02/07

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Après Métamorphoses. Dans le secret de l’atelier de Rodin au MBA de Montréal et Inspiration Japon. Des impressionnistes aux modernes au MNBAQ, voici Flux, un autre incontournable de l’été, à voir au Musée d’art contemporain de Montréal (MACM). Cette exposition présente un bilan des quinze dernières années de la production artistique de David Altmejd.
Première collaboration entre le MACM et le Musée d’art moderne de la Ville de Paris, cette rétrospective, présentée jusqu’au 13 septembre 2015, est une réussite sur toute la ligne. Josée Bélisle, conservatrice de la Collection du Musée, en assure le commissariat de manière fort convaincante.
Né à Montréal en 1974, Altmejd vit et travaille à New York depuis plus d’une décennie. Il est entouré de collaborateurs, et pour cause : si vous avez déjà vu les matériaux naturels et synthétiques utilisés par l’artiste et surtout la dimension de certaines de ses œuvres, vous comprendrez qu’il est presque impossible pour Altmejd de s’isoler dans son atelier sans l’aide d’assistants.
J’ai été subjuguée, envoûtée, happée par ce qu’il y a à voir et admirative de ce quarantenaire talentueux. Se dégagent de certaines de ces 35 œuvres une énergie, une vitalité, une intelligence, une imagination et un humour assez rare. Plusieurs seront peut-être déstabilisés, déroutés, décontenancés mais, aussi, intrigués.
Altmejd a une réflexion et une vision qui nous interpellent. Comme le dit l’artiste : « Ce qui m’intéresse, c'est le mouvement, le cycle, le flux […] L'objet commence vraiment à exister quand il y a une certaine tension. » Et c’est exactement ce que j’ai ressenti lors de ma visite au MACM. J’ai souvent refait le tour d’une œuvre et à chaque fois, j’y découvrais des éléments nouveaux. C’est donc sans fin ! Il y a des jeux de miroir, des trompe-l’œil ; l’artiste s’amuse, nous aussi.
Après Montréal, le Musée national des beaux-arts du Québec aura le privilège d’accueillir, durant dix ans, l’œuvre maîtresse de cette exposition The Flux and The Puddle (2014), prêtée par Giverny Capital.
Souvent, l’art contemporain fait peur ; on a souvent l’impression de passer à côté de quelque chose, de ne pas comprendre ce que l’artiste a voulu dire. Pour une fois, faisons comme les enfants : soyons naïf, intuitif et irrationnel. Plaisir garanti !

Je vous souhaite une très belle fin de semaine et à vendredi prochain,
Marie-Anne


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Alex Colville

Colville, Alex

Alex Colville Belle exposition consacrée au peintre canadien Alex Colville (1920-2013), bien connu pour ses œuvres réalistes et la pureté de ses lignes. Colville attire bien des critiques, positives et négatives, mais il possédait un grand talent de dessinateur et un style bien à lui. L'exposition est une rétrospective de son œuvre, incluant certains tableaux du temps où il était étudiant, mais également des sérigraphies et des dessins ; elle est accompagnée de courtes vidéos avec sous-titres – certaines où nous pouvons le voir et l'entendre (en anglais). Un hommage à ce grand artiste (jusqu'au 7 septembre). À l'étage supérieur, il y a aussi quelques oeuvres et études de Mary Pratt, élève de Colville ; tableaux tout aussi réalistes (jusqu'au 4 janvier 2016). Nous pouvons en outre visiter une exposition de lithographies de Chagall, sur le thème Daphnis et Chloé, d'un tout autre genre, remplies de fantaisie et de couleurs (jusqu'au 13 septembre). L’exposition Alex Colville est organisée par le Musée des beaux-arts de l’Ontario, avec la collaboration du Musée des beaux-arts du Canada. Membre : Westmount Colville, Alex. Alex Colville, MBA du Canada.

