09/08

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Je ne suis pas née avec un livre dans les mains, mais je vais sûrement mourir en lisant. Enfin, c’est ce que je me souhaite… mais le plus tard possible. Si je commence ainsi ma chronique, c’est que je viens de terminer Lire ! de Bernard et Cécile Pivot où il est question de leur amour des livres et de la lecture.

Vous dire combien je me suis reconnue dans la publication de Lire ! (Flammarion, 2018)... Je ne sais pas quelle place occupe la lecture dans votre vie, mais dans la mienne, elle est essentielle, vitale même à mon bien-être. Ne pas lire une journée, c’est comme pour certains ne pas faire une heure de sport par jour. Chacun ses loisirs !

Mentionner le nom de Bernard Pivot, c’est pour la majorité d’entre nous, amoureux de la littérature, repenser aux émissions Apostrophes (de 1975 à 1990) et Bouillon de Culture (de 1991 à 2001). Aujourd’hui âgé de 83 ans, Bernard Pivot, ce fils d’épicier lyonnais est, depuis 2014, président de l’académie Goncourt où il a été élu dix ans plus tôt. En plus de cette fonction, il tient aussi une chronique hebdomadaire dans Le Journal du dimanche tout en écrivant ses propres ouvrages, un peu moins d’une vingtaine.

Écouter Apostrophes, c’était comme entrer en religion. Silence obligatoire, petit cahier noir et crayon en mains pour noter des titres qui m’intéressaient. Combien de découvertes d’auteurs lui dois-je ? J’ai arrêté de compter. J’irai même jusqu’à dire qu’après les suites romanesques d’Henri Troyat, qui furent mes premiers coups de cœur, je dois ma passion de la lecture à Bernard Pivot.

Préparer une émission littéraire telle qu’Apostrophes a demandé bien des sacrifices à cet homme qui devait lire entre 10 et 12 heures par jour, et ce, même les fins de semaine, au détriment de sa vie familiale et amicale, sans voir non plus expositions ou pièces de théâtre. Lire, lire, lire, pour être fin prêt à recevoir les invités de la semaine sur son plateau.

Ceci étant dit, si Bernard Pivot a, cette fois, accepté d’écrire un ouvrage sur la lecture où « j’exposerais ma méthode, mes trucs, mes goûts », c’est parce que sa fille cadette était, et je le cite, « très représentative des lectrices par sa passion majoritaire pour les romans ». Et voilà le duo père-fille à nous dévoiler leur ivresse commune où Cécile « vole » du temps pour lire, entre ses responsabilités de mère de trois enfants et son travail de journaliste.

Lire ! comporte un avant-propos signé de Bernard Pivot, 21 chapitres très courts et une annexe de trois pages comportant, par ordre alphabétique, les noms des auteurs cités tout au long de l’échange de points de vue entre le père et la fille sur différents sujets reliés à la lecture.

Bel objet, bien présenté, cet ouvrage de 191 pages propose des illustrations – photos et reproductions de tableaux – de gens en train de lire, le tout intercalé des propos des auteurs.

Je ne sais pas à quoi ressemble votre bibliothèque personnelle et « bibliothèque idéale », mais la mienne s’enrichit d’année en année. Seul regret : ne pas réussir à faire diminuer ma pile de « livres à lire ».

Quel est votre classement ? Par ordre alphabétique d’auteurs ? Maisons d’édition ? Genres littéraires ? Pays ? Ou alors avez-vous, comme Céline Pivot, une « bibliothèque communiste » ? Je trouve l’expression fort sympathique.

Plutôt que de vous donner les réponses de Bernard et Céline Pivot, je vous soumets quelques questions en vrac. À vous de répondre, de cogiter, de comparer, de vous positionner. L’heure de vérité a sonné.

Êtes-vous du genre à…

Gruger du temps de lecture sur toutes autres activités et même jusqu’à refuser une invitation pour lire tranquillement chez vous ?

Lire au lit ? Sur une chaise droite ? À la plage ? Dans un lieu public ?

