20/11

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Pour la septième année consécutive, le Club des Irrésistibles désignera en 2015 une œuvre qui se méritera le prix des lecteurs et lectrices ; il pourra s’agir aussi bien d’une redécouverte que d’une parution récente, peu importe le genre littéraire.
L’ouvrage sera choisi parmi les cinq titres qui auront été mentionnés le plus souvent comme « coup de cœur » durant l’année dans le bulletin-courriel du Club. Les cinq œuvres sélectionnées seront dévoilées dans le dernier envoi de 2014.
Vous pouvez faire partie du jury, que vous soyez du Québec ou d’ailleurs : nous recevrons par courriel le vote des membres qui ne pourront se rendre à la bibliothèque Robert-Bourassa.
Donc, toute personne intéressée à être membre du jury est priée de le faire savoir par courriel avant le 18 décembre 2014.
Le lundi 20 avril 2015, de 10h à 12h, à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont, le décompte des votes sera rendu public lors d’une rencontre-débat des membres du Club des Irrésistibles et de leurs ami(e)s.

Le samedi 22 novembre, à Radio VM (91,3 FM), dans le cadre de l’émission Entracte, je reçois le metteur en scène Yves Desgagnés qui vient nous parler de la pièce d’Oscar Wilde L’Importance d’être Constant, présentée au Théâtre du Nouveau Monde jusqu’au 6 décembre 2014.

Première diffusion : le samedi de 12h30 à 13h, en reprise le jeudi suivant, de 17h à 17h30.

Je vous rappelle qu’il est aussi possible d’écouter Entracte en direct à partir du site web de Radio VM

Samedi dernier, je recevais le comédien Roch Aubert et le metteur en scène Jean-Marie Papapietro venus nous parler de la pièce L’Énigme Camus : une passion algérienne, présentée à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 29 novembre 2014.

ENTRACTE M Poggi - 2014 11 15 Jean-Marie Papapietro

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,
Marie-Anne


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Au pays des mensonges

Keret, Etgar

Au pays des mensonges Un auteur israélien qui affectionne les situations rocambolesques et les univers étranges. Des nouvelles drôles, incisives et sans concessions envers ses compatriotes. Membre : Médiathèques de Romans Keret, Etgar. Au pays des mensonges, Éditions Actes Sud, 2010, 2011, 204 pages.

Black bazar

Mabanckou, Alain

Black bazar Quel livre étonnant ! Au premier degré, c’est l’histoire d’un Congolais (du Congo-Brazzaville) établi en France. C’est un dandy qui raffole des vêtements griffés et des alcools de luxe. Il vit dans un appartement minable avec des colocataires africains. Il est un passionné de ce qu’il appelle la face B des femmes, tellement qu’on le surnomme le Fessologue. Sa compagne le quitte pour un batteur de tam-tam. Se trouvera-t-il une nouvelle compagne ? Il faut lire le livre écrit dans un style truculent pour le savoir. Mais au deuxième degré, c’est aussi une réflexion sur le sort des immigrants africains en France, un réquisitoire contre les dictateurs africains et contre la colonisation blanche, une invitation à découvrir les classiques des Indépendances. À lire ! Membre : Lucienne Mabanckou, Alain. Black bazar, Éditions du Seuil, 2009, 264 pages.

Body Music

AlunaGeorge, alias Aluna Francis et George Reid

Body Music Pour séduire et passer des nuits caniculaires, un seul CD : Body Music... Le duo dépoussière le RNB en lui injectant une bonne dose d'électro et en le dépouillant de toute mièvrerie. Membre : Médiathèques de Romans AlunaGeorge, alias Aluna Francis et George Reid. Body Music, CD, 2013.

Dimanches d'août

Modiano, Patrick

Dimanche Le narrateur, en flâneur nostalgique, nous promène pour les fins de son roman, dans la ville de Nice. Il y installe un couple amoureux, venu des bords de la Marne, avec pour seule fortune un « caillou » étiqueté « La Croix du Sud », invendable et qui va devenir un talisman maléfique. À la fin du livre, le lecteur se demande encore pourquoi le narrateur se réfugie à Nice où ressuscitent tous ses souvenirs avec Sylvia, disparue avec le diamant dans la belle voiture d'un couple américain, les Neal. Qui sont-ils ? Et qu'est-il arrivé à Sylvia ? Tout est mystérieux. Que d'énigmes en suspens ! L'atmosphère est lugubre. Le héros, triste et veule dans ce roman policier sophistiqué, ne retrouvera pas sa Sylvia sinon dans ses souvenirs. Mais quel art pour brouiller les pistes, pour créer des situations ambigües, des milieux louches, mais étonnamment évocateurs ! Et c'est peut-être pour ces raisons qu'on trouve un certain plaisir à lire ce livre. Membre : Outremont Modiano, Patrick. Dimanches d'août, Éditions Gallimard, 1986, 160 pages.

