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Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Traduite par Juan Arango et adaptée par Kariane Héroux-Danis, la pièce du quadragénaire catalan Josep Maria Miró, Le Principe d’Archimède, est présentée dans la grande salle du Théâtre Prospero jusqu’au 16 novembre prochain. Elle vaut amplement qu’on s’y arrête.

Dans le programme, le metteur en scène Christian Fortin précise : « Ce soir, neuf compagnies théâtrales jouent Le Principe d’Archimède quelque part dans le monde. Depuis 2011, cette pièce est jouée presque sans interruption. Ce sera sa première au Québec. » Je comprends maintenant pourquoi elle est si « populaire ». Voyez !

Geneviève Alarie interprète Anne, la directrice d’une piscine municipale. Elle compte, parmi ses employés, deux maîtres-nageurs : Vincent (Daniel D’Amours) et Pierre (Lucien A. Bergeron), célibataire et sans enfant. Chacun a la responsabilité de groupes de gamins d’âges différents. Ils aiment leur travail, s’acquittent bien de leurs tâches, mais tout bascule le jour où, selon les dires d’une jeune fille, pour le rassurer, Pierre a serré dans ses bras et embrassé sur la bouche un jeune garçon ayant peur de l’eau.

Pierre commence par tout nier en bloc, puis se rétracte sur un détail, en rajoute un autre et se défend lorsqu’Anne, puis Vincent lui demandent d’expliquer son geste. David (Sébastien Rajotte), le père du garçon, se pointe à la piscine et exige des explications. Il demande à Anne qui est le professeur de son fils. Est-il homosexuel ? Plus la conversation avance, plus elle se rend compte qu’elle ne sait rien de la vie privée de Pierre, même s’il est à son service depuis cinq ans. Que faire ? Prendre sa défense ou celle de David ? Congédier Pierre ou lui donner le bénéfice du doute ?

La jeune fille prétend, je dis bien prétend, qu’elle a vu Pierre commettre son geste. Qui dit vrai, qui ment ? Quelles seront les conséquences à court et à moyen terme ? Est-ce que Pierre a réellement embrassé le jeune sur la bouche ? Si oui, pour quelle raison ? Rumeur ou vérité ?

Ce qui rend la proposition théâtrale intéressante, c’est qu’elle est construite de manière habile. Plusieurs avenues sont possibles alors que certaines scènes se répètent tout en faisant avancer l’action. C’est comme si la conversation de l’un poursuivait celle de l’autre. Rassurez-vous, on ne s’y perd pas du tout.

Cette production du Théâtre À l'eau froide en collaboration avec Christian Fortin et en codiffusion avec Le Groupe de la Veillée est, bien sûr, dérangeante à plusieurs niveaux et soulève une foule de questions. Ne vous attendez pas à des réponses claires, nettes et précises, car l’auteur n’en donne pas. Pour cela, il faudrait une suite à ce Principe d’Archimède. Pour ma part, il m’a été impossible au bout d’une heure quinze de prendre position. Coupable ou non coupable ?

En terminant, quel est ce fameux « principe d’Archimède » ? La définition du Larousse se lit comme suit : « Tout corps plongé dans un fluide éprouve une poussée verticale, dirigée de bas en haut, égale au poids du fluide qu'il déplace et appliquée au centre de gravité du fluide déplacé, ou centre de poussée. »


Le lundi 18 novembre, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec la metteure en scène Luce Pelletier, qui nous parlera de la pièce Les Serpents de Marie NDiaye, présentée à l’Espace Go jusqu’au 7 décembre 2019.

Lundi dernier, je recevais la metteure en scène Catherine Vidal, venue nous parler de la pièce Les Amoureux de Carlo Goldoni, présentée au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 4 décembre 2019.



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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Auditions : j'ai rencontré les plus grands

Gingras, Claude

Auditions Claude Gingras

Décédé en 2018, l’auteur a été reconnu comme l’un de nos plus importants critiques de musique classique. Mais il ne fut pas que cela. Au début de sa carrière de plus de 60 ans au quotidien La Presse, il couvrait aussi la musique populaire, le jazz, le cinéma, etc.