Vous fier à la recommandation d’un(e) ami(e) pour choisir un livre ? À votre libraire préféré ? Lire la section « livres » des journaux et/ou des revues ?

Regarder les émissions littéraires et/ou écouter celles qui passent à la radio ?

Acheter régulièrement des livres alors qu’une dizaine, pas encore lus, vous attendent à la maison ?

Vous procurer un roman – ou tout autre genre littéraire – de l’un de vos auteurs chouchous avant que la critique ne paraisse ?

Fouiller dans le dictionnaire durant votre lecture si vous ne connaissez pas la signification d’un mot ?

Annoter vos livres ou les garder dans l’état d’origine ?

Prêter vos bouquins, même si vous savez que la plupart du temps, c’est pour un aller simple ?

Donner une deuxième chance à un auteur dont vous venez de lire le premier roman ?

Pardonner à un écrivain que vous aimez le livre qui vous a déplu ?

Abandonner un livre s’il vous tombe des mains – comme nous le suggère Daniel Pennac dans Comme un roman ?

Relire certains titres ?

Ne pouvoir lire quand vous avez un chagrin d’amour ou un problème personnel ?

Zieuter le titre de l’ouvrage que lit la personne à vos côtés dans le métro, l’autobus ou au parc ?

Lire les mêmes livres en vacances et/ou en saison estivale que durant le reste de l’année ?

Je laisse le mot de la fin à Bernard Pivot : « Une bibliothèque est plus qu’un autoportrait : une autobiographie écrite par les autres. » (p. 148) et « Offrez des livres ! Ils s’ouvrent comme des boîtes de chocolats et se referment comme des boîtes à bijoux. » (p. 156)


Pour souligner le 20e anniversaire de la bibliothèque Robert-Bourassa, nous poursuivons nos entretiens avec des résidents d’Outremont.

Durant les huit prochaines semaines, suivez le parcours de Minou Petrowski, critique de cinéma, romancière, animatrice-recherchiste pour la radio et la télévision.

Partie 3. Sauvée par les livres et les films.

Réalisation : Stéphane Richard.

Entrevue menée par Marie-Anne Poggi.

Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Aaron

Thériault, Yves

Aaron

Voulant viser juste avec Yves Thériault, auteur que j'ai découvert dans mes lectures obligatoires au collège classique (Agaguk évidemment) et que je n'ai pas particulièrement aimé, car les romans de grand air ne sont pas ma « tasse de thé », j'ai choisi de lire Aaron (première édition en 1954).

Sans vouloir décourager quiconque de lire Thériault, je ne peux pas dire que Aaron m'ait fait changer d'idée sur cet auteur qui ne me touche pas vraiment, ni en plein air ni en ville. Ce sont des choses qui arrivent.

Membre : Montréal Thériault, Yves. Aaron. Éditions Le Dernier havre, 1954, 2003, 490 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Foudroyée

O'Connell, Grace

Mer

Roman psychologique sur le tempérament des êtres qui nous entourent et de l'effet sur ceux qui les côtoient.

Veda mène une existence rangée à Vancouver, mais son frère Conrad a la fâcheuse habitude de se battre avec les gens qui le dérange. Veda le soigne encore et encore, elle devra fuir à New York pour se retrouver et vivre sa vie. Un événement viendra bouleverser sa quête auquel elle devra faire face.

Bien construit et bien écrit, Foudroyée se lit avec un bon intérêt.

Titre original : By Ready for the Lightning Membre : Laval-Vimont O'Connell, Grace. Foudroyée, Éditions du Boréal, 2017, 2018, 386 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Joshua, au passé, au présent

Richler, Mordecai

Joshua

Un auteur qui m'était totalement inconnu sauf de nom, évidemment. En lisant ce roman, j'ai été étonné d'y trouver autant de plaisir. Richler écrit avec un stylet plus qu'avec un stylo. Il n'a pas la langue dans sa poche.

