18/10

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Dans quelques semaines, je vais recevoir à mon émission Culture à la carte à RVM Anne Grace, conservatrice aux expositions du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) et co-commissaire avec Elizabeth Hutton Turner de l’exposition Alexander Calder : un inventeur radical présentée au MBAM jusqu’au 24 février 2019… Mais je vous en glisse un mot dès maintenant.

Né le 22 juillet 1898 en Pennsylvanie, Alexander Calder a été formé comme ingénieur avant de devenir cet artiste inventif qui a eu une carrière incroyable. On compte plus de 22 000 de ses œuvres dispersées un peu partout dans le monde.

Cette première rétrospective en sol canadien a demandé cinq ans de travail aux commissaires. Les œuvres, dont plusieurs ont été restaurées pour l’occasion, arrivent démontées, doivent être ensuite assemblées très délicatement. Tout un art !

Parmi la centaine de créations, présentées en un parcours chronologique, quelques-unes sont activées à 14 h en semaine, et à 11 h et 14 h, la fin de semaine : un restaurateur œuvrant au MBAM fait bouger les mobiles à notre plus grand plaisir. Cela me rappelait ceux que nous avions au-dessus de notre lit quand notre mère les agitait pour nous endormir.

Détail intéressant, c'est à Montréal que l'on peut voir le deuxième plus grand stabile de Calder, Three Discs (aussi appelé L'Homme) conçu expressément pour l’exposition universelle d’Expo 67 et qui se trouve encore, après toutes ces années, sur l'île Sainte-Hélène.

Est-ce que Calder a révolutionné l'art public ? Sans aucun doute. Autant les adultes que les plus jeunes aimeront se promener à travers les salles et admirer ces structures de différentes formes et grandeurs. Il y a en a vraiment pour tous les goûts, que ce soit les fameuses sculptures stabiles et mobiles ou la dizaine de bijoux, les extraits de films d’archives, les huiles sur différents supports, etc.

Sandra Gagné, chef de la Production des expositions au MBAM signe, à nouveau, une très belle scénographie, alors que le graphisme a été réalisé par l’agence Compagnie et cie.

Faites-vous plaisir. Vous avez jusqu’au 24 février 2019 pour aller faire un tour sur la rue Sherbrooke ouest, avant que l’exposition Alexander Calder : un inventeur radical ne prenne le chemin de la National Gallery of Victoria à Melbourne du 5 avril au 4 août 2019.


Le lundi 22 octobre, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec l’auteure et comédienne Clara Prévost, qui viendra nous parler de sa pièce La Place Rouge, présentée à la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 27 octobre 2018.

Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Fly High

Jaqee

Fly High CD

La musique de Jaqee pourrait être qualifiée de nomade, car elle est un condensé d’influences et d’ambiances très différentes.

L’album s’ouvre sur Hello où sa voix est bien mise en valeur, morceau acoustique plutôt folk, puis vient Water It au rythme plus rapide et aux influences soul, Oh Sister est un morceau hip-hop très efficace, Tambuula sonne plus électro avec un rythme et un refrain entêtants, Miracle est une ballade juste parfaite… Bref, une multitude de styles de musique et des morceaux très réussis dans l’ensemble. Une artiste « inclassable » à découvrir ! Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Jaqee. Fly High, CD, 2017.

La Solitude des nombres premiers

Giordano, Paolo

La Solitude des nombres premi grand format

Tout le monde a encensé ce roman. Il est vrai qu’il est fort bien écrit même dans sa traduction (sauf quand il dit, je cite de mémoire : « […] il était couché à côté d’elle, dans la même position, la cheville du pied gauche appuyée sur son talon droit… » Essayez ça pour voir, vous m’en donnerez des nouvelles).

C’est une écriture moderne, vive, qui met en scène de jeunes personnages qui vivent des tourments liés à la solitude qui ne sont pas inintéressants, au contraire. Mais…

Mais quelle froideur de style, d’écriture, de sentiments. Les mathématiques, l’algèbre, les nombres, les théorèmes prennent une place tellement importante dans la tête de Mattia qu’on n’est pas étonné que tout foire autour de lui.

