20/04

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Dernier rappel aux membres du jury : il vous ne vous reste plus que quelques jours pour terminer la lecture des cinq livres en lice pour la 9e remise du prix des Irrésistibles. Le vote et les débats auront lieu à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont, le lundi 24 avril prochain, de 10h à 12h. Si vous ne pouvez vous déplacer, il faudra m’envoyer votre choix par courriel (simplement le titre, sans commentaires) avant le 23 avril.

Par ailleurs, les Irrésistibles qui ne sont pas membres du jury sont invités à se joindre à nous. Si vous désirez assister à la remise du prix, vous êtes les bienvenus ; prière de m’indiquer par courriel votre nom et le nombre de personnes qui vous accompagneront.


J'ai beaucoup aimé Toccate et Fugue malgré quelques petites longueurs – la pièce ne dure pourtant qu'une heure cinq minutes. Par contre, le jeu des comédiens est efficace, particulièrement celui de Sophie Cadieux (hilarante) et de Maxime Denommée (survolté en DJ Hong Kong). Larissa Corriveau n'a pas un rôle facile, mais elle s'en tire très bien et quel revirement de situation dans les dernières minutes du spectacle.

La mise en scène ingénieuse de Florent Siaud est remplie de belles trouvailles et le texte d'Étienne Lepage (que j'étais très contente de retrouver après Robin et Marion, L’Enclos de l’éléphant et Rouge gueule), nous confronte à la vraie nature – pas toujours glorieuse et édifiante – de chacun des six protagonistes.

Le soi-disant party organisé à l’occasion de l’anniversaire de Caro (Karine Gonthier-Hyndman) sera un fiasco sur toute la ligne et laissera voir, par petites touches, le mal de vivre de quelques-uns des personnages.

Cette proposition théâtrale plaira à un large public. Vous avez jusqu’au 6 mai pour vous rendre au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et vous faire votre propre idée…


Oublions quelques minutes le film Harold et Maude réalisé en 1971 par Hal Ashby. Arrêtons-nous plutôt à la pièce de Colin Higgins que présente jusqu’au 13 mai la compagnie Jean-Duceppe. Et surtout parlons de la performance incroyable de Béatrice Picard. Je regardais attentivement la comédienne s’activer sur scène et je me disais : « Comment fait-elle, à 87 ans, à rendre tout ce texte ?» La pièce fait quand même 2 h 15 !

L’histoire est simple : Harold (Sébastien René) et Maude (Béatrice Picard) se rencontrent à l’église lors d’un enterrement. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne connaissaient le défunt. L’une incarne encore la joie de vivre à la veille de ses 90 ans, l’autre ne pense qu’à mettre en scène ses suicides au grand désespoir de sa mère, Mme Chasen (Danielle Lépine). Ils se sont trouvés et ne se lâcheront plus. L’excentrique et indépendante Maude aura malgré tout besoin d’Harold, comme ce jeune de 19 ans se trouvera enfin une raison de vivre grâce à la nonagénaire.

Le décor de Geneviève Lizotte avec plaque tournante permet, sans ralentir l’action, de passer du salon de Mme Chasen à l'église du père Finnegan (Martin Héroux), vers la maison de Maude et le bureau du docteur Mattews (Luc Bourgeois) que fréquente Harold.

Pour ce qui est de la mise en scène d’Hugo Bélanger, elle est imaginative et enlevante, même si elle est parfois un peu trop appuyée.

Harold et Maude est une pièce qui, malgré son sujet, nous fait du bien et nous rend heureux. Après l’avoir vue, je comprends mieux pourquoi Béatrice Picard souhaitait interpréter ce rôle qui lui va comme un gant.


Le lundi 24 avril, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec Martin Faucher, codirecteur général et directeur artistique du Festival TransAmériques (FTA), qui nous parlera du volet danse de la programmation 2017, festival qui se tiendra du 25 mai au 8 juin.

