19/11

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Nous voici déjà à la mi-novembre. C’est donc dans un mois que seront connus les cinq titres qui ont été le plus souvent mentionnés « irrésistibles » en 2020 et que les membres du jury du prix devront lire.

Pour les membres du Club des Irrésistibles qui se sont joints à nous cette année, une petite mise en contexte. Si vous désirez participer à la 13e remise du prix, rien de plus simple.

Voici notre politique : une fois les ouvrages dévoilés, vous ne pourrez plus vous inscrire comme membre du jury, mais d’ici là, vous avez quatre semaines pour me le dire. Pour ce faire, vous n’avez qu’à me donner, à même cet envoi, votre nom, prénom et la localité où vous habitez.

Vous avez donc jusqu’à la mi-avril 2021 pour lire les titres retenus. S’il y en a un qui vous plaît moins, vous le laissez de côté, car vous savez qu’il n’obtiendra pas votre vote. Vous n’avez aucun justificatif à donner ni de texte à écrire. Il faudra seulement me transmettre votre choix, une fois vos lectures terminées, pour que je puisse l’inclure dans les votes.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les soumettre. Il me fera plaisir de vous répondre.

Ne sachant pas si en avril prochain ce vilain virus sera rayé de la carte ou non, je ne peux vous garantir que nous pourrons nous réunir dans une bibliothèque de la Ville de Montréal pour débattre mais, au moins, le prix du Club des Irrésistibles sera attribué, peu importe la situation de confinement.

En attendant, si vous avez beaucoup aimé un livre, pensez à écrire quelques lignes pour donner une chance à l’auteur(e) de se retrouver finaliste pour la 13e remise du prix. C’est un rendez-vous !


Jungle (Jean-Claude Lattès, 2005), deuxième roman de Monica Sabolo, se déroule de 1979 à 1994. On y suit Louise, la narratrice, et Julia Lambert, celle qui fut sa grande amie. Je dis « fut », car Jungle commence avec cette révélation : « Le matin où Julia se trancha les veines dans son bain, elle s’était peint les ongles de pieds en rouge. » Nous allons ainsi suivre ces deux gamines qui, en 1979, avaient huit ans et la vie devant elles.

Malgré le fait qu’elles étaient très différentes, elles se sont vite « reconnues ». Autant la timide Louise réussissait bien à l’école et espérait faire des études en biologie à Paris, autant Julia, l’extravertie, changeait constamment d’orientation avec, au final, une prédisposition pour l’art dramatique. Pendant que Julia accumulait les conquêtes masculines, Louise, de son côté, se désespérait de vivre sa première relation sexuelle – elle était encore vierge à 21 ans.

Peu importe ce qui leur arrivait, elles pouvaient compter l’une sur l’autre et se réconcilier aussi vite qu’elles s’étaient querellées. Si la mère de Louise avait été, comme elle le disait, sa « première idole », Julia, elle, adulait son père… jusqu’au jour où toutes deux vivront de grandes déceptions : parfois les enfants attendent trop de leurs parents ou alors ils ne les voient pas tels qu’ils sont.

Monica Sabolo s’intéresse donc, sur une quinzaine d’années, à l’amitié de deux adolescentes remplies d’imagination et de vitalité, entourées des membres de leur famille, des voisins, de leurs camarades de classe, des amoureux qui passent au gré des humeurs, tout cela saupoudré d’humour et de quelques moments dramatiques.

J’avais Jungle dans ma bibliothèque depuis sa publication en 2005, mais j’étais passée tout droit. L’écriture est sobre et la lecture avenante. Je suis contente de m’être attardée quelques heures sur le parcours de ces jeunes filles, à un âge où rien n’est facile.


Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Chanson bretonne, suivi de L'Enfant et la guerre

Le Clézio, Jean-Marie-Gustave

Chanson bretonne Le Clézio

Une excellente analyse de ce livre si agréable à lire a été faite le 07 mai 2020 en ces pages. J'ajouterais simplement que le récit de Le Clézio sur la Bretagne nous rappelle combien une civilisation peut s'évanouir rapidement.