Titre original : La Solitudine dei numeri primi Membre : Rosemont Giordano, Paolo. La Solitude des nombres premiers, Éditions du Seuil, 2008, 2009, 329 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Sœur de Judith

Tremblay, Lise

La soeur de Judith

Je n’ai pas réussi à aimer et à apprécier ce livre de Lise Tremblay. J’avais pourtant lu et aimé ses autres livres, mais celui-là, pas du tout.

L’histoire banale ne me touchant pas, j’aurais pu me rabattre sur le style d’écriture pour arriver à le terminer avec bonheur. Là aussi, déception. Beaucoup de répétitions, pas de recherche, vocabulaire pauvre. C’est un livre populaire, dont on a fait l’éloge peut-être parce que l’auteure est sympa, a déjà publié d’autres œuvres intéressantes et que l’histoire se passe au Saguenay, lieu adulé par excellence.

Tout ça pour dire que je ne comprends pas l’engouement incroyable pour ce livre. Je suis sans doute complètement « dans le champ » mais vraiment, quelque chose m’échappe totalement. Si quelqu’un peut m’expliquer… Je suis tout ouïe.

Membre : Pointe-Claire Tremblay, Lise. La Sœur de Judith, Éditions du Boréal, 2007, 178 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Démon du passé

Clark, Mary Higgins

Le demon du passe

C'est un des nombreux romans policiers de Mary Higgins Clark qui nous transporte dans le monde brillant de Washington.

Pat Traymore est une jeune journaliste de la télévision, auteure d'une série d’émissions intitulées « Les Femmes au gouvernement ». Pour mieux suivre les élections présidentielles américaines auxquelles se présente une femme, elle s'installe dans une maison cossue de Georgetown, maison qui a déjà son histoire. S'affrontent alors deux ambitions féminines qui les amèneront chacune face à leur passé et au mystère qui les réunit. C'est un périple assez passionnant à travers les coulisses du Congrès et de la Maison Blanche. Titre original : Stillwatch Membre : Outremont Clark, Mary Higgins. Le Démon du passé, Éditions Albin Michel, 1986, 321 pages.

Les Cendres bleues

Daoust, Jean-Paul

Les Cendres bleues

Jean-Paul Daoust, le poète « punk » de Plus on est de fous, plus on lit !

Cendres bleues, un récit poétique autobiographique audacieux – l’amour entre un jeune de six ans et demi et un adulte de vingt ans –, a été couronné du prix du Gouverneur général en 1990.

Texte adapté et présenté à la salle Jean-Claude Germain du Théâtre d’Aujourd’hui au mois d’octobre 2013. D’aucuns prétendent que ce long cri d’amour et de désamour constitue une pièce majeure de la poésie québécoise contemporaine. Un texte oxymorique où le douloureux jouxte le soyeux : « J’ai été un enfant violé / Dans le plus beau des paysages / Dans le carré de sable prince oublié […] Pourtant j’aimais voir ce sexe content / Même si l’idée de l’amour m’était inconnue » Un long poème de quelque 2000 vers lâchés, hurlés d’un seul souffle, sans ponctuation. Poème incantatoire avec des vers qui remontent incessamment pour dire le malaise et aussi la joie, l’amour et le viol, malgré les interdits (Moi un angelot dans la crèche) : « Je n’avais que six ans et demi mais / Je savais ce que je faisais / Je sais qu’il m’aimait m’aimer. […] Histoire d’amour / Mais je n’avais que six et demi / Lui dans la vingtaine […] Il n’avait que vingt ans / Et des poussières / Moi j’en avais six et demi / Il m’aimait / Je l’aimais […] À six ans et demi alors / J’étais un barbare dans la soie de ses mains […] Tu m’auras volé mon enfance. La couleur bleue parcourt tout le poème, venant marquer l’opposition entre l’idylle et l’incandescence. Dans l’air bleu du soir […] Brûler qu’on dit / Des feux bleus […] Des yeux bleus couleurs de lacs mirant le ciel […] Il avait des yeux bleus de dimanches de deuil […] Je m’empressais de retrouver ses lèvres si douces / Si bleues dans le reflet de ses yeux […] Lui ce grand tyran aux yeux bleus comme / La neige / Mon ange-gardien […] Ses yeux bleus miel […] Des diamants bleus / Sa pomme d’homme bleu […] Dans la chaleur bleue […] Sa peau de vison bleu […] Dans l’eau bleue de ta sueur […] Ses dents de glace bleue […] Les refrains bleus de sa peau […] La neige qui tombait au-dehors / Plus bleue qu’un poème […] Du haut de mes six ans et demi je tombe / Dans le brasier bleu de tes bras […] Dans ses campagnes bleues […] Des larmes d’un bleu […] Tes yeux neigeaient bleu […] Dans le bleu pourpre de l’air […] Les fenêtres bleues de ton visage […] Le parfum bleu de mon premier amant […] Tes yeux d’un bleu interdit. Mais, « La couleur de l’enfance est-elle bleue ? » Comment « Faire le tri de tous ces bleus » Car « Cette fiction m’incommode / Bleue elle aussi L’amant bleu sera finalement « tué » : « Sa tête en cendres » Il ne restera que Cendres bleues. Des Cendres étoilées avec lesquelles s’achève le récit poétique. Membre : J. de Rosemont Daoust, Jean-Paul. Les Cendres bleues, Éditions Écrits des Forges, 1990, 66 pages.

