28/07

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Le Musée d’art contemporain (MAC) propose jusqu’au 25 septembre 2016 une exposition incontournable intitulée : Edmund Alleyn. Dans mon atelier, je suis plusieurs.
Mark Lanctôt, commissaire de l’exposition et conservateur au MAC, a travaillé conjointement durant trois ans avec Jennifer Alleyn, artiste, cinéaste et fille du peintre. Pour concevoir cette « rétrospective », ils ont dû choisir une soixantaine d’œuvres de la fin des années 50 jusqu’au début des années 2000, œuvres qui appartiennent autant à la succession qu’à des musées québécois et canadiens.
Né à Québec en 1931 et mort des suites d’un cancer le 24 décembre 2004, Edmund Alleyn a étudié à l’École des beaux-arts de Québec aux côtés du peintre Jean-Paul Lemieux. Il a vécu 15 ans en France, avant de revenir s’installer au Québec dans les années 70.
J’aime les arts visuels, mais je ne suis pas une spécialiste. Il m’est donc impossible de résumer toutes les avenues empruntées par l’artiste au cours de sa carrière. Très éclectique, Alleyn l’est sans aucun doute, inventif, parfois en avance sur son époque. On sent chez lui des contrastes : un gamin qui s’amuse à faire ce qu’il fait, mais qui a aussi des angoisses métaphysiques ; introspection, mais éclatement…
Je me suis demandé : « Peut-on être un et plusieurs à la fois ? » À voir les œuvres de cet artiste inclassable, il n’en fait aucun doute. Alleyn est peut-être seul dans son atelier, mais son talent est multiple et polyvalent.
Le parcours chronologique nous propose sa période dite « indienne » du début des années 60, celle de l’abstraction, en passant par ses Éphémérides, mais aussi ses fameux personnages peints sur plexiglas (que je prends toujours grand plaisir à revoir)… et que dire de son Introscaphe (1968-1970), cet objet en forme d’œuf dans lequel, à l’époque, les visiteurs pouvaient s’installer pour voir et écouter, durant quelques minutes, un film présentant un florilège d’instantanés…
Aujourd’hui, cet engin appartient au Musée national des beaux-arts du Québec… Qui sait si un jour, budget trouvé, on ne pourrait pas le refaire fonctionner.
Je suis sortie du MAC, sourire aux lèvres et remplie d’une belle énergie. Je ne saurais comment l’expliquer, comme si ce que je venais de voir, m’avait donné un nouvel élan.
Le catalogue publié lors de l’inauguration de l’exposition sera l’outil de référence pour les années à venir. Un must ! Exposition à mettre sans faute à votre agenda !

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Anatomie d'un crime

George, Elizabeth

anatomie dun cr george Incapable de laisser le livre sans connaître le sort des héros. L'auteure préfère savoir pourquoi un crime se produit et non comment. « Abandonnés par leur grand-mère qui les élevait seule après la mort de leur père et le placement de leur mère en hôpital psychiatrique, les trois gamins se retrouvent chez leur tante. La jeune femme est célibataire […] Elle ne pourra pas les guider. Dans le monde où vivent les Campbell, aucune échappatoire n'est possible […] Si elle n'a pas le pouvoir de changer la société, elle tient à en dénoncer les erreurs. » Passionnant ! Titre original : What Came Before he Shot Her Membre : Germaine-Guèvremont George, Elizabeth. Anatomie d'un crime, Éditions Presses de la Cité, 2006, 2007, 492 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Ça va aller, tu vas voir

Ikonòmou, Chrìstos

ca va aale Ils sont chômeurs fraîchement élus, travailleurs précaires, fabricants de glace, retraités sans le sou, femme de ménage à l’hôpital… Ils sont grecs. Leur pays est en crise et tandis que certains, que l’on ne voit jamais entre ces pages, s’en sortent plutôt bien, eux surnagent en se demandant pendant encore combien de temps ils vont pouvoir garder la tête hors de l’eau. Garder la tête hors de l’eau, c’est vraiment ça l’image, car les personnages de ce recueil de nouvelles sont comme les naufragés d’un pays qui sombre lentement mais sûrement et à qui l’on dit qu’il n’y a plus de place dans les canots de sauvetage. Les temps sont durs, mais Ikonòmou ne cède que très rarement au désespoir. Ses personnages sont saisis dans une mauvaise passe au cœur d’un pays lui-même dans une très mauvaise passe, mais lorsqu’on les quitte, on sent qu’il leur reste encore suffisamment de dignité pour se battre. Le titre du recueil est évocateur de ce point de vue là. Ça se passe en Grèce, mais aussi un peu partout ailleurs en Europe en ce moment et en cela, Ikonòmou touche juste. Vous allez être secoués par cette lecture, mais peut-être en sortirez-vous aussi avec un sentiment de fraternité renforcé et une envie de combattre décuplée. Voici un livre indispensable qui, comme le dit l’auteur lui-même, « montre le combat de l’homme pour ne pas perdre son humanité dans un monde qui devient sans cesse de moins en moins humain. » Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Ikonòmou, Chrìstos. Ça va aller, tu vas voir, Quidam éditeur, 2010, 2015, 217 pages.