Je suis là

Eddie, Christine

Je suis la Je joins ma voix aux autres membres pour qui ce livre est un coup de cœur. Une histoire horrible, touchante, humaine. La vie d'Angèle bascule après la naissance de ses jumelles. Elle a 35 ans et est atteinte du syndrome d'enfermement. Elle est la narratrice et on est avec elle pour apprivoiser le mode d'emploi de sa nouvelle vie. Christine Eddie nous dit : « Pour soixante et onze mille trois cent douze personnes qui, comme Angèle, s'éclairent de l'intérieur. » Bouleversant ! Membre : Germaine-Guèvremont Eddie, Christine. Je suis là, Éditions Alto, 2014, 151 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'Orangeraie

Tremblay, Larry

orangeraie Gros gros coup de coeur pour ce dernier roman de Larry Tremblay. À travers les jumeaux Amed et Aziz, on vit un drame de guerre qu'on imagine malheureusement trop fréquent. À la fois haletant, presque sous la forme d'un thriller dans la première partie, ce roman prend une toute autre forme en deuxième partie, laquelle se veut un duel où se confrontent deux réflexions sur la guerre, l’une à « l'occidentale » et l'autre, plus brute, basée sur l'événement arrivé dans le désert il y a une dizaine d'années, mais pourtant encore vif. Quelle plume ! Pas un mot de trop, à la fois sobre et violent. Magnifique ! Membre : Floride Tremblay, Larry. L'Orangeraie, Éditions Alto, 2013, 160 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Plaisanterie

Kundera, Milan

Plainsanterie Un roman d’amour, dit l'auteur, un roman politique ou sociologique pensent d'autres, en tout cas, un roman qui ne laisse pas indifférent. Une idée chère à Milan Kundera : la vérité est multiple, et si on veut absolument trouver une vérité sur l'homme, en dessous de tous les sens possibles forcément arbitraires ou même fantaisistes, « les plaisanteries », on finit par voir la bête. Cela m'a fait penser à une phrase de Jean-Paul Sartre : « Si on se regarde souvent dans le miroir on finit par voir un singe ». Mais qui dit farce dit aussi légèreté et cela n'est pas si triste que ça de ne pas se prendre trop au sérieux. Une bonne leçon d'humilité et en même temps une liberté. Dans le roman, il y a trois personnages dont un ressemble beaucoup à l'auteur qui s'est fait évincer du Parti communiste pour de mauvaises raisons, une mauvaise plaisanterie, et qui s'est exilé en France. Un homme déçu et qui a perdu ses repères. Mais Milan Kundera est devenu un auteur souvent cité par d'autres grands auteurs, un écrivain qui a eu, lui, du poids. La Plaisanterie serait son livre le plus autobiographique. La postface de François Ricard est très éclairante. Titre original : Zert Membre : Île-des-Sœurs Kundera, Milan. La Plaisanterie, Éditions Gallimard, 1967, 2003, 484 pages.

Le Choix d'Auguste

Anglade, Jean

Le choix auguste L'auteur imagine qu'il connaît l'identité du soldat inconnu inhumé sous l'Arc de Triomphe. C'était un maître d'école, fils de terriens originaire du Puy-de-Dôme. Ce roman est le prétexte pour décrire la société auvergnate, fin XIXe-début XXe, et surtout les débuts de l'école laïque. Le héros décrit sa guerre et va finir « écrabouillé » à Péronne début 1918. C'est un livre nostalgique, une sorte d'hommage à tous les poilus morts pendant la Grande Guerre. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Anglade, Jean. Le Choix d'Auguste, Éditions Calmann-Lévy, 2012, 299 pages.

