29 oct 2020

L’Aleph

Borges, Jorge Luis

L'Aleph Folio

Une lecture très intéressante pour apprendre à connaître cet auteur qui a fait époque et dont beaucoup d’écrivains parlent toujours avec admiration. Ainsi en est-il de Claude Mauriac : « Jorge Luis Borges est l’un des dix, peut-être des cinq auteurs modernes qu’il est essentiel d’avoir lus. […] Après l’avoir approché, nous sommes plus intelligents. Sans doute même avons-nous plus de cœur. »

Le livre est un recueil de nouvelles très originales qui mêlent souvent des personnages réels et des histoires imaginaires. L’auteur convie ses lecteurs à établir leurs interprétations. À la fin d’une nouvelle, le narrateur dit : « Les histoires que j’ai racontées sont peut-être une seule histoire. L’avers et le revers de cette médaille sont, pour Dieu, identiques. »

À vous de vous y retrouver avec vos connaissances et votre imaginaire. Sur les personnages connus ou inventés qui sont évoqués planent le même flou apparent, mais combien riche en évocations. Ainsi : « J’ai été Homère ; bientôt je serai Personne, comme Ulysse ; bientôt, je serai tout le monde : je serai mort. »

Une nouvelle m’a particulièrement touchée pour une réflexion qui se termine ainsi : « Otarola comprend avant de mourir qu’on l’a trahi dès le début, qu’il a été condamné à mort, qu’on lui a permis d’aimer, d’être le chef, de triompher, parce qu’on le tenait déjà pour mort, parce que pour Bandeira, il était déjà mort. »

Par ailleurs, on est parfois confondus. Borges, par exemple, peut jouer avec le nom d’un personnage. Il a existé, mais a aussi des homonymes à quelques lettres près et après un moment de confusion, on peut en rire. Dans le fond, quelle importance ? L’essentiel de la vie est ailleurs.

Oui, effectivement, un auteur à ne pas manquer !

Titre original : El Aleph y otros cuentos

Membre : N.L., Île-des-Soeurs

Borges, Jorge Luis. L’Aleph, Éditions Gallimard, collection du Monde entier, 1949, 1967, 218 pages.



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