23 juil 2020

14 juillet

Vuillard, Éric

14 juillet Vuillard

Comme tous les récits d’Éric Vuillard, écrivain et scénariste, il s’agit d’une histoire tellement bien documentée, d’un récit tellement vif, que l’on croit vivre l’aventure de l’intérieur. Des noms, des visages, des émotions.

« Fournier l’Américain et Guillaume Delorme, le nègre sans culotte […] ils ont traversé l’océan, l’un, enfant d’esclave, […] l’autre, petit crotteux partant chercher fortune aux Antilles […] les voilà autour d’une civière […]. L’Atlantique passe au-dessus d’eux sous forme de nuages. »

Louis Tournay, le charron, le jeune homme de vingt ans, est passé de l’autre côté de la vie […] petit morceau de foule tombé là, tout seul, dans la cour du gouvernement. »

Jules Michelet parvient à faire de la députation de Thuriot de la Rosière […], d’après lui le génie colérique de la Révolution, […] le nombril du 14 juillet. »

Comme tous les livres que j’ai lus de cet auteur, le vocabulaire est très riche et très approprié au récit. Ici on trouve des termes de vieux français, de français populaire et même d’argot parisien. Ainsi en est-il, par exemple, des mots mandorle, gigolettes et tapineuses, cornaquer, riper, crapahuter et ripoliner, gouaille et hourvari, le charron et le chiffonnier. Mots savoureux. Il est amusant d’en chercher le sens et parfois l’origine. Un grand plaisir de lecture !

Membre : N.L., Île-des-Soeurs

Vuillard, Éric. 14 juillet, Éditions Actes Sud, collection Un endroit où aller, 2016, 200 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.



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