31/07

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Comment vous dire le plaisir que j’ai eu à voir Morrice et Lyman en compagnie de Matisse ? Cette exposition, présentée au Musée national des beaux-arts du Québec jusqu’au 7 septembre 2014, est sous le commissariat de Michèle Grandbois, conservatrice de l’art moderne au MNBAQ. S’il fallait que je vous énumère tous mes coups de cœur sur les quelques 130 œuvres exposées, provenant de collections privées et publiques, d’ici et de l’étranger, je n’aurais pas assez de place dans ce Billet de la semaine.
Comme l’indique le titre, l’exposition met de l’avant trois peintres incontournables : deux pionniers anglo-montréalais de l’art moderne au Canada, James Wilson Morrice (1865-1924) et John Lyman (1886-1967) et l’une des grandes figures de l’art, Henri Matisse (1869-1954). Au début du XXe siècle, autant Morrice que Lyman ont fait la rencontre de Matisse, duquel on peut admirer sept huiles sur toile. Alors que Morrice deviendra l’ami du peintre français, Lyman, lui, sera son élève.
En plus d’être un régal pour les yeux avec ses couleurs chatoyantes et ses paysages exotiques, l’exposition nous permet de voyager à peu de frais en passant de Tanger à Hammamet, de La Havane à Cuba, de Paris à Venise, et bien sûr, avec un arrêt au Québec… Que l’on souligne simplement deux tableaux de John Lyman : Club nautique, North Hatley, une huile sur toile datée de 1948 et cette autre huile sur carton de 1939, La Plage, lac Ouimet.
Ingénieuse scénographie de Guillaume Lord davantage connu dans le milieu théâtral, mais qui réussit ici à mettre en valeur certaines toiles de ces peintres. À souligner également le magnifique et incontournable catalogue de l’exposition, ainsi que l’audioguide qui vous permettra de vous mettre dans le contexte du siècle dernier alors qu’œuvraient ces artistes de grand talent.
Prenez donc du temps pour faire une virée du côté de Québec, vous ne le regretterez pas !

Je vous souhaite une très belle fin de semaine et bonnes lectures,
Marie-Anne


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A Theory of Shopping

Miller, Daniel A theory of shopping Mon « livre-shopping » à moi (après Regarde les lumières mon amour d’Annie Ernaux proposé par Marie-Anne Poggi le 24 juillet 2014), c'est un livre d'ethnologie urbaine qui étudie les habitudes de consommation de base de quelque 70 personnes demeurant sur une même rue de Londres. Et pour vous dire qu'un livre d'ethnologie sur le sujet peut être bien agréable à lire, voici les titres des trois parties dudit livre : Making Love in Supermarkets ; Shopping as Sacrifice ; Subjects and Objects of Devotion. Il s'agit en même temps d'un livre « songé », où l'auteur met à mal l'idée dominante que « shopping » rimerait avec consommation excessive, gaspillage non-écologique, consommateurs victimes du capitalisme, délire féminin d'une consommation qui viserait à compenser pour les frustrations de la vie. Au contraire, de dire l'auteur, le « shopping » est un acte généreux, les gens (surtout des femmes) faisant leurs achats (à l'épicerie, pour le linge...) en ayant en tête leurs intimes pour lesquels les achats sont faits. C'est ce qu'a constaté l'auteur-ethnologue en accompagnant les gens dans leurs emplettes de la vie quotidienne, à savoir que toujours les achats sont faits en fonction du « household », de la famille. Que c'est un acte d'amour qui s'ignore (d'où le « Making Love »), l'acheteur se disant « Ah ! Ça, ma fille aimera manger ça », ou « Mon mari, je vais lui faire manger du moins gras » etc., mais jamais la personne ne se dira ou ne pensera qu'elle fait ça par amour... C'est l'ethnologue qui, de leurs pratiques d'achat, en conclut que c'est par amour-dévotion. Il va plus loin, comparant cela aux pratiques collectives de « sacrifice » qui existent depuis toujours dans toutes les cultures, ces activités qui cimentent la communauté. Et les ménages de personnes seules ? Eh bien, justement, l'auteur note que même maintenant, en notre période de féminisme affirmé, les femmes demeurant seules ont substitué l'homme-mari pour lequel elles faisaient leurs achats (l'homme-mari qui en Occident récent remplaçait le Dieu auxquels les sacrifies étaient destinés dans les cultures anciennes)... Si elles ont un enfant, ce sera pour celui-ci dans un dévouement total que les achats seront faits (j'ajouterais que chien ou chat de la maison sont également souvent le sujet du « shopping ». Que les femmes seules font leur « shopping » pour leur « household », le nid en quelque sorte, et non pour elles, égoïstement. Mais là je résume maladroitement ce livre, remarquable vraiment, en cela, entre autres, qu'il conteste encore une fois les idées reçues. Idées reçues sur le « shopping » que tout le monde partage (« shopping » = consommation égoïste), idées qui seraient le fait des journalistes et penseurs sociaux à la petite semaine, idées reçues absolument non basées sur l'étude attentive de la pratique réelle du « shopping ». Membre : Ville Mont-Royal Miller, Daniel. A Theory of Shopping, Éditions Polity Press/Cornell University Press, 1998, 180 pages.