Dans sa jeunesse (de 1948 à 1954), la Bretagne vivait pratiquement au même rythme que 1 500 ans auparavant ; vingt ans plus tard, sa langue, ses coutumes et ses légendes multi-séculaires avaient presque disparu. Une leçon qui doit nous faire réfléchir, car la civilisation québécoise aussi peut être mortelle.

À noter : comme l'auteur, le nom Le Clézio est d'origine bretonne : en effet « Kleuziou » signifie « talus ».

Membre : Pierre, abonné de la bibliothèque Germaine-Guèvremont Le Clézio, Jean-Marie-Gustave. Chanson bretonne, suivi de L'Enfant et la guerre, Éditions Gallimard, collection Blanche, 2020, 160 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Diane demande un recomptage

Lavoie, Marie-Renée

Diane demande un recomptage

Bravo à Marie-Renée Lavoie, auteure québécoise. Autopsie d’une femme plate, publié en 2017, a connu un succès sans précédent, vendu à 10 000 exemplaires. De plus, les droits ont été vendus dans sept pays. Dans ce livre, elle racontait la rupture de Diane avec son Jacques, après 25 ans de mariage.

Dans Diane demande un recomptage, l’auteure met l’accent sur l’après-deuil. Une fois que les enfants ont pris le large, que fait une femme « ordinaire » de 48 ans ? Diane trouve un travail dans une école au service de garde. Elle partage de bons moments avec son amie Claudine. Elle s’interroge sur sa vie sexuelle.

Marie-Renée Lavoie nous dit : « 99,9% des femmes sont des femmes ordinaires, qui font au quotidien des choses extraordinaires. »

On apprécie son talent d’écriture et on reconnaît aussi sa compétence de professeure de littérature.

Puissions-nous retrouver ce nom en avril prochain pour la 13e remise du prix du Club des Irrésistibles. Bonne lecture !

Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Lavoie, Marie-Renée. Diane demande un recomptage, Éditions XYZ, 2020, 273 pages.

Horreur boréale

Larsson, Asa

Horreur boréale

Rebecka Martinsson a fui, il y a quelques années, sa ville natale de Kiruna, laissant derrière elle sa communauté religieuse qu’elle ne supportait plus. Désormais avocate fiscaliste à Stockholm, elle mène une vie solitaire où son travail occupe toute la place.

Lorsqu’un matin elle répond à un appel téléphonique, elle reconnaît immédiatement la voix, une voix surgie du passé, une voix qui lui demande de l’aide. Malgré elle, Rebecka retourne à Kiruna. Un drame effroyable s’est produit : Victor Strangard, éminent membre de l’Église de la Force originelle, a été sauvagement assassiné alors qu’il priait. Qui avait intérêt à faire disparaître celui que tout le monde appelle « le Pèlerin du Paradis » depuis qu’il a vaincu la mort ?

Avec l’aide de la police, Rebecka va mener l’enquête, mais celle-ci s’avère compliquée, car le silence semble le mot d’ordre de la communauté religieuse.

Voilà une auteure que je ne connaissais pas et que je découvre. J’ai aimé l’intrigue, l’écriture, les personnages. J’ai été embarquée dans cette histoire vraiment originale.

Seul un détail m’a gênée, mais je ne vous dirai pas lequel, au risque que vous ne lisiez pas le livre, ce qui serait dommage !

Titre original : Solstorm Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Larsson, Asa. Horreur boréale, Éditions Gallimard, collection Série noire, 2003, 2006, 352 pages.