Eldorado

Gaudé, Laurent

Eldorado Un commandant italien, Salvatore Piracci, parcourt les côtes italiennes afin d’intercepter les bateaux d’immigrants illégaux, immigrants qui, laissés à eux-mêmes, abandonnés par des trafiquants frauduleux, n’arrivent souvent pas à bon port. Ébranlé par ce qu’il voit, fatigué et désabusé, Piracci doit choisir un camp et chercher réponses à ses questionnements. Laurent Gaudé dépeint bien l’espoir et les difficultés de ces humains à la recherche d’une meilleure vie. Un beau roman d’actualité, dépeignant, sans verser dans le misérabilisme, une tragédie humaine dans cette époque où tant d’hommes sont prêts à tout pour découvrir l’eldorado. Membre : Westmount Gaudé, Laurent. Eldorado, Éditions Actes Sud, Leméac, 2006, 237 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Expiation

McEwan, Ian

expiation Un roman qui nous plonge d'abord dans l'Angleterre d'avant la Deuxième Guerre mondiale et nous met en présence d'une fillette, Briony, au seuil de la maturité, et dont l'imagination fertile et le comportement auront de graves conséquences sur la vie de certains des personnages. Nous sommes ensuite transportés en Europe durant la guerre, pour revenir en Angleterre retrouver Briony, maintenant jeune adulte fort consciente de ses gestes passés. Un roman captivant et bien écrit. Titre original : Atonement Membre : Westmount McEwan, Ian. Expiation, Éditions Gallimard, collection Du monde entier, 2003, 487 pages.

L'Attrape-cœurs

Salinger, Jerome David

L'Attrape-coeurs Un vieux classique, toujours aussi d'actualité, qui raconte les problèmes de non-communication d'un adolescent américain des années '50 issu de la bourgeoisie new-yorkaise. Un jeune qui cherche des raisons de vivre dans un monde corrompu. Titre original : The Catcher in the Rye Membre : Ville Mont-Royal Salinger, Jerome David. L'Attrape-cœurs, Éditions Robert Laffont, collection Pavillons, 1945, 1986, 237 pages.

L'Exception

Ólafsdóttir, Audur Ava

L'Exception L'auteure islandaise, mieux connue pour Rosa Candida (2007, 2010), nous offre ici un troisième roman écrit, encore une fois, avec une touche d'humour malgré le sérieux du sujet. Après le réveillon du Nouvel An, Flóki annonce à son épouse María qu'il la quitte pour aller vivre avec son collègue de travail, devenu son amant depuis quelque temps. Bouleversée, laissée avec ses jumeaux de deux ans et demi, c'est Perla, sa voisine, une psychothérapeute et écrivaine, qui lui apportera son support alors que María cherche à comprendre pourquoi sa vie bascule ainsi. L'auteure, au lieu de faire une version mélodramatique de cet épisode difficile de la vie de l'héroïne, le fait avec une approche simple, en chapitres brefs. Pour avoir lu ses trois romans, c'est une auteure que j'aime bien. Elle aborde des sujets délicats, avec finesse, sans tomber dans le pathos. Un beau livre pour l'été. Titre original : Undantekningin Membre : Westmount Ólafsdóttir, Audur Ava. L'Exception, Éditions Zulma, 2012, 2014, 337 pages.

Les Morsures de l'aube

Benacquista, Tonino

les morsures de l'aube Dans ce second roman de Benacquista, nous retrouvons Antoine qui était couchettiste dans La Maldonne des sleepings (1989), son premier roman. Cette fois-ci, notre héros est un pique-assiette, un parasite de très haute voltige. Rien ne lui résiste. Son copain Étienne et lui réussissent à se faire accepter dans tous les hauts-lieux de Paris, là où le champagne coule à flot et le caviar se déguste le p'tit doigt en l'air même s'il est avarié. Mais un bon soir, ils sont pris au piège. Un riche bonhomme les force à retrouver un individu qui fréquente justement ces milieux glauques, mais qui demeure insaisissable. Un roman léger, agréable et drôle qui nous fait découvrir la vie nocturne de la faune parisienne qui ne sait plus quoi faire de son argent ni de sa peau. Membre : Villeray Benacquista, Tonino. Les Morsures de l'aube, Éditions Rivages, collection Rivages noir, 1992, 216 pages.