Les Agneaux du Seigneur

Khadra, Yasmina

Les Agneaux du Seigneur C’est l’histoire d’un village paisible, situé en Algérie et nommé Ghachimat. Les habitants avaient une vie ordinaire et pleine d’espoir pour un lendemain meilleur puisque leur pays venait d’arracher son indépendance après une longue période de colonialisme français. Le livre nous invite à comprendre l’équation qui a fabriqué la chimère terroriste. Bien qu’il ne vienne jamais à l’esprit d’entrevoir de tels drames dans ce hameau tranquille, le livre décrit comment certains villageois se sont radicalisés au fur et à mesure, et ont perpétré des actes abjects au nom de Dieu. Par le biais des personnages du roman, l’équation mathématique de la nébuleuse terroriste se dénude. L’amoncellement des couches épaisses de frustration, de pauvreté, de haine, de mépris, de désir de se venger et surtout de l’éternelle attente de l’espoir qui n’est point arrivé, et qui a laissé des déceptions et spleens comme séquelles à jamais, tout cela a fabriqué des gens prédisposés à s’enrôler dans l’intégrisme religieux où être vindicatif est une qualité suprême. Toutefois, l’utilisation du dogme n’est au fond qu’une façon de légitimer les atrocités commises par ces acolytes à fin d’assouvir une pulsion interne, car, selon eux, désormais, ils ne sont plus des souffre-douleurs pour cette société impie. Depuis l’annulation du scrutin des législatives en 1992 par l’Armée nationale populaire où le parti politique du front islamique a été proclamé gagnant, le pays sombrait dans une spirale de violence. On assiste clairement à l’ignominie de ces sanguinaires. Ils n’ont épargné ni petit, ni grand, ni femme, ni homme. À présent, la faucheuse terroriste est en marche et rien ne l’arrête. En effet, la peur a supplanté la sérénité de ce village et la bête immonde a montré un haut degré de barbarie jusqu'au jour où les habitants ont décidé de porter les armes contre ces intrus. Membre : St-Léonard Khadra, Yasmina. Les Agneaux du Seigneur, Éditions Julliard, 1998, 215 pages.

Meursault, contre-enquête

Daoud, Kamel

Meursault Qui est cet homme tué par Meursault sur une plage d’Alger en 1942 ? Avait-il une famille ? Un nom ? Une vie ? Son identité reste un mystère ! Kamel Daoud, de manière très intelligente (il fallait y penser !), décide de donner un nom, une histoire à « l'Arabe » tué par Meursault dans le roman de Camus, L'Étranger (1942). C'est Haroun, le frère de l’Arabe assassiné par Meursault, qui nous raconte son histoire, celle de son frère assassiné, de l’Algérie, de la religion, des femmes... mais surtout l’absence de ce frère. Comme un puzzle qui laisse apparaître à la fois des visages groupés : Camus, Daoud, Meursault, Haroun et son frère. Un roman saisissant en hommage, bien plus qu'à l'œuvre de Camus, à la littérature de langue française, ce fameux « butin de guerre » que Kamel Daoud a su si bien exploiter. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Daoud, Kamel. Meursault, contre-enquête, Éditions Actes Sud, 2013, 2014, 153 pages.

Coup de coeur littéraire à Entracte émission animée par Marie-Anne Poggi sur les ondes de radio Ville-Marie.

Irrésistibles - 2014 11 15

Rue des Boutiques obscures

Modiano, Patrick

Rue des boutiques Ce roman commence par ces quelques mots : « Je ne suis rien ». C'est en effet l'impression qu'a Guy Roland qui, à la suite d'un accident (?), est à la recherche de sa propre identité. Il ne connaît même plus son nom ni son prénom, mais les retrouvera-t-il ? À travers des méandres d'une mémoire sans cesse réinventée, il se découvre être un grec juif du nom de Pedro Stern, alias Pedro McEvoy, entouré d'amis, en particulier d'une certaine Denise Coudreuse, disparue avec un autre ami jockey anglais alors qu'ils tentaient de passer en Suisse pour fuir un Paris étouffant sous l'occupation allemande. Une autre prétendue connaissance, Freddie, meurt dans un naufrage à Bora Bora au moment où Guy Roland espère le retrouver. Lui reste une adresse à Rome, 2, rue des Boutiques obscures, où il aurait habité dans les années 30... Et le lecteur en reste là. Comme dans Dimanches d'août (1986), ce sont deux âmes errantes à la recherche du passé et d'une femme disparue. Que signifie ce symbole ? C'est un roman qui se lit facilement, écrit avec grand talent, en quête de la mémoire perdue pour reconstruire le présent et qui parvient à nous donner l'impression que nous sommes aussi un peu dans le brouillard. Membre : Outremont Modiano, Patrick. Rue des Boutiques obscures, Éditions Gallimard, 1978, 214 pages.
pas touche!!!