte Papa Boko, maître vodou, vieux sage qui se fera tuer par la gang. Parmi eux, il y a Bizango qui, selon la tradition vodou, se dévêt de sa peau humaine pour prendre la forme de la personne que l’autre voudrait qu’il soit. C’est sa force. Il tente de sauver tout le monde, surtout Domino. À la fin, il y a la guerre entre les gangs, les policiers et Bizango.
Beaucoup de violence : on s’entretue. Ce n’est pas l’image que j’aurais voulu avoir des Haïtiens à Montréal, mais ce roman est très bien écrit et captivant.
15 juillet 2011
L’auteur est né à Port-au-Prince, en Haïti, et a grandi à Jonquière. Journaliste, il écrit pour de nombreux magazines littéraires, il est le rédacteur en chef de la revue Le Libraire. Passionné de musique, il anime également une émission quotidienne sur le jazz à la radio de Radio-Canada. Il connaît très bien les Haïtiens de Montréal.
« Dans les rues de Montréal, erre un homme doté de facultés extraordinaires qui s’apparentent à une malédiction. Une nuit, après être venu à la rescousse d’une prostituée haïtienne malmenée par le bras droit de son pimp, il se lie d’amitié avec cette jeune femme, rebaptisée Gemme pour sa clientèle. Une inquiétante cavale s’en suit. »
L’auteur a un grand talent d’écriture et il est agréable à lire. Bonne lecture !
Credo : le dernier secret
L’histoire se déroule en Arizona. Un groupe de scientifiques athées tient pour acquis une théorie selon laquelle l’univers s’est créé à partir de rien (« la théorie du Big Bang »). Ils construisent alors un superordinateur « Isabella » pour expliquer la naissance de l’univers. Or, il y a de nombreux opposants (écologistes, télévangéliste, pasteur fondamentaliste, Indiens Navajo) qui voient en « Isabella » une machine infernale, une création de Satan. À la demande du gouvernement, Wyman Ford, un ex-agent de la CIA devenu enquêteur privé, intervient afin d’assurer la réalisation du projet. À partir de ce moment, les événements se bousculent et d’étranges phénomènes se produisent. Tel un bon film, ce thriller m’a captivée du début à la fin. Agréable lecture de vacances !
L’Étrange vie de Nobody Owens
Nobody Owens aurait été un petit garçon parfaitement normal s’il n’avait pas grandi dans un cimetière, élevé par un couple de fantômes, protégé par Silas, un être étrange, ni vivant ni mort. Nous sommes en Angleterre à la fin du XXe siècle. « Il y avait une main dans les ténèbres, et cette main tenait un couteau. » Ce sont les premiers mots du livre. Un homme tue une famille au couteau et seul un enfant de 18 mois échappe au massacre. Un roman enchanteur, noir, magique. Les personnages sont terriblement humains et attachants. Ce roman est dans la collection adolescent mais recommandé aux adultes. Roman fantastique, étrange, c’est un conte gothique pour grands enfants.
Neil Gaiman est récipiendaire de nombreux prix tant pour sa littérature adulte que celle pour la jeunesse. Il est l’auteur des Coraline et vit aux États Unis.
Titre original : The Graveyard Book
L’iguane
Un grand merci à la personne qui nous a suggéré de lire « L’iguane » de Denis Thériault. J’ai adoré. Superbe histoire et magnifiquement écrit.
3 juil 2009
Du même auteur, j’avais beaucoup apprécié « Le facteur émotif » écrit après « L’iguane » son premier livre je crois. Quelle belle histoire et quelle écriture ! Deux ados deviennent des amis et ne tarissent pas d’imagination dans le but de faire revivre leur mère. L’une poursuit son long coma et l’autre disparue lors d’un accident de motoneige et dont on n’a pas retrouvé le corps. À la réalité parfois dure, se mêle le rêve et la poésie. Un enchantement !
La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique
Mathias, rédacteur, est chargé de rencontrer Fata Okoumi qui a été attaquée par un policier pour avoir refusé de lui montrer ses papiers. Fata, Africaine, est très riche et très influente dans la capitale française. Elle veut y détruire un de ses immeubles. Fata meurt. L’immeuble est détruit pour faire disparaître Paris agonisant et le reconstruire ailleurs pour le faire renaître. Ses enfants bâtiront une ville en Afrique « pour créer un nouvel ordre, une nouvelle forme. »
J’ai trouvé le livre très intéressant, très symbolique et très différent.