Tout y passe dans ce roman : les riches de « Westmount la haute », le monde interlope, les magouilles des politiciens, les frasques des hommes envers les femmes (et vice versa)… et, bien sûr, quelques coups de griffes à l'encontre de certains comportements des Québécois francophones. Et quel plaisir de découvrir cet humour juif qui m'était presque entièrement étranger.

Le récit est touffu, mais on finit par s'y retrouver et à la fin, on a le goût d'aller en lire un autre de ce fameux Richler. Babelio : « Joshua Shapiro, fils d'un boxeur devenu contrebandier (et escroc à la petite semaine) a plutôt bien réussi dans la vie. Écrivain, journaliste, vedette du petit écran, il se prendra de passion pour l'éblouissante Pauline, fille de sénateur, qui évolue dans la société la plus huppée de Montréal, et qui deviendra sa femme. Plongé ainsi dans un autre milieu, Joshua, blagueur, rebelle, n'en faisant qu'à sa tête, se rebiffera contre les conventions pour se retrouver au cœur de situations les plus scabreuses […] Mordant, féroce, l'humour de Richler n'en finit pas de désarçonner. Et pourtant, sous des dehors comiques et provocateurs se cachent de belles leçons de vie. » Titre original : Joshua Then and Now Membre : Saint-Jean-sur-Richelieu Richler, Mordecai. Joshua, au passé, au présent, Éditions du Boréal, 1980, 2015, 558 pages. Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La femme qui tuait les hommes

Castro, Eve de

La femme qui tuait les hommes

Marie-Anne Poggi a parlé de La femme qui tuait les hommes dans son Billet du Club des Irrésistibles du 29 mars dernier. Je ne reprendrai donc pas l’histoire, sauf pour dire qu’elle est fascinante.

J’ai été envoûtée par son personnage principal et je n’ai pas réussi à la détester tellement elle est crédible dans sa croyance de la justice.

L’auteure m’a bousculée et j’ai lu ce roman d’une traite. Un excellent Eve de Castro.

Membre : Germaine-Guèvremont Castro, Eve de. La femme qui tuait les hommes, Éditions Robert Laffont, 2018, 281 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Vie à mille décibels

Lucas, Rachael

La Vie a mille décibels

Très bon roman. Les situations sont réalistes et le ton juste, pudique, mais sans langue de bois ce qui permet d'appréhender les difficultés rencontrées par une personne souffrant du syndrome d’Asperger.

Grace, 16 ans, est attachante. Elle sait qu'elle est différente et elle l'assume même si ce n'est pas simple tous les jours.

Très beau personnage. Une histoire sans pathos inutile et pourtant l'empathie est là. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Lucas, Rachael. La Vie à mille décibels, Éditions Albin Michel, 2017, 320 pages.

Lady Killer. 1, À couteaux tirés

Jones, Joëlle et Jamie S. Rich

Lady Killer tome 1 Josie Schuller est une femme et une maman comblée dans l'Amérique des années 50. Elle est aussi « accessoirement » tueuse à gages et elle aime ça. Une femme capable de tuer de sang-froid quiconque serait la cible d’un contrat avec la mystérieuse et dangereuse organisation pour laquelle elle travaille ! La couverture mettant en scène la parfaite ménagère américaine des années 50 en train de nettoyer un bain de sang m’a tout de suite attirée et intriguée. Je n'ai pas été déçue. Lady Killer est un petit bijou sanglant comme je les aime. Une très belle surprise. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Jones, Joëlle et Jamie S. Rich. Lady Killer. 1, À couteaux tiré, Éditions Glénat, 2016, 144 pages.

Les Morts de la Saint-Jean

Mankell, Henning

Les Morts de la Saint Jean Mankell

C’est la Saint-Jean et trois jeunes célèbrent. La fête tourne au vinaigre quand les trois sont assassinés. Les parents les croient en voyage. Une carte postale révèle autre chose.

Wallander, l’inspecteur de ce drame est confondu, car un adjoint a aussi perdu la vie.

L’intérêt est intense du début à la fin. C’est un Mankell à revisiter. Bonne lecture !

