07/12

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Il vous reste une semaine pour me dire si vous serez membre du jury pour la 10e remise du prix des Irrésistibles, car après la date du 13 décembre, il sera trop tard.
Vous connaîtrez donc jeudi prochain les cinq livres retenus pour le prix de cette année ; le débat se tiendra le 23 avril 2018 à la bibliothèque Robert-Bourassa à Outremont. Avez-vous hâte autant que moi ?
Si vous avez mon adresse courriel, vous m’écrivez un petit mot pour me donner votre nom, sinon, vous le faites via le site web des Irrésistibles, à même l’Infolettre.


Il y a parfois des moments dans la vie où les astres s’alignent pour créer de belles rencontres. C’est précisément ce qui se passe présentement au théâtre Prospero.

Directrice générale et artistique du Groupe de la Veillée, Carmen Jolin, dont le flair et l’audace sont bien connus, a lu certains textes d’Ivan Viripaev. Révélation. Elle a ensuite obtenu les droits des pièces de l’auteur russe, les a fait traduire par Tania Moguilevskaia et Gilles Morel et a approché Florent Siaud pour les mettre en scène. Eurêka !

Les Enivrés est donc la troisième pièce de Viripaev présentée au théâtre Prospero après Oxygène à l’automne 2013 et Illusions à l’hiver 2015.

Sur scène, une distribution cinq étoiles pour interpréter un texte qui engendre de franches rigolades et provoque aussi des réflexions, entre autres, sur la vie de couple, sur notre place dans la société, sur le mariage.

Les dix comédiens, pour quatorze enivrés, sont tous très crédibles dans leurs rôles respectifs et tiennent la cadence durant l’heure trente que dure le spectacle. Un vrai tour de force ! Mention spéciale à Évelyne Rompré (hilarante), Dominique Quesnel (toujours si juste), Maxime Denommée, Benoit Drouin-Germain (tout en retenu et d’un comique naturel), Paul Ahmarani (égal à lui-même) et Maxim Gaudette.

L’action qui se déroule sur une journée met de l’avant diverses intrigues qui tournent autour de quelques couples établis mais précaires et d’un futur marié qui enterre sa vie de garçon, entouré de ses amis, de ses collègues et d’une invitée surprise… Scène inoubliable !

Plus la soirée avance, plus les verres se vident, plus certaines vérités refont surface, engendrant son lot de désillusions, de remises en question, de constats pas toujours reluisants. Rien de déprimant, bien au contraire, car le fou rire des personnages est communicatif à souhait.

Vous avez donc jusqu’au 16 décembre pour vivre une expérience théâtrale de haute voltige.


Le lundi 11 décembre, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec le comédien Marc St-Martin, qui nous parlera du spectacle 2017 Revue et corrigée, présenté au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 7 janvier 2018.

Lundi dernier, je recevais Cheryl Sim, commissaire de deux expositions : L’Offre qui accueille neuf artistes et Bill Viola. Naissance à rebours, présentées à DHC/Art Fondation pour l’art contemporain jusqu’au 11 mars 2018.



Les Irrésistibles de Marie-Anne ont maintenant leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Avicenne, ou, La route d'Ispahan

Sinoué, Gilbert

Avicenne, ou, La route d'Ispahan

Ce livre de Gilbert Sinoué, auteur égyptien, est extraordinaire. À lire absolument. C’est une fiction historique racontant l’histoire d’un célèbre médecin, écrivain et philosophe du 10e et 11e siècle.

Il est né Avicenne ou Ibn Sina, ou cheik el-raïs pour les intimes, à Afshéna, Ouzbékistan en 980. À 18 ans, il est le médecin le plus renommé de son temps ; on l’appelle, d’ailleurs, le prince des médecins. La guerre, l’intolérance, la jalousie l’obligeront à fuir plus d’une fois. Il mourra en juin 1037, à 57 ans, après avoir bu jusqu’à l’ivresse à la coupe du savoir et de l’amour. Membre : Outremont Sinoué, Gilbert. Avicenne, ou, La route d'Ispahan, Éditions Denoël, 1989, 382 pages.

