Anita, une fille numérotée
Jasmin, Claude
Coup de coeur pour Anita, une fille numérotée de Claude Jasmin à l'émission Entracte du samedi 11 mai 2013.
M Poggi - 2013 05 11 Irresistible
Bonjour à vous toutes et à vous tous,
J’aime l’œuvre de Yôko Ogawa, mais ça, vous le savez déjà. Quand j’ai appris qu’elle publiait Le Petit joueur d’échecs (Actes Sud, Leméac, 2009, 2013), j’ai tout de suite voulu le lire. Au début, je me suis un peu retrouvée dans l’univers d’un autre de ses romans, La Formule préférée du professeur (2003, 2005), qui mettait en scène la très belle relation entre une aide-ménagère, son fils Root et le professeur. Comme j’avais tellement aimé ce roman, je me réjouissais à la lecture du Petit joueur d’échecs qui rapproche, en un premier temps, un jeune garçon, né avec les lèvres scellées, et un homme obèse vivant à longueur d’année dans un autobus, et qui apprendra à jouer aux échecs à notre jeune garçon. Malheureusement, une fois l’homme obèse disparu du récit - je ne vous dirais pas pourquoi ni comment - j’ai perdu de l’intérêt. Ce roman de 332 pages aurait fait une excellente nouvelle. Si vous n’avez jamais lu Yôko Ogawa, peut-être faudrait-il commencer par un autre de ses livres. Ce ne sera que partie remise…
Le samedi 18 mai à Radio Ville-Marie (91,3 FM), dans le cadre de l’émission Entracte, je reçois Victor Pimentel, conservateur de l’art précolombien au MBAM, archéologue et commissaire de l’exposition Pérou : Royaumes du Soleil et de la Lune – Identités et conquêtes aux époques ancienne, coloniale et moderne, exposition présentée au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 16 juin 2013.
Première diffusion : le samedi de 12h30 à 13h, en reprise le soir même à minuit. Le jeudi suivant, de 17h à 17h30.
Vous pouvez aussi réécouter en tout temps l’émission Entracte en vous rendant à mon billet de la semaine sur le site web des Irrésistibles. Samedi dernier, je recevais la co-directrice générale et directrice artistique du Festival TransAmériques, Marie-Hélène Falcon, qui vient nous parler, dans ce deuxième volet, des pièces de théâtre présentées au FTA du 22 mai au 8 juin 2013.
ENTRACTE M Poggi - 2013 05 11 MA Falcon 2
Je vous souhaite une très belle fin de semaine et bonnes lectures,
Marie-Anne
Coup de coeur pour Anita, une fille numérotée de Claude Jasmin à l'émission Entracte du samedi 11 mai 2013.
M Poggi - 2013 05 11 Irresistible
J’aime Echenoz, c’est dit. Son 14 était tout simplement génial. Idem pour les biographies romancées qu’il a consacrées à Ravel, Tesla et Zatopek. Qui a dit que littérature et sport ne faisaient pas bon ménage ?
Echenoz nous parle des corps dans ces textes, des corps « monstrueux », empêtrés et hors du commun.
Zatopek, quatre titres olympiques et dix-huit records du monde. Jeux olympiques d’Helsinki : médaille d’or au 5000 mètres, au 10 000 mètres et au marathon. « Rien qu’en s’entraînant, Émile aura couru l’équivalent de trois fois le tour de la Terre. » Excusez du peu, car au début, dans sa caserne, « Il a horreur du sport », mais il va révolutionner la course de fond, inventer le sprint. Son destin est plus grand que lui, c’est là que le texte d’Echenoz marque le coup et déploie toute sa force. L’histoire d’un corps, un corps presque détaché de toute volition, voyez ce corps disloqué, ces jambes qui mordent littéralement la piste, mais il gagne : « Émile, on dirait qu’il creuse ou qu’il se creuse comme en transe ou comme un terrassier. Loin des canons académiques et de tout souci d’élégance, Émile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur son visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un rictus pénible à voir (…) Poings fermés, roulant chaotiquement le torse, Émile fait aussi n’importe quoi de ses bras. (…) Il donne en course l’apparence d’un boxeur en train de lutter contre son ombre et tout son corps semble être ainsi une mécanique détraquée, disloquée, douloureuse, sauf l’harmonie de ses jambes qui mordent et mâchent la piste avec voracité. »
Observez ce corps flamboyant se disloquer, Jeux olympiques de Melbourne, Émile, en fin de carrière, s’attaque une dernière fois au marathon. Il terminera sixième : « La mécanique cède d’abord dans les détails, un genou qui lâche un peu à gauche, une épine nerveuse dans l’épaule, l’amorce d’une crampe au jarret droit, puis rapidement les douleurs et les pannes se croisent, se connectent en réseau jusqu’à ce que tout son corps se désorganise. (…) Il est reparti n’étant plus qu’un pantin désarticulé, foulée cassée, corps disloqué, regard éperdu, comme abandonné par son système nerveux. »
Voir aussi ce corps brimé par l’État totalitaire, l’appui d’Émile au Printemps de Prague, qui n’était pas d’érable, et sa fin heureuse… comme archiviste.
