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24 fév 2012

Sous terre

Holland, Agnieszka

S’il y a un sujet qui fut traité souvent au cinéma, c’est bien celui des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Et pourtant… Encore une fois, en regardant celui-ci, on ne peut pas rester indifférent à tant de misère et de souffrance. Mais le message est clair : il n’y a absolument rien qui puisse empêcher un être humain de vouloir survivre. Même les enfants comprennent la situation. Ils vivent en compagnie de rats ? Alors les rats deviennent rapidement des jouets, des animaux familiers. Tous les acteurs sans exception sont excellents, la caméra est alerte, le scénario pose des cas de conscience assez particuliers… donc une réalisatrice hors du commun. (8/10).

Avec, entre autres, Robert Wieckiewicz, Benno Fürmann, Agnieszka Grochowska, Maria Schrader.

Titre original : W Ciemnosc

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24 fév 2012

Dée

Delisle, Michael

J’ai eu l’occasion de m’exprimer sur la question sur mon blogue. Le nec plus ultra avec les bibliothèques, c’est qu’un livre n’y chasse jamais l’autre. Voir ici : http://bit.ly/xNt6dM.
Dée fait partie de ses œuvres fortes qu’il faut lire et relire pour la qualité de son écriture, pour revisiter le Québec en transformation des années 50. Pour vivre la profonde solitude de Dée, un être étendard du destin de bien des Québécoises : abandonnées, isolées, abusées dans l’eau boueuse de la vie de banlieue. J’ai pensé à Marilyn French et son Toilettes pour femmes (1977) en lisant ce court et fort roman.

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24 fév 2012

Nocturne

Blanchet, Pascal

Nocturne, New York, 1948, une nuit. Cette bande dessinée nous raconte le destin croisé de trois personnages unis par la solitude. La BD à son meilleur. Le récit est vraiment porté par les seules images, leurs forces expressives. Quasi absence de dialogue pour mieux marquer l’abandon, l’isolement, la déréliction. Les personnages ne s’expriment d’ailleurs qu’à l’aide des paroles des chansons d’alors : celles de Cole Porter, June Christy, Sinatra, etc.

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24 fév 2012

Le fond du trou : une aventure de Jérôme Bigras

Eid, Jean-Paul

En lice pour le prix Bédélys 2011. Joyeux délire de Jean-Paul Eid mettant en vedette son truculent banlieusard bedonnant (Jérôme Bigras) et sa fidèle tondeuse à gazon (Rex). Attention : la BD est littéralement traversée par un véritable trou grâce auquel on peut voyager dans le temps à la recherche du boss des bécosses. Sans jeu de mots : pissant ! Mais il s’est donné du mal, notre illustrateur, allez juger vous-même…

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24 fév 2012

Le dragon bleu

Lepage, Robert et Michaud, Marie

En lice pour le prix Bédélys 2011. Ceux qui ont eu la chance de voir la pièce éponyme de Robert Lepage ne seront pas déçus. Une histoire toute simple, composée avec trois personnages autour du thème de la filiation tant physique que spirituelle (son destin, l’œuvre qu’on laissera). La patte numérique et les coloris de Fred Jourdain réussissent à affranchir cette BD de l’œuvre originale. Un trait fort.

Mise en images de Fred Jourdain.

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24 fév 2012

Être ou ne plus être : débat sur l’euthanasie

Boisvert, Marcel et Daneault, Serge

Si voulez réfléchir sur un thème qui revient dans l’actualité à l’occasion, celui de l’euthanasie, je vous suggère la lecture de ce livre écrit par deux médecins.
C’est la publication d’un échange de lettres entre deux médecins qui pratiquent en soins palliatifs. Enfin, l’un d’eux, le docteur Boisvert, est maintenant à la retraite. Et si, comme moi, vous avez été touchés par les propos du docteur Serge Daneault, vous voudrez peut-être lire son dernier livre, intitulé Et si mourir s’apprivoisait : réflexions sur la fin de vie, publié en 2011 aux éditions La Presse. Il a écrit le récit de la fin de la vie de vingt personnes. C’est très beau. Bonnes lectures !

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24 fév 2012

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

J’espère que vous allez bien… Comment vous remercier de toutes ces belles suggestions ?
Bienvenue également aux nouveaux membres.

Ce samedi 25 février, à radio Ville-Marie (91,3 FM), dans le cadre de l’émission Entracte, diffusée de 12 h 30 à 13 h et, en reprise, le vendredi 24 janvier, de 11 h 30 à 12 h, je reçois les comédiens Steve Gagnon et Miro Lacasse, qui viennent nous parler de la pièce de Réjean Ducharme, Ines Pérée et Inat Tendu, présentée au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 10 mars 2012.