Chanson douce

Slimani, Leïla

Chanson douce Sliman

Comme mentionné par quelques lecteurs, c’est un livre choc. Dès le début du roman, nous savons que deux enfants ont été tués par Louise, leur nounou. Pourquoi cette femme qui semblait parfaite et dévouée a-t-elle commis un acte si tragique ?

Tout au long du livre l’auteure, de façon chronologique, nous présente la famille Massé, la nounou Louise et nous conduit progressivement au drame.

Un roman percutant qui reste longtemps en mémoire.

Membre : Westmount Slimani, Leïla. Chanson douce, Éditions Gallimard, collection Blanche, 2016, 240 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Innocent

Depardieu, Gérard

Innocent Depardieu Comment qualifier ce livre inclassable ? Ce n’est certainement pas une autobiographie au sens classique du terme. Plutôt un livre de souvenirs racontés à bâtons rompus, en sautant d’un sujet à l’autre. La vie d’un homme qui ne l’a pas toujours eue facile, réchappé d’un avortement raté, élevé sans encadrement et presque sans scolarité, et qui s’est construit tout seul au hasard de ses rencontres. On y trouve, bien sûr, le Depardieu qu’on connaît, amateur de grandes nourritures et de bons vins, excessif dans ses propos comme dans ses actions. Mais, à ma grande surprise, j’ai aussi découvert un homme ouvert sur le monde qu’il a parcouru de long en large, sensible à la profondeur de l’âme russe, et qui a acquis par lui-même une vaste culture certes peu structurée mais très vivante. L’innocent du titre, c’est lui : un homme qui ne nie pas ses erreurs et ses faiblesses, mais qui vit au présent en continuant malgré tout à aimer profondément la vie et les êtres humains, dont il parle avec chaleur, mais avec une grande réserve, sans dévoiler de secrets. Membre : Pierre, abonné de Guèvremont Depardieu, Gérard. Innocent, Éditions Le Cherche-midi, 2015, 189 pages.

L'Ordre du jour

Vuillard, Éric

L'Ordre du jour Vuillard

Court récit sur l'Anschluss, invasion puis annexion de l'Autriche à l'Allemagne le 12 mars 1938. Vingt-quatre grands industriels et financiers allemands sont convoqués par Hermann Goering qui veut s'assurer de leur soutien au Reich. Opel, Krupp, Reuter, Siemens, Agfa, Bayer, Telefunken, Allianz, bien connus à travers le monde aujourd'hui, vont malgré leurs réticences souscrire à la campagne électorale d’Hitler et profiteront, de façon indécente et monstrueuse, du travail des détenus juifs d'Auschwitz et de Buchenwald entre autres pour leurs sociétés.

De son côté, Schuschnigg, chancelier de l'Autriche se voit convié auprès d'Hitler pour « négocier » l'annexion. On assistera à un ballet de réunions entre Chamberlain, Mussolini, Daladier et Hitler manipulateur incomparable.

Hitler fera finalement son entrée triomphale et spectaculaire en Autriche malgré une panne de moteur qui le rendra fou de rage. Les Autrichiens sont médusés ! Et comme disent les Chinois « the rest is history ».

Prix Goncourt 2017. Membre : Floride Vuillard, Éric. L'Ordre du jour, Éditions Actes Sud, 2017, 150 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Place

Ernaux, Annie

La Place Ernaux

Wikipédia : « L’histoire commence par la mort du père, puis effectue un long retour en arrière sur sa vie. L'auteure, dès les premières pages, annonce son style littéraire : elle compte décrire la vie de son père le plus froidement possible, dans une écriture plate, sans émotion, telle qu'elle lui vient naturellement. Le livre entier est une mise en application de ce principe : le récit d'une vie simple, à l'aide d'un vocabulaire simple, dans des phrases dépouillées à l'extrême. »

En lisant ce roman, j'ai compris enfin pourquoi l'écriture de cette auteure m'agaçait tant. Elle écrit comme on écrirait notre journal personnel... et c'est probablement le cas. Elle écrit pour elle et non pour nous. Elle gratte ses bobos.

Membre : Rosemont Ernaux, Annie. La Place, Éditions Gallimard, 1983, 114 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Tresse

Colombani, Laetitia

La Tresse Colombani

J'avais très hâte de lire ce livre suggéré par Olivia de Lamberterie de Télématin. C'est l'histoire de trois femmes qui ne se rencontreront jamais, mais dont le destin sera relié par... les cheveux.

