17 jan 2019

Adèle, l’autre fille de Victor Hugo, 1830-1915

Gourdin, Henri

Adele l'autre fille de Victor Hugo

Pour comprendre Adèle, il faut connaître Victor Hugo, sa famille et la politique de l’époque. Deuxième fille de Victor Hugo et cinquième enfant de la famille, elle est née le 24 août 1830 à Paris, un mois à peine après les Trois Glorieuses (chute de Charles X et l’avènement de Louis-Philippe).

Et c’est l’éclatement de la famille. Madame Hugo, lasse des assiduités de son mari, décide qu’Adèle est son dernier enfant et entre en relation intime avec Sainte-Beuve… Hugo, lui, n’avait pas dépassé le traumatisme de la séparation de ses parents (Sophie Trébuchet et Léopold Hugo), la naissance d’Adèle, si semblable à la sienne, annonce la répétition des drames de son enfance.

En 1833, Victor Hugo devient l’amant de Juliette Drouet – il a accumulé des maîtresses, comédiennes ou bonnes, figures célèbres ou inconnues.

Léopoldine, sœur aînée d’Adèle et préférée de son père, s’éprend de Charles Vacquerie qu’elle épouse en 1843. Mais à peine six mois plus tard, c’est la noyade de Léopoldine dans les eaux de la Seine.

En 1846, flamme d’Adèle pour Auguste Vacquerie, frère de Charles : premiers baisers.

1848, soulèvements populaires à Paris, fuite de Louis-Philipe et l’avènement de la République. Victor Hugo, élu député, s’écarte de la droite.

En octobre 1848, cette fois, flamme d’Adèle pour le sculpteur Jean-Baptiste Auguste Clésinger. Ses deux frères, Charles et François-Victor Hugo, son écroués à la Conciergerie, à cause de leur appartenance au journal L’Événement.

En 1852, coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, décret d’expulsion de soixante-dix députés dont Hugo. Début de l’exil dans les îles anglo-normandes, où il passera vingt-huit ans.

En 1854, première visite d’Albert Pinson à Marine Terrasse (Jersey) et une seconde le 25 décembre 1860 à Hauteville House à Guernesey. Et là commence l’aventure d’Adèle. Elle s’enfuit à l’autre bout du monde sur les traces de ce militaire anglais, elle veut l’épouser. Elle s’embarque en juin 1863, à l’insu de sa famille pour Halifax en Nouvelle-Écosse.

On la retrouve ensuite à la Barbade, toujours sur les traces de son amoureux. Mais celui-ci s’est marié en Irlande. Victor Hugo organise le rapatriement de sa fille de la Barbade à Paris et l’interne pour névrose.

En 1885, décès de Victor Hugo. Auguste Vacquerie devient le tuteur d’Adèle. Celle-ci meurt le 22 avril 1915.

Adèle avait un spectre, celui de Léopoldine, car la famille reportait sur la cadette, seule fille survivante de la tribu, le devoir de maternité. Entre le père, apôtre du mariage bourgeois et l’enfant éblouie de sa propre beauté, la tension montait. De plus, la farce du refus des prétendants menaçait de tourner au drame (elle en avait refusé au moins cinq).

Adèle évoluait dans un contexte psychologique d’une grande complexité, entre un oncle (Eugène) schizophrène profond, un père dévoré d’ambition et sujet au délire, voire à la psychose narcissique, une mère déchirée entre amant et mari, une sœur en relation privilégiée avec son père, des frères inhibés, etc.

« La Misérable », « L’Engloutie », « La mal-aimée » : noms donnés à Adèle.

La préface est d’Adèle Hugo, arrière-petite-nièce d’Adèle Hugo, fille de Jean Hugo.
Magnifique biographie.

Écrit en collaboration avec le psychothérapeute Yvon Girard.

Membre : Outremont

Gourdin, Henri. Adèle, l’autre fille de Victor Hugo, 1830-1915, Éditions Ramsay, 2003, 342 pages.



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