18/12

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Il ne vous reste plus que deux semaines pour vous inscrire comme membre du jury pour la 7e remise du prix des Irrésistibles qui se tiendra, comme à chaque année, à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont, le lundi 20 avril 2015. C’est lors du dernier envoi de l’Infolettre du Club des Irrésistibles que vous connaîtrez les cinq titres que vous aurez à lire. Trois titres sont d’ores et déjà indélogeables... Quant aux deux autres, le suspense risque de durer jusqu’à la dernière minute.

J’ai vu dernièrement le film de Volker Schlöndorff, Diplomatie (2014), tiré de la pièce de Cyril Gely. Les deux comédiens principaux, Niels Arestrup (extraordinaire) et André Dussollier (impayable), ont joué cette pièce des centaines de fois.
Nuit du 24 au 25 août 1944 : le général Dietrich von Choltitz, gouverneur militaire du Grand Paris et Raoul Nordling, consul de Suède, se rencontrent à l’hôtel Le Meurice, là où le général a élu domicile depuis une quinzaine de jours, à la demande d’Hitler qui exigeait que Paris soit détruite. Commence alors une joute verbale entre les deux hommes, une grande performance d’acteurs. Nous connaissons, bien sûr, le dénouement de la Deuxième Guerre mondiale, mais malgré tout, on ne peut s’empêcher de se demander ce qui serait arrivé si l’ordre du Führer avait été mis à exécution par Choltitz…
Même si les enjeux sont différents, en regardant Diplomatie, j’ai pensé au film d’Édouard Molinaro, Le Souper (1992), d’après la pièce de Jean-Claude Brisville, qui mettait en scène deux comédiens, également au sommet de leur art, Claude Brasseur et Claude Rich : un huis clos qui se déroulait le 6 juillet 1815 à Paris entre Joseph Fouché et Talleyrand.

Durant la période des Fêtes, vous aurez l’occasion de réécouter des entrevues diffusées à Entracte au cours de la saison automnale. Merci de votre fidélité ! J'ai bien hâte de vous retrouver à la mi-janvier pour d’autres entretiens en compagnie de gens du milieu des arts.

Samedi dernier, je recevais Lisette Girouard guide-bénévole au MBA de Montréal venue nous parler de l’exposition La Mort Patriote. Affiches de propagande de la Première Guerre mondiale, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 29 mars 2015.

ENTRACTE M Poggi - 2014 12 13 L Girouard

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,
Marie-Anne


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A Thousand Times Good Night

Poppe, Erik

A Thousand Times On nous présente ici un très beau cas de conscience. Une femme, photographe de guerre, mariée et mère de deux enfants, a-t-elle le droit de mettre sa vie en danger sous prétexte que son travail est essentiel, afin que le monde prenne conscience des atrocités commises dans les pays en conflit ? La réponse n'est pas évidente. Juliette Binoche, au sommet de son art, entourée d'excellents acteurs, nous fait vivre des émotions très intenses, que ce soit sur le terrain, lors de ses reportages, ou au sein de sa famille lors de ses retours au foyer. Titre français : L’Épreuve Membre : Villeray Poppe, Erik. A Thousand Times Good Night, film norvégien, irlandais, suédois, 2013.

Ainsi résonne l'écho infini des montagnes

Hosseini, Khaled

Ainsi résonne l'écho infini des montagnes C'est le troisième livre que je lis de cet auteur, mais c’est celui que j’aime le moins. C'est vrai que Khaled Hosseini réussit à imaginer une histoire extraordinaire, un tas de personnages bien construits, des décors de scènes diversifiés, en nous promenant de Kaboul à Paris à San Francisco et en nous faisant découvrir l'univers afghan sur une période d'environ 70 ans. Mais je suis dérangée par l’abondance des personnages que je trouve inutile, par les récits séparés qui semblent ne pas faire partie du même roman, et, à un moment donné, j'avais l'impression que je lisais des nouvelles qui comportaient des personnages communs. Malgré ces réserves, c'est un livre qui vaut la peine d’être lu. Titre original : And the Mountains Echoed Membre : Côte-des-Neiges Hosseini, Khaled. Ainsi résonne l'écho infini des montagnes, Éditions Belfond, 2013, 487 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Guide de Mongolie

Basara, Svetislav

Guide de Mongolie « Le narrateur reçoit une lettre dans laquelle un ami qui vient de se suicider lui propose de partir à sa place en Mongolie, où il devra écrire un guide de ce pays. » Pourquoi le narrateur quitte-t-il son pays ? Peut-être bien pour revoir son unique amour dans un autre endroit. « À Oulan-Bator, il fait la connaissance d'un évêque hollandais, d'un officier russe devenu grand lama, d'un journaliste américain correspondant d’un journal disparu depuis longtemps, d'un mort-vivant français, d'un psychanalyste italien et d'une actrice de cinéma. » On y traite, tout au long de leurs rencontres, de sujets comme le fondement ontologique de l'homme, de la vie et de la mort, des rapports « entre Dieu et le diable, et d'autres problèmes métaphysiques brûlants. » Un livre, d’un auteur né en Serbie, qui capte notre intérêt. Membre : Laval Basara, Svetislav. Guide de Mongolie, Éditions Les Allusifs, 2006, 2007, 128 pages.

