16 juin 2022

Blizzard

Vingtras, Marie

Blizzard

Quatrième de couverture du roman : « Le blizzard fait rage en Alaska. Au cœur de la tempête, un jeune garçon disparaît. Il n’aura fallu que quelques secondes, le temps de refaire ses lacets, pour que Bess lâche la main de l’enfant et le perde de vue. Elle se lance à sa recherche, suivie de près par les rares habitants de ce bout du monde. Une course effrénée contre la mort s’engage alors, où la destinée de chacun, face aux éléments, se dévoile. »

C’est en fait le début de Blizzard. On apprendra plus tard dans le récit qu’il s’agit d’une fuite. Une fuite un peu curieuse, qui ne tient pas la route, on le réalisera une fois la lecture du roman achevée.

Ce roman a remporté le Prix des libraires en France et est considéré comme un incontournable de la rentrée d’hiver 2022. Il comporte pourtant de nombreuses incohérences et des entourloupettes narratives. Je me suis demandé pourquoi un tel succès malgré les maladresses qui parcourent ce récit. Voyons voir.

C’est un suspense « haletant ». Un véritable virevolte-pages. Blizzard est écrit à quatre voix alternées. Cela donne au récit des allures de feuilleton. Le lecteur s’empresse d’aller au chapitre suivant pour connaître la suite des événements touchant chacun des personnages et principalement du petit perdu dans la poudreuse.

Il est composé de courts chapitres. Une recette éprouvée par l’écrivain américain James Paterson pour ce genre de récit.

Il comporte peu de description, tant et si bien qu’il faut attendre la page 141 sur 396 (de mon édition numérique) pour savoir que l’action se déroule en Alaska. Certains pourront y voir un défaut.

L’autrice a bien su poser chacune des pièces de son récit. Par exemple, l’une des personnes importantes est évoquée par son seul prénom à la page 78, mais elle ne reviendra dans l’histoire qu’à la page 198. Le lecteur a vraiment l’impression de construire un casse-tête en lisant ce roman, la petite pièce qui n’avait peu d’importance lorsqu’elle était isolée revêt toute son importance une fois le récit achevé, le casse-tête complété. En contrepartie, il faut être très attentif lors de la lecture. Je dirais même qu’une deuxième lecture permet de mieux saisir la « finesse » de sa construction.

On peut aussi souligner la qualité et la richesse de traitement des thèmes abordés : la lâcheté, la paternité, la culpabilité, le silence, la fuite, le racisme, l’homophobie et la pédophilie.

Bref, c’est un roman bien construit avec de riches thématiques et un suspense psychologique « haletant », mais il m’a fallu malheureusement suspendre mon jugement à de nombreuses reprises afin d’apprécier son déroulement.

Membre : J. de Rosemont

Vingtras, Marie. Blizzard, Éditions de l’Olivier, 2021, 182 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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