30/07

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Je ne suis pas certaine que Les Quatre saisons de l’été (Jean-Claude Lattès, 2015), cinquième roman de Grégoire Delacourt, aura le même succès qu’On ne voyait que le bonheur (2014) et La Liste de mes envies (2012)… Quelques phrases à l’emporte-pièce et trop de bons sentiments m’ont un peu dérangée, mais comme lecture d’été, c’est parfait !
Ce qui est intéressant avec Les Quatre saisons de l’été, ce sont les points communs de chacune de ces histoires en quatre temps, à quatre voix et qui, pour certaines, se recouperont à un moment donné.
Premier constat : tous les chapitres portent des noms de fleurs – Pimprenelle, Eugénie Guinoisseau, Jacinthe et Rose.
Grégoire Delacourt aime faire référence à un auteur ; dans ce roman, il va plutôt du côté de la chanson, celle de Francis Cabrel, Hors saison qui a connu un gros succès à l’été 1999.
De plus, les quatre histoires ont comme point d’ancrage Le Touquet, anciennement Paris-Plage, où les protagonistes se retrouvent pour célébrer le dernier 14 Juillet du siècle. Certains y vivront leur premier baiser, d’autres tenteront de ressouder leur couple, etc. Mais il faudra attendre l’épilogue qui redonne la parole, dix ans plus tard, à chacun des personnages pour découvrir où ils en sont dans leur vie et quels liens on peut tisser entre quelques-unes des histoires.

Je vous souhaite une très belle fin de semaine et à vendredi prochain,
Marie-Anne


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Berezina

Tesson, Sylvain

berezina L’auteur a retracé et refait le chemin de la retraite de la Grande Armée de Napoléon exactement 200 ans plus tard en side-car russe, de marque Oural, avec trois copains français et deux amis russes. Sylvain et ses amis s'étaient bien préparés à cet exploit en lisant les mémoires des gens ayant participé à la campagne. Sylvain Tesson nous livre une foule de détails sur les plans des généraux russes, les idées de Napoléon, le quotidien de la guerre et de l'hiver en Russie qui était aussi désastreux pour les Français qu'il l’était pour les Allemands au XXe siècle. Dans le récit du quotidien de ce voyage, qui n'est pas passé inaperçu, on retrouve l’humour habituel de l’auteur. Sylvain Tesson est un homme qui porte plusieurs chapeaux : écrivain, aventurier, explorateur, défenseur de la cause tibétaine, stégophile. Il a dernièrement fait une chute de 10 mètres en escaladant le chalet d'un ami et a été dans le coma pendant 20 jours. En entrevue, il disait qu'il n'avait pas de séquelles graves : « Je n'ai pas récupéré grand-chose car, heureusement, le niveau était suffisamment bas pour être récupérable. » Membre : Westmount Tesson, Sylvain. Berezina, Éditions Guérin, 2015, 199 pages.

Et Nietzsche a pleuré

Yalom, Irvin D.

et nitezsche En 1882, à Vienne, le Dr Breuer, pionnier de l'exploration de l'inconscient, tente de sortir Friedrich Nietzsche de la dépression. En parfait déni, celui-ci refuse tout traitement, même celui pour guérir ses migraines. Feignant d’être malheureux, Breuer conclut un pacte : que Nietzsche le fasse sortir du désespoir à l’aide de ses pensées philosophiques alors que lui-même s’occuperait de le guérir de ses terribles migraines. Ce n’est qu’un stratagème de sa part pour amener Nietzsche à s’ouvrir et à fouiller son inconscient : la « cure par la parole » devrait éradiquer la racine psychotique de ses maux de tête et le guérir de ses tendances suicidaires. Surprise : dans le processus, il se découvre réellement malheureux, profondément insatisfait de sa vie, pourtant remplie de succès. Et finalement, le traitement psychanalytique s’applique autant à lui qu’à son patient. Surprise : dans le processus, il se découvre réellement malheureux, profondément insatisfait de sa vie, pourtant remplie de succès. Et finalement, le traitement psychanalytique s’applique autant à lui qu’à son patient. Le livre est un huis clos passionnant qui nous fait découvrir de façon très ludique les pensées philosophiques de Nietzsche ainsi que la théorie et l’application de la méthode psychanalytique « sur le divan » qui sera approfondie par Sigmund Freud, le protégé du Dr Breuer. Titre original : When Nietzsche Wept Membre : Ville Mont-Royal Yalom, Irvin D. Et Nietzsche a pleuré, Éditions Galaade, 1992, 2007, 504 pages. Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'Étranger

