L’auteur nous transmet ses nombreuses connaissances philosophiques et spirituelles. Frédéric Lenoir nous offre un conte initiatique lumineux qui touche le coeur et l’intelligence. Sept sages : un moine catholique, une mystique hindoue, un rabbin kabbaliste, une philosophe, un maître soufi, une chamane et un maître taoïste se retrouvent dans un monastère au Tibet. Ils échangent sur l’imminence d’un cataclysme planétaire. Leur message répond aux nombreuses questions essentielles.
Ils ouvrent le chemin simple d’un humanisme spirituel qui aide à vivre. Bonne lecture !
L’Âme du monde
Guerres
Un roman pour adolescents : irrésistible. Une œuvre qui ébranle, pousse à la réflexion, à la rencontre et à la compréhension de l’autre. J’aime les albums et les romans de type « coup de poing » (voir la vidéo ici).
Guerres de Charlotte Gingras est résolument à ranger dans cette catégorie. La guerre en Afghanistan, mais racontée du point de vue de deux enfants (8 et 16 ans) rivés, anxieux, sur place au Québec dans l’attente du retour du père parti « pacifier » les belligérants. L’absence du père provoque de profonds effets collatéraux sur sa famille. De la complexité des êtres et du monde. Un texte pour réfléchir sur la mort, la violence faite aux enfants et aux femmes, l’agressivité, l’abandon, la religion, la dépression, les premiers baisers et le courage de ceux restés derrière. Très chargé, un peu trop peut-être, penseront d’aucuns. C’est disponible au bout des doigts en version numérique. On s’en priverait !
En même temps
Il nous a pondu d’un seul jet, un grand cri, un court récit qui frappe dans le dash et dans la roue du vélo. J’vous l’dis, l’encre numérique ébouriffée n’avait pas encore eu le temps de sécher… que c’était en ligne. De la littérature presque en temps réel. Un vélo qui se pointe sur la Sainte-Catherine engorgée par une veillée funèbre, le lendemain de la fusillade au Metropolis… De l’art de composer avec un vélo défuntisé, le travail à temps partiel, des nuits blanches, un dernier verre à cinq heures du mat, sa douce Léa qui bosse de nuit et toutes sortes « d’estie de problèmes ». Tout ça, sentir « la vie bien palpable ». Écrire. Une voix forte dans la Ville.
On peut l’acquérir pour des clopinettes ou le consulter gratuitement dans la collection numérique des bibliothèques de Montréal
Une femme fuyant l’annonce
Pour faire écho aux commentaires précédents publiés en septembre et en août derniers, j’aimerais dire que bien que j’aie partagé l’intérêt des deux autres membres pour ce roman, qui fait œuvre utile pour nous sensibiliser aux dimensions plus intimes du conflit israélo-palestinien, j’ai trouvé le texte un peu long, s’étirant vers une finale trop brève et un tantinet décevante.
Titre original : Ishah bora, hat mi-be’sorah
Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.
Et au pire, on se mariera
J’ai adoré. Un premier roman pour cette jeune auteure qui promet. Il s’agit d’un dialogue à une voix (eh oui, c’est possible). Une écriture incisive, rapide (ça se lit en une journée), drue, crue, efficace. Résumé : « Centre-Sud. Entre la Sainte-Catherine, Mel et Jo, les putes travesties, et le parc jonché de seringues, Aïcha traîne son enfance cassée par son beau-père. Elle rencontre Baz et devient amoureuse. Une chose grave leur arrivera. Pour sauver sa peau, pour protéger Baz, Aïcha, forcée de s’expliquer à une travailleuse sociale, revoit son histoire et multiplie les versions des faits. Dans un monde si mal foutu, qui dit vrai et qui peut dire où se situe la réalité ? Une confrontation déchirante et drôle où l’émotion court. La langue à fleur de peau de Et au pire, on se mariera se trouve à la croisée du romanesque, du théâtre de rue et de la déposition. » Un grand merci au membre du Club des Irrésistibles du lundi 17 septembre de m’avoir mis sur la piste de cette auteure.
Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.
