30/10

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

L’an dernier, Claude Jasmin nous a donné le premier volet d’une trilogie à saveur autobiographique. J’avais pris un vif plaisir à lire Anita, une fille numérotée dont j’avais dit grand bien dans mon Billet du 12 avril 2013. Alors inscrit à l’École du meuble, Claude Jasmin nous racontait sa rencontre avec Anita Geller, cette jeune juive polonaise qui habitait rue Clark avec son père. Coup de foudre !
Cette fois, l’auteur nous propose Élyse, la fille de sa mère (XZY, 2014), deuxième partie de ses amours d’adolescent dont l’action se déroule du mois de septembre 1948 à la fin de l’été 1949. L’auteur-narrateur fréquente, depuis un mois, la discrète et timide Élyse Désaulnier, orpheline de père, fille unique, étudiante à Villa-Maria, élevée seule par sa mère Armande. Cette dernière voit d’un très mauvais œil cette idylle. Claude ne vient pas du même milieu qu’eux, elle qui ne cesse de répéter qu’avant leur nom s’écrivait en deux mots : Des Aulniers et qu’ils ont, dans leur arbre généalogique, le seigneur de Sainte-Anne-de-Yamachiche.
Claude, âgé de 17 ans, qui fréquente le collège Grasset – il a d’énormes difficultés en mathématiques, alors qu’il est bon en dessin –, délaisse un peu ses amis depuis qu’il a rencontré cette jeune fille qui le chamboule.
Claude Jasmin nous parle du fameux tramway no 24 de la rue Saint-Denis qu’il prend pour aller rejoindre sa belle, rue Cherrier. Il trace aussi le portrait de ses parents, de ses cinq sœurs et frères, de son quartier, de ses amis, de ses sorties au cinéma et relate les étés passés à Pointe-Calumet où la famille a, depuis 1940, un chalet.
Le style est simple, un peu trop parfois, mais ce livre vaut le détour si l’on désire se retremper dans le Montréal des années 40.

Le samedi 1 novembre, à Radio VM (91,3 FM), dans le cadre de l’émission Entracte, je reçois Cheryl Sim, commissaire des expositions Surface Tension de Valérie Belin et The Enclave de Richard Mosse, présentées à DHC/ART jusqu’au 8 février 2015.

Première diffusion : le samedi de 12h30 à 13h, en reprise le jeudi suivant, de 17h à 17h30.

Je vous rappelle qu’il est aussi possible d’écouter Entracte en direct à partir du site web de Radio VM

Samedi dernier, je recevais Anne Grace, conservatrice de l’art moderne au MBAM et commissaire de l’exposition De Van Gogh à Kandinsky : l’expressionnisme en Allemagne et en France, 1900-1914, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 25 janvier 2015.

ENTRACTE M Poggi - 2014 10 25 Anne Grace

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,
Marie-Anne


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Au bonheur des ogres

Pennac, Daniel

Au Bonheur des Ogres Le titre de Pennac, Au bonheur des ogres, est un clin d'oeil à celui de Zola : Au Bonheur des Dames (1883). L'histoire se passe également dans un magasin à grande surface... mais là s'arrête toute comparaison. C'est drôle, c'est pétillant... à lire, quoi ! Résumé : « Dans la tribu des Malaussène, il y a quelque chose de curieux, de louche, d'anormal même diraient certains. Mais à y regarder de près c'est le bonheur qui règne dans cette famille joyeusement bordélique dont la mère sans cesse en cavale amoureuse a éparpillé les pères de ses enfants. Pour Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel et frère aîné responsable de cette marmaille, la vie n'est jamais ennuyeuse. Mais quand les bombes commencent à exploser partout où il passe, attirant les regards soupçonneux de la police et de ses collègues de travail, il devient rapidement vital pour le héros de trouver pourquoi, comment, et surtout qui pourrait bien lui en vouloir à ce point-là. » Membre : Villeray Pennac, Daniel. Au bonheur des ogres, Éditions Gallimard, 1985, 309 pages.

Au revoir là-haut

Lemaitre, Pierre

Au revoir là-haut Pierre Lemaitre a su mettre en mots de façon très éloquente ce que Daniel Costelle et Isabelle Clarke ont mis sur pellicule dans Apocalypse, la 1ère Guerre mondiale. Nul ne peut être fier des stratèges militaires de l’époque, attaquants et attaqués, qui ont confiné des millions d’hommes dans des tranchées du nord-est de la France pendant quatre ans, lesquels se sont vus dépérir au fil du temps jusqu’au niveau des rats d’égout. Rien de moins. Les séquelles physiques et psychologiques subies par ces combattants n’ont jamais été compensées à juste titre, peut-être même oubliées volontairement parce que coûteuses, par les responsables du conflit. Pierre Lemaitre raconte de façon magistrale le parcours de trois survivants de cet enfer aussi bien que l’aurait fait Émile Zola au sommet de son art. Ce récit dramatique est palpitant, dur, drôle, parfois éprouvant, mais combien enrichissant. Bravo à Pierre Lemaitre pour ce chef-d’œuvre littéraire. Membre : Pointe-Claire Lemaitre, Pierre. Au revoir là-haut, Éditions Albin Michel, 2013, 567 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Dora Bruder