Camus, Albert

l'étranger camus J'avais lu ce chef-d’œuvre adolescent. Cinquante ans après, c'est toujours un chef-d’œuvre. Et tout au long de ma lecture, j'ai pensé à Simenon. C'est le genre d'histoire qu'il aurait pu écrire. Celle d'un homme ordinaire qui, de fil en aiguille, se retrouve dans un cul-de-sac. Il ne comprend pas que les gens ne le comprennent pas. À tel point qu'il fige. J'ai pensé aussi à Laurent Gaudé et à son roman Le Soleil des Scorta (2004). Camus aurait pu intituler le sien : « Le Soleil de Meursault ». Membre : Villeray Camus, Albert. L'Étranger, Éditions Gallimard, 1942, 171 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Dernier Lapon

Truc, Olivier

le dernier lapon En plein cœur de notre douloureux hiver de 2015, j’ai lu cet excellent livre, avec un certain sourire, parce que je constatais qu’il y en a qui vivent sous des températures encore plus extrêmes que les nôtres. Gagnant d’un prix du roman policier, ce livre, à mon humble avis, va beaucoup plus loin ; il nous fait connaître la société et la culture des Samis qui vivent en Laponie. Récit qui tourne autour des vautours de l’industrie minière et de l’avidité humaine. Membre : Cercle littéraire Bridge-Québec Truc, Olivier. Le Dernier Lapon, Éditions Métailié, 2012, 452 pages. Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Les Arpenteurs

Zupan, Kim

les arpenteurs Probablement mon coup de cœur de l'été. C'est un article du Devoir http://www.ledevoir.com/culture/livres/438219/polar-des-deux-cotes-de-la-mort qui m'a mis sur la piste de ce roman fort bien écrit. Résumé : « John Gload, 77 ans, attend son procès dans une prison du Montana. Val Millimaki, adjoint du shérif, travaille dans cet établissement et chaque nuit, le criminel lui révèle une partie de son passé. Une amitié troublante naît entre les deux hommes, sur fond de manipulation, de confessions et de non-dits. » John Gload, le personnage central de ce livre, aurait pu être le cousin germain d'Hannibal Lecter du fameux Silence des agneaux et ses échanges avec Val ressemblent à ceux qu'avait Lecter avec Clarice Starling, l'agente du FBI. Les descriptions, très précises et évocatrices, surtout celles de la nature environnante, prennent une place très importante dans le roman et souvent les propos des personnages portent à réfléchir : « La personne qu'on épouse s'avère toujours être quelqu'un d'autre, au bout d'un temps. Une personne qui finit par changer, devenir quelqu'un d'autre. Ni mieux ni pire. Juste différente. Vous mettez de l'orge dans un tonneau et six mois plus tard, ça devient du whisky. » Pas mal pour un premier roman ! Seul bémol : le titre un peu tiré par les cheveux. Titre original : The Ploughmen Membre : Villeray Zupan, Kim. Les Arpenteurs, Éditions Gallmeister, 2014, 2015, 273 pages.

Meursault, contre-enquête

Daoud, Kamel

Meursault, contre-enquête Dans Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud, un écrivain algérien, donne la réplique à L’Étranger (1942) d’Albert Camus. L’ouverture donne le ton, au lieu de : « Aujourd’hui, maman est morte. » (Camus), nous avons : « Aujourd’hui, M’ma est encore vivante. » M’ma, c’est la mère de l’Arabe sans nom tué par Meursault dans L’Étranger. Le narrateur est son frère cadet Haroun. L’Étranger est le soliloque de Meursault, Meursault, contre-enquête est le soliloque d’Haroun. Il en est le double arabe, solitaire, ne ressentant aucune appartenance à son peuple. Un étranger, lui aussi. Écriture sublime. À lire ! Je recommande de relire L’Étranger pour se retremper dans le bain. J’ai déniché un CD audio de L’Étranger lu par Albert Camus lui-même (avril 1954, pour la radio de l’ORTF – Office de Radiodiffusion-Télévision Française). On ne peut souhaiter mieux ! Membre : Ville Mont-Royal Daoud, Kamel. Meursault, contre-enquête, Éditions Actes Sud, 2013, 2014, 153 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

On ne voyait que le bonheur

Delacourt, Grégoire

on ne voyait que le bonheur Histoire d'un homme sans colonne vertébrale, sans envergure, infidèle à lui-même. Mais un jour, il commet l'irréparable et le roman prend une tournure inattendue : on se retrouve dans le journal intime de sa fille. Membre : Ville Mont-Royal Delacourt, Grégoire. On ne voyait que le bonheur, Éditions Jean-Claude Lattès, 2014, 364 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Sous le manteau du silence

