16/11

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Comme l’écrit Laurent Mauvignier au début de Continuer (éditions de Minuit, 2016) : « L’idée de ce roman est venue de la lecture d’un article du Monde, en août 2014. »

Sibylle Ossokine, la quarantaine, a été mariée durant 17 ans à Benoît Cassin avant qu’elle lui demande de partir. Elle ne pouvait plus supporter les infidélités de son mari. Le divorce prononcé, elle a quitté Paris avec Samuel, son jeune fils. Elle loue un appartement rue Soleil à Bordeaux et se trouve un emploi comme infirmière dans un hôpital.

Benoît et Sibylle ont la garde partagée de Samuel. Rien ne va plus pour ce dernier. Ses notes au lycée ne cessent de dégringoler, il commet des actes répréhensibles, il est sur le point de basculer dans la délinquance. Sa mère dépressive – elle boit plus qu’elle ne devrait, fume, rumine devant la télévision –, décide de « sauver » son fils et prend les grands moyens. Elle vend la maison paternelle à laquelle elle est très attachée et l’argent récolté servira à financer son projet : partir avec son fils durant les vacances d’été afin de parcourir à cheval les routes du Kirghizistan.

L’adolescent de 16 ans qui ne croit pas que sa mère tiendra le coup, car trop fragile, trop instable, la traite de tous les noms… Il pense qu’elle est irréaliste mais, finalement, le jour J arrive et ils s’envolent vers des contrées inconnues.

Quand débute le récit, Sibylle et Samuel sont au Kirghizistan depuis trois semaines. Parfois ils rencontrent des gens qui vont les dépanner ou leur offrir l’hospitalité ou encore leur raconter des histoires tout en buvant plusieurs tasses de koumis. Plus le temps passe, plus Samuel obéit volontiers à sa mère pour les tâches journalières à accomplir : s’occuper des chevaux, monter et démonter le campement, se préparer à manger, etc.

Sibylle, que nous apprendrons à mieux connaître par petites touches, à l’aide de retours en arrière, joue le tout pour le tout : elle doit se rebâtir pour mieux avancer, continuer pour le bien de son fils.

Laurent Mauvignier est un romancier à la plume fluide et sensible, qui sait nous raconter une histoire où une mère et son fils tentent de se rapprocher, avec ce que cela comporte de hauts et de bas, de joies et de déceptions. Découvrez cet auteur, si ce n’est déjà fait, il en vaut vraiment le détour !

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.


Le lundi 20 novembre, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec l’auteure Catherine Léger, qui nous parlera de sa pièce Filles en liberté, présentée à La Licorne jusqu’au 2 décembre 2017.

Lundi dernier, je recevais l’auteure Sarah Berthiaume, venue nous parler de sa pièce Antioche, présentée à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 25 novembre 2017.



Les Irrésistibles de Marie-Anne ont maintenant leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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C'est le cœur qui lâche en dernier

Atwood, Margaret

C'est le coeur qui lache en dernier Atwood États-Unis : Charmaine et Stan, victimes de la crise, vivent dans leur voiture, jusqu'au jour où, alléchés par une publicité, ils rejoignent le projet Positron. N'ayant rien à perdre, ils signent les yeux fermés.
Mais ils ont signé pourquoi ? Pour quel projet ? Quelle vie ? Trop beau pour être vrai ? Margaret Atwood a le chic pour installer le doute, me conduire là où je n’attends pas les personnages. Comme eux et à travers eux, je me suis trompée sur les intentions des uns et des autres pendant ma lecture. Original, parfois drôle, souvent malsain et terriblement addictif. Titre original : The Heart Goes Last Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Atwood, Margaret. C'est le cœur qui lâche en dernier, Éditions Robert Laffont, 2015, 2017, 445 pages.

De la marche

Thoreau, Henry David

De la marche Thoreau

Thierry Gillyboeuf présente Henry David Thoreau : écrivain-philosophe américain né en 1817 et adepte du grand philosophe-poète américain Ralph Waldo Emerson, chef du mouvement transcendentaliste.