Les Irrésistibles de Marie-Anne ont maintenant leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Born to Run

Springsteen, Bruce

Born tu run Bruce J’aime beaucoup Bruce Springsteen, j’aime ce qu’il chante, les histoires qu’il raconte sur l’Amérique prolétaire, l’injustice économique, le chômage, le racisme… Springsteen est un fabuleux conteur. Et ce que l’on peut imaginer de cet artiste à travers ses chansons, ses prises de positions… on le retrouve dans cette autobiographie. Sa vie et son œuvre se confondent. Honnête, sincère, intransigeant et touchant, il n'élude rien de sa vie, de sa dépression, de la genèse de ses albums… Plus qu’une star, Bruce Springsteen est une véritable légende vivante de la culture musicale américaine. Issu des classes populaires, il deviendra au cours du temps leur porte-drapeau et comme l’a dit l'ancien président Obama : « Je suis le Président mais le Boss c’est Springsteen. » Venez faire un tour dans le New Jersey et ailleurs en compagnie de Springsteen, vous ne le regretterez pas ! Titre original : Born to Run Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Springsteen, Bruce. Born to Run, Éditions Albin Michel, 2016, 653 pages.

Eldorado

Gaudé, Laurent

Eldorado Gaude

Après avoir découvert cet auteur avec Le Soleil des Scorta (2004) et La Mort du roi Tsongor (2002), je me suis plongée dans Eldorado.

Jour après jour, le commandant Piracci sillonne la mer au large de l'Italie pour venir en aide aux embarcations des émigrants clandestins et les conduire à l'île de Lampedusa. Mais qu'est-ce qui pousse tous ces jeunes et moins jeunes, hommes, femmes, enfants à se ruiner pour payer un passeur et à risquer leur vie dans ces vieux rafiots pour atteindre à tout prix l'Europe ? Que savent-ils de cette terre promise ? se demande-t-il. Il est fatigué par son travail, il n'y croit plus. Des événements le pousseront encore plus loin dans son questionnement jusqu'à bouleverser sa vie.

Parallèlement est racontée l'histoire de deux frères au Soudan prêts à partir pour ce périlleux voyage qui les conduira en Europe.

Sujet brûlant d'actualité, magnifiquement écrit par Laurent Gaudé. L’auteur réussit à nous faire ressentir le malaise croissant du commandant et à nous faire vivre le rêve fou des deux frères soudanais... Un très beau livre !

Membre : Lachine Gaudé, Laurent. Eldorado, Éditions Actes Sud, Leméac, 2006, 237 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'Amie prodigieuse. 1, Enfance, adolescence

Ferrante, Elena

lamie prodig ferrante

Elena Ferrante m’a plongé dans l’enfance des années 50 et 60, ma génération. Même si cela se passe en Italie il y a tellement de choses que je reconnaissais de cette époque. La force des amitiés entre deux petites filles est bouleversante de vérité. Des souvenirs ont surgi, oubliés depuis longtemps. Comment fait-elle pour écrire avec un tel talent ?

Est-ce que les autres lecteurs ont ressenti cette intensité de la vie tellement bien décrite ? Je ne sais pas mais, en tout cas, j’ai plongé dans le deuxième tome comme pour retrouver mes amies...

Titre original : L'Amica Geniale Membre : Outremont Ferrante, Elena. L'Amie prodigieuse. 1, Enfance, adolescence, Éditions Gallimard, 2011, 2014, 389 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'Énigme du retour

Laferrière, Dany

L'Énigme du reto grand format

Dans les circonstances actuelles, ce volume prend une place importante et Dany Laferrière demeure un grand monsieur digne d’admiration. Les thèmes chers à l’auteur y sont, sa plume sensible, sa façon bien à lui de raconter. Livre touchant qui nous permet de mieux saisir un pan de l’histoire familiale de l’écrivain.

Le Fureteur : « Le narrateur, alter ego de l’auteur, apprend la mort de son père, exilé politique haïtien vivant à New York depuis un demi-siècle. “Entre naissance et mort, on s’est à peine croisés”, écrit-il. Il retourne au pays où il n’a pas mis les pieds depuis trente-cinq ans […] Un roman d’introspection, de réflexion, de contrastes, dans lequel le narrateur […] trouve finalement la paix, après s’être occupé de la mort de “celui qui lui a donné naissance” comme il l’écrit. »

Membre : Laval Laferrière, Dany. L'Énigme du retour, Éditions du Boréal, 2009, 288 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Femme qui fuit

Barbeau-Lavalette, Anaïs

La femme qui fui Barbeau

Anaïs Barbeau-Lavalette est une écrivaine très originale ; il y a une certaine fraîcheur dans son style d’écriture comme de petits tableaux (théâtre). On reprend notre souffle à chaque rideau qui tombe en fin de chapitre. Mais l’histoire est triste.