Les Oliviers du Négus

Gaudé, Laurent

Les Oliviers du Negus

Encore une fois, je me suis laissé emporter par l'écriture de cet auteur. Quatre nouvelles sur la folie des hommes, la guerre et la peur : le suspense est au rendez-vous, mais aussi une plongée dans les profondeurs de l'humain.

1- Les Oliviers du Négus : À la mort de Zio Négus, le narrateur revient au village où il retrouve Elena, sa compagne. Tous deux ont tissé des liens d'amitié avec le défunt. Le récit entrelace habilement leurs souvenirs du Négus et du passage de Frédéric II dont le Négus parlait sans cesse. Les descriptions magnifiques de la région et des oliviers servent souvent de déclencheurs au récit qui se termine ainsi : « Je veux que nous portions encore la marque du Négus : l'infirmité lumineuse de ceux qui ont dans le crâne des rêves trop grands et, dans le regard, la beauté des hommes insatiables. »

2- Le Bâtard du bout du monde : Le centurion Lucius commande des soldats de l'Empire romain. Il est envoyé avec sa troupe aux confins de l'Empire. Il tue le responsable de cette forteresse isolée. Les hommes de celui-ci l'accompagneront en territoire inconnu. Ils seront tous tués et Lucius sera ramené dans l'Empire. On le laisse retourner à Rome, infirme et à demi paralysé, où il se voit comme le messager de la destruction prochaine de l'Empire. Écriture très forte, belle et tragique.

3- Je finirai à terre : En faisant appel au fantastique, l'auteur écrit une fable tragique sur la guerre, folie des hommes, et sur la nature qui reprend ses droits.

4- Tombeau pour Palerme : Un juge anti-mafia revoit l'assassinat de son frère et sait que le même sort l'attend à plus ou moins brève échéance. On l'entend penser et ses monologues s'adressent à son frère mort à qui il parle au « tu ». Il est lucide, remet en question son engagement de lutter contre la mafia, mais persiste. C'est magnifique, fort, profondément humain. À lire !

Membre : Outremont Gaudé, Laurent. Les Oliviers du Négus, Éditions Actes Sud, 2011, 157 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Mildred Pierce