L'Ombre du vent

Ruiz Zafón, Carlos

L'Ombre du vent

Le père de Daniel Sempere, libraire, amène son fils de huit ans au Cimetière des Livres Oubliés pour qu’il en adopte un pour la vie. Daniel adore le livre choisi et essaie d’en trouver d’autres de l’auteur et l’auteur lui-même Julián Carax, avec l’aide de son père, de Fermín Romero de Torres et de bien d’autres, mais sans succès.

Rempli d’anecdotes, d’intrigues, d’amour, de cruauté, de fantômes, toujours autour du livre. On est tenu en haleine jusqu’à la fin.

Prix des libraires du Québec, catégorie romans hors Québec, 2005, ce roman est traduit en 36 langues et vendu à plus de 12 millions d’exemplaires. Titre original : La sombra del viento Membre : Lachine Ruiz Zafón, Carlos. L'Ombre du vent, Éditions Grasset, 2001, 2004, 524 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Marque de Windfield

Follett, Ken

La Marque de Windfield

C’est l’histoire d’une famille déchirée par des personnages rusés, manipulateurs, très bien décrits, mais qui se familiarise avec le monde sérieux de la finance dans lequel elle évolue.

Un portrait intéressant aussi de la société anglaise à l’époque victorienne. « Les endroits louches et les femmes faciles faisaient partie de la vie de milliers d’Anglais de la haute société. »

Une femme de « petite condition » ne pourra jamais vraiment devenir une « Lady » : « […] On ne peut pas faire un mouchoir de soie dans un torchon. »

Un bon roman dont je me suis aperçue qu’il aurait gagné à être lu en anglais.

Titre original : Dangerous Fortune Membre : N.L., Île-des-Soeurs Follett, Ken. La Marque de Windfield, Éditions Robert Laffont, 1993, 1994, 496 pages.

La Nature exposée

De Luca, Erri

La nature exposee De Luca

Écoutez le coup de cœur d’un membre du Club des Irrésistibles lu par Marie-Anne Poggi.

Irrésistibles 20201119

De Luca, Erri. La Nature exposée, Éditions Gallimard, 2016, 2017, 166 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Ciel de Bay City

Mavrikakis, Catherine

Le Ciel de Bay City

Amy, depuis sa naissance, se sent en marge et en mal de vivre. Elle a été élevée par sa mère et sa tante, deux Juives polonaises qui ont échappé à la Shoah grâce au secours de parents adoptifs normands qui leur ont donné une nouvelle identité française.

Les deux sœurs, Denise et Babette, émigrent aux États-Unis. Amy est une enfant née d’une union de passage ; Denise, la mère, et Amy se retrouvent toutes deux au Michigan où elles vivent chez Babette. Le monde d’Amy est réduit au ciel mauve de la pollution industrielle de Bay City, aux bungalows de tôle et aux terrains vagues d’une Amérique des années 60.

L’identité juive lui est d’abord cachée, mais une mémoire d’avant la vie vient contaminer sa réalité… Elle lutte pour rester debout, pour donner un sens à son futur et à celui de sa fille Heaven.

Histoire touchante, écrite dans un style fort, avec un grand pouvoir d’évocation.

Grand prix littéraire des collégiens et Grand prix du livre de Montréal. Membre : Ville Mont-Royal Mavrikakis, Catherine. Le Ciel de Bay City, Éditions Héliotrope, 2008, 292 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Monstre de la mémoire

Sarid, Yishaï

Le Monstre de la mémoire

En entreprenant ses études supérieures, le narrateur s’imaginait en diplomate, assis nonchalamment à la terrasse d’un café loin de son pays natal, Israël. Mais cette absence de motivation a eu raison de son destin.

Pour obtenir un financement de ses études en Israël, il est indispensable pour tout étudiant de se consacrer à l’histoire du peuple juif et notamment à la Shoah. Ainsi, après avoir obtenu un financement privé, le narrateur se penche dans sa thèse sur les méthodes d’extermination des Juifs mises en place par les nazis dans leurs camps.