Titre original : Steget efter Abonnée : Germaine-Guèvremont Mankell, Henning. Les Morts de la Saint-Jean, Éditions du Seuil, collection Points, 1997, 2001, 484 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Lire !

Pivot, Bernard et Cécile

Lire Cecile et Bernard Pivot

Quel plaisir de parcourir lentement ce volume de luxe ! Leur apparition à La Grande Librairie nous a donné le goût de les retrouver.

Bernard Pivot, c’est cet homme qui nous a communiqué sa passion pour la lecture par ses émissions Apostrophes et Bouillon de Culture.

Le père et la fille nous livrent leurs nombreuses heures de joies, entre autres, à lire et à relire de nombreux auteurs. Bernard Pivot a lu pour sa profession et Cécile Pivot pour son plaisir. Ce volume écrit à quatre mains nous révèle leur amour intense pour la lecture et pour la langue française. « Lire rend plus sensible, plus intelligent et plus fin. » À lire ! Abonnée : Germaine-Guèvremont Pivot, Bernard et Cécile. Lire !, Éditions Flammarion, 2018, 191 pages. Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Requiem : une hallucination

Tabucchi, Antonio

Requiem Nous avions pris un dernier verre sur la terrasse d’un bistro tout près de la Gare de l’Est à Paris. Mai. Tu avais froid. Tu portais une longue pelisse de laine comme il s’en porte au Québec. Tu disais que le nord commence à Avignon. Tu habitais Madrid, parfois Marseille, dans les collines, au gré du vent, le vent qui rend fou, disais-tu. Tu m’avais dit ton attachement pour le Portugal, pour sa langue, pour Lisbonne où tu avais vécu. Tu avais lu dans le texte Le Livre de l’intranquillité (1989) de Pessoa. Le serveur nous pressait de dégager. Les sans-abris venaient faire provision de cigarettes à notre table. Tu avais finalement dit : « Y’en a plus ! ». Nous avions aussi évoqué l’écrivain italien le plus portugais : Antonio Tabucchi. J’avais dit Pereira prétend (1995). Tu préférais Requiem : une hallucination, une biographie fictive de Tabucchi qui met en scène le fantôme de Pessoa, la gastronomie lusitanienne, les gitans, un raconteur d’histoire et la géographie de Lisbonne. Tu avais froid et tu l’avais cité de mémoire : « On a toujours besoin d’une histoire, malgré les apparences, même si on n’en a pas envie. » Membre : J. de Rosemont Tabucchi, Antonio. Requiem : une hallucination, Éditions Christian Bourgois, 1993, 127 pages.

Trois jours et une vie

Lemaitre, Pierre

Trois jours une vie

Je relis toujours Pierre Lemaitre et je découvre chaque fois quelque chose de nouveau. Ce roman se démarque de ses autres tant il est inqualifiable. Tenter de vous communiquer mon enthousiasme n’est pas évident.

Le narrateur de 12 ans vous le dira tout de suite : tout ce drame commence avec un chien, Ulysse. Déjà le nom de la bête est inusité dans ce coin perdu de la France. Cet ado ne se lie pas facilement, il est solitaire et en vient à considérer Ulysse comme son seul et unique ami. Il l’aime. On tue le chien de façon assez horrible pour que le garçon perde les pédales et commette l’irréparable. Quelque chose que seul Pierre Lemaitre avec son talent arrive à concevoir et, surtout à rendre plausible.

Cet acte poursuivra notre héros toute sa vie, lequel s’est joué en trois jours. Peur, panique, anxiété, remord, regret, angoisse seront désormais ses compagnons. Adulte, il demeure forcément solitaire et sa vie consiste à attendre LE jour où on frappera à sa porte pour le démasquer. Ce qui n’arrive pas, mais le rebondissement final vaut, à lui seul, la lecture de ce livre. Rien qui nous le fasse entrevoir, déjà un tour de force.

Membre : Anne-Marie, Île-des-Sœurs Lemaitre, Pierre. Trois jours et une vie, Éditions Albin Michel, 2016, 279 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

pas touche!!!