18/05

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

J’ai enfin pu voir le film d’Alexis Durand-Brault C'est le coeur qui meurt en dernier, d’après le récit de Robert Lalonde publié aux éditions du Boréal en 2013. Une réussite sur toute la ligne...

C’est par petites touches que nous recollons l’histoire de Julien Lapierre (Gabriel Sabourin, fabuleux), puisque le film est composé de flash-back, alternant de 1977 à 2011. Aujourd’hui âgé de 47 ans, Julien, célibataire sans enfants, tente de percer comme écrivain, tout en travaillant dans une usine. Henri, son ami d’enfance (Paul Doucet), est convaincu que Julien peut remporter le prix du Gouverneur général avec son récit autobiographique qui vient de paraître.

On fait également connaissance avec Mme Lapierre (interprétée à 82 ans par Denise Filiatrault et à 48 ans par Sophie Lorain), une femme peu instruite qui aime écouter de la musique et tout particulièrement Harry Belafonte. Cela fait huit ans qu’elle n’a pas revu son fils avec qui elle a coupé les ponts.

Madame Lapierre vit dans une résidence pour personnes âgées, à l’étage sécurisé, car sa mémoire est de plus en plus défaillante. À chacune de ses visites, Julien tente de se rapprocher d’elle, de s’expliquer, de crever l’abcès d’un secret.

Distribution quatre étoiles, une mention spéciale à Denise Filiatrault pour son retour au cinéma après 25 ans d’absence (si on ne compte pas le bref rôle qu’elle tenait en 2012 dans le film de Xavier Dolan, Laurence Anyways) et la musique de Cœur de Pirate d’une beauté sans mots.

Tout en retenu, le jeu des comédiens est touchant, tendre et senti. Alexis Durand-Brault a su éviter le piège du pathos, du trop plein. N’oubliez pas vos mouchoirs, car vous en aurez besoin !

Si c’est le cœur qui meurt en dernier, j’espère au moins que ce film ne quittera pas trop vite nos écrans et qu’il remportera plusieurs prix. À suivre !


Voici la 3e capsule vidéo (6 min. 34 s.) captée par Stéphane Richard lors de la 9e remise du prix du Club des Irrésistibles qui s’est tenue à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont le 24 avril dernier.

Cette semaine, le roman L'Amie prodigieuse. 1, Enfance, adolescence d’Elena Ferrante (Gallimard, 2011, 2014) qui s’est retrouvé en 3e position, ex aequo avec Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre (Albin Michel, 2016). Bonne écoute !




Les Irrésistibles de Marie-Anne ont maintenant leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Chronique d'une mort annoncée

García Márquez, Gabriel

Chronique d'une mort annoncée Grasset Petit roman anecdotique où l’auteur nous raconte la dernière journée de Santiago Nasar. Les jumeaux Vicario ont fait connaître à tous leur intention de tuer Nasar, mais pourquoi donc la victime n’a-t-elle pas été prévenue ? C’est ce que tente de nous expliquer García Márquez dans son récit rempli d’humour et d’imagination où l’on retrouve l’atmosphère vibrant du Sud. Un petit livre qui se lit avec plaisir. Titre original : Crónica de una muerte anunciada Membre : Westmount García Márquez, Gabriel. Chronique d'une mort annoncée, Éditions Grasset, collection Les Cahiers rouges, 1981, 133 pages.

Combattre pour la France en Amérique. Les Soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France, 1755-1760

Le Projet Montcalm, sous la direction de Marcel Fournier

Combattre pour la Nouvelle France

Ce magnifique volume grand format (28 cm x 22 cm), publié à l’occasion du 250e anniversaire de la bataille des Plaines d’Abraham, est le fruit d’une collaboration entre généalogistes québécois et français, qui ont même effectué des recherches partout dans le monde.

C’est une véritable somme : l’ouvrage raconte tout ce qui est connu sur la quasi-totalité des officiers et soldats (7462 sur 7878) qui ont débarqué en Nouvelle-France entre 1755 et 1760. Chose méconnue, un bon nombre d’entre eux (plus de 750) se sont mariés ici, et près de 600 s’y sont installés au terme des hostilités. Ce fut la plus importante cohorte de migrants au XVIIIe siècle au Québec et elle a contribué fortement à y renforcer la population française pour la suite de son histoire.

L’essentiel du livre est constitué du dictionnaire des officiers et soldats ; si votre ancêtre faisait partie de cette cohorte, c’est là que vous le trouverez. Néanmoins, près de 30% du contenu présente des informations historiques sur la guerre de Sept Ans, sur l’armée française et ses régiments, sur les navires de transport vers et en provenance de la Nouvelle-France, etc.

Le tout est complété par une magnifique section iconographique de 35 pages, présentant des documents, des plans, des illustrations de lieux et de personnages.

Membre : Pierre, abonné de Guèvremont Le Projet Montcalm, sous la direction de Marcel Fournier. Combattre pour la France en Amérique. Les Soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France, 1755-1760, Éditions Société généalogique canadienne-française, 2009, 628 pages.