J'ai adoré ! Pour l'écriture d'abord, originale, faite de petites phrases courtes, de réflexions renversantes, de poésie et d'idées percutantes qui nous « jettent en bas de notre chaise ». Le sujet du livre, ses personnages hors du commun et pourtant près de nous, sa façon de nous faire vivre les événements extraordinaires qui viendront bouleverser la vie de ses héros m'ont envoûtée et tenue en lecture intense jusqu'à la fin surprenante.
Pour tous ceux et celles qui se plaignaient d'avoir peu d'écrivains d'ici parmi les œuvres finalistes au prix des Irrésistibles... Lisez celui-là et allez-y de vos commentaires !
Le Mois de la BD est de retour (bibliomontreal.com/bd).
Je sors de ma bulle pour vous recommander le texte de Fanny Britt et les planches d’Isabelle Arseneault. Bel album autour de l’intimidation et du taxage à l’école. Quand on se voit grosse et moche comme un saucisson, que tout le monde se ligue contre nous, qu’il ne reste que la littérature (Jane Eyre), l’amitié pourrait être d’un grand secours. Belles perspectives aussi autour de la mère aimante et aidante (c’est la fête des Mères au moment où j’écris ces lignes). Album coup de poing, à méditer comme le dernier clip d’Indochine réalisé par Xavier Dolan…
Vous avez des BD à suggérer ? Vous voulez participer, c’est ici : http://recommandations.bibliomontreal.com/pour-participer
Jeanne de Valois (1899-1995) a réellement existé. En empruntant le « je », l'auteure nous donne l'illusion que c'est réellement Jeanne de Valois qui écrit. Nonagénaire acadienne, Jeanne de Valois retrace les grandes lignes de sa vie, étroitement liée à celle de son peuple. Quel personnage que cette femme ! Entrée en religion pour promouvoir l'éducation de son peuple, des filles en particulier, rien ne l'arrête. L'esprit vif, une foi inébranlable en sa mission, un regard lucide sur le monde (y compris sur ses consœurs et sur le clergé !), elle raconte et se raconte avec humour, tant au présent qu'au passé.
À lire pour découvrir une femme exceptionnelle et un pan de l'histoire acadienne.
Agathe est née en 1946. Sa mère qui a déjà un fils, François, va vite se remarier et avoir un nouveau garçon. Elle adorera ses fils sa vie durant, mais ne témoignera aucune affection à sa fille qui, même si elle n'est pas battue, est victime de la violence parfois sourde, parfois véhémente, de celle qui l'a mise au monde.
Des années plus tard, Agathe va écrire trois lettres à celle qui n'a pas su l'aimer et qui est désormais morte. Pour tenter de reconstruire le fil de leur relation, de leurs non-dits, de leurs rendez-vous manqués, de leur désamour, la jeune femme va se replonger dans son enfance douloureuse et tenter de comprendre pourquoi. Au bout de cette quête, elle découvrira un secret de famille qui, s'il n'explique pas tout, permet de lever en partie le voile sur cette difficile relation mère-fille.
Cette BD, servie par un graphisme impeccable et une écriture magnifique, a été un véritable coup de coeur. À travers cette histoire de filiation compliquée, on découvre la trajectoire d'une jeune fille forte qui s'émancipe grâce à ses études, sa volonté et sa capacité de résilience.
Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos lectures et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal.
J'ai adoré ce livre ! L’auteur raconte l'histoire de l'assassinat du président Kennedy comme un vrai roman policier. Ce 22 novembre 1963 a marqué mon enfance. Le contexte historique est bien expliqué : l’échec de la baie des Cochons, la guerre froide… On assiste à la préparation du complot ; il y a beaucoup de personnages qui évoluent dans différentes régions des États-Unis pour converger vers cet événement tragique. C’est surtout la vie du principal acteur, Lee Harvey Oswald, un jeune Américain, né sous le signe de la Balance (« Libra » en anglais), désadapté social et vulnérable… On suit son parcours erratique. On connaît la fin, mais pas toute la vérité. Toutefois, il y a beaucoup de matière à réflexion !
Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.
Une animatrice vedette de talk-show se fait tuer par un débris de station spatiale russe obsolète qui a réintégré l’atmosphère : voilà un début d’histoire assez inusité !
La personne ayant été égoïste et « pas fine » avec son entourage dans sa vie subira une longue suite de réincarnations commençant très bas, en fourmi. La route sera longue pour redevenir humaine et retrouver sa famille qu’elle avait négligée.