Écoutez en tout temps l’émission de la semaine passée, entrevue avec Izabel Kerr, comédienne, et Miguel Doucet, metteur en scène, venus nous parler de la pièce adaptée du récit de Yôko Ogawa, Les abeilles, présentée dans la salle intime du Théâtre Prospero jusqu’au 3 mars 2012.


Je vous souhaite une très belle fin de semaine et à vendredi prochain,

Marie-Anne

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24 fév 2012

Paul au parc

Rabagliati, Michel

En lice pour le prix Bédélys 2011. C’est toujours une fête quand Paul Rabagliati publie un nouveau roman graphique. Le coloris noir et gris est toujours au rendez-vous pour raconter les aventures de Paul, et du coup, celles des Québécois. Petit clin d’œil à la Crise d’octobre, aux scouts et aux « grands » qui nous ont aidés, inspirés, transportés.


10 fév 2012

J’ai lu quatre Paul : Paul au parc (2011), Paul à Québec (2009), Paul à la pêche (2006), Paul en appartement (2004).
Je me suis délectée. Je ne suis pas une amatrice de bandes dessinées, par ignorance sans doute, mais les livres de Michel Rabagliati m’ont subjuguée.

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24 fév 2012

L’armée furieuse

Vargas, Fred

Un bon roman policier se déroulant entre Paris et un village de la campagne française. Appuyé sur une vieille légende ancrée dans le village et sur des intérêts financiers de riches Parisiens. Avec, toujours en scène, le même Adamsberg dont l’intuition parvient à exploiter les indices les plus révélateurs… Histoire policière assaisonnée d’humour : un pigeon en convalescence, des insectes délicieusement apprêtés et des lacets mal noués.


9 déc 2012

Je partage le plaisir de lire cet excellent Vargas avec le membre de VMR qui l’a si bien résumé le 18 novembre.


18 nov 2011

Encore un excellent Vargas. Dans ce roman, Adamsberg en a plein les bras, avec trois enquêtes simultanées. Comme d’habitude, Adamsberg se fie à son intuition, prend des libertés par rapport à la loi et risque sa carrière. Adamsberg et son équipe sont sollicités pour résoudre la mort d’un riche industriel, trouvé dans une automobile en flammes et pour laquelle un jeune Arabe est épinglé comme suspect principal. En même temps, il est sollicité pour prévenir des meurtres annoncés dans un village de Normandie. Ces meurtres sont susceptibles d’être perpétrés par l’armée furieuse, une armée légendaire qui fait ses ravages dans la région depuis plus de mille ans. De rebondissements en rebondissements, Vargas croise les enquêtes : les coupables ne sont jamais ceux qu’on attendait.

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24 fév 2012

Les abeilles

Ogawa, Yôko

Ce livre est vraiment écrit d’une « plume toute de délicatesse », comme l’a dit un membre du Club des Irrésistibles. C’est un roman très spécial, le genre de livre que l’on ne rencontre pas tous les jours ! J’ai beaucoup aimé.

Titre original : Domitori


21 oct 2011

C’est avec un grand plaisir que j’ai lu ce récit. De prime abord, il semble que l’oeuvre de cette auteure tient plus de l’envoûtement que du réalisme quoique ses personnages sont bien campés dans le réel. Et j’ai réalisé avec ce petit texte d’à peine 76 pages qu’il y a des similitudes avec Paul Auster, une clef que nous avait fournie Marie-Anne Poggi.
Quatrième de couverture : « Pour rendre service à son cousin qui cherche une chambre, l’héroïne l’a introduit dans le foyer d’étudiants où elle-même séjourna jadis. Mais sitôt le jeune homme installé, un malaise inexplicable s’empare d’elle. Dans les semaines qui suivent, à chaque visite qu’elle tente, son cousin demeure introuvable. Et le directeur du foyer se montre toujours plus évasif, plus inquiétant, plus équivoque. Yôko Ogawa, par petites touches aussi subtiles qu’obsédantes, met en place un climat angoissant qui prend littéralement possession du lecteur. Ce bref roman, écrit d’une plume délicate, est en effet lourd des pires présomptions. »