Barbe bleue
À Paris, la photo de madame Nothomb (en fait, la page couverture du roman), tapisse, un peu partout les abribus, et d’autres panneaux publicitaires du métro ou des grandes avenues. Difficile de résister à la tentation d’autant de publicité pour un roman et de lire ces 169 pages.
C’est l’histoire de Saturnine, une jeune Belge qui cherche à se loger à Paris. Son nom va dans le sens d’un des thèmes du roman, l’alchimie : l’art de transformer le plomb en or, et le but ultime, se transformer soi-même en or. Elle répond à l’offre de colocation d’un Espagnol de grande classe qui lui offre le luxe et le faste parisien pour une modeste somme. C’est que le grand Espagnol a la réputation d’être un « serial killer » ; huit de ses précédentes colocataires sont disparues. Saturnine le sait, mais mieux vaut cet homme, qu’elle ne peut pas supporter au début du roman, que la banlieue.
Les dialogues entre les deux personnages sont savoureux.
Nibal y Milcar, le grand Espagnol, est très généreux pour Saturnine ; il en tombe amoureux. Il n’a qu’une seule condition, respecter son secret en ne franchissant pas la porte de sa chambre noire.
Les huit précédentes femmes n’ont pas respecté son secret, elles sont donc mortes.
Saturnine respectera ce secret, elle voudra être récompensée pour cela.
C’est une histoire étonnante, comme un conte… plus qu’un roman selon moi.
La lecture en vaut la peine.
Le Boucher de Meudon
Le génie de Publie.net est de nous dénicher des perles rares et oubliées dans les profondeurs de l’océan des oeuvres littéraires appartenant au domaine public. Là, la pêche est miraculeuse.
Le Boucher de Meudon est un thriller. C’est presque suffisant pour vous inciter à le lire. Mais encore. Une France rurale de la fin du XIXe siècle. Un boucher célibataire ou presque. Une mère terrible, presque une belle-mère. Une soeur handicapée affectueuse, complice même. Une belle jeune fille refroidie et cachée sous une meule de foin juste en face de la boucherie. Le boucher est inculpé, toutes les pistes mènent vers lui. Mais il y a des larmes d’innocence dans ses yeux.
En arrière-plan, un train à vapeur ne cesse de faire des allers et retours Paris-Meudon et tire des wagons dans lesquels prennent place un juge d’instruction, un médecin légiste, un procureur général, des témoins et des journalistes. La finale est en forme de procès contre la montre qui vous laisse sur les rotules avec son lot de coups de théâtre. Nul doute, la fin de ce roman fut écrite sur des lignes à grande vitesse.
Le Boucher de Meudon est un thriller, donc. Un thriller à toute allure. Un thriller à bout de souffle.
Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos lectures et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal.
Americana
Americana raconte à la première personne l’histoire de David Bell, un homme de 28 ans qui travaille pour un grand réseau de télé new-yorkais. Tout au long du roman, Don DeLillo nous fait vivre son quotidien au travail, entre des réunions non productives et ses manigances pour se faire bien voir et éviter les licenciements. Il est divorcé et mène une vie de célibataire charmeur à la vie sociale bien remplie.
Don DeLillo donne à l’histoire de David Bell l’ampleur d’une fresque américaine.
Le narrateur entreprend un voyage à bord d’un minivan vers le Grand Ouest pour réaliser un documentaire sur les Navajos pour la télévision. Mais ce périple a-t-il été à la hauteur de ses attentes ?
Americana est l’histoire d’un homme malheureux. C’est un looser, car il sera viré de son travail et son film ne verra pas vraiment le jour.
Le talent de Don DeLillo est bien présent et la puissance de l’écriture indéniable. Il invite le lecteur à suivre les personnages dans leur quotidien bien ancré dans le réel.
Traduit de l’américain par Marianne Véron.
Point Oméga
Découvrir Point Oméga publié en 2010 m’a permis de percevoir à quel point l’auteur est demeuré fidèle à des thématiques déjà abordées il y a quarante ans dans son premier roman Americana, publié en 1971
Nous sommes en 2006 et le Museum of Modern Art de New York présente une œuvre singulière. Son interprétation, comme bien souvent en art contemporain, est laissée à la libre appréciation des visiteurs. Il s’agit de 24 Hours Psycho, la projection du célébrissime Psychose d’Alfred Hitchcock dans une version ralentie étirée sur 24 heures au rythme de quelque deux images par seconde.