Diplômé de Harvard, Thoreau très tôt aspire à une vie transcendantale dans la nature, donc une plénitude que l’on peut atteindre au contact authentique de la nature. Mais ne nous y trompons pas : il n’écrit pas sur la nature mais depuis la nature. Sa vie et son œuvre s’apparentent ainsi aux philosophies orientales. Henry David Thoreau écrit : « Vous devez tracer des sentiers vers l’inconnu. Si je ne suis pas moi qui le sera ? La marche est une lecture du lieu qui prélude à la compréhension inépuisable de soi. » Un petit livre d’un auteur qui a une grande culture. Bien traduit, me semble-t-il, par Thierry Gillyboeuf, car le style est agréable, le vocabulaire choisi et les annotations sont très intéressantes. C’est un plaisir à lire et s’il y est dit que la vie s’accorde à la vie sauvage, il faut voir cette invitation à la marche dans la nature comme une invitation à se tourner vers la vie intérieure, en toute liberté, sans les carcans de tous les savoirs, de toutes les obligations de la civilisation, simplement en « sympathie avec l’intelligence ». Post-face de Thierry Gillyboeuf. Titre original : Walking Membre : N.L., Île-des-Soeurs Thoreau, Henry David. De la marche, Éditions Mille et une Nuits, 1862, 2003, 80 pages.

Did I Mention I Love You ?

Maskame, Estelle

Did I Mention Ce n'est pas le genre de romans que je lis d'habitude. Ce n'est pas la quatrième de couverture (ni la couverture d'ailleurs assez cliché) qui allait me donner envie de m'y plonger. À vrai dire, je pensais avoir affaire à un énième livre surfant sur la mode du pseudo-érotisme à la Cinquante nuances de Grey (il en faut pour tous les goûts, alors ne me jetez pas la pierre !). Et puis, j'ai vu que l'auteure n'avait que 18 ans et que le récit s'adressait avant tout à des ados/jeunes adultes. Alors je me suis dit « pourquoi pas ? ». Et je dois avouer que j'ai trouvé le roman vraiment bien fait. C'est mature, réaliste même si on n'échappe pas au cliché de la fille attirée par le bad boy au coeur tendre. Bon, après tout, on a le droit d'être fleur bleue de temps en temps. C'est donc une bonne surprise que ce premier tome. Je suis déjà en train de lire la suite. J'ai vraiment apprécié l'écriture de cette jeune auteure qui j'espère continuera sur sa lancée. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Maskame, Estelle. Did I Mention I Love You ?, Éditions Pocket jeunesse, PKJ, 2016, 411 pages.

L'Habitude des bêtes

Tremblay, Lise

L'Habitude des betes Tremblay Lise Tremblay n’a pas choisi la voie de la facilité en nous amenant dans un milieu rural de villégiature : lacs, réserve faunique et petit village que les loups vont perturber. Une communauté d’humains tellement solitaires mais dépendants les uns de autres – sont les différents visages d’une même condition : se trouver en fin de vie, condition que partagent également les bêtes… Les personnages plus jeunes se trouvent à la croisée des chemins et doivent faire face avec courage au changement. Les plus âgés font le tri, le bilan sans tricher. La justesse du ton, la respiration du monde naturel, les saisons bien marquées ; tout s’achève et prend sens. Un grand Lise Tremblay ! Un beau livre avec son paysage d’hiver en frontispice… Membre : Ville-Émard Tremblay, Lise. L'Habitude des bêtes, Éditions du Boréal, 2017, 163 pages.

La Vie libertine en Nouvelle-France au XVIIe siècle

Séguin, Robert-Lionel

La vie libertine en Nouvelle-France Ce livre est une belle réédition de celui publié initialement en 1972. L’éditeur a repris le même texte, en modernisant la graphie des textes d’origine, pour faciliter la lecture, en éliminant de nombreuses notes de bas de page superflues, et ajoutant des reproductions de gravures d’époque. Une version PDF et une version ePub sont aussi disponibles sur le site de l’éditeur. L’objet du livre : démontrer que tous nos ancêtres n’étaient pas de vertueuses personnes, contrairement à ce qui a été longtemps prétendu. À partir des archives judiciaires essentiellement, Robert-Lionel Séguin rapporte donc des rapts, viols, incestes, etc., démontrant ainsi que les humains n’ont pas tellement changé, malheureusement. Il fait preuve d’une grande érudition, mais à la lecture, certaines répétitions deviennent quelque peu fastidieuses. Membre : Pierre, abonné de Guèvremont Séguin, Robert-Lionel. La Vie libertine en Nouvelle-France au XVIIe siècle, Éditions Septentrion, 1972, 2017, 544 pages.

Le Poids de la neige

Guay-Poliquin, Christian

Le Poids de la neig

Écoutez le coup de cœur d’un membre du Club des Irrésistibles lu par Marie-Anne Poggi.