Modiano, Patrick

Dora Bruder Si toute l'oeuvre de Modiano est de la même eau que ce Dora Bruder, on peut dire que cet auteur a pleinement mérité son Nobel de littérature. Un auteur qui se donne pour mission de protéger la mémoire du temps et qui y réussit avec simplicité et avec beaucoup d'émotion. C'est mon premier Modiano, mais sûrement pas mon dernier. Résumé : « Patrick Modiano, ayant retrouvé un avis de recherche dans un vieux numéro de Paris-Soir de 1941, décide d'enquêter sur la jeune Dora Bruder, née en 1926 à l'hôpital Rothschild dans le 12e arrondissement de Paris et domiciliée au 41, boulevard Ornano, qui a disparu à l'âge de 15 ans à la suite de fugues répétées puis d'arrestations par la police française. Cherchant à retracer le plus d'éléments possibles de la vie de cette jeune fille - à laquelle Modiano s'identifie de plus en plus intimement -, l'auteur analyse toutes les données retrouvées (souvent sous forme d'extraits de documents officiels de la période 1941-1942), entrecoupées de passages de sa propre existence et de celle de son père, mises en relation avec celle de Dora. » Membre : Villeray Modiano, Patrick. Dora Bruder, Éditions Gallimard, 1997, 147 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

En finir avec Eddy Bellegueule

Édouard, Louis

En finir avec Eddy Bellegueule Naître avec ce nom, vivre en Picardie fin des années 90, écrire à 20 ans la vie d’un adolescent aux allures « grande folle », voix haut perchée, bras en l’air (style je m’envole), ne pas aimer le football, la bière, le village, l’école surtout, les élèves qui le traitent de pédé, de tantouse et pire encore. Lui, il veut quitter le village qu’il trouve sale, retardé, ennuyeux, ses parents très primaires, l’ivrognerie, la pauvreté (manque de nourriture, il faut mendier). Bref, l’enfer ! Mais qu’il soit capable si jeune d’analyser les gens, ses parents, la vie avec cette lucidité, sans devenir amer et être aussi juste dans ses observations, avec toujours « je suis différent mais je m’en sortirai » et le faire, est tout à fait hors du commun ! Les parents devraient lire ce livre, ils apprendraient peut-être à faire le lien avec les générations qui sautent des étapes. Auteur à suivre, premier livre, mais très réussi. 2014-2015 sera peut-être l’année des jeunes génies… Membre : St-Léonard Louis, Édouard. En finir avec Eddy Bellegueule, Éditions du Seuil, 2014, 219 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Jardin secret, carnet de coloriage et chasse au trésor antistress

Basford, Johanna

Jardin secret... C'est l'été, les journées sont plus longues, prenez vos crayons de couleur, vos pastels et découvrez ce bel album de coloriage. Réveillez vos talents d'artiste ! Une multitude de détails : la nature, les fleurs, le jardin agrémentent ces belles planches. Membre : Médiathèques de Romans Basford, Johanna. Jardin secret, carnet de coloriage et chasse au trésor antistress, Éditions Marabout, 2013, 96 pages.

Joyland

King, Stephen

Joyland En 1973, Devin Jones, un étudiant, vient travailler dans un parc d’attraction de Caroline du Nord. Il y sera confronté à un vicieux tueur et à la mort d’un enfant. Ces deux éléments vont changer à jamais sa vie. Belle lecture d'été. Léger et sympathique. Ça se lit tout seul. Membre : Cercle littéraire Bridge-Québec King, Stephen. Joyland, Éditions Albin Michel, 2013, 2014, 323 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Juste une fois

Jardin, Alexandre

Juste une fois À l’instar de la vierge héroïne de Fifty Shades of Grey qui s’interrogeait pendant soixante pages sur la titillation de son bas-ventre à la vue de son beau monsieur Grey, nous avons ici une jeune femme, qui à l’aube de son mariage, ne se peut plus, pendant quelque deux cents pages, pour l’irrésistible mari de sa sœur aînée. Ce texte, écrit en québécois par Alexandre Jardin, sonne faux comme si notre Michel Tremblay national imitait Éric-Emmanuel Schmitt… et aussi faux que l’hydravion Beaver de la page couverture (et de l’histoire) lequel est en réalité un Cessna 185 sur flottes. S’abstenir. Membre : Pointe-Claire Jardin, Alexandre. Juste une fois, Éditions Grasset, 2014, 237 pages.

