26/05

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Plus de vingt ans séparent le roman Maman, last call écrit par l’auteure-journaliste Nathalie Petrowski d’Un été à No Damn Good (éditions du Boréal). Sincèrement, je ne m’attendais pas à grand-chose. Erreur ! Mea culpa ! J’ai pris grand plaisir à lire cet opus qui se passe à l’été 1971 dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce (NDG), plus précisément rue Marcil.
Il y a des étés plus marquants que d’autres. Pour Nora P., la narratrice, l’été sur lequel elle s’attarde est celui de ses 14 ans, qui fut riche en émotions de toutes sortes. Née en France, Nora P. y a vécu les cinq premières années de sa vie ; non pas auprès de ses parents, trop occupés à venir explorer le Canada en prévision de s’y installer, mais élevée par ses grands-parents. Puis, arrêt à Ottawa durant quelques années avant d’aboutir à Montréal.
Lorsque débute le récit, qui se lit rapidement et que l’on ne veut pas lâcher, Nora P., son petit frère et ses parents ont déménagé au Québec depuis un an. Son père travaille à l’Office national du film et sa mère est journaliste. Ils ne s’entendent plus très bien.
Nora P. fréquente la famille Chevrier, ses voisins d’en face. Élise est sa meilleure amie ; la sœur aînée de cette dernière, Marie-T. manifeste pour plusieurs causes dont celle du Front de libération des femmes (FLF) et Jeannot, leur frère, de qui Nora P. est secrètement amoureuse a, lui, plutôt « deux amours dans sa vie : la révolution et sa guitare ».
L’été de 1971 commence par l’annonce du décès de Jim Morrison, chanteur du groupe des Doors et surtout l’idole de notre narratrice, et se termine, comme il a commencé, par une autre mort tragique. Rien de triste ni de lourd, ne vous inquiétez pas. Bien au contraire ! Ce roman transpire l’insouciance et la fougue de l’adolescence, alors que l’on croit tout possible. Les sorties à la piscine Kensington succèdent aux soirées pyjamas, mais il y aura aussi la crise d’Octobre, le Front de libération du Québec (FLQ), l’assassinat du ministre Pierre Laporte…
Indéniablement, ce livre sera porté à l’écran ! Tous les ingrédients sont là pour intéresser les gens du milieu cinématographique. Personnellement, je verrais bien Un été à No Damn Good sur l’une de nos scènes montréalaises. À suivre ! En attendant, plongez dans ce roman, idéal pour l’été, de préférence au bord d’une piscine, allongé sur une chaise longue, un verre de rosé d’une main et le livre de l’autre. Vous m’en redonnerez des nouvelles !

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Cette semaine, écoutez mon coup de cœur pour l’exposition Pompeii, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 5 septembre.

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Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Ce qu'il reste de moi

Proulx, Monique

ce qui reste proulx

Écoutez le coup de cœur d’un membre du Club des Irrésistibles lu par Marie-Anne Poggi.

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Proulx, Monique. Ce qu'il reste de moi, Éditions du Boréal, 2015, 432 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'Éducation d'une fée

Cauwelaert, Didier van

leducation dune didier van cau Nicolas et Ingrid vivent heureux avec Raoul (le fils d’Ingrid) durant près de quatre ans. Un jour, Ingrid annonce à son mari qu’elle veut le quitter. Afin de surfer son angoisse, Nicolas s’achemine, tous les jours, au supermarché afin d’acheter des choses inutiles. Sécar, caissière irakienne, le fascine. Cette dernière incarnera la fée merveilleuse afin d’aider Raoul à refaire sa famille brisée. Ce roman est rempli de tendresse et de poésie, un véritable conte de fée moderne qui fait grand bien. Bonne lecture ! Abonnée : Germaine-Guèvremont Cauwelaert, Didier van. L'Éducation d'une fée, Éditions Albin Michel, 2000, 256 pages.