Chacune vit un combat à des milliers d'années-lumière l'une de l'autre. Elles sont combatives, déterminées, dignes et courageuses. Le titre est bien choisi, trois mèches de cheveux, trois femmes. Destins liés par les cheveux.

Je n'ai pas adoré La Tresse, quoique très touchant et bien écrit, j'ai trouvé le récit prévisible et j'ai un arrière goût de déjà-vu...

Membre : Floride Colombani, Laetitia. La Tresse, Éditions Grasset, 2017, 222 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Plongeur

Larue, Stéphane

Le Plongeur Larue

Je ne savais pas trop si j’avais envie de plonger dans ce livre ou non… Je n’aime pas les bouquins de plus de 250 pages, mais comme j’avais entendu beaucoup de bien de ce premier roman de Stéphane Larue, alors je me suis dit, pourquoi pas.

Le narrateur, qui étudiait au cégep du Vieux-Montréal en graphisme avant de tomber dans les excès de toutes sortes, nous raconte sa descente aux enfers et comment il a dû se refaire. Il se déniche un emploi de plongeur en plein cœur du Plateau, au restaurant La Trattoria, car il doit rembourser ses dettes, contractées à cause de sa dépendance au jeu et à l’alcool.

Plusieurs personnages gravitent autour du narrateur que nous apprendrons à mieux connaître au fur et à mesure que l’intrigue avance.

Malgré quelques petites longueurs, l’auteur sait garder son lecteur captif. J’ai été agréablement surprise par le style et le rythme du Plongeur. À lire !

Prix des libraires du Québec 2017. Membre : Montréal Larue, Stéphane. Le Plongeur, Éditions Le Quartanier, 2016, 569 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Poids de la neige

Guay-Poliquin, Christian

Le Poids de la neig

Dystopie molle. Thriller psychologique. Décor : un village de campagne enseveli sous la neige et une panne d'électricité généralisée. Comment survivre ? Deux individus que tout sépare vont devoir cohabiter dans la véranda d’une demeure abandonnée à quelques kilomètres dudit village.

L’un, un vieux qui aime les livres (ce n’est pas écrit, mais on reconnaît Cent ans de solitude, Vingt mille lieues sous les mers et la Bible…) débarqué dans ce village en attendant de rejoindre sa femme mourante à l’hôpital. Il lui a promis de revenir la voir bientôt. Sa raison de vivre.

L’autre, un jeune mécanicien prodigue revenu au pays pour rencontrer son père. Trop peu, trop tard, le paternel a cassé sa pipe. Manque de pot, il a un accident de voiture en abordant le village. Résultats : deux jambes fracturées que la vétérinaire et le pharmacien du village réussiront tant bien que mal à rabibocher.

Le vieux accepte de s’en occuper, de l’accueillir dans la véranda, de le soigner, de le nourrir, de lui faire la lecture, de jouer aux échecs dans la mesure où les gens du village lui apporteront de quoi subsister : du bois, de la bouffe et un peu d’espoir. Huis clos. Le vieux tente de percer les silences de l’amoché. Mais la neige continue à s’abattre de tout son poids sur le village et le toit de l’habitat.

Les habitants du village désertent. Les vivres, le bois, l’essence viennent à manquer. On en vient à brûler les livres pour chauffer la cambuse. Le toit de la véranda s’écroule. Les trahisons et les petites lâchetés foisonnent tant au village que dans l’abri des deux compères.

La rencontre de deux individus qui devront s’apprivoiser dans un temps de fin du monde. Deux êtres qui veulent s’en sortir pour aller de l'avant. Comment ? Ne comptez pas sur moi pour vous le raconter.

Membre : Rosemont Guay-Poliquin, Christian. Le Poids de la neige, Éditions La Peuplade, 2016, 312 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Les Cygnes de la Cinquième Avenue

Benjamin, Mélanie

Les Cygnes de la cinquieme avenue

Dans les années 50, Truman Capote rencontre Les Cygnes. Des femmes belles, mariées, très riches, icônes de la mode. Il noue une réelle amitié avec l’une d’entre elles, Babe Paley.

