02 nov 2017

Astérix et la Transitalique

Ferri, Jean-Yves

Astérix et la transitalique BD

Lorsqu’Obélix se fait prédire par une Sybille (voyante) un avenir d’aurige (conducteur de char), il décide de s’en acheter un sur un coup de tête. Et lorsqu’une course transitalique est annoncée pour promouvoir la qualité des voies romaines, il est tout naturel qu’il veuille y participer. Il y aura, bien sûr, de nombreuses tricheries, surtout de la part des Romains, (et baffes – surtout de la part des Gaulois) mais, au bout du compte, César se montrera bon joueur.

En ces temps où le « politiquement correct » est de rigueur – à outrance – cela nous donne un album où le personnage secondaire, le sidekick, devient le héros. Un album dont le message porte sur la diversité – car l’Italie, c’est plus que les Latins/Romains (puisqu’on y retrouve une grande diversité de peuples [Astérix cite [p. 22] les Vénètes, Étrusques, Ombriens, Osques, Messapes, Apuliens (?), mais on peut y ajouter les Ligures, les Picéens, les Grecs et les Sicules de Sicile] qui seront ultiment absorbés – ou écrasés – par la République puis l’Empire).

Pour faire bonne figure, on ajoute dans les concurrents des représentants de peuples voisins comme des Gaulois, des Koushs, des Goths, des Cimbres, des Bretons, des Lusitaniens, etc. – et même des pirates ! L’album traite aussi de camaraderie et de la force dans la collaboration vers un but commun. Un album anti-racisme, anti-corruption et, surtout, pro-Europe, quoi !

L’idée de cette course transitalique est probablement inspirée par des courses de voiture Gran Turismo comme le fameux Mille Miglia qui faisait l’aller-retour entre Brescia et Rome.

L’histoire est plutôt simple, comme le sont en général les albums d’Astérix, et le dessin de Didier Conrad est très fidèle à l’original d’Uderzo (sauf César qui m’apparaît un peu différent, vieilli). Somme toute, cela se lit bien, mais nous sommes encore loin de la profondeur et de l’humour de Goscinny. Je dois avouer avoir tout de même trouvé quelques bonnes blagues (principalement dans le nom de personnages, comme le veut la tradition), mais j’ai aussi le sentiment d’en avoir beaucoup manqué, sans doute parce que c’est un album très européen.

L’humour c’est bien mais, en tant qu’historien, j’aurais apprécié un peu plus de rigueur historique dans le récit. Par exemple, la cité lacustre de Venise ne fut fondée que vers la fin du sixième siècle (même si la région d’où elle tire son nom vient d’un des peuples de l’italienne romaine, les Vénètes) et ne date donc pas de l’époque romaine. Ce genre de transposition m’irrite plus qu’il ne m’amuse.

Ce trente-septième album de la série est à lire, bien sûr, tant pour les anciens que les nouveaux enthousiastes d’Astérix, mais le travail de Jean-Yves Ferri et de Didier Conrad ne sera jamais aussi mémorable que ce que faisaient Goscinny et Uderzo. En fait, c’est un peu comme l’empire romain : on ne peut que regretter sa grandeur d’antan…

Illustrations : Didier Conrad.

Membre : Claude J, Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension

Ferri, Jean-Yves. Astérix et la Transitalique, Éditions Albert René, 2017, 48 pages.



Partager cet article sur : Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Pour laisser un commentaire

*