La ferme des animaux
Lors de la guerre d’Espagne à laquelle il a participé dans les rangs du POUM, le parti trotskyste espagnol, Orwell a vu disparaître plusieurs de ses compagnons, pourchassés par les communistes d’allégeance stalinienne. À la même époque surviennent en URSS les grandes purges staliniennes. C’est pour dénoncer les excès du communisme soviétique qu’Orwell écrit La ferme des animaux qui aura un immense succès et lui assurera une certaine indépendance financière.
L’histoire est simple. Dans une ferme, les animaux se révoltent et chassent les humains. L’organisation de la ferme est prise en charge par les cochons, qui se font aider par les chiens pour assurer la discipline. Sous des pseudonymes inventifs, les personnages principaux sont inspirés de Marx-Lénine, de Trotsky, de Staline. Même la Pravda est un personnage. Les cochons font la belle vie, tandis que la masse des animaux se tue au travail, souffre du froid, de la faim et d’une propagande mensongère.
C’est de ce roman que vient l’énoncé si souvent paraphrasé : « Tous les animaux sont égaux mais certains sont plus égaux que d’autres. »
La présente édition, destinée aux étudiants, est enrichie de commentaires qui mettent le texte en perspective et orientent vers d’autres écrivains.
C’est un livre qu’il faut avoir lu. Il n’a rien perdu de son actualité.
Titre original : Animal Farm
La neuvième vie de Louis Drax
Voici mon coup de coeur de l’été. Louis, neuf ans, enfant précoce et perturbé, victime d’accidents à répétition, est tombé d’une falaise lors d’une promenade en famille. Sa chute était-elle vraiment un accident ? Déclaré cliniquement mort, il ressuscite à la morgue d’un hôpital français. Personne ne comprend ce qui a pu se passer, jusqu’à ce que Louis commence à raconter les évènements.
C’est comique, touchant, bouleversant. Impossible à lâcher.
Anthony Minghella (« Le patient anglais », « Retour à Cold Mountain ») a acquis les droits de « La neuvième vie de Louis Drax » pour le cinéma.
La route

Je réagis à la critique du membre de Pointe-Claire pour ce roman de McCarthy.
Je crie au chef-d’oeuvre. Loin d’être une banale histoire, c’est plutôt le récit de tout l’amour qu’un père porte à son fils dans des circonstances de fin du monde. Un livre qui, dans la noirceur du temps, le froid de la pluie, nous permet d’apprécier toute la chaleur qui relie ces deux êtres. Même l’enfant répond par de courtes phrases pour « ménager » la douleur de son père. À lire !.
1er oct 2010
Cet auteur a mérité le prix Pulitzer 2007. Je ne sais pas si c’est La route qui a conduit à ce prix, si c’est le cas, je dois avouer mon profond désaccord avec ce choix.
La route est une histoire banale : un homme et son fils qui ont survécu à la fin de l’humanité, on présume dans le nord-est des États-Unis, prennent la route du sud pour trouver la chaleur et le soleil. Le livre porte sur la longue marche de ces deux survivants dans des conditions de froid, de pluie, de poussière, de vent et de neige vers un monde qu’on espère pas totalement détruit. L’éditeur cite « le chef d’oeuvre de McCarthy ». En ce qui me concerne, cet ouvrage est d’une platitude extrême.
Titre original : The road
2 juillet 2010
Une note à ajouter à la critique de la lecture de ce roman.
Pour ceux et celles qui craignent « le ravagé, pillé, ruiné » attachez-vous à la qualité de la relation du père et de son fils. Le livre devient alors plus intense et moins sombre.
25 juin 2010
J’ai été très touchée par cette description d’un enfant et de son père, survivants de la dévastation du monde. Tout a été ravagé, pillé, ruiné, tout est tari. À travers les cendres restantes, leur route, la faim, le froid, la maladie. Difficile de fermer le livre entre deux périodes de lecture. À recommander !
Titre original : The Road
09 oct 2009
Un livre angoissant et magnifique qui propose une réflexion sur la nature humaine.