D'autres vies que la mienne

Carrère, Emmanuel

dautres vies carrère Delphine, Jérôme, Juliette, Patrice, Hélène et les autres ont vécu l’inimaginable et Emmanuel Carrère s’est vu confier la tâche d’écrire leur histoire. Il s’agit d’une histoire vraie que l’auteur a mis trois ans à l’écrire. Il est non seulement le témoin, mais il est aussi confronté à la douleur des membres de la famille de sa compagne et à celle d’amis rencontrés au Sri Lanka en 2004. « Il est question de vie et de mort, de maladie et d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. » Oui, en effet, de beaucoup d’amour. Après la perte de sa femme, un papa se retrouve seul avec ses petites filles et la vie doit continuer. Un couple perd son unique petite fille dans l’espace de quelques instants et la vie bascule. L’auteur mène admirablement bien son récit en parlant de ses personnages. Il nous les fait découvrir avant les événements, pendant et après ces mêmes événements. Après avoir vécu d’aussi près la souffrance des autres, l’auteur admet réaliser combien tout est fragile et l’importance des liens familiaux. Membre : Outremont Carrère, Emmanuel. D'autres vies que la mienne, Éditions P.O.L., 2009, 310 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Jeune fille

Wiazemsky, Anne

jeune fil wiazem Un cinéaste français bien connu tombe en arrêt devant une jeune fille de bonne famille, âgée de 17 ans, et décide qu’elle doit à tout prix jouer le rôle principal dans son prochain film. À la suggestion de son tout aussi célèbre grand-père, notre comédienne en herbe (et auteure de cet ouvrage) tient un journal du tournage. Ce livre n’est pourtant pas seulement un journal intime, c’est aussi un roman qui raconte la relation troublante entre cet homme d’âge mûr et la jeune débutante. Elle est attirée par la célébrité, le génie, la tyrannie et le mystère du plateau et de son dirigeant ; il ne peut se détacher de sa timidité, de sa jeunesse, de son intelligence. Rien de nouveau, bien sûr : ce thème a été exploité bien avant, et si le côté « jeune fille en fleur » fait un peu vieillot, il y a quand même, dans ce récit, une force et une candeur qui traduisent à merveille toute la fragilité du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Membre : Westmount Wiazemsky, Anne. Jeune fille, Éditions Gallimard, 2007, 217 pages.

Le Sort de bonté III

Poissant, Alain

le sort de bon poissan

Écoutez le coup de cœur d’un membre du Club des Irrésistibles lu par Marie-Anne Poggi.

Irrésistibles 20160728

Poissant, Alain. Le Sort de Bonté III, Éditions Sémaphore, 2013, 92 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Les Carnets de Douglas

Eddie, Christine

les carnets de dou Quel roman ! Une histoire d'amour magnifiquement écrite et présentée de façon intelligente et très originale. Pour vous mettre l'eau à la bouche : « Pour Douglas, Éléna choisit le corps qui lui allait le mieux. Elle demanda à l'humidité de lui boucler encore plus les cheveux et au soleil de lui colorer les joues. L'eau de la rivière lui adoucissait la peau et la lumière égayait ses yeux. Elle enfila ses jambes du dimanche et se vêtit de ses plus beaux seins. Elle s'accrocha à la bonne humeur et son rire se mit à retentir en écho dans la forêt. Aimer Douglas la rendit plus heureuse. » Est-il besoin d'en rajouter ? Membre : Rosemont Eddie, Christine. Les Carnets de Douglas, Éditions Alto, 2007, 198 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Ma tempête de neige