Truman Capote qui aime les ragots, les cancans, passe son temps sur les yachts, les soirées mondaines, les salons… à écouter ces femmes pour qui il est devenu un incontournable confident. Enfin, il accède à cette haute société qui le fascine tant. Toutes, sans exception, lui dévoilent leurs secrets, même les plus inavouables. Un jour, en manque d’inspiration, Truman Capote publie une nouvelle… qui aura des conséquences désastreuses.

J’ai beaucoup aimé Les Cygnes de la Cinquième Avenue. À travers ces pages, on a vraiment l'impression que le New York des années 50-70 prend vie sous nos yeux. C'est un roman fin, intelligent, dans lequel on plonge avec beaucoup de plaisir. C'est cruel et nostalgique à la fois, comme un somptueux collier de diamants bien trop lourd à porter. Titre original : The Swans of Fifth Avenue Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Benjamin, Mélanie. Les Cygnes de la Cinquième Avenue, Éditions Albin Michel, 2016, 2017, 422 pages.

Pour une nuit d'amour ; Suivi de L'Inondation

Zola, Émile

Pour une nuit d'amour

Deux nouvelles qui tiennent dans une centaine de pages, mais si bien écrites et d’une telle puissance dramatique que l’on se croirait au théâtre.

La première pourrait être le scénario d’un film d’Hitchcock. La deuxième est un drame qui malheureusement pourrait se répéter puisque c’est l’histoire d’une famille déchirée lorsqu’un fleuve sort de son lit.

À travers tout ça que de beaux portraits ! Un livre qui laisse une empreinte. Membre : N.L., Île-des-Soeurs Zola, Émile. Pour une nuit d'amour ; Suivi de L'Inondation, Éditions Gallimard, collection Folio, 1883, 1976, 112 pages.

Suisen

Shimazaki, Aki

Suisen

Écoutez le coup de cœur d’un membre du Club des Irrésistibles lu par Marie-Anne Poggi.

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Shimazaki, Aki. Suisen, Éditions Leméac, Actes Sud, 2016, 161 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

The Rain. 1

Bergin, Virginia

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La survie de l'humanité est menacée par une pluie mortelle. La moindre goutte d'eau provoque des saignements et ronge la peau. Ruby, 15 ans, se met en route pour retrouver son père. Un premier tome assez convaincant.

Ce qui est intéressant, c'est que l'héroïne est une adolescente lambda, plutôt dans le clan des filles populaires. Elle déteste son beau-père et Saskia, la nouvelle de sa classe, adore sa bande d'amis, aime Caspar le beau gosse, sa mère, son petit frère Henry et son père même s'il vit à Londres. L'arrivée de cette pluie mortelle va la faire basculer très vite dans le monde des adultes. Elle va devoir se familiariser avec la mort, la violence qu'entraîne le désespoir chez certaines personnes. Elle, qui jusque-là menait une existence plutôt insouciante, va devoir affronter la triste réalité, braver ses peurs et la pluie mais aussi ses préjugés. Un roman prenant, sans scènes d'actions spectaculaires, mais qui tient son lecteur en haleine malgré tout. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Bergin, Virginia. The Rain. 1, Éditions Bayard, 2017, 382 pages.

Une mère

Palomas, Alejandro

Une mere Palomas

J'aime bien aller fureter outre-mer, histoire de me dépayser un peu et cette fois, c'est en Espagne que je me suis retrouvée le temps d'un repas en famille.

Une mère nous plonge dans l'univers d'une femme qui s'est dévouée à son rôle d'épouse d'abord et de mère, rôle qu'elle occupe avec authenticité.

Après un divorce survenu alors que la soixantaine s'installait, elle aura appris à faire face aux épreuves de sa propre vie et de celle de ses enfants. À l'occasion d'une réception qu'elle offre pour le réveillon de la Saint-Sylvestre, les convives prennent place, les discussions s'animent, les échanges s'enveniment. Souvenirs et fantômes sont au rendez-vous pour notre plus grand plaisir. Les personnages sont attachants et l'écriture ne laisse jamais le drame envahir l'espace. On retombe sur ses pieds dans cette famille. Titre original : Una madre Membre : Blainville Palomas, Alejandro. Une mère, Éditions Le Cherche midi, 2014, 2017, 309 pages.
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