03 juil 2009
La route déserte et la cendre. Un père et son jeune fils. Partout, des traces de mort. Des abris de fortune et des maisons abandonnées et délabrées. Quelques rares rencontres inattendues, beaucoup de prudence. Des situations sans espoir, parfois des « coups de chance » qui permettent aux deux marcheurs de continuer « contre toute espérance ». Entre les deux, un lien fort et des dialogues à l’air banal mais qui vont à l’essentiel de chaque moment. Le lecteur est à la fois fasciné, peiné, ému, et désespère avec les deux personnages, mais ne peut s’empêcher de les suivre jusqu’au bout.
Un exploit d’imagination en tons de gris et en degrés de courage, dans un style haletant et nuancé. – Pas une lecture légère d’été !
30 janv 2009
C’est à la suggestion de ma belle-sœur que j’ai lu ce livre. Ce récit dépouillé m’a saisi par cette humanité retournée à la barbarie. Comment en vient-on à ça ? Comment vivre sans avenir? L’histoire; l’apocalypse a eu lieu et le monde est dévasté, couvert de cendres. On suit l’errance d’un père et son fils sur une route. Un livre troublant mais pas tout à fait dépourvu d’inhumanité.
9 janv 2009
Une fin du monde, provoquée par une explosion nucléaire …on ne sait trop. Quelques survivants, dont un homme et son jeune fils que l’on suit au cours de leur errance, de leur obsession pour se nourrir, se réchauffer, se garder simplement en vie et toujours cette peur de l’autre lui aussi à la recherche des mêmes miettes de vie.
Ce roman, prix Pulitzer 2007, c’est d’abord l’histoire de l’amour entre un père et son fils, mais c’est aussi une troublante vision sur l’avenir de l’humanité.
Le club des policiers yiddish
Meyer Landsman, policier alcoolique que sa femme a quitté, est réveillé en pleine nuit, car un meurtre a eu lieu dans l’hôtel sordide où il loge. Débute alors une enquête entravée par la bureaucratie policière et un gang de rue de juifs hassidiques. Avec cette uchronie, Chabon nous plonge dans un univers créé de toutes pièces, dans lequel les juifs rescapés de l’holocauste ont trouvé refuge en Alaska, où le gouvernement américain leur a cédé un territoire pour une durée de soixante ans. À trois mois de la rétrocession, la communauté juive de Sitka est en effervescence. Meurtres et complots sont au rendez-vous dans cet excellent roman. Lauréat du Prix Hugo 2008.
Suggéré par Mélanie Couture, Bibliothèque Saul-Bellow
Le jeu de l’ange
Je ne sais quels mots choisir pour décrire ce roman. Amour, amitié, misère, étrange, suspense, envoûtant. Mais du diable si j’ai aimé. Les personnages sont complexes, l’intrigue est menée rondement. Pleine de rebondissements, elle suscite aussi plein de questionnements. Et de hâte d’en savoir ou d’en comprendre davantage. Bref, je le recommande au Club des Irrésistibles et je crois que si mes confrères et consœurs s’y mettent, il pourrait bien figurer parmi les cinq finalistes de 2011.
9 oct 2009
David Martin a 17 ans, il rêve d’écrire et de pouvoir y gagner sa vie, malgré l’opposition de son père. On raconte les péripéties, les déboires, les écrits imposés, le milieu journalistique et littéraire, les bibliothèques qui ont des âmes, les meurtres, les maisons hantées, ses amours. On retrouve souvent les mêmes personnages que dans son livre précédent, mais le livre m’a paru de plus en plus comme un roman policier en perdant le sens de la valeur de l’écriture. Vous m’en reparlerez.
Le miroir de Cassandre
Voici un coup de coeur intense.
Cassandre a le pouvoir de deviner le futur. Ses parents sont morts dans un attentat, la laissant sans passé. Se cherchant une identité, elle se retrouve à vivre dans un dépotoir.
Livre intense, il m’a permis de me poser des questions sur l’être humain, son passé, son présent, son futur et de réfléchir sur l’harmonie avec soi, les autres et l’univers. Gros travail, mais que de riches réflexions.