Petit roman écrit avec beaucoup d’humour ; belle lecture de vacances !
Titre original : Mieses Karma
Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.
Un coup de cœur exceptionnel pour ce concert.
Au programme : Die Frau ohne Schatten (Fantaisie symphonique), opus 65 ; Der Rosenkavalier : Suite (Le Chevalier à la rose), opus 59 et Also sprach Zarathustra (Ainsi parlait Zarathoustra), opus 30.
L’Orchestre Métropolitain et l’Orchestre du Centre national des Arts d’Ottawa nous ont permis de constater encore mieux la qualité du son de la nouvelle Maison symphonique de Montréal. La musique de Richard Strauss m’a tenue en haleine tout au long du concert. On entend chaque instrument malgré les 120 musiciens sur scène. Maestro Nézet-Séguin qui dirige l’Orchestre Métropolitain depuis l’an 2000, dirige aussi l’Orchestre de Philadelphie et celui de Rotterdam. Il est également chef invité à l’Orchestre philarmonique de Londres.
Quels talents nous avons au Québec ! Je vous souhaite de vous émouvoir autant que moi en écoutant un pareil concert un jour.
La journaliste Caroline Lévesque du Courrier Laval traduit parfaitement ce que j'ai vu et admiré lors du vernissage. « Cette exposition, c'est laisser aller ce qui nous habite » explique Yolande Touchette. L'artiste est une passionnée de la pierre, elle fait partie du Club de minéralogie de Montréal.
La travailleuse sociale à la retraite faisait déjà de la peinture avant de travailler avec les minéraux. Elle a d'ailleurs créé ses tableaux avec du matériel entièrement récupéré. « Je voulais vraiment donner un jour nouveau à la matière. »
Son métier l'a aussi influencée dans la création de ses oeuvres. « En travail social, j'ai rencontré beaucoup de personnes vivant de grandes émotions et ça se transmet dans les personnages que je crée », confie Yolande Touchette.
Son exposition comporte aussi un volet didactique : « Je veux faire découvrir aux gens que nous avons, à Laval, des roches de qualité et de beaux fossiles. Ce sont des matières sur lesquelles nous sommes debout sans vraiment nous en soucier. »
À voir et à admirer.
Cette exposition, de l'artiste-peintre Yolande Touchette, est présentée jusqu'au 31 mai à la bibliothèque Germaine-Guèvremont, 2900, boulevard de la Concorde Est, à Laval.
Vickie Gendreau est morte le 11 mai dernier. Elle avait 24 ans, l’avenir devant elle et les mots pour le dire. Terrassée par une tumeur cancéreuse au cerveau. Il nous reste d’elle son Testament qu’il faut lire pour ses excès et sa candeur. Pour les mots qu’elle met dans la bouche de ses ami(es) juste après la mort, qui ne tardera pas d’arriver. Pour l’entremêlement et télescopage des voix, crues et tendres. Pour la vie dans la rue, les bars, les lits, la nuit.
J'ai beaucoup aimé ce livre, car il retrace la vie de Mary Delany (1700-1788). À 70 ans, à Bulstrode en Angleterre, elle reproduisait 1000 variétés de fleurs en différentes sortes de papiers « le papier mosaïque ». Elle avait pu les observer et les dessiner auparavant dans le jardin en Irlande, lors de ses 20 ans, mariée à Patrick Delany qui l'encouragea, ainsi que sa soeur Anne. Ingénieuse, gracieuse, polie, elle put se faire des amies, dont la duchesse de Portland qui lui référa des botanistes ; elle sut aussi s'attirer les faveurs de la royauté.
L'auteure a rencontré l'arrière-arrière-arrière-arrière-arrière nièce de Mme Delany, Ruth Hayden, âgée de 86 ans, qui a publié un livre : The Book of Mrs. Delany : Her Life and Her Flowers. Elle a pu trouver la correspondance de Mme Delany qui avait été gardée par Lady Llanover. Chaque chapitre commence avec la reproduction de la fleur et représente un passage de sa vie. On peut le trouver au British Museum de Londres. « Her whole life flowed to the place where she plucked that moment. »
Bonne lecture.
Ce livre n'est pas encore traduit en français.
L’auteure nous demande comment on vieillit. Selon elle, chacun mène sa vie comme il l’entend et vieillit selon sa santé. Mais elle nous parle de la peau et du soin à lui donner et de toutes les crèmes à mettre, surtout celles qu’elle utilise (publicité ?). Pour Denise Bombardier, la chirurgie esthétique est importante chez les femmes et de plus en plus chez les hommes. Elle nous énumère toutes les chirurgies. Pour elle, « vieillir avec grâce, c’est pouvoir admettre que la beauté et le charme sont liés à l’apparence physique ». Elle parle surtout de l’apparence physique.
À lire si vous voulez vous renseigner sur votre apparence en vieillissant.