La Fête de l'insignifiance

Kundera, Milan

La Fete de l-insignifiance C'est grâce à ce livre que j'ai pu apprivoiser cet auteur qui est loin d'avoir la légèreté dont il fait souvent état. Une lecture beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît à première vue, parce que c'est toute une philosophie de la vie qui en soutient l'écriture. Inspiré par la philosophie de Schopenhauer et d'autres et mettant en scène des personnages de l'histoire de façon un peu provocante, mais très humoristique, c'est un livre qu'on pourrait lire plusieurs fois avant d'en extraire toute la substance. Insignifiance ? À première vue seulement. Membre : Île-des-Sœurs Kundera, Milan. La Fête de l'insignifiance, Éditions Gallimard, 2014, 142 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Pastorale américaine

Roth, Philip

La Pastorale americaine Un écrivain de 36 ans, Zuckerman, rencontre un copain d’enfance lors d'une soirée de retrouvailles : Seymour Levov, l'athlète exceptionnel de son lycée de Newark, surnommé le Suédois. On découvre avec l'écrivain cette idole des années de guerre, descendant d'émigrés juifs, devenu un Américain plus vrai que nature. L'histoire d'un homme qui semble au premier abord avoir réussi sa vie. Il a fait prospérer la manufacture familiale. Il a épousé la plus belle femme du New Jersey. L'histoire d'un homme amoureux, généreux, intelligent, d'une grande délicatesse envers sa femme qui élève sa fille avec amour. Mais qu'est-il arrivé ? Cette petite fille tant aimée devient rebelle, un monstre d'une tristesse morbide... J'ai lu ce livre d'un trait : une prose remarquable, lyrique, teintée de la dérision typique de l'auteur. On en sort essoufflé et, peut-être, un peu plus intelligent. Voici l'histoire américaine des années '60, ces années qui ont laissé de grandes cicatrices. Roth se confiant à un critique : « J'ai écrit ce roman pour les victimes que la guerre du Vietnam a faites à l'intérieur même de notre pays. » Je fréquente Philip Roth à travers ces livres depuis plusieurs années, mais je n'avais pas encore lu celui-ci qui a eu un énorme succès et qui est un des livres préférés de l'auteur. J'aimerais qu'il écrive encore pour mon plus grand bonheur ! Titre original : American Pastoral Membre : Île-des-Sœurs Roth, Philip. La Pastorale américaine, Éditions Gallimard, 1997, 1999, 580 pages.

L’Origine des espèces

Darwin, Charles

L-Origine des especes L’Origine des espèces (texte intégral de la première édition de 1859) est l’un de ces ouvrages qui ont contribué à ébranler le monde des idées reçues. Pendant le tour du monde qu’il fait sur le HMS Beagle de 1831 à 1836, Darwin développe un intérêt soutenu pour les sciences naturelles. Il fait ensuite lui-même de nombreuses expériences personnelles, fréquente des éleveurs et se documente abondamment. Dans L’Origine des espèces, il expose les motifs qui le poussent à croire que le créationnisme est une théorie qui ne tient pas la route et que les espèces vivant à son époque résultent plutôt d’une évolution graduelle. Il formule même l’hypothèse que toutes les espèces puissent descendre d’un ancêtre commun. Bien que ce livre soit plus que centenaire, il est d’une grande fraîcheur. Darwin y parle au « je », et expose ses hypothèses à partir d’une multitude d’exemples. Il ne se présente pas comme un scientifique en possession de la vérité : il confesse sans arrêt son ignorance et espère ne pas ébranler la foi de ses lecteurs. C’est un grand classique, tant par son contenu que par l’approche d’un savant qui s’adresse à l’intelligence de ses lecteurs. Membre : Lucienne Darwin, Charles. L’Origine des espèces, Éditions du Seuil, 1859, 2013, 517 pages.

Paris est une fête

Hemingway, Ernest

paris-est-une-fete Coup de coeur littéraire à Entracte émission animée par Marie-Anne Poggi sur les ondes de radio Ville-Marie. Hemingway, Ernest. Paris est une fête, Éditions Gallimard, 1964, 2011, 304 pages.

Irrésistibles - 2014 10 25.mp3

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Quand le requin dort

Agus, Milena

Quand le requin dort Ou comment ne pas se fier aux apparences d'une famille superficielle que rien n'atteint. La narratrice est la fille de la maison, elle décrit dans des chapitres courts et incisifs : le Dieu papa, la maman, la félicité, les amants de sa sœur, sa relation sado-maso avec son amoureux... C'est drôle, mais on sent que le tragique n'est pas loin. Une auteure à suivre. Titre original : Mentre dorme il pescecane Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Agus, Milena. Quand le requin dort, Éditions Liana Levi, 2005, 2010, 147 pages.

Remonter la Marne

Kauffmann, Jean-Paul

Remonter la Marne Après avoir traversé les îles de l'Antarctique, trouvé la clé du mystère de Napoléon à l'île Sainte-Hélène ou suivi les travaux dans La Maison du retour (2007) cette fois, remonter la Marne à pied avec Jean-Paul Kauffmann, depuis son confluent avec la Seine jusqu'à sa source, un affluent souvent très calme, est un grand plaisir. L’auteur sait partager son humeur de solitaire et ses bonheurs lors de rencontres inattendues. Un livre à savourer, comme un cigare ou un excellent bordeaux dont Jean-Paul Kauffmann est un connaisseur ! Membre : France Kauffmann, Jean-Paul. Remonter la Marne, Éditions Fayard, 2013, 261 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

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