Sa thèse brillamment passée, Yad Vashem lui propose d’encadrer les visites des camps en Pologne, destinées à des adolescents israéliens. Chelmno, Belzec, Treblinka, Sobibor, Majdanek et Auschwitz n’ont plus de secrets pour lui.

Lors des visites, il adapte toutes ses connaissances à son jeune public. Dire sans effrayer et faire prendre conscience des horreurs qui se sont déroulées sur ces lieux qu’ils foulent. Il est important d’entretenir ce travail de mémoire. Mais le narrateur voit très rapidement que l’histoire n’a plus la cote : les chants que les jeunes entonnent drapés du drapeau national ne suffisent pas à faire oublier les selfies hilares pris à l’entrée des camps, les vidéos regardées sur le téléphone portable et le manque d’intérêt de certains.

Ce sont d’abord quelques regards appuyés, puis des réflexions et enfin la colère du narrateur qui sent le poids de sa solitude. À quoi bon ce travail de mémoire ? Et si les descendants des victimes n’accordent plus d’importance à la mémoire du peuple juif, alors qu’en adviendra-t-il ?

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Sarid, Yishaï. Le Monstre de la mémoire, Éditions Actes Sud, 2020, 157 pages.

Mensonges sur le divan Irvin Yalom

Yalom, Irvin

Mensonges sur le divan

Un roman captivant, spirituel et amusant ! Carol Leftman, avocate et femme autoritaire, vient de se faire larguer par son mari, Justin. Ce dernier est en psychanalyse depuis des années chez le docteur Ernest Lash. Son problème, c’est qu’il n’arrivait pas à laisser son épouse.

À la suite de la rencontre d’une jeune femme, Justin a posé le geste. Carol est furieuse et veut se venger. Sous un faux nom, elle devient une patiente du docteur Lash. Elle décide de l’aguicher et de lui parler de sexe à toutes ses rencontres. Cela donne lieu à des séances hilarantes.

Ce livre présente différentes approches de la psychanalyse. Bonne lecture !

Titre original : Lying on the Couch Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Yalom, Irvin D. Mensonges sur le divan, Éditions Gaalade, 1996, 2006, 500 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

The Family Upstairs

Jewell, Lisa

The Family Upstairs

Adoptée très jeune, Libby Jones hérite, à l’âge de vingt-cinq ans, d’une propriété cossue à la réputation sordide. Elle y est attendue. À vous de deviner qui compose la famille à l’étage. Bonne lecture !

Membre : Saint-Eustache Jewell, Lisa. The Family Upstairs, Éditions Atria Paperback, 2019, 340 pages.

Vivre ! dans un monde imprévisible

Lenoir, Frédéric

Vivre dans un monde imprévisible

La lecture de Vivre ! dans un monde imprévisible, un chapitre par jour, nous invite à une profonde réflexion sur notre vécu de l’heure. On apprend, par la suite, à vivre ce qui est d’une façon plus sereine.

Un livre très intéressant ! Babelio écrit avec justesse ce qui suit : « En ce temps où la Covid-19 tente de bouleverser les vies de tout un chacun, ce très court livre est une bouée, une bouffée d’air frais. Lenoir nous convie à aborder la bête comme une occasion plutôt que comme une condamnation… et ça marche !

Pas de morale, pas de recette, juste une illustration d’un autre angle d’attaque, basé à la fois sur les philosophes anciens et sur les découvertes de la psychologie moderne. Face aux discours officiels, frisant la propagande, au ton catastrophique, plein de diktats et d’appels à l’obéissance, ce texte évite la confrontation, fait appel à ce qu’il y a de mieux en nous. En somme, il nous propose de reprendre un pouvoir que nous croyons perdu : fascinant… et bien écrit, simple et invitant ! »

Lire ce volume, c’est se faire grand bien. Bonne lecture !

Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Lenoir, Frédéric. Vivre ! dans un monde imprévisible, Éditions Fayard, 2020, 144 pages.
pas touche!!!