C’est la raison pour laquelle on retrouve parmi ces 90 « grands » aussi bien Maria Callas et Wilfrid Pelletier que Charles Aznavour et Michel Tremblay. Néanmoins, la majorité d’entre eux étaient des chefs d’orchestre ou des musiciens classiques. Gingras nous raconte donc, dans ce livre, quelques-unes des anecdotes qu’il a recueillies lors d’entrevues avec ces personnages parfois sympathiques, parfois peu portés à collaborer avec le journaliste. Sans révélations renversantes, celles-ci sont parfois amusantes ou surprenantes et rarement agressives. Elles nous donnent un point de vue inédit sur des artistes dont le visage public est de façon générale soigneusement encadré par leurs gérants ou relationnistes. Ce livre, de lecture agréable, démontre une fois de plus, si nécessaire, l’immense culture musicale de son auteur. Membre : Pierre, abonné de la bibliothèque Guèvremont Gingras, Claude. Auditions : j'ai rencontré les plus grands, Éditions La Presse, 2017, 220 pages.

Camarade, ferme ton poste et autres textes

Émond, Bernard

Camarade, ferme ton poste Anthropologue et ethnologue de formation, l’auteur poursuit depuis plusieurs années une carrière de cinéaste qui nous a donné d’excellents films, où il explore les relations humaines, le passage du temps, les lieux que nous habitons ou n’habitons plus. On s’entend : on n’est pas ici dans des œuvres où les événements se bousculent si rapidement que le spectateur peine à les suivre et surtout à en comprendre la signification. Son cinéma vise à faire réfléchir plutôt qu’à divertir. Ce petit livre, qui demande à peine une heure de lecture, présente une compilation d’une vingtaine de textes de l’auteur. Il y dénonce le mode de vie que nous acceptons en croyant être libres, sans réaliser que cette liberté réside dans la consommation sans limite. Le bruit y remplace la réflexion, l’image écrase le livre, l’individualisme prend la place de la solidarité, le trivial remplace la transcendance, toutes les opinions et les valeurs se valent, et enfin le changement consiste à rejeter aujourd’hui ce que nous désirions hier, pour acquérir ce que nous rejetterons demain. Il conseille donc de « fermer notre poste » (télé, radio, ordinateur, etc.) pour recommencer à réfléchir au genre de vie et de société que nous voulons. Beaucoup de lecteurs se retrouveront dans la posture de l’auteur, qui se présente comme un conservateur social. Ainsi, tout en se disant athée, il apprécie la majesté et le calme des églises, que nous avons désertées au profit des centres commerciaux, et souhaite que nous retrouvions le sens de la solidarité qui a permis à la race humaine de survivre. Membre : Pierre, abonné de la bibliothèque Guèvremont Émond, Bernard. Camarade, ferme ton poste et autres textes, Lux éditeur, 2017, 156 pages.

Ceux qui partent

Benameur, Jeanne

Ceux qui partent Benameur

L’action de ce roman se déroule sur deux jours en cette année 1910, sur Ellis Island, aux portes de New York. Un bateau de migrants vient d’arriver dans le port et parmi eux se trouvent Donato et sa fille Emilia. Ils viennent d’Italie, ils ont choisi volontairement de tourner la page et de débuter une nouvelle vie en Amérique.

Gabor, violoniste gitan souhaite fuir son clan. Quant à Esther, la rescapée arménienne, elle veut se reconstruire en faisant bénéficier les femmes américaines de ses talents de couturière. En attendant leur enregistrement à terre, ces personnages vont se croiser et tisser des liens sous le regard du jeune photographe Andrew Jónsson, lui-même issu de l’immigration islandaise.

Jeanne Benameur restitue avec brio ce moment si intense de l’exil où des personnes cabossées par la vie font leurs premiers pas dans le Nouveau Monde. C’est le temps des épreuves, des pertes consenties et des joies éphémères. Chacun est prêt dans sa tête, dans son corps et dans son cœur à faire le grand saut vers l’inconnu, la libération. Elle montre aussi qu’en 1910 les émigrants ne sont plus aussi bienvenus que dix ans plus tôt et qu’ils ont peur d’être rejetés par les autorités américaines.

Cette situation fait bien entendu écho à l’Europe d’aujourd’hui qui peine à les accueillir. J’ai retrouvé avec plaisir l’écriture ciselée de Jeanne Benameur et son humanité.