Blessure d'enfance

Varel, Brigitte Blessure d'enfance C'est la première fois que je lisais cette auteure qui semble être assez prolifique. L'histoire de ses romans se déroule toujours dans l'Isère près de Grenoble. C'est un témoignage poignant de cinq enfants qui connaissent une jeunesse marquée par l'alcoolisme et la violence de leur père. Leur mère est morte dans des circonstances troubles et un des garçons demeure hanté par cet événement. L'aînée prend en charge la famille et nous raconte les difficultés de chaque enfant. Sujet très actuel qui nous parle de la souffrance, du bonheur, de la culpabilité ainsi que de la fatalité qui se combat en faisant de meilleurs choix dans la vie, paraît-il… Membre : Ste-Dorothée Varel, Brigitte. Blessure d'enfance, Éditions Presses de la Cité, 2005, 427 pages.

En finir avec Eddy Bellegueule

Louis, Édouard En finir avec Eddy Bellegueule Encore un hasard objectif. Je suis passé à la Bibliothèque samedi cueillir En finir avec Eddy Bellegueule d'Édouard Louis, un ami d'Annie Ernaux, et un titre aussi populaire auprès des membres du Club des Irrésistibles... Je l'avais réservé suite à l’excellente recension qui en avait été faite dans le Billet de la semaine. Je l'ai lu d'une traite. Plutôt impressionné par le style du jeune homme : pas de fioritures, droit au but. Quelle description d'un milieu gangrené par la pauvreté, l'homophobie, les préjugés et le racisme ! La force de fuir et de vivre. Membre : Rosemont Louis, Édouard. En finir avec Eddy Bellegueule, Éditions du Seuil, 2014, 219 pages.

Jean le Bleu

Giono, Jean Jean le Bleu Lire Giono, c'est voir les collines, les oliviers, les genêts, entendre les hirondelles, les cigales, sentir l'odeur du thym, de la lavande. Dans Jean le Bleu, Giono nous raconte son enfance et son adolescence à Manosque ; c'est le bonheur de vivre entre sa mère Pauline, dans son atelier de repassage au premier étage, et son père Jean, cordonnier dans son atelier du troisième, entouré de personnages plus ou moins imaginaires. En 1914, c'est le départ pour la guerre... Lire ce poète est toujours un plaisir. Membre : Outremont Giono, Jean. Jean le Bleu, Éditions Gallimard, 1932, 240 pages.

L'Orangeraie

Tremblay, Larry Déjà mentionné dans la chronique hebdomadaire du Club des Irrésistibles, c'est un livre touchant, concis et d'une belle écriture. Confrontés par la guerre dans un pays qui pourrait être au Moyen-Orient, des frères jumeaux et leurs parents, vivent la haine et la manipulation de fanatiques. Tyrannisé par la violence extrémiste, le père doit faire un choix difficile. Excellent livre qui nous décrit malheureusement une situation trop réelle. Membre : Westmount Tremblay, Larry. L'Orangeraie, Éditions Alto, 2013, 160 pages.