Hylas

Azier, Thomas

Hylas Les mélodies sont entêtantes, les morceaux alternent entre rythmes puissants et doux, la voix chargée d'émotion nous fascine. Voilà un album hors du commun ! Le petit protégé de Woodkid et de Stromae a sans doute encore bien des choses à nous offrir ! Membre : Médiathèques de Romans Azier, Thomas, Hylas, CD, 2014.

L'Orangeraie

Tremblay, Larry

L'Orangeraie Je désire joindre mon admiration à celles de tous ces lecteurs qui ont fait l'éloge de ce grand roman de Larry Tremblay. J'ai tout aimé de ce récit profondément humain où tant d'aspects d'une situation épouvantable sont traités en si peu de pages. Que du bonheur ! Membre : Outremont Tremblay, Larry. L'Orangeraie, Éditions Alto, 2013, 160 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Lenteur

Kundera, Milan

La lenteur La Lenteur est le plus drôle roman kunderien que j'ai lu. L'écrivain tchèque s'avère de nouveau génial en créant toutes sortes de situations inimaginables et amusantes et des personnages intéressants qu'il fait jongler sur plusieurs plans. J'ai beaucoup ri et j'ai également beaucoup réfléchi. « Pourquoi le plaisir de la lenteur a-t-il disparu ? » On connaît Pontevin, l'historien docteur ès lettres, et Vincent, son disciple, madame T. et le chevalier, l'entomologiste, Julie, l'intellectuel Berck, Immaculata et le cameraman, Épicure et l'hédonisme, la théorie du politicien danseur. On apprend aussi de la mathématique existentielle : « Le degré de la lenteur est directement proportionnel à l'intensité de la mémoire ; le degré de la vitesse est directement proportionnel à l'intensité de l'oubli. » Membre : Côte-des-Neiges Kundera, Milan. La Lenteur, Éditions Gallimard, 1995, 154 pages.

Le Chardonneret

Tartt, Donna

Le Chardonneret Théo Dicker a 13 ans. Il vit les derniers instants de sa vie avec sa mère : ils visitaient ensemble un musée à New York. Survient une explosion : il se retrouve seul dans la ville, orphelin et réduit à quêter le gîte chez les parents d'un ami. Suite au conseil d'un accidenté mourant, il avait récupéré une toile de maître... On suit Théo de 13 à 27 ans. Son père se présente (qu'il n'a pas vu depuis un certain temps), ce père alcoolique qu'il doit suivre avec sa concubine à Vegas, dans un coin perdu, sans vie, au bord du désert. Théo sera laissé à lui-même. Il rencontre Boris qui vit une situation « familiale » semblable. Ils développent une amitié, ils se défoncent dans la drogue et l'alcool... Le père de Théo meurt et il retourne à New York, seul avec son tableau... Nous découvrons tout le symbolisme que représente ce tableau : la présence de sa mère, la protection, puisqu'il le conduit à Hobie qui lui sera fidèle jusqu'à la fin, une présence saine, sincère, rassurante, respectueuse ; il retrouve aussi Pippa... un amour impossible. Nous partageons la vie de Théo qui tourne autour de l'absence de la mère, de Boris et d’Hobie et du tableau qui est ici personnifié. Nous nous enfonçons dans l'Amérique actuelle… Les thèmes principaux sont la solitude, l'abandon, l'amitié et la filiation. J'ai adoré cette écriture vivante, d’une imagination débordante et d'une grande intelligence, qui s'inspire de nos grands écrivains du siècle dernier. On pouvait lire dans Le Devoir : « Avec Le Chardonneret, la romancière explore les frontières de l'âme ». Et le dernier chapitre nous laisse avec une réflexion métaphysique qui nous donne envie de lire et relire ce livre. Titre original : The Goldfinch Membre : Île-des-Sœurs Tartt, Donna. Le Chardonneret, Éditions Plon, 2013, 2014, 787 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Grand Coeur

Rufin, Jean-Christophe

Le Grand Coeur

Coup de coeur littéraire à Entracte émission animée par Marie-Anne Poggi sur les ondes de radio Ville-Marie.

Rufin, Jean-Christophe. Le Grand Cœur, Éditions Gallimard, 2012, 498 pages.