Plus allusif et plus épuré, ce roman parlera du temps passé à observer les choses, de visible et d’invisible, du crédit accordé au savoir. Il ne pose qu’une question, mais elle est immense : la réalité existe-t-elle ? N’est-elle qu’une question de point de vue ?
À la fois réaliste et philosophique, roman bref et serré presque beckettien, oppressant par moments, exprimant la difficulté d’être au monde.
Sans nom
Décidément j’aime son style, ses sujets complètement « capotés » son vocabulaire impressionnant et ses thèmes qui, sous un aspect léger, nous entraînent dans les régions glauques de l’être humain.
Nouvelle de 64 pages.
Artemisia : un duel pour l’immortalité
Il s’agit d’un duel passionnant, étonnant et même intrigant entre deux peintres du XVIIe siècle, disciples de Caravage : Orazio Gentileschi et sa fille Artemisia, violée très jeune par le meilleur ami de son père. Un duel pour l’immortalité. Rivalité constante entre père et fille qui se fuient, se recherchent, se jalousent, se volant mutuellement leurs sujets de tableaux et leur conception de l’art. À force de travail et de volonté, Artemisia fut la première femme peintre à acquérir gloire et liberté en s’établissant dans les grandes villes artistiques d’Italie puis de l’Europe à la recherche constante de mécènes et de diplomates capables de la soutenir. Finalement, elle perdra le combat par amour filial : elle rejoint en Angleterre son père mourant et reprendra toutes les oeuvres qu’il avait commencées et les signera toutes du nom de celui-ci. Grâce à elle, la gloire et le génie de son père passeront à la postérité tandis qu’elle, tout aussi géniale, tombera dans l’oubli jusqu’au XXIe siècle qui lui consacra tout récemment de nombreuses expositions.
Prisonniers du ciel
De quoi s’agit-il cette fois-ci ? « Un petit bimoteur s’écrase dans les marais salants de Louisiane. À son bord, deux femmes venues clandestinement du Salvador, un prêtre, l’homme de main d’un caïd de la Nouvelle-Orléans et une petite fille. En sauvant l’enfant de la noyade, et en décidant, avec sa femme Annie, de la garder, l’ex-lieutenant de la criminelle, Dave Robicheaux, ne sait pas qu’il va mettre sa famille en péril. »
Encore une fois, Robicheaux ne peut pas s’empêcher de se mêler de ce qui ne le regarde (enfin presque) pas. Et l’alcool, et les femmes, et le Vietnam… et son mal de vivre, quoi ! Pour les odeurs, pour l’horreur du milieu… mais aussi pour la tendresse en autant que faire se peut… un auteur assez particulier que ce James Lee Burke. J’oubliais… les prisonniers du ciel, ce sont nos morts qui ne peuvent revenir dans notre monde ni pour nous aider ni pour nous nuire.
Second roman de la série Dave Robicheaux.
Titre original : Heaven’s Prisoners
L’Attente de l’aube
Lysandre a un problème intime ; il consulte Dr Bensimon. Il pose nu pour la peintre miss Bull (Hettie) ; ils tombent amoureux (il lui fera un fils). Il est arrêté pour viol, se sauve de prison pour se retrouver à Londres en 1914. Il s’est trouvé un emploi comme acteur. C’est la guerre. Il s’engage et est utilisé comme espion. Il s’en va à Genève pour chercher un code. On lui tire dessus. Il se retrouve à Londres à l’hôpital. Il fait des enquêtes. Il est à la recherche d’Andromède qui est aussi l’amant de sa femme. Sa mère se suicide, car elle est aussi espionne. Il ne découvre tout ça qu’à la fin.
Livre surprenant se déroulant durant la guerre de 14-18, captivant et étonnant. Magnifique.