La Couleur des sentiments

Stockett, Kathryn

la couleur des stocket Un petit bijou qui relate la relation de domestiques noires avec leurs employeurs blancs dans le Sud des États-Unis durant les années 60. Les personnages, dont Aibileen, Minny et Miss Skeeter, sont très attachants. Malgré la tristesse qu’on éprouve face au racisme qui est au cœur de l’histoire, c’est une lecture drôle par moments et pleine d’espoir. Titre original : The Help Membre : Ste-Dorothée Stockett, Kathryn. La Couleur des sentiments, Éditions Actes Sud, 2009, 2010, 525 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La France en automobile

Wharton, Edith

la france Le plus plaisant des petits livres d’exploration touristique de la France. En 1906-1908, au tout début des voyages en auto, la riche et très cultivée écrivaine Edith Wharton décrit les paysages, atmosphères et visages des gens aperçus tout le long de la route. Avec surtout une attention particulière accordée aux anciennes petites villes et aux nombreuses cathédrales romanes et gothiques, qui sont savamment et amoureusement décrites. Petit livre précédé d’une préface récente de l’écrivain britannique Julian Barnes qui sait replacer dans son contexte cet écrit d’il y a cent ans, dont on ne peut imaginer pourquoi il a fallu attendre tout ce temps pour qu’il soit finalement traduit en français. Pour vous donner un peu de la saveur de ce livre, cet extrait : « Le monde sans doute se définira toujours en deux catégories d’esprits : ceux qui voient dans les expressions passées de la foi, religieuse, intellectuelle ou politique, uniquement les chaînes dont s’est débarrassé l’être humain dans sa longue et implacable lutte pour “plus de lumière” ; et ceux qui, tout en étant émus par l’idée de cette lutte, chérissent également toutes les manifestations de ces contraintes anciennes qui, somme toute, exprimaient tour à tour un même effort vers une vision plus claire… pour ces esprits-là, le surgissement du sentiment de respect est la signification suprême de ces puissants témoins de la vie médiévale : respect pour les forces lentes, persistantes, à longue portée, qui les a inspirés. » Titre original : A Motor-Flight Through France Membre : Jean-Marc Wharton, Edith. La France en automobile, Éditions Mercure de France, collection Bibliothèque étrangère, 1908, 2015, 169 pages.

Le Cœur régulier

Adam, Olivier

le coeur reg Olivier Adam est un écrivain sensible. C'est là un prolongement de son roman Des vents contraires (Prix RL Lire 2009), la douleur, la fuite, le deuil placés, cette fois, dans une géographie nouvelle, au cœur du Japon. C'est un auteur qui m'envoûte, c'est un écrivain de l'âme, des cœurs tourmentés. Il sait en rendre perceptibles les plus infimes mouvements et suit avec délicatesse le monologue intérieur sentimental de sa principale protagoniste. Avec le personnage principal, Sarah, nous cheminons au Japon, nous souffrons, réfléchissons, ressentons, nous abandonnons et comprenons finalement que rien n'est vraiment tel qu'il y paraît. Ce Cœur régulier est un très beau livre émouvant, profond, sans affectation ni facilité. Un récit profondément humain. Bonne lecture ! Présentement, vous pouvez voir l’adaptation du roman, film réalisé par Vanja D’Alcantara. Production franco-belge-canadienne avec, entre autres, Isabelle Carré, Jun Kunimura et Niels Schneider. Abonnée : Germaine-Guèvremont Adam, Olivier. Le Cœur régulier, Éditions de l’Olivier, 2010, 231 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Lagon Noir

Indridason, Arnaldur

le lagon arnaldur Cela fait deux ans que le jeune officier Erlendur est entré à la brigade criminelle. Il est sous les ordres de Marion Briem qui apprécie chez lui sa discrétion, sa ténacité, son empathie pour les victimes et leurs familles. Dans cette nouvelle enquête, Marion et Erlendur vont devoir élucider le meurtre d’un homme retrouvé mort dans un lagon situé près d’une usine. Il n’est pas mort noyé, mais l’état de son corps laisse à penser qu’il est tombé d’une hauteur phénoménale. La victime, Kristvin, est islandaise et travaillait pour l’armée américaine dans une des bases proches de la capitale. Pourquoi cet homme apparemment sans histoire a-t-il été tué ? Est-ce en relation avec son travail ou aux petits trafics qu’il faisait avec des soldats de la base ? Les deux policiers vont mener l’enquête avec l’aide non officielle de la police de l’armée. Très vite, ils vont trouver l’endroit d’où Kristvin a été tuée. Cet endroit abrite des avions très particuliers. Aurait-il découvert quelque chose de secret