Bergeron, Claire

sous le manteau du silence Une histoire qui se passe en Abitibi et se situe principalement en 1967. Mais le parcours de Rosalie nous amènera à revenir en arrière en 1941. Rosalie est une infirmière passionnée par son métier. Elle est jeune, généreuse et ne pense qu’à se consacrer aux autres. Le jour où on lui propose un poste dans un dispensaire très loin de sa famille, elle ne va pas hésiter une seconde. Elle sera accueillie dans une petite bourgade, en même temps qu’un nouveau curé. Tous deux semblaient très attendus par la population. Au fil du récit, on comprendra pourquoi Rosalie va fuir cette région sans un regard en arrière, abandonnant même sa vie amoureuse. Le hasard voudra que 25 ans plus tard elle retrouve, dans l’hôpital où elle exerce, l’homme qui a ruiné sa vie, ce fameux chanoine. Je ne dirais pas que ce roman est un « polar » ni un roman de « gare », mais à lire l’été sans se prendre la tête, c’est bien agréable. Surtout si, comme moi, vous ne connaissez pas du tout le Québec. Un livre à mettre entre toutes les mains, à condition, bien sûr, que l’on aime ce genre de romans. Moi, j’aime bien de temps en temps. Membre : France Bergeron, Claire. Sous le manteau du silence, Éditions JCL, 2011, 368 pages.

Un après-midi de septembre

Archambault, Gilles

un après-midi de septembre Ce tout petit livre est un récit. Le récit des relations d'un homme avec sa mère. Une écriture précise et des phrases courtes, pour décrire des sentiments que l'on a peut-être éprouvés, ou en tout cas, que l'on peut comprendre, parce qu'ils sont universels. Membre : Abonné de Guèvremont Archambault, Gilles. Un après-midi de septembre, Éditions du Boréal, 1993, 109 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Un candide en Terre sainte

Debray, Régis

un candide en terre sainte Il y a deux mille ans, Jésus pouvait circuler sans entraves dans ce qui est de nos jours Israël, la Palestine, le Liban, la Syrie et la Jordanie. Aujourd'hui, c'est le parcours du combattant pour passer de l'un à l'autre de ces pays, où chaque communauté se sent menacée. Haut fonctionnaire, intellectuel engagé, d'une immense érudition, cet auteur d'une cinquantaine d'ouvrages nous explique pourquoi dans ce livre issu d'une mission d'observation que lui avait confiée Jacques Chirac. Rivalités multi-séculaires entre les groupes religieux (Juifs, Musulmans et Chrétiens), à l'intérieur de ces groupes (chiites, sunnites ou druzes ; orthodoxes, latins ou coptes ; ashkénazes, séfarades) et interventions le plus souvent malheureuses des Occidentaux expliquent cette situation quasi inextricable. Pour réaliser sa mission, l'auteur a rencontré des dizaines de personnes de tous les groupes. Avec ouverture, mais sans complaisance pour les uns et les autres, il rappelle des faits souvent peu connus et en tire des conclusions d'une grande sagacité que les événements survenus depuis 2008 ont d'ailleurs confirmées. Un must pour comprendre le Moyen-Orient. Membre : Abonné de Guèvremont Debray, Régis. Un candide en Terre sainte, Éditions Gallimard, 2008, 454 pages.

Une vie entre deux océans

Stedman, Margot L.

une vie entre deux océans Le 16 décembre 1918, Tom Sherbourne devient officiellement gardien de phare. Après avoir combattu dans les tranchées, Tom veut changer de vie pour oublier l'horreur de la guerre. Quand il aperçoit le phare aux pierres blanches planté près de la falaise au point culminant de l'île de Janus, il éprouve pour la première fois un sentiment de calme intérieur. Sur le continent, il rencontre la belle Isabel et l'emmène vivre sur cette île. Ils coulent des jours heureux, mais il y a une légère ombre à ce tableau... Ils n'arrivent pas à avoir d'enfant. Jusqu'au jour où un dinghy vient s'échouer sur l'île ; à son bord, le cadavre d'un homme et un bébé – une petite fille. Isabel retrouve sa joie de vivre, grâce à la petite Lucy, et implore son mari de la garder. Des années passent. Un jour, Tom et Isabelle apprennent l'existence de la mère biologique de Lucy. Les mensonges et la culpabilité se réveillent. Tout ce petit monde vole en éclat. On est touché par cette histoire, on frissonne dans ce milieu hostile et fascinant de l'île. Titre original : The Light Between Oceans Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Stedman, Margot L. Une vie entre deux océans, Éditions Stock, 2012, 2013, 456 pages.
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