Titre original : Waiting for Sunrise
Ayn Rand for Beginners
Ayn Rand ? Une auteure absolument inconnue pour moi, jusqu’à ce que j’apprenne qu’elle a inspiré la pensée des politiciens américains les plus conservateurs depuis la deuxième moitié du XXe siècle. La philosophie du Tea Party et le discours de Mitt Romney dans lequel il accuse la moitié de l’électorat américain d’être des parasites sont en ligne directe avec la pensée de cette femme qui a célébré le capitalisme du laissez-faire. Sous la pression du petit démon de la curiosité, j’ai emprunté Ayn Rand for Beginners. Chantre du capitalisme, de l’individualisme, de l’égoïsme vu comme une vertu, du gouvernement minimal, de l’athéisme, Ayn Rand est, selon Bernstein, une auteure étudiée dans les écoles secondaires américaines. Pas facile d’avoir des projets d’équité dans un tel contexte…
Sur la trace de Nives
Dialogue passionnant entre le poète et la sportive, sur une même passion, l’alpinisme, avec un certain aspect philosophique aussi, qui rejoint tout un chacun.
J’ai lu ce livre, moi, sur la trace d’Erri De Luca, écrivain qui n’a pas fini de me surprendre, et toujours avec ravissement.
Quel livre ! Chaque page nous fascine et nous fait grimper sur les sommets les plus hauts de l’univers avec ces deux alpinistes qui dialoguent, se complètent et partagent leurs expériences en parfaite harmonie. Lecture sur la vie, la détermination, l’esprit d’équipe et la valeur des hommes.
Membre de Pointe-Claire
Titre original : Sulla traccia di Nives
Moutarde chou : histoires, recettes et secrets des meilleurs casse-croûtes du Québec
Si vous voulez passer un bon moment, mettez la main sur ce livre qui nous permet de découvrir nos « racines de la cuisine rapide québécoise : les hot dogs, les hamburgers et les frites… de nos cabanes à patates. La journaliste Émilie Villeneuve et le photographe Olivier Blouin ont parcouru quelque 7000 km de la Côte-Nord à Montréal en passant par l’Abitibi et la Gaspésie pour faire la tournée des casse-croûtes du Québec. » Je vous garantis que vous y trouverez au moins un casse-croûte que vous connaissez, que ce soit Chez Dic Ann’s sur le boulevard Pie-IX à Montréal ou encore Chez Roger à Ste-Flavie là où on peut déguster le meilleur club sandwich au homard. Et que dire de ce casse-croûte de Sept-Îles en forme de cage à homards ! Et c’est sans compter tous les trucs pour réussir les meilleures frites au monde, les meilleures poutines au monde, les meilleures… histoires à dormir debout au monde ! Un livre qui donne faim.
Textes d’Émilie Villeneuve.
Photographies d’Olivier Blouin.
Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,
J’espère que vous allez bien… Merci encore une fois de votre fidélité ?
Bienvenue également aux nouveaux membres, de plus en plus nombreux.
Je vous invite à la bibliothèque Robert-Bourassa, 41 avenue St-Just à Outremont (entre Wiseman et Outremont) à l’occasion d’une rencontre littéraire qui aura lieu le mercredi 24 octobre prochain, de 10h30 à 12h, en compagnie de l’auteure Antonine Maillet.
Madame Maillet viendra nous entretenir de son œuvre, de son parcours d’écrivaine et de bien d’autres choses encore. Vous savez quelle conteuse elle est !
L’activité gratuite est ouverte à toutes et à tous. Vous devez cependant réserver votre place en téléphonant au 514 495-6208.
Au plaisir de vous y voir en grand nombre !
Ce samedi 29 septembre, à radio Ville-Marie (91,3 FM), dans le cadre de l’émission Entracte, diffusée de 12h30 à 13h et, en reprise, le soir même à minuit, je reçois la comédienne Annick Bergeron qui vient nous parler de la pièce La Corneille de Lise Vaillancourt, présentée au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 13 octobre 2012.
N’oubliez pas : vous pouvez maintenant réécouter en tout temps l’émission Entracte en vous rendant à mon billet de la semaine sur le site web des Irrésistibles.
Samedi dernier, je recevais le metteur en scène Jean-Marie Papapietro et le comédien Roch Aubert venus nous parler de la pièce Premier amour de Samuel Beckett, qui sera présentée à la salle Fred-Barry du 24 octobre au 3 novembre 2012.