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Benameur, Jeanne. Ceux qui partent, Éditions Actes Sud, 2019, 330 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Jour de courage

Giraud, Brigitte

Jour de courage Livio, jeune lycéen âgé de 17 ans, a choisi d’aborder en cours d’histoire les premiers autodafés nazis. Lors de son exposé en classe devant tous ses camarades, il retrace le parcours de Magnus Hirschfeld, médecin juif-allemand qui a lutté dès le début du XXe siècle pour l’égalité hommes-femmes et pour les droits des homosexuels. Il a fondé une bibliothèque de recherche sur la sexualité qui deviendra la cible du régime nazi. Livio n’a pas choisi ce personnage au hasard, ce qui est en jeu, c’est son identité sexuelle. Camille est amoureuse de lui et il n’a pas osé lui dire qu’il préférait les garçons. Avec ses parents, il n’a pas abordé cette question. Il profite donc de cette prise de parole face à son professeur et aux élèves pour faire une sorte de coming out. Ce parallèle sur la notion de courage à un siècle de distance, entre Livio et Magnus Hisrschfeld, même s’il n’est pas inintéressant, m’a semblé un peu forcé. L’auteure a voulu faire une démonstration sur la difficulté qui perdure d’être un adolescent homosexuel, mais elle ne m’a hélas pas convaincu. Ce huis clos dans la salle de classe m’a dérangé. Ce roman manque de respiration et de rythme. J’ai l’impression que Brigitte Giraud a mis dans son ouvrage tous les sujets à la mode. Dommage, c’est une écrivaine que j’aime beaucoup et c’est la première fois que je suis déçu non pas par l’écriture qui est toujours aussi fluide mais par le sujet abordé et son traitement. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Giraud, Brigitte. Jour de courage, Éditions Flammarion, 2019, 155 pages.

La Goûteuse d'Hitler

Postorino, Rosella

La Goûteuse d'Hitler

Écoutez le coup de cœur d’un membre du Club des Irrésistibles lu par
Marie-Anne Poggi.

Irrésistibles 20191114 Postorino, Rosella. La Goûteuse d'Hitler, Éditions Albin Michel, 2018, 2019, 384 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La punition qu'elle mérite

George, Elizabeth

La punition qu'elle mérite

Dans les 672 pages, l’auteure nous prouve qu’elle sait parler habilement des nombreuses plaies de l’époque. Une œuvre impressionnante !

« À Shropshire, le très apprécié diacre Ian Druit, accusé de pédophilie à la surprise générale, est retrouvé pendu dans sa cellule. La commissaire Ardery souhaite se débarrasser de l'affaire en la classant comme un suicide, mais Barbara Havers devine que cette mort arrange plus d'un habitant de cette bourgade jusqu'alors paisible, en apparence. Thomas Lynley l'encourage à distance dans son enquête. » Titre original : The Punishment She Deserves Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont George, Elizabeth. La punition qu'elle mérite, Éditions Presses de la Cité, collection Sang d’encre, 2018, 2019, 672 pages.

La Tresse

Colombani, Laetitia

La Tresse Colombani

Ce roman m'a touchée en plein cœur. Trois femmes qui, en apparence seulement, n'ont rien en commun : Smita, l'Intouchable, Giulia, la Sicilienne, ouvrière travaillant à l'atelier de son père, et Sarah, l'avocate montréalaise employée d'une firme renommée. Face à son destin, chacune témoignera de son désir de dignité, de liberté et d'affirmation de soi. C'est un roman d'espoir, de détermination et de courage.

Dans ce récit choral qui nous tient en haleine, l'auteure tisse habilement les fils qui relieront ces trois femmes. Elle insère ici et là de courts poèmes liant son écriture à la trame du roman. À lire !

Membre : Outremont Laetitia, Colombani. La Tresse, Éditions Grasset, 2017, 222 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Retour

Enquist, Anna

Le Retour Enquist

Un beau portrait de femme. Elizabeth, l'épouse de James Cook, le grand explorateur, passera une grande partie de sa vie de couple et de mère à attendre son mari.

Les expéditions durent trois ou quatre ans, le temps de mettre au monde un enfant qui parfois meurt avant le retour de son père. Elle collaborera aux récits des voyages de son mari en les relisant et corrigeant avant publication.

Elle mourra à l'âge de 95 ans, longtemps après ses six enfants et son mari. C'est aussi un portrait de la société londonienne du XVIIIe siècle.