Le peseur d’âmes
Eh oui, le titre du livre récemment lu pour la rencontre sur Eve de Castro à notre groupe de lecture avait déjà eu cours en 1931, sous la plume d’André Maurois. Le peseur d’âmes étant dans ce cas-ci l’appareil conçu par un médecin, aux fins de recueillir le fluide vital s’échappant (l’âme) de personnes récemment décédées. Dans le même « Livre de poche » où on trouve cette nouvelle d’un peu plus de 100 pages, on retrouve un autre récit où un narrateur entre dans les confidences d’un inventeur d’appareils fantastiques, cette fois-ci s’agissant d’une machine à lire les pensées. Histoires naïves pour le lecteur cuvée 2009 que nous sommes, qui pourrions être portés à nous demander comment nos alter ego de 1931 pouvaient lire de telles historiettes ? Quand même, et si le rappel du même titre pour un livre vingt-et-unième siècle était le signe quelque part qu’on n’avait pas tant quitté ce monde où les auteurs jouent de nos désirs de croyances chimériques !
30 oct 2009
J’ai été très déçu par ce roman. Bien que ce soit très bien écrit, j’ai trouvé l’histoire fort décevante. Je ne révèle rien en disant que le personnage principal avoue avoir tué un homme dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre, non pas en 1994, mais en 1228. De la première ligne jusqu’à cette révélation, la tension monte. Le lecteur, dont moi, se pose plein de questions. Et puis, peu à peu, le lecteur, dont moi, se rend compte que probablement il n’aura aucune réponse à ses interrogations. Et effectivement, il, dont moi, n’en aura pas. On ne saura jamais la nature exacte du peseur d’âmes et surtout, on ne saura jamais le pourquoi et le comment de la distorsion temporelle 1994/1228. Une excellente idée de roman qui aboutit à un roman manqué. D’autant plus qu’il y a là des réflexions étonnantes sur la vie et la mort, les relations hommes-femmes… Juste pour ça, ça valait la peine de le lire.
25 sept 2009
Une relation homme-femme qui se répète deux fois, 1228 et en 1994. Un même message et une même histoire. Un chirurgien qui a toujours marché droit, un homme bien… qui cherche à remplir sa mission… Un parfait mélange d’un livre à valeur psychologique et symbolique… Il faut de la patience pour en saisir toutes les avenues. Cependant, l’écriture est agréable.
Le vicomte pourfendu
C’est un conte fabuleux, rempli de métaphores, d’humour, de réflexions philosophiques. C’est l’histoire d’un vicomte italien qui, au cours d’une bataille contre les Turcs, est coupé en deux. Les médecins réussissent contre toute attente à le garder en vie. Il revient donc dans son château en étant qu’une moitié d’homme. Et il est très méchant. Il coupe en deux tout ce qu’il trouve sur son passage. Les villageois sont terrorisés. Mais un jour, le vicomte, vêtu différemment, présente son autre côté. C’est l’autre moitié qui se manifeste et c’est celle qui fait du bien.
Au fil du temps, les villageois constatent que la vertu peut-être aussi néfaste que la méchanceté. Un auteur à découvrir.
Titre original : Il visconte dimezzato
Les âmes mortes
J’ai longtemps hésité à lire cette oeuvre, croyant qu’il s’agirait d’un sujet triste. Et que non ! À partir d’un sujet suggéré par Pouchkine, Gogol raconte l’histoire de Tchitchikov, un spéculateur au passé mystérieux, qui veut acheter des « âmes mortes », c’est-à-dire des serfs décédés, mais qui seront identifiés comme morts seulement au recensement suivant.
Gogol divertit le lecteur en décrivant une succession de propriétaires terriens qui considèreront l’offre de Tchitchikov de manière parfois très surprenante. Après sa tournée à la campagne, Tchitchikov débarque en ville où il fréquente la bonne société de l’endroit. On le croit très riche, il est invité partout. Il rêve de fréquenter la fille du gouverneur. Mais des rumeurs se répandent à propos de ses étranges projets d’achats d’âmes mortes. Sera-t-il démasqué ?
Bien sûr, pour connaître la réponse, il faut lire ce chef-d’œuvre de la littérature russe. Le sujet est traité avec entrain et humour. Les personnages sont décrits avec minutie. On voit leurs travers, on sent leur appétit pour la bonne affaire et leur envie de rouler leur prochain. Mine de rien, Gogol brosse un portrait de la société provinciale russe, dénonce la corruption, le trafic d’influence, la cupidité des riches et la résignation des pauvres.
Illustrations de Marc Chagall, 96 gravures à l’eau-forte et aquatinte, réalisées en 1924-1925.
Les rescapés du Styx
Un roman où le monde des souvenirs est très présent, dont la finesse de l’écriture et la profondeur des personnages font un livre accompli.