J’ai rencontré des personnages du post Refus global dans mon adolescence et pour certains peintres et écrivains, c’était déchirant de tourner la page sur le passé (rejet, tabula rasa). Les idées de cette époque sont bien rendues par l'auteure. Le rapport à la mère m’a laissée bouche bée. C’est un livre unique. Quel courage également de parler d’un tel sujet bien qu’il soit romancé !

Membre : Outremont Barbeau-Lavalette, Anaïs. La Femme qui fuit, Éditions Marchand de feuilles, 2015, 378 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Place

Ernaux, Annie

La Place Ernaux Style épuré, phrases très courtes, mais qu’il faut parfois relire pour s’assurer de la personne qui parle ou du sujet dont on parle. Branché sur les faits, le concret. Pas d’épanchement émotif. Et pourtant… en voyant vivre la narratrice, ses parents, son entourage, on ressent ce qu’ils peuvent éprouver, on vit les écarts entre les classes sociales. L’observation des êtres et des choses est fine et n’est pas dépourvue d’humour. Beau coup de coeur pour ce récit ! Membre : Outremont Ernaux, Annie. La Place, Éditions Gallimard, 1983, 114 pages. Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Servante écarlate

Atwood, Margaret

La servante ecarlat Atwood

Ce roman se situe dans le futur. Une dénatalité galopante, causée par la pollution et les déchets toxiques, affecte les humains. Un groupe de fanatiques religieux adeptes d'une lecture littérale de la Bible a fondé la République de Gilead qu'ils contrôlent de A à Z.

Aucune liberté dans cette république : même les commandants, qui sont des chefs de maisonnée, doivent se conformer à des comportements déterminés, codés.

Quatre castes de femmes : les épouses des commandants, oisives, qui ont un certain pouvoir dans leur maison ; les Marthas, au service de la maisonnée, les servantes écarlates qui sont des utérus au service des commandants et de la patrie et les tantes qui contrôlent lesdites servantes. Celles-ci sont dépossédées de tout ce qu'elles étaient ou avaient avant, y compris de leur nom.

Du côté masculin, il y a les commandants, les gardiens, les chauffeurs, les yeux, les Anges noirs (l'armée).

Le personnage central est Defred, une femme écarlate. Au-delà de la routine quotidienne et de la soumission forcée, elle lutte pour rester elle-même, se rappelle la vie d'avant, avec sa fille, son amoureux, sa mère. Arrivera-t-elle à fuir ?

Le roman est fascinant du début à la fin. L'auteure entremêle habilement le présent et le passé, non seulement de l'héroïne, mais aussi de la vie en société dont le contrôle religieux sur le corps des femmes.

La Servante écarlate démontre la pertinence du féminisme encore aujourd'hui vis-à-vis des intégrismes religieux et du pouvoir masculin. Écriture puissante, qui nous plonge littéralement dans le monde intérieur et extérieur des personnages. Vrai coup de cœur pour ce roman ! Titre original : The Handmaid’s Tale Membre : Outremont Atwood, Margaret. La Servante écarlate, Éditions Robert Laffont, collection Pavillons, 1985, 1987, 363 pages.

Le Poids de la neige

Guay-Poliquin, Christian

Le Poids de la neig

Dans une vieille maison, en retrait d’un village sans électricité, un vieil homme, Matthias, s’occupe d’un jeune homme accidenté qui lui a été confié juste avant l’hiver, en échange de bois de chauffage, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps. Il veut y rejoindre sa femme mourante.

Emprisonnés par la neige, les deux individus tissent laborieusement leur complicité au gré des conversations. Par les rares visites de quelques-uns de ses habitants, les rumeurs du village pénètrent dans les méandres du décor. L’hiver pèse, la tension est palpable. Tiendront-ils le coup ?