La Grande Vie

Bobin, Christian La grande vie Oui, il faut lire ce tout petit livre qui fait grand bien. Je partage tout à fait la recension de Marie-Anne Poggi du 3 avril dernier. Que de délicatesse et de tendresse dans ce volume. Bobin nous entraîne à une réflexion sur la mort tout en douceur. Il nous invite à célébrer la vie dans sa beauté. J’aime particulièrement les marronniers, or Bobin dit de cet arbre qu’il est sans doute ce qu’il y a de plus beau dans la garde-robe de Dieu. Ces nombreuses méditations nous invitent à une réflexion profonde. C’est bon de lire et de relire tout doucement la grande vie qui nous est prêtée. Bonne lecture ! Membre : Germaine-Guèvremont Bobin, Christian. La Grande Vie, Éditions Gallimard, 2014, 122 pages.

La Vie aux aguets

Boyd, William La vie aux aguets Une histoire d’espionnage durant la Seconde Guerre mondiale ; l'histoire étrange d'une femme, l'histoire d'une passion amoureuse, une intrigue captivante. « Ruth est inquiète. Depuis quelques semaines, le comportement de sa mère est pour le moins étrange : elle se sent épiée et ne cesse de répéter qu'elle court un grave danger. Qui pourrait donc s'en prendre à une vieille femme menant une existence paisible dans un cottage anglais ? Personne. À moins que cette femme ne soit pas tout à fait celle qu'elle prétend être... » Titre original : Restless Membre : Île-des-Sœurs Boyd, William. La Vie aux aguets, Éditions du Seuil, 2007, 332 pages.

Le Bourreau

Studart, Heloneida Le bourreau L'auteure était une militante brésilienne ; elle est morte le 3 décembre 2007. Dans ce volume, c'est la dénonciation de la violence et des heures noires de la dictature au Brésil à travers le récit de la rédemption de Carmelio, un tueur à la solde du régime. Ce dernier tombe amoureux de l'amie de la victime, Dorinha. À travers ses rencontres avec les femmes, Carmelio est à la recherche de sa mère qu'il n'a pas connue... Carmelio aura-t-il une dernière chance, lui qui croit que « chaque homme a son prix » ? Lecture intense, mais fascinante à la fois ! Pour qui en a le goût. Titre original : O torturador em romaria Membre : Laval Studart, Heloneida. Le Bourreau, Éditions Les Allusifs, 1986, 2007, 344 pages.

Le Dégoût : Thomas Bernhard à San Salvador

Castellanos Moya, Horacio Le dégoût Vega retourne au Salvador pour l’enterrement de sa mère après des années d'exil. Dès son arrivée, il est pris d'un profond dégoût pour le Salvador, sa famille, ses habitants. Il décrit à son ami d'enfance, Moya, le mal-être qu'il ressent de nouveau dans ce pays. Ce livre est très intéressant dans la mesure où il s'agit d'une histoire vraie, l'écrivain-narrateur, retranscrit les paroles de son ami Vega, son aversion, son malaise. Nous ne connaissons pas l'état du pays (culturel, politique, conditions de vie). L'idée de départ est intéressante, elle aurait pu être passionnante. Je lirai bien d'autres livres de cet auteur. Titre : El Asco : Thomas Bernhard en San Salvador Membre : Germaine-Guèvremont Castellanos Moya, Horacio. Le Dégoût : Thomas Bernhard à San Salvador, Éditions Les Allusifs, 2000, 2003, 97 pages.

Le Dernier Lapon

Truc, Olivier Quel beau roman policier ! Prix Quais du polar 2013 et prix Mystère de la critique 2013. Dépaysant et rafraîchissant à souhait durant les journées chaudes de l'été, l'histoire se déroulant entre -20° et -40°. Les Autochtones qui vivent au nord de la Scandinavie, comme ceux d'ici, ont du mal à conserver leur mode de vie, leur culture, leurs croyances, face aux envahisseurs, mais surtout face aux compagnies minières avides des richesses dont leurs terres abondent. Olivier Truc, un Français correspondant du Monde et du Point qui vit à Stockholm, réussit un thriller qui tient le lecteur en haleine du début à la fin. Membre : Outremont Truc, Olivier. Le Dernier Lapon, Éditons Métailié, 2012, 452 pages.