Scotto, Thomas

ma tempete de ne scott Dans cette magnifique collection "D'une seule voix" chez Actes sud junior, j'ai lu ce beau texte de Thomas Scotto. C'est en fait une sorte de lettre ouverte de Zac, jeune futur papa (il a 19 ans), à son enfant qui va naître. Librement, Zac livre ses craintes, ses envies, ses attentes et confie à cet enfant pas encore né, ce qu'il n'osera peut-être pas lui dire plus tard. J'ai trouvé ce roman très intéressant et touchant, car Thomas Scotto donne la parole à un futur père. Dans ce genre de situation, on a plutôt l'habitude d'avoir la vision de la mère, ce qui paraît normal et donne souvent une image négative des adolescents qui s'enfuient lorsqu'ils découvrent qu'ils vont avoir un bébé. C'est donc plutôt original qu'un garçon de 19 ans se livre sans fausse pudeur sur le sujet de la parentalité. La maturité de Zac est rafraîchissante et symbolise à merveille les attentes, espoirs, craintes et autres que peut ressentir un futur papa. À découvrir ! Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Scotto, Thomas. Ma tempête de neige, Éditions Actes Sud junior, collection D’une seule voix, 2014, 58 pages.

Mémoire infidèle

George, Elizabeth

mémoire infi george Ex-enfant prodige, Gideon Davies continue à donner des concerts à travers le monde. Victime d'un trou noir, à un moment donné, il ne peut plus jouer. La psychanalyse pourrait le sauver. En replongeant dans les souvenirs de son enfance, il pourra comprendre ce qui lui est arrivé. La mort de sa sœur trisomique, assassinée vingt ans auparavant par sa nounou... La disparition de sa mère lorsqu'il était enfant... Au même moment, Scotland Yard enquête sur la mort violente de deux femmes écrasées par un chauffard : l'une d'elle est justement la mère de Gideon. Un bon suspense pour l’été ! Titre original : A Traitor to Memory Membre : Germaine-Guèvremont George, Elizabeth. Mémoire infidèle, Éditions Presses de la Cité, 2001, 621 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Mildred Pierce

Haynes, Todd

mildred film Glendale, Californie, en 1931, Mildred Pierce, femme au foyer de la classe moyenne, cherche à maintenir la position sociale de sa famille au cœur de la Grande Dépression. Après s’être séparée de son mari, elle doit trouver un travail pour subvenir aux besoins de ses deux filles, et tout particulièrement de l’ambitieuse Veda. J’ai beaucoup aimé cette série qui nous plonge dans une Amérique marquée par la Grande Dépression et la prohibition. Mais c’est avant tout le portrait d’une femme indépendante qui fera tout pour réussir et des relations de plus en plus tumultueuses qu’elle entretient avec sa fille aînée. La mini-série revisite le roman de Mildred Pierce (1941) de James M. Cain, à partir duquel un film quasi culte avait été réalisé par Michael Curtiz en 1945 avec la magnifique Joan Crawford. Kate Winslet est parfaite dans ce rôle et mention spéciale à Evan Rachel Wood, qui incarne sa fille vénéneuse avec une variété de sentiments impressionnante. J'encourage tous ceux qui aiment les vraies et belles histoires à découvrir Mildred Pierce. Todd Haynes réussit une magnifique adaptation d'un roman culte. La mini-série comprend cinq épisodes. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Haynes, Todd. Mildred Pierce, Série américaine, 2011.

Où on va, papa ?

Fournier, Jean-Louis

ou on va pa Je ne suis pas très porté sur les histoires, souvent mielleuses et larmoyantes, qui racontent les malheurs ordinaires de gens ordinaires et ce, de manière ordinaire, sur des maladies de toutes sortes ou encore, comme c’est le cas ici, sur des handicapés, des enfants de surcroît. Où on va, papa ? est tout le contraire. Fournier est effectivement le père de deux enfants handicapés moteurs et mentaux. On ne peut pas abandonner ce roman avant le dernier mot parce que ça nous prend à la gorge. Un homme ose écrire les vrais sentiments qui l’habitent de la seule et unique manière valable pour lui, c’est-à-dire la sienne, en utilisant l’humour noir, le sarcasme. Un exemple ? « Grâce à eux, j’ai eu des avantages sur les parents d’enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à [...] nous inquiéter de savoir ce qu’ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien. Et surtout, pendant de nombreuses années, j’ai bénéficié d’une vignette automobile gratuite. » Pour ceux et celles qui se demanderont « Et sa femme là-dedans ? » Je vous invite à lire ce qu’elle en disait au mois de mars 2009 à l’adresse suivante : http://mamanmathieuetthomas.monsite.orange.fr/ Membre : Montréal Fournier, Jean-Louis, Où on va, papa ?, Éditions Stock, 2008, 154 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

pas touche!!!