Titre original : Domitori

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24 fév 2012

Marina

Ruiz Zafón, Carlos

J’ai pris un grand plaisir à lire ce volume, c’est un auteur attachant.
Note de l’auteur : « … Des livres que j’ai écrits, Marina est l’un de mes favoris. À mesure que j’avançais dans l’écriture, tout dans cette démarche prenait peu à peu le goût des adieux et quand je l’eus terminée, j’eus l’impression que quelque chose était resté au fond de moi… »
« Dans la Barcelone des années 80, Oscar, quinze ans, a l’habitude de fuir le pensionnat où il est interne. Au cours de l’une de ses escapades, il fait la connaissance de Marina. Ensemble, ils visitent une tombe anonyme. Marina et son jeune compagnon viennent s’y recueillir. Oscar et Marina réveillent les protagonistes d’une tragédie vieille de plusieurs décennies. » « Nous avons tous un secret enfermé dans le tréfonds de notre âme. » Bonne lecture !


« Mon texte préféré parmi tous ceux que j’ai écrits » de dire l’auteur.
À Barcelone toujours. Dans la vieille ville. Un étudiant pensionnaire se fait ami avec une jeune fille qui habite une ancienne belle maison délabrée, sans électricité. La curiosité d’Oscar et de Marina les entraîne dans des aventures où l’horreur côtoie le dégoût. Principal personnage : un inventeur qui produit des membres artificiels et ensuite travaille à modifier les vivants et les morts. Des personnages gravitent autour de lui, un cimetière, des laboratoires maudits et des égouts.
L’auteur de L’ombre du vent (2001) reste fidèle à lui-même, mêlant l’innocence (Oscar, Marina et son père) au machiavélique et au sordide.

Membre du Plateau


01 avril 2011

À Barcelone, Oscar, 15 ans, pensionnaire dans un collège, fait la connaissance de Marina lors de ses sorties clandestines. Ensemble, ils rencontrent une personne voilée dans un vieux cimetière. Ils y voient plein de papillons noirs surplombant une tombe. Ils apprendront pourquoi Eva est voilée. Elle leur parlera de son mari, Mikaël, et de ce qu’il fait comme métier. Ils entreront dans des grottes, dans des maisons hantées. Je vous laisse lire ce livre captivant, plein de surprises, mais gardez votre cœur d’adolescent…

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24 fév 2012

L’Enquête

Claudel, Philippe

Tout simplement hallucinant. Et pourtant, si près de la réalité vers laquelle nous nous dirigeons comme société si nous ne faisons pas attention. Voici ce qu’en dit Marie-Françoise Leclère dans la revue Le Point : « La mission commençait mal pour l’Enquêteur. Personne n’était venu le chercher à la gare, la neige s’était mise à tomber et le garçon du café où il avait échoué avait refusé de lui servir un grog, bien sûr il n’y avait pas de taxi, pis encore quelqu’un, quelque chose l’avait heurté violemment et le contenu de sa valise s’était éparpillé sur le sol trempé. Une ville inhospitalière, hostile même, comme on en voit tant. Mais, après tout, qu’espérait-il d’autre, lui qui avait été envoyé pour enquêter sur l’épidémie de suicides qui venait de frapper l’Entreprise, le phare de ce pays ? Les choses allaient forcément s’arranger. Sauf qu’elles ne s’arrangent pas, mais alors pas du tout dans cette fable de cauchemar qu’est L’Enquête [...]. » Pour lire la suite de cet article : http://www.lepoint.fr/culture/l-enquete-de-philippe-claudel-entre-kafka-et-aldous-huxley-16-09-2010-1237650_3.php


11 nov 2011

Mon auteur adoré des Âmes grises, de La petite fille de Monsieur Linh, du Rapport de Brodeck, du film Il y a longtemps que je t’aime, etc., m’a un peu déçue. Toujours aussi agréable à lire, son style n’a pas changé, mais le propos, cette fois, ressemble à du déjà lu.
L’Enquêteur semble le seul être humain dans une ville de « robots ». Lui seul souffre de la pluie et du froid, éprouve de la peur et la faim, est confronté à l’absence de toilettes pour hommes dans un hôtel 4 étoiles, est surpris par le Policier et traîné dans le cagibi à balais qui lui sert de bureau. Personne n’a de nom propre dans ce roman, chacun porte celui de sa fonction dans une société qui mange les individus, les digère, puis les élimine.
L’absurde : « Mais penser, parfois, équivaut à faire tourner à vide une machine à laver le linge : si l’exercice est utile pour vérifier son fonctionnement, le linge sale resté en dehors de la machine le demeure, malgré tout, éternellement. » p.198 « L’homme a créé l’ordre alors qu’on exigeait rien de lui. Il s’est cru malin. Grand mal lui a pris. » p. 200. J’entends Kafka, Camus, Huxley, Margaret Atwood dans La servante écarlate. Le décor intérieur est celui d’un immense laboratoire et, dehors, la ville bouge à la manière d’un dessin animé.
La critique sociale nous apparaît surtout vers la fin, c’est pour cette raison qu’il vaut la peine de poursuivre la lecture.