Anna Enquist sait si bien exprimer les sentiments de ses personnages qu'elle nous les fait ressentir tout au long du roman. À lire !

Titre original : De thuiskomst Membre : Outremont Enquist, Anna. Le Retour, Éditions Actes Sud, 2005, 2007, 487 pages.

Les Années

Ernaux, Annie

Les Années Ernaux Folio

Annie Ernaux, née en 1940, nous convie avec Les Années à un exercice sur la mémoire. À l'aide de photos, de vidéos, elle fait ressurgir ses souvenirs personnels et dresse en parallèle l'histoire sociale, politique, économique et culturelle des différentes époques.

C'est une lecture passionnante qui demande une certaine concentration. Cette œuvre touffue d'informations sur la société française et les événements internationaux des années 1950 à 2006 peut exiger une certaine recherche pour comprendre les faits mentionnés.

J'ai plus apprécié le livre quand j'ai fini par comprendre sa structure. Les images marquent l'introduction, les chapitres et la conclusion.

L’auteure a choisi deux épigraphes qui citent l'oubli de notre vie dans le passage du temps. Dans l'introduction, elle écrit « comment notre vie s'effacera en une seconde, comment nous ne serons plus qu'un prénom autour des tables de fête » et, dans la conclusion, il me semble bien qu'elle mentionne les images qu'elle veut sauver : « Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais. »

Dans la reconstitution de ses souvenirs, Annie Ernaux note que sa mémoire passe de romantique à critique. Elle souligne aussi « qu'au fur et à mesure que sa mémoire se déshumilie, l'avenir est à nouveau un champ d'action ». Donc, l'importance de reconnaître ce que l'on a vécu, l'importance de dire, l'importance d'écrire pour devenir un être libre. Un être libre d'agir.

Elle parle souvent de son livre à faire, à écrire. Au début, elle pensait que ce livre révèlerait aux autres « son être profond, même un accomplissement supérieur ». Cependant, elle s'aperçoit que le fait d’écrire est un instrument qui la fait cheminer dans sa propre vie. « Le livre fait la lumière sur une vie antérieure habitée par des visages invisibles et des nappes de nourritures évanouies. » Elle désire rendre hommage aux êtres aimés.

Comme lectrice je ressens une distance, peut-être une froideur dans le style de l'auteure. Cependant, je ressens aussi très bien tout l'amour qu'elle éprouve pour la vie et les êtres humains.

Membre : Rosemont Ernaux, Annie. Les Années, Éditions Gallimard, collection Folio, 2008, 241 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon

Dubois, Jean-Paul

Tous les hommes n'habitent pas le monde de la meme façon

Ravie d’apprendre que Jean-Paul Dubois a obtenu le prix Goncourt 2019. J’ai adoré ce livre.

« Paul Hansen, le narrateur va nous raconter comment il est arrivé à partager une cellule avec un Hells Angel, formidable personnage effrayant et touchant, qui ne rêve que d’ouvrir en deux ceux qui ne lui reviennent pas, mais est terrorisé par les souris et les ciseaux du coiffeur. Paul Hansen est un type bien doux et bienveillant, il parle avec ses morts : sa compagne, son père pasteur… »

On apprendra qu’à la toute fin du livre pourquoi Paul Hansen a été incarcéré durant deux ans. C’est vraiment le plus beau roman de Jean-Paul Dubois. À lire !

Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Dubois, Jean-Paul. Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon, Éditions de l’Olivier, 2019, 246 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Une manière de vivre

Lanctôt, Micheline

Une maniere de vivre film

À l’aide des pensées de Spinoza, Micheline Lanctôt nous invite à une réflexion sur à la recherche de notre humanité.

Ce film s’adresse à des personnes qui se posent des questions sur le sens de la vie et y trouvent quelques réponses. Ce visionnement va droit au cœur !

« Un professeur d’université belge, spécialiste de Spinoza, vient à Montréal afin de participer à une conférence. Sur sa route, il croise une femme se sentant coupable de ne pas avoir été aux côtés de son mari, mort dans des circonstances tragiques, et la fille de cette dernière, une escorte de luxe. » – Marc-André Lussier de La Presse

Avec, entre autres, Gabrielle Lazure, Rose-Marie Perreault et Laurent Lucas. Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Lanctôt, Micheline. Une manière de vivre, Film coproduction Québec-Belgique, 2019.
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