Cain, James Mallahan

Mildred Pierce Publié pour la première fois en 1941, ce roman est assez avant-gardiste pour l’époque. L’auteur est celui qui a aussi écrit un autre livre célèbre : Le facteur sonne toujours deux fois. Ces deux romans font partie d’un nouveau courant littéraire, le roman noir, que l’on appelle en anglais le « hard-boiled fiction », soit un roman dur. En fait, Mildred Pierce est une femme qui essaye de s’émanciper, poussée de la maison par un mari paresseux qui n’arrive pas à relever ses finances. On dirait maintenant qu’elle devient « une jeune entrepreneure », mais ses relations humaines sont un peu catastrophiques, car elle pense surtout à ce qu’elle projette comme image et à son profit personnel. Elle est décrite comme ayant peu de sentiments de cœur et c’est la raison pour laquelle elle est « hard-boiled » ! Cuite dure, pas vraiment dure à cuire, mais « une sentimentale ». Même s’il y a une histoire sérieuse et décrite de façon avant-gardiste, de mère possessive, le roman noir est aussi une comédie de mœurs et l’analyse des personnages étonnante. Les dialogues sont d’un style adapté à l’histoire, mais les descriptions sont souvent très belles littérairement parlant. L’histoire d’une expression employée dans le roman m’a amusée. C’est « grass-widow », en français « veuve de paille », pour désigner ces femmes qui vivent séparées de leur mari de façon prolongée. Dans les premiers emplois de ce mot, il s’agissait de femmes séparées de leur mari par la guerre. En 1528, il s’agissait plutôt de femmes ayant perdu leur virginité avant le mariage, métaphore de « green pastures », donc « pâturages verts » où s’ébattaient les amoureux ou de « out of grass » pour ceux qui ne se conduisaient pas très bien en l’absence du mari. Sans doute « bed of straw » était-il aussi symbole de sexe extra-marital. « Out of grass » est un glissement de sens d’ébats dans les champs à ébats dans des endroits plaisants. « Straw » et « grass » étaient souvent employés l’un pour l’autre. On peut dire que « grass-widow » de femme délaissée est devenu en gros une femme qui ne vit pas avec son mari. Membre : N.L., Île-des-Soeurs Cain, James Mallahan. Mildred Pierce, Éditions Vintage Books, 1941, 1989, 298 pages.

Orages ordinaires

Boyd, William

Orages ordinaires Boyd

Un thriller palpitant ! « Adam Kindred travaille sur la formation des nuages. Parti des États-Unis, il débarque en Angleterre pour un entretien d’embauche. Le soir, alors au restaurant, il fait la rencontre d’un certain Philipp Wang, chercheur. Cet homme, en partant, oublie une serviette dans laquelle se trouve[nt] des informations imbitables. Adam Kindred met alors le doigt dans un engrenage dont il n’a pas idée. »

Mon intérêt repose sur la description des personnages et aussi sur Londres que l’on retrouve en toile de fond. Bonne lecture !

Titre original : Ordinary Thunderstorms Abonnée : Germaine-Guèvremont Boyd, William. Orages ordinaires, Éditions du Seuil, 2009, 2010, 475 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Ubac

Vix, Élisa

Ubac de Vix En arrivant dans la station de Val-Plaisir, Estelle ne savait pas que sa vie changerait complètement, faisant d’elle une jeune femme qu’elle ne soupçonnait pas. C’est en effet là qu’elle rencontre Jérémy. Ils s’entendent si bien qu’ils se marient rapidement et ont une petite fille. Jérémy possède un bowling et Estelle profite de son congé parental pour aider son mari. Elle connaît peu de chose de lui, si ce n’est qu’il est fâché avec ses parents. Une vie parfaite jusqu’à l’arrivée de Nadia, la sœur jumelle de Jérémy dont Estelle n’avait jamais entendu parler. Celle-ci manifeste très vite son antipathie pour Estelle et sa fille, mais toujours sans témoin voyant en elles des obstacles à sa relation plus que fusionnelle avec son frère. Une marche cirée, une fenêtre ouverte dans la chambre du bébé alors que la tempête gronde dehors, de l’arsenic dans la purée du bébé… Nadia voudrait-elle supprimer sa belle-sœur et sa nièce ? Ce roman pourrait tout à fait être adapté au cinéma. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Vix, Élisa. Ubac, Éditions À vue d’œil, 2016, 320 pages.

Vies volées : Buenos Aires, Place de Mai

Goust, Matz

Vie volees Goust On ne peut être qu'admirative du combat mené par ces grands-mères pacifiques mais déterminées. J'ai beaucoup aimé ce récit même si, dès le départ, je me doutais du résultat des tests ADN. Mais peu importe, il est bien de mettre des mots sur les maux. Et il est certain que ces vies gâchées resteront longtemps dans la mémoire collective. Une BD à lire afin de ne jamais oublier. Babelio : « En Argentine, de 1976 à 1983, sous la dictature militaire, 500 bébés ont été arrachés à leurs mères pour être placés dans des familles plus ou moins proches du régime. Plusieurs années après cette tragédie, les grands-mères de ces enfants ne cessent de se battre pour les retrouver. » Illustrations de Mayalen Goust. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Goust, Matz. Vies volées : Buenos Aires, Place de Mai, Éditions Rue de Sèvres, 2018, 80 pages.
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