14 oct 2011

En ces temps où le thème de l’enquête (sur la construction, bien sûr) est sur toutes les lèvres, comment résister à un roman de Philippe Claudel qui porte justement comme titre L’Enquête ?
Dès la première page, Claudel nous présente un homme, dont on ne connaîtra que le titre, l’Enquêteur. On apprendra au fil des pages que l’Enquêteur est mandaté pour analyser les suicides qui sont survenus dans une entreprise. Mais la tâche s’avère difficile, sinon impossible. Car l’Enquêteur fait face à une entreprise tentaculaire, anonyme, où les règles de fonctionnement sont absurdes et imprévisibles. Les frontières entre l’irrationnel et le fantastique s’estompent, le récit devient angoissant, kafkaïen. Dans un style d’une précision clinique, Claudel propose un roman sombre, décrivant une société glauque qui n’a plus de sens pour ses membres.


4 mars 2011

Je suis rentrée dans l’univers de ce livre dès la première page ; l’auteur nous emmène au coeur d’une machination bien huilée, mais dont l’Enquêteur va faire gripper les engrenages. Ce roman est un monde en lui-même, il faut aimer être déstabilisé de ce rôle extérieur qu’est le lecteur. Philippe Claudel est arrivé à me faire partager ce malaise de l’Enquêteur qui arrive dans cette ville qui dépend entièrement de cette entreprise.


4 fév 2011

L’Enquêteur doit enquêter sur les suicides qui ont touché l’Entreprise. Il rencontre le Policier, la Géante, le Guide, le Responsable, le Serveur, le Vigile, le Garde, le Psychologue, la Foule… et raconte. Déroutant, fascinant, captivant… Je n’en dis pas plus pour ne pas vous dévoiler le « punch ». J’ai lu le livre d’un trait. Il m’a fait réfléchir sur ma perception de la vie par rapport aux événements. Excellent roman !

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17 fév 2012

Il faut qu’on parle de Kevin

Ramsay, Lynne

Un film extrêmement troublant. Puissant. Un film qui vous plonge à la frontière de l’inadmissible. Les questions posées : est-ce qu’une femme doit nécessairement être une mère à toutes les époques de sa vie ? Lorsque qu’un enfant est conçu alors que le couple fait l’amour en étant certain qu’il n’y a aucun risque de grossesse, que peuvent en être les conséquences extrêmes ? Des acteurs (la mère et le fils, surtout) qui jouent avec un naturel dérangeant. Le rouge omniprésent, la caméra en gros plans sur les visages presque identiques de la mère et du fils… Il y en aurait long à dire. (8/10)

Avec, entre autres, Tilda Swinton et Ezra Miller, d’après le roman de Lionel Shriver.

Titre original : We Need to Talk About Kevin

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17 fév 2012

Le premier homme

Camus, Albert

Camus, dans ce dernier récit inachevé, me fait penser un peu à Pagnol. Malgré une certaine souffrance, la tendresse est toujours présente. Le passé au quotidien est décrit avec beaucoup de finesse. Des phrases de vingt lignes (on ne voit plus ça aujourd’hui) qui nous font respirer avec l’écrivain, le témoin, celui qui se souvient. Voici ce qu’on en dit : « Albert Camus était en train d’écrire ce livre au moment de sa mort. C’est un texte resté inachevé, dédié à ce père mort lors de la bataille de la Marne le 11 octobre 1914… » Pour connaître la suite : e-litterature.net