Je vous souhaite une très belle fin de semaine et à vendredi prochain,
Marie-Anne
ENTRACTE M Poggi - 2012 09 22
Karakara
Pierre, ex-professeur montréalais, décide de vivre une remise en question profonde en partant pour le Japon. Il veut refaire sa santé psychologique après une tentative de suicide. Cependant, il fait la connaissance de Junko, une mère de famille qui lui offre ses services d’interprètes. Fuyant son mari qui l’a battue une fois de trop, elle demande à Pierre de l’emmener avec lui dans une île au nord de l’archipel. Le Québécois apprend à mieux connaître sa compagne de voyage et il lui révèle les vrais motifs de son séjour.
Gabriel Arcand crève l’écran. Le cinéaste traite avec brio des thèmes du vieillissement et de la mort. Dans l’ensemble, c’est un excellent film.
Bon visionnement !
Cuisine
Samedi dernier, direction clinique pour traitement d’une uvéite persistante. On sait quand on entre, très peu l’heure de la sortie. Lecture obligatoire, de l’œil gauche. Cuisine d’Antoine Emaz est sur la pile des incontournables numériques que je me suis promis de lire toutes affaires cessantes… Un livre de « recettes » pour le Club des Irrésistibles, du jamais vu. J’attaque avec mon Iphone. L’œuvre en courts chapitres s’y prête bien. Le lecteur bidule IBooks m’indique que le livre comporte 1131 pages. Suffisant pour l’attente et le plaisir des sens et du lire. Le livre est composé d’extraits des nombreux carnets qu’a noircis l’auteur. Limpide et attachant sur le vivre, le vieillir, l’écrire, la poésie, le lire et les sens. Ça ne se résume pas. Des extraits ? :
Livre : « Un livre, c’est de l’inachevé fermé. »
Écrire : « Toujours aller au plus simple, jamais au plus facile. » (Je prends bonne note) ou « Parvenir à être dense avec rien » ou « Quand on utilise peu de mots, il faut que chacun pèse une tonne » ou encore : « Un poème peut donner une idée, pas l’inverse. »
Lire : « Il faut avoir lu, beaucoup. Mais aucun livre n’est obligatoire, indispensable, incontournable. Il faut un bagage, certes, mais chacun décide ce qu’il met dedans. » (Devise pour le Club des Irrésistibles ?)
Vivre : « Si je ne vais nulle part, je trouverai bien la direction tout seul, ne vous inquiétez pas. »
Vieillir : « La fatigue, c’est une lente mise en mouvement de la vase de tête. »
Automner : « Grisaille du soir qui s’assombrit vite. Je n’aime pas cette période de l’année, comme si la perte de lumière coïncidait avec une énergie moindre. Une fatigue un peu poisseuse s’installe. »
Cuisiner : « L’odeur de la soupe : légèrement différente pour un seul navet ajouté aux poireaux-carottes » ou « Le plat du jour » ou « Devant, les six grosses tomates à farcir, sur la nappe bleu clair » ou « Bonne intuition ce midi : Saint-Jacques avec un peu de curry, et compotes d’endives » ou « Sabine s’est lancée en cuisine : meringues et tarte aux fraises. À côté de ça, mes merguez prévues pour ce midi vont sembler très banales. Tant pis. »
Je suis sorti de la clinique, pas encore de cette Cuisine que j’ai dévorée un peu gloutonnement sur mon Iphone jusqu’à épuisement des pages et de la pile, jusqu’à la fin du jour. J’y reviendrai. Le registre est différent, mais j’ai beaucoup pensé à Gabrielle Roy, à sa détresse et à son enchantement, en traînant dans cette « Cuisine ».
Céline inédit
Que dire ? Pour ceux qui s’interrogent sur ce personnage controversé, même après plus de 50 ans après sa mort, ce document très éclairant permettra de peser le pour et le contre. Mais surtout, les témoignages des différents interlocuteurs contribueront à révéler un génie littéraire hors du commun. Encore aujourd’hui, je crois que très peu d’écrivains lui arrivent à la cheville pour ce qui est du style.