Irrésistibles 20171116

Guay-Poliquin, Christian. Le Poids de la neige, Éditions La Peuplade, 2016, 296 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Sixième jour

Chedid, Andrée

Le Sixieme jour

Proposé à mon club de lecture, j’ai redécouvert ce beau roman lu il y a longtemps. Je l’ai encore davantage apprécié la seconde fois, j’en ai savouré toute la richesse et la poésie.

C’est un petit roman de 192 pages, avec peu de personnages.

En 1948, l’Égypte est frappée par une épidémie de choléra. Hassan, le petit-fils de Saddika (aussi appelée Om Hassan), l’attrape. S’il arrive à dépasser le sixième jour de la maladie, il sera sauvé. C’est son professeur d’école qui le dit. Andrée Chedid dresse un portrait magnifique de mère (grand-mère). Saddika va tout faire pour sauver son petit-fils. Comme dans un road movie, on voyage à travers l’Égypte. Elle quitte son village de Haute-Égypte avec Hassan, en espérant trouver refuge au Caire, puis prend une felouque sur le Nil pour enfin voir la mer. Qu’adviendra-t-il le sixième jour ? Pourra-t-elle vaincre la mort ? Un film éponyme a été tiré de ce roman, réalisé en 1986 par Youssef Chahine, mettant en vedette Dalida qui crève l’écran dans le rôle d’Om Hassan. À lire et à voir ! Membre : Paris Chedid, Andrée. Le Sixième jour, Éditions Flammarion, 1960, 1971, 192 pages.

Pieds nus dans l'aube

Leclerc, Francis

Pieds nus dans l'aube Film

Francis Leclerc a tenu parole. À 20 ans, il s’était promis d’adapter au cinéma le premier roman de son père : Pieds nus dans l’aube. Voilà, ce film doux, bienveillant et rempli de tendresse, où la nature comble toutes nos attentes.

L’action se déroule à La Tuque à l’été 1929. On retrouve Félix avec son grand ami Fidor. Le jeune, entouré d’amour, évolue dans une famille où les valeurs essentielles sont à l’honneur.

Pieds nus dans l’aube est un bel hommage du fils envers son père. Francis Leclerc nous dépeint l’amour de Félix pour la nature, pour l’amitié, pour la vie de famille, pour son amour envers le Québec. Les comédiens sont remarquables. Un film à voir et à revoir ! Abonnée : Germaine-Guèvremont Leclerc, Francis. Pieds nus dans l'aube, Film québécois, 2017.

Trois baisers

Pancol, Katherine

Trois Baisers Pancol

Quel plaisir de retrouver nos amis(es) de la trilogie, ces personnages fétiches : Constance, Henriette, Joséphine, Stella, Zoé, etc. Nous entrons habilement dans la vie de chacune.

Constance prépare son grand défilé de mode, Joséphine refuse de vieillir, Stella a des doutes sur Adrien, Tom rencontre l’amour. Durant 864 pages, on vit en famille.

Katherine Pancol a une écriture poétique qui nous parle. Tout est en place pour garder notre intérêt jusqu’à la dernière page : l’amour, l’amitié, la vie de famille et le sens des autres.

Une magnifique saga qui retient notre attention avec grand plaisir. Bonne lecture !

Abonnée : Germaine-Guèvremont Pancol, Katherine. Trois baisers, Éditions Albin Michel, 2017, 864 pages.

Une odeur de gingembre

Wynd, Oswald

Une odeur de gingembre Table ronde

J’ai été totalement séduite par Une odeur de gingembre. C’est un livre très original qu’on ne peut abandonner.

C’est l’histoire d’une Écossaise qui, en 1903, part se marier en Chine avec un attaché militaire britannique, qu’elle a connu en Angleterre. Il est question de sa passion pour la Chine, mais surtout pour le Japon où elle passera la presque totalité de sa vie, de ses amours, de ses enfants qui lui seront arrachés par les pères, des guerres et des tremblements de terre.

Sa vie suit l’actualité, elle la raconte dans son journal et dans les lettres à sa mère puis à ses amies. Elle réussit à s’adapter et à aimer cette vie atypique, ne comptant sur personne. Elle n’aurait jamais quitté le Japon et sa maison au bord de la falaise si elle n’avait, comme tous les étrangers, été expulsée en 1942 lors de la guerre du Japon contre les États Unis. Passionnant ! Titre original : The Ginger Tree Membre : Belgrade Wynd, Oswald. Une odeur de gingembre, Éditions La Table Ronde, 1991, 372 pages.
pas touche!!!