Meursault, contre-enquête

Daoud, Kamel

Meurseault contre enquête Dans L'Étranger, paru en 1942, Albert Camus raconte le meurtre d'un Algérien anonyme, simplement nommé « l'Arabe », par un Français du nom de Meursault, ainsi que la condamnation à mort de ce dernier. Une sanction qui découle surtout de l'apparente insensibilité de Meursault lors de la mort récente de sa mère ; manière de rappeler que le meurtre d'un indigène importe peu, dans le contexte colonial de l'époque. 70 ans plus tard, Kamel Daoud reprend l'histoire, cette fois du point de vue d’Haroun, frère de « l'Arabe ». La recherche des circonstances du meurtre de son frère, dont le corps n'a jamais été retrouvé, a ruiné son existence. Mais en parallèle de ce destin funeste, se dévoile aussi une critique de la société algérienne contemporaine, qui n'a pas livré les promesses de la décolonisation. Le tout brillamment raconté, dans un style que n'aurait pas renié Camus, je crois. La lecture ou la relecture de L'Étranger me paraît d'ailleurs s'imposer avant celle de ce livre. Membre : Abonné de Guèvremont Daoud, Kamel. Meursault, contre-enquête, Éditions Actes Sud, 2013, 2014, 153 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Mirage

Kennedy, Douglas

Mirage C'est l'histoire d'un couple qui s'aime encore, mais la crise n’est pas loin. « Pourquoi pas un voyage au Maroc ? Changer d'air, prendre le temps de vivre, se redécouvrir, et faire enfin ce bébé qui leur manque tant. Sur place, la magie opère et le couple se remet à espérer. C'est alors qu'une nouvelle tombe, un secret révélé, si lourd, si explosif qu'il dévaste tout. Et Paul [le mari] disparaît. Folle de douleur, terrifiée à l'idée de perdre celui qu'elle ne peut s'empêcher d'aimer, Robyn [sa femme] va se lancer à sa recherche. Une quête qui la conduira au bout d'elle-même. » Découvrez Douglas Kennedy, cet écrivain américain né à New York en 1955, dont plusieurs des romans ont été portés à l’écran. Titre original : The Heat of Betrayal Membre : Ville Mont-Royal Kennedy, Douglas. Mirage, Éditions Belfond, 2015, 425 pages.

Toutes ces choses que l'on ne s'est pas dites

Levy, Marc

toutes ces choses que Julia doit se marier avec Adam. Son père meurt. La cérémonie est annulée et, le lendemain de l’enterrement, Julia reçoit chez elle une grande caisse contenant… son père ! C’est un robot ayant la même voix, les mêmes gestes, les mêmes habitudes, le même physique qu’Anthony, son père. Il demande à sa fille de passer six jours avec lui. Six jours pendant lesquels ils vont errer à la recherche l’un de l’autre, car elle déteste ce père qui ne s’est jamais intéressé à elle. Cependant il lui révèle que 20 ans auparavant il a caché la dernière lettre de Tomas, l’amour de jeunesse de Julia, parce qu’il ne voulait pas de ce garçon pour sa fille. Julia est partagée. Elle ne se sent pas le droit de plaquer Adam et pourtant elle retrouve la passion de son premier amour. Le robot était-il un robot ? Quels rapports peuvent entretenir parents et enfants ? Peut-on regretter des faits, des paroles dites à nos enfants et, inversement, dites à nos parents ? 425 pages d’une lecture aisée, très fluide, avec de beaux passages dans la correspondance entre Julia et Tomas. On attendait plus de profondeur sur les rapports parents/enfants. Mais le cœur, les sentiments, l’amour, domaines privilégiés de Marc Levy, compensent bien ce manque. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Levy, Marc. Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites, Éditions Robert Laffont, 2008, 425 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

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