Sylvia, à la recherche de l’homme qu’elle aime, nous amène dans une vaste fresque sur l’histoire industrielle et aussi écologique de l’Ontario au XIXe siècle, dans une écriture très poétique.
L’épreuve de l’ange
Toby est un tueur à gages en série, sans cœur et sans amour, qui regrette après dix ans ce qu’il a fait. Pour réparer ses torts, son ange gardien, Malchiah, l’envoie à Rome au XVIe siècle pour tenter de sauver des gens, surtout des Juifs. Toby devient de plus en plus religieux catholique et essaie d’apprendre à aimer tout le monde et à être bon. Livre très différent qui nous plonge dans l’irréel, mais on voudrait que ce soit réel. Très intéressant. Si vous croyez à votre ange gardien, vous aimerez le livre.
Titre original : Of Love and Evil
L’indésirable
Ce livre a déjà fait l’objet d’une suggestion en 2010. Je suis tout à fait d’accord avec les commentaires du membre du Club des Irrésistibles. Le livre est beau, la qualité du papier est exceptionnelle et que dire du graphisme ! Cette histoire d’un vieux manoir qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il a été et la famille prisonnière du passé est fascinante. Se greffent des événements effrayants qui font penser qu’il est hanté. La tension est constante et le suspense nous tient en haleine jusqu’à la dernière page.
12 novembre 2010
D’abord un mot sur la facture très agréable de ce livre de 575 pages. Dessin de la page couverture, qualité du papier (vous savez, effiloché comme lorsque l’on coupait les pages autrefois ?), composition et conception graphique… très soignées.
L’histoire se passe dans les années 50, dans une petite ville d’Angleterre située à 150 km au nord de Londres. Bien sûr, il y a des personnages très intrigants : Mrs Ayres (la mère); Susan, Caroline et Roderick (les enfants Ayres); le docteur Faraday (le narrateur); Betty (la servante)…, mais il y a également Hall Hundreds, un manoir qui fut magnifique de noblesse en son temps et qui vit au même rythme que tous ceux qui y habitent. De page en page, la tension monte parce qu’on ne sait jamais si les évènements qui se produisent sont naturels ou surnaturels. L’auteure nous tient continuellement sur la corde raide (jusqu’au dernier mot de la dernière phrase et peut-être un peu au-delà) en nous suggérant que les deux sont peut-être possibles. À vous de décider.
En quatrième de couverture, on y apprend que Stephen King a pris beaucoup de plaisir à le lire. Ce n’est pas rien.
Titre original : The Little Stranger
Maleficium
Fantastique voyage qui nous mène de Montréal au désert du Yémen, de Srinagar avec le Jésus de Gérard Messadié à Zanzibar en passant par l’Abyssinie et l’évocation d’Arthur Rimbaud. C’est un recueil de huit confessions faites à un prêtre qui sera frappé d’un étrange maléfice. Une femme à la séduction vénéneuse, affligée d’un bec-de-lièvre et d’une anatomie pas tout à fait humaine, sert de fil conducteur. Des lieux fantasmagoriques constituent les décors et de plus, ils existent vraiment.
« La recherche est une partie monumentale de mon travail » dit l’auteure, elle avoue aussi un intérêt pour la malformation humaine. Un livre vraiment irrésistible !
Roman de 192 p.
Seras-tu là ?
Il faut admettre qu’il puisse être possible pour Elliot, 30 ans en 1976 de faire des allers-retours vers le futur et de se rencontrer lui-même à 60 ans en 2006. Une fois cela accepté, c’est une bonne histoire, pleine de rebondissements. Et l’idée de pouvoir modifier son destin est bien intéressante à explorer.
Vivants
R est un zombie. Il n’a pas de nom, pas de souvenirs, pas de pouls. Mais il rêve.
Dans les ruines d’une ville dévastée, R rencontre Julie. Elle est vivante, palpitante. C’est un jaillisement de couleurs dans un camaïeu de gris. Et sans savoir pourquoi, R choisit de ne pas la tuer. C’est le début d’une étrange relation, à la fois tendre et dangereuse. Ce n’était jamais arrivé. R bafoue les règles des Vivants et des Morts. Il veut respirer à nouveau, il veut vivre, et Julie va l’aider. Mais leur monde ne se laissera pas transformer sans combattre.
Titre original : Warm Bodies