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17 fév 2012

Et au pire, on se mariera

Bienvenu, Sophie


Attention roman coup de poing, dans la gueule, dans les reins : pédophilie, inceste, amours interdites. Récit pris à bras-le-corps par Aïcha, la narratrice, une adolescente de treize ans. Il y a eu meurtre. Elle se confie, mêlant mensonges, fantasmes et vie bien bue, à une interlocutrice non identifiée : psychologue, travailleuse sociale, policier ? On s’en fout. Récit d’un attachement déliquescent à son père. Son père, les dessins animés, « ça le faisait chier » Elle prend plaisir, lové contre le paternel, à visionner Scarface. Elle en connaît parfaitement les répliques, à neuf ans : «You wanna fuck with me ? Okay. You wanna play rough ? Okay. Say hello to my little friend. »
Regard tendu aussi sur ses relations avec Baz (en taule), son coup de foudre, son sauveur, un garçon début trentaine… Ses meilleures amies, son école de la vie ? Des prostitué(e)s bien futé(e)s du Centre-sud. De l’amour, du sang, des pouces intrusifs, des cauchemars, une mère aimante détestée qui lui a « volé » son père.
Le roman à son meilleur, dans le doute, l’interrogation et l’exploration. Impossible de conclure, lâché dans le domaine de l’ambiguïté.
Un zeugme pour dire le tout : elle a treize ans, vécu et les mots crus pour le dire.
Un corps blessé.
À visiter aussi pour la truculence des propos tenus par Aïcha qui n’est pas sans rappeler Trudel, Ducharme et Ajar. Vous pourrez en lire des extraits à la fin du billet que j’ai publié ici : http://bit.ly/xJBXz4

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17 fév 2012

L’oeil le plus bleu

Morrison, Toni

J’ai beaucoup aimé moi aussi ce premier roman de l’auteure, un petit livre d’au plus 200 pages, dont chaque mot semble avoir été choisi méticuleusement. J’ai beaucoup apprécié son style d’écriture. Elle a un talent certain pour décrire à la fois les lieux, l’ambiance ainsi que l’état psychologique de ses personnages, avec des phrases et des mots qui portent. L’auteure aborde plusieurs thèmes, dont le racisme, la pauvreté, la misère, l’inceste, la violence, la pédophilie, la haine, la folie, les rapports mère-fille, la prostitution, le besoin d’amour, la laideur et l’oppression sexuelle. À lire…

Titre original : The Bluest Eye

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17 fév 2012

Dressée pour être star

Richard, Michèle

Si vous voulez devenir aussi quétaine que moi et vous amuser, il faut lire ce livre. Michèle Richard raconte son enfance, ses spectacles avec son père à quatre ans, ses émissions de télévision, ses relations mouvementées avec son père et sa mère, ses voyages, ses spectacles aux États-Unis dans les années 76-81 et les cabarets. Elle parle de ses amours brefs et nombreux et de ses amitiés. Elle est toujours la vedette et selon elle, elle ne fait jamais d’erreurs. Je me suis amusée à revivre les années 60 et 70 et à me rappeler plein de souvenirs.

Écrit avec la collaboration de Benoit Gignac.

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17 fév 2012

Quatre jours en mars

Grondahl, Jens Christian

Ingrid est divorcée, elle a un amant, Frank, un ex-mari, Anders, et un fils, Jonas. En quatre jours, l’auteur explore les vies compliquées d’une famille (grand-mère, mère).
Il fouille avec art les nombreux sentiments de chacun, sans complaisance, s’appuyant des petits riens au quotidien. Un roman lucide, écrit avec originalité.
Je ne connaissais pas cet auteur, heureuse de cette découverte. Bonne lecture !

Titre original : Fire dage i marts

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17 fév 2012

Le chant des os

Robitaille, Renée

Dommage que ce spectacle n’ait duré que du 7 au 9 février 2012. La conteuse a présenté au Studio-Théâtre de la Place des Arts de Montréal un spectacle émouvant, traitant de la vie dans le Moyen Nord québécois, en mettant l’accent sur les grands chantiers de la Baie James. Dans une mise en scène sobre (une chaise et des projecteurs, avec un musicien dans l’ombre), elle raconte la solitude des hommes dans les chantiers, les difficultés d’une vie amoureuse à distance, l’alcool, les Cris délogés… J’ai beaucoup aimé ce spectacle qui a valeur de témoignage, car la conteuse a visité à plusieurs reprises la Jamesie pour le préparer. Une manière de raconter le prix que le Nord paie pour électrifier le Sud… Si Renée Robitaille annonce à nouveau un spectacle, c’est à ne pas manquer.

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17 fév 2012

Hôtel Polski

Werbowski, Tecia

Werbowski se distingue par ses courts récits qui ont un impact indéniable.
Résumé : « Qu’est-ce que c’est que ça ? » se demanda Eva. « Quelle relation sa mère avait-elle pu avoir avec un Allemand pendant la guerre ? Et quel rapport avec l’hôtel Polski ? Une affaire louche. Maman était polonaise, ça, bien sûr, Eva le savait. Impossible qu’une Polonaise se fût liée d’amitié avec un Allemand pendant la guerre. Sauf si maman avait collaboré avec les Allemands. Mais ça, c’était d’une absurdité absolue. »

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