Le Miroir fêlé

Basara, Svetislav Le Miroir fêléLe miroir fêlé J'ai relu une seconde fois ce roman. Soufflé par le Saint-Esprit à l'oreille d'Anan, cela fait basculer complètement le très jeune homme dans le NÉANT originel. Ses parents sont complètement démunis face à ses interrogations. Leur fils décide alors de renaître pour exister différemment enfin et pour recommencer à zéro dans un monde tout à fait immatériel où il exposera ses nouvelles théories dans un roman loufoque qui oppose l'âme à l'esprit... Excellente remise en question ! Une profonde réflexion pour chacun et chacune... Vivre et vivre au présent est pour tous le but primordial et personne n'y parvient vraiment définitivement, donc personne n'existe vraiment comme il le souhaite... Fascinante, cette lecture ! Titre original : Napuklo ogledalo Membre : Laval Basara, Svetislav. Le Miroir fêlé, Éditions Les Allusifs, 2004, 110 pages.

Le Pays de la littérature : des serments de Strasbourg à l'enterrement de Sartre

Lepape, Pierre Pays de litterature Il s'agit d'une histoire de la littérature française « des serments de Strasbourg à l'enterrement de Sartre » replacée dans son contexte historique et politique. Elle comprend 43 chapitres ou épisodes de 10 à 15 pages chacun et se déguste à petites gorgées. Un livre qui nous fait nous sentir intelligents... Membre : Outremont Lepape, Pierre. Le Pays de la littérature : des serments de Strasbourg à l'enterrement de Sartre, Éditions du Seuil, 2003, 724 pages.

Le Théorème du homard ou comment trouver la femme idéale

Simsion, Graeme C. Le Theoreme du homard Le parfait livre dit « d'été ». À la fois drôle et intelligent. Don Tillman, professeur de génétique qui souffre du syndrome d'Asperger, désire trouver l'épouse idéale. Sa recherche adopte une méthode scientifique. Tous ses gestes d'ailleurs sont calculés en regard de critères précis auxquels il se soumet rigoureusement. Quelle femme répondra donc parfaitement à son questionnaire ? En attendant les réponses, pourquoi n'aiderait-il pas Rosie, la jolie barmaid, à trouver son père biologique ? Sensibilité, tendresse et humour seraient les principales qualités de ce roman qui sera prochainement adapté pour le cinéma. Titre original : The Rosie Project Membre : Outremont Simsion, Graeme C. Le Théorème du homard ou comment trouver la femme idéale, Éditions Nil, 2013, 2014, 382 pages.

Mai 67

Schneck, Colombe Comment peut-on aimer quand le monde entier vous désire ? Colombe Schneck tente de répondre à cette question à travers le portrait de Bri alias Brigitte Bardot. Elle imagine une brève histoire d'amour entre la star âgée de 33 ans, tout juste mariée à Gunter Sachs qui la délaisse, et un jeune assistant costumier rencontré sur le tournage d'un film à Rome au printemps 67. Cette histoire est inventée mais, racontée des décennies plus tard par la voix du jeune homme, on a vraiment l'impression de lire un bout de la vie de B.B. L'auteure restitue parfaitement la grâce, la fraîcheur, l'étonnante modernité de la star et elle décrit à merveille la légèreté de cette année-là, époque des premières télés couleur, des premiers cinémas d'art et d'essai, des premières mini-jupes... Un joli récit tout en délicatesse. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Schneck, Colombe. Mai 67, Éditions Robert Laffont, 2014, 270 pages.

The Dalí Museum

Dalí, Salvador Dali Museum en Floride Un bijou dans un bel écrin : le musée Dalí à St. Petersburg en Floride. La plus grande collection de tableaux de Dalí et un musée presque neuf, édifié grâce à des amis et en respectant l’esprit de ce grand peintre qui se savait génial et le montrait avec humour. J’ai particulièrement aimé ce qui est expliqué du mouvement surréaliste auquel a appartenu Dalí à une époque où il a été impressionné par Freud et André Breton. Le jardin du musée est magnifique et tout autant dessiné d’après ce que l’on connaît de Dalí. Au petit café cubain, on mange très bien et la boutique attenante est pleine de jolis souvenirs. La petite ville de St. Petersburg, quant à elle, est très coquette et dessinée par des architectes qui ont voulu lui donner un air méditerranéen. C’est très réussi également. Pleine de trésors, cette Floride. Membre : Île-des-Soeurs Dalí, Salvador. The Dalí Museum, exposition.
pas touche!!!