Prix littéraire des collégiens, 2017. Finaliste du prix des libraires du Québec 2017, catégorie Romans québécois. Finaliste du prix littéraire France-Québec 2017.

Membre : Ville Mont-Royal Guay-Poliquin, Christian. Le Poids de la neige, Éditions La Peuplade, 2016, 312 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

MaddAddam

Atwood, Margaret

MaddAddam Atwood En quatrième de couverture, on peut lire : « Avec une verve extraordinaire, une imagination et une inventivité d'écriture sans limites, un humour décapant, Margaret Atwood joue de la dystopie pour bâtir un conte d'un genre unique. Mêlant tout à la fois récit d'aventures et histoire d'amour, pamphlet politique et écologique, réflexions sur la science et la religion, la sexualité et le pouvoir, elle nous offre ici une œuvre d'une grande maturité, un “roman total” qui conclut magnifiquement le cycle commencé avec Le Dernier Homme (2003) et Le Temps du déluge (2009). » Je ne saurais dire mieux. Dans une pilule jouisse-plus, le savant Crake a inséré la peste qui a fait périr une bonne partie de l'humanité, tout cela dans le but de sauver la planète malmenée par l'humain. Il a aussi créé les Crakers, êtres herbivores, dépourvus de malice. Les survivants comprennent des MaddAddam (biogénéticiens qui luttaient jadis contre les Corporations telles que l'Église de PetrOleum), les Jardiniers de Dieu, consacrés à la prière et à la vénération de la terre, et les Painballers, des hommes méchants. Lorsque les Crakers se joignent aux survivants, Toby, en réponse à leurs questions incessantes et naïves, leur fera part à travers des contes de l'histoire des hommes. Tout cela peut sembler un peu loufoque, mais l'auteure nous entraîne dans une histoire palpitante d'amour et d'aventures, de solidarité, de sauvetage, de transmission des connaissances. Les parallèles entre aujourd'hui et ce monde futuriste suscitent réflexion. Membre : Outremont Atwood, Margaret. MaddAddam, Éditions Robert Laffont, 2013, 2014, 429 pages.

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

Doerr, Anthony

toute la lumière doer

Écoutez le coup de cœur d’un membre du Club des Irrésistibles lu par Marie-Anne Poggi.

Irrésistibles 20160420

Doerr, Anthony. Toute la lumière que nous ne pouvons voir, Éditions Albin Michel, 2014, 2015, 610 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Trilogie des ombres. 1, Dans l'ombre

Indridason, Arnaldur

Dans lombre Indridas

Pour le premier volume de sa trilogie, l’auteur plonge le lecteur dans l’Islande de la Deuxième Guerre mondiale, cette guerre qui marque le début des occupations anglaises et américaines de l’île.

Le corps d’un représentant de commerce est retrouvé dans le salon du fils d’un homme connu pour ses idées pro-nazies. Il a été abattu d’une balle en pleine tête ; sur son front, une croix gammée a été dessinée avec son sang. L’enquête va alors être confiée à un jeune policier sans expérience qui vient d’être nommé à la criminelle, mais aussi à un militaire américain, car la balle trouvée dans le cadavre provient d’une arme américaine.

Quel lien existe-t-il entre ce représentant de commerce et les milieux nazis ? D’où vient cette capsule de cyanure retrouvée dans la valise laissée près du corps ? Et pourquoi l’armée américaine s’intéressait-elle à cet homme discret ?

Les inconditionnels d’Arnaldur Indridason seront sans doute déçus de ne pas retrouver le torturé Erlendur Sveinsson dans des enquêtes policières. Il n’en demeure pas moins que le roman est bon, l’intrigue bien menée et au fil des pages, on comprend les implications que représentent au quotidien la présence américaine sur le territoire. On retrouve aussi l’origine des conflits, de la mésentente entre la population autochtone et la présence d’occupation. Il n’empêche, je préfère Erlendur !

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Indridason, Arnaldur. Trilogie des ombres. 1, Dans l'ombre, Éditions Métailié, 2017, 352 pages.
pas touche!!!