Irrésistibles - 2014 12 13

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Liturgie

Lafon, Marie-Hélène

Liturgie Il y a quelque chose de paradoxal dans ce livre de Marie-Hélène Lafon : elle raconte des histoires tristes, morbides, et pourtant, on en poursuit la lecture avec un besoin constant de découvrir la phrase, le paragraphe, la page suivante, soudain devenu accro à son style épuré, raffiné, limpide et suggestif. Ici, cinq nouvelles se succèdent, de longueur et de rythme différents. Marie-Hélène Lafon conserve son thème de prédilection : la vie des gens à la campagne, il y a quelques années. Les personnages sont bien campés. Ce sont des taiseux, des durs, âpres à la tâche, parfois des brutes. Les corps se taisent ou exultent. On côtoie des pendus, des violeurs, des violées, des nouveaux riches et des toujours misérables. L’atmosphère est plutôt pesante, mais la phrase est légère, sobre, riche de puissance. Les images et les quelques néologismes sont toujours très réussis. Des histoires sombres, mais du soleil dans le verbe. Un véritable délice littéraire. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Lafon, Marie-Hélène. Liturgie, Éditions Buchet-Chastel, 2002, 138 pages.

Nous étions le sel de la mer

Bouchard, Roxanne

Nous étions le sel de la mer Suite à une critique positive qu'en a fait Danielle Laurin dans Le Devoir, ma curiosité et mon intérêt furent grands pour ce roman qui se situe sur le bord de la mer, dans un petit village où je passe mes étés. Je fus enchantée par la connaissance que manifeste Roxanne Bouchard des pêcheurs, des navigateurs et des villageois très racés de ce coin de pays. Leur ténacité et leur humour nous font fréquemment sourire. L’intrigue policière nous tient en haleine et les descriptions maritimes nous séduisent... Un roman à retenir lors d'un séjour en Gaspésie sur la Baie des Chaleurs. Membre : Outremont Bouchard, Roxanne. Nous étions le sel de la mer, Éditions VLB, 2014, 351 pages.

Romans et Nouvelles. II, 1904-1924

Mann, Thomas

Romans et nouvelles Mann Ce gros bouquin de près de 1500 pages contient tellement de textes inoubliables que, bien à regret, je n’en choisis qu’un seul. La Mort à Venise est une nouvelle inspirée d’un voyage fait par Thomas Mann en 1911. Cette nouvelle, publiée en 1912 en allemand, est l’une de ses œuvres les plus célèbres. Von Aschenbach est un écrivain allemand célébré, quinquagénaire, récemment anobli. Veuf et fatigué, il se rend à Venise pour se reposer. Il n’aime pourtant pas Venise : l’odeur d’eau stagnante et de formol l’inquiète, il soupçonne des miasmes infectieux. Il croise à l’hôtel un adolescent polonais d’une grande beauté. Luttant contre lui-même, il est de plus en plus attiré par le jeune homme. Il est torturé par le désir et le poursuit en ville et sur la plage. Il mourra sur la plage après avoir contemplé pour une dernière fois l’objet de son désir et de sa honte. Cette œuvre est fascinante. L’auteur fait pénétrer avec lenteur le lecteur dans l’esprit torturé d’Aschenbach, par touches subtiles, et fait partager ses hésitations. Ses descriptions fourmillent de détails et ont une grande puissance d’évocation. On croit sentir l’eau des canaux et caresser des yeux le chatoiement des vêtements raffinés. On se voit affalé sur les coussins d’une gondole parmi les rumeurs du port. On devient un riche client qui déambule dans des hôtels au décor suranné, salué avec obséquiosité par le personnel. C’est tourmenté, mélancolique, raffiné et désespéré. On sent qu’une période s’achève. Membre : Lucienne Mann, Thomas. Romans et nouvelles. II, 1904-1924, Éditions LGF, collection La Pochothèque, 1995, 1471 pages.

Une femme à Berlin : journal, 20 avril-22 juin 1945

Anonyme

Une femme à Berlin L'auteure de ce livre, publié aux États-Unis en 1954, puis décrié en Allemagne en 1959, refuse toute nouvelle publication avant son décès et veut rester dans l'anonymat. Ce n'est qu'en 2003, deux ans après sa mort, que le nom de Marta Hillers (1911-2001) nous parvient sans toutefois être mentionné lors de publications ultérieures. La guerre tire à sa fin ; les Soviétiques entrent dans Berlin. C'est un Berlin en ruine dans lequel femmes de tous âges se côtoient, se cachent, se battent pour survivre. La peur, la saleté, le manque de victuailles, les viols, la honte, l'occupation brutale, enfin une vie misérable constituent le quotidien de ces Berlinoises. C'est la survie que nous raconte l'auteure avec une froideur qui parfois fait froid dans le dos. Elle écrit au jour le jour, sans se relire, ce qu'elle vit, ce qu'elle voit. « Le temps s'écoule comme l'eau, sans journal, sans calendrier, sans heure... les seules aiguilles de montre sont désormais des hommes revêtus d'uniformes étrangers. » À lire pour s'imprégner d'une parcelle des affres de l'occupation, qu'elle soit soviétique ou autre. Titre original : Eine Fraü in Berlin Membre : Côte-des-Neiges Anonyme. Une femme à Berlin : journal, 20 avril-22juin 1945, Éditions Gallimard, 1954, 2006, 259 pages.
pas touche!!!