Culottées : des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent. 1

Bagieu, Pénélope

Culotee tome 1

L’auteure dresse le portrait de femmes qui ont pris leur destin en main. Impératrice ou femme à barbe, gardienne de phare ou actrice, exploratrice ou gynécologue, les Culottées ont fait voler en éclats les préjugés. Le point commun de toutes ces femmes remarquables, c’est leurs vies exceptionnelles et méconnues.

Des histoires courtes aux dialogues savoureux. J’ai découvert dans cet ouvrage plusieurs femmes que je ne connaissais pas. Elles ont toutes eu une vie passionnante. Par leurs idées et leurs actions, elles ont fait bouger la condition féminine. Que ce soit pour l’avancée des droits de la femme, notre émancipation, ou bien pour nous montrer simplement qu’il faut être nous-mêmes. Les Culottées ont cassé les codes, à vous de découvrir de quelle manière !

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Bagieu, Pénélope. Culottées : des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent. 1, Éditions Gallimard, 2016, 144 pages.

En toute bonne foi

Smiley, Jane

En toute bonne foi

Vous vous souvenez (ou vous avez sûrement entendu parler) de la flambée des taux d'intérêt des années 80 ? Pour ceux qui avaient le nez fin, c'était la bonne époque pour faire de l'argent sans trop se forcer. C'est ce que raconte Jane Smiley dans ce roman fort intéressant, tout particulièrement pour le secteur de l'immobilier où tout ne va pas comme sur des roulettes à tous les jours.

Malgré quelques petites longueurs, un livre que l'on veut terminer absolument !

Titre original : Good Faith Membre : Saint-Jean-sur-Richelieu Smiley, Jane. En toute bonne foi, Éditions Rivages, 2003, 2004, 440 pages.

L'Île du serment

May, Peter

L'Ile du serment

Après avoir adoré la trilogie écossaise de Peter May – L’Île des chasseurs d’oiseaux (2009), L’Homme de Lewis (2011) et Le Braconnier du lac perdu (2012) –, je n’ai pas résisté à L’Île du serment du même auteur. Lisez-le d’urgence d’autant qu’il se passe dans l’archipel de la Madeleine.

Il est question du drame de ces familles de l’archipel des Hébrides dans les années 1850 au moment de la famine de la pomme de terre (comme en Irlande), chassées par leur seigneur britannique vers l’Amérique.

Vous ne serez pas déçus. Peter May y ajoute un côté policier mais pour moi, il est secondaire, le milieu qu’il dépeint et ses personnages sont beaucoup plus intéressants.

Titre original : Entry Island Membre : Belgrade May, Peter. L'Île du serment, Éditions de Rouergue, 2014, 423 pages.

La Steppe

Tchekhov, Anton

La Steppe

À la suite de la lecture de Sylvain Tesson qui racontait son long périple à pied à travers les steppes de Sibérie, cette nouvelle de Tchekhov a attiré mon attention et je n’ai pas été déçue. Un voyage beaucoup plus peuplé de personnages que celui de Sylvain Tesson, mais qui lui ressemble : une très belle peinture de cette contrée.

Ce récit de Tchekhov relate l’histoire d’un convoi qui traverse la steppe en accompagnant un enfant de sa petite ville natale vers une plus grande ville où il pourra aller au collège. Les personnages sont colorés et le décor est magnifiquement décrit. Ainsi écrit-il : « Le Russe aime se souvenir mais n’aime pas vivre. Les Russes parlent de leur passé avec enthousiasme et traitent leur présent quasiment avec du mépris. »

Lorsqu’il raconte la venue d’un orage sur la steppe, on croirait y être. J’ai trouvé qu’il y avait une touche d’humour dans la façon dont il décrit cette nature en l’humanisant. « Le tonnerre grommela, roula dans le ciel de droite à gauche et retour et s’apaisa du côté des charrettes de devant. ». Ou encore « […] un nuage frisé couleur de cendre […] échangea un regard avec la steppe – ‘’je suis prêt’’, voulait-il dire et fronça le sourcil. » Un petit bijou de lecture !

Membre : N.L., Île-des-Soeurs Tchekhov, Anton. La Steppe, Éditions Flammarion, 1888, 1974, 157 pages.

Le Tueur aveugle

Atwood, Margaret

Le Tueur aveugle

Ce beau roman (Booker Prize 2000, bien mérité) est écrit en alternance entre la vie d’Iris racontée par celle-ci et l’histoire du tueur aveugle.

On y découvre la vie des deux sœurs Chase qui ont grandi en Ontario dans un milieu aisé, en campagne, mais que les temps difficiles de l’avant Deuxième Guerre mèneront vers un destin qu’elles n’ont pas choisi. En parallèle, on lit le roman de science-fiction du Tueur aveugle.

Livre assez déroutant pour une bonne partie, le premier tiers peut-être, à cause de l’alternance entre les deux histoires. On a parfois envie de laisser tomber, mais une fois accroché, on ne veut plus lâcher. Margaret Atwood a une écriture intelligente et sait captiver ses lecteurs.

Titre original : The Blind Assassin Membre : Westmount Atwood, Margaret. Le Tueur aveugle, Éditions Robert Laffont, 2000, 2002, 587 pages.

Les Moissons funèbres

Ward, Jesmyn

Les Moissons funebres

Dans ce récit, l’auteure s’interroge sur toutes ces morts inutiles et sur le pourquoi de celles-ci.

En l’espace de quatre ans, cinq jeunes hommes de l’entourage de Jesmyn Ward sont morts. Cinq jeunes Noirs, dont les causes de décès sont variées, mais ont des sources identiques : la pauvreté et le racisme que subit, encore de nos jours, la communauté afro-américaine.

Ce récit autobiographique qui oscille entre compte rendu de la situation des jeunes Noirs américains aujourd’hui et des pans de la vie de l’auteure, elle-même Noire américaine ayant vécu l’exclusion, le racisme et surtout la tragédie de la perte de son frère.

C’est un livre réaliste sur le déterminisme social et ses ravages, un récit sincère, parfois cru et dérangeant, sans concession… C’est aussi un bel hommage à ses parents et à son frère.

Le roman bouleverse et, vous pouvez croire qu'ici, toute ressemblance avec des faits réels n'est pas purement fortuite. Sans doute, c'est cela qui perturbe le plus.

Titre original : Men We Reaped Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Ward, Jesmyn. Les Moissons funèbres, Éditions Globe, 2013, 2016, 272 pages.

Ouragan

Gaudé, Laurent

Ouragan Gaude

Quelle puissance ! Je me suis laissé emporter, envoûter, secouer par cet ouragan.

Les personnages sont émouvants et attachants, chacun se retrouve nu devant sa réalité, dans un monde où il n’y a plus de repère, dans « un monde qui marche tête renversée », c’est le chaos… et malgré cela, Joséphine, « négresse depuis près de 100 ans, aussi usée que les vieux saules des bayous », reste debout et libre.

Dans ce cataclysme, il y a l’horreur mais aussi libération, apaisement, vie retrouvée.

L’écriture concise, précise, parfois mélodieuse et même incantatoire, m’a beaucoup touchée. Magnifique, oui, c’est un grand coup de cœur pour moi !

Membre : Outremont Gaudé, Laurent. Ouragan, Éditions Actes Sud, Leméac, 2010, 188 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Traces de l'histoire de Montréal

Linteau, Paul-André, Serge Joyal, Mario Robert

Traces de l'histoire de Linteau

Bien que nous fêtions cette année le 375e anniversaire de la fondation de Montréal, le programme des festivités laisse peu de place à l’histoire. Heureusement, les auteurs de ce livre de 26 cm x 20 cm ont comblé cette lacune.

Les cinq chapitres nous offrent des textes, concis mais pertinents, laissant la majeure partie de l’espace à une riche et belle iconographie, plans anciens, photographies, tableaux qui rappellent des personnages, des bâtiments ou des événements significatifs de cette histoire.

Évidemment, il est impossible de raconter 375 ans d’histoire en quelques dizaines de pages. On peut regretter certains choix éditoriaux : par exemple, le Montréal raconté ici porte essentiellement sur la ville délimitée par le fleuve et la montagne. Pour en savoir plus, le lecteur retournera à l’Atlas historique de Montréal, de Jean-Claude Robert, publié en 1994 par la Fondation Lionel-Groulx, dans le cadre du 350e anniversaire de Montréal. Ce fort volume de 32 cm x 24 cm traite aussi de l’histoire de Montréal, mais il englobe toute l’île, et ce, avec des explications bien plus détaillées.

Membre : Pierre, abonné de Guèvremont Linteau, Paul-André, Serge Joyal, Mario Robert. Traces de l'histoire de Montréal, Éditions du Boréal, 2017, 181 pages.

Un homme heureux

Paasilinna, Arto

Un homme heureux Folio

Un homme heureux... ou un homme à qui il vaut mieux ne pas chercher des poux !

Ce court récit m'a beaucoup amusée : l'auteur exploite à fond le thème de l'étranger qui arrive dans une petite ville et qui chamboule la vie de tous et chacun, pour le meilleur et surtout pour le pire (pour ses ennemis) !

À travers la construction d'un pont pour laquelle il est engagé au début du roman, c'est toute la ville qui sera mise sens dessus dessous et refaçonnée au gré des plans de vengeance du protagoniste.

Belle découverte que celle de cet auteur finlandais ! Ma prochaine lecture, son classique : Le Lièvre de Vatanen (1989).

Titre original : Onnellinen mies Membre : Julie S., Outremont Paasilinna, Arto. Un homme heureux, Éditions Gallimard, 1976, 2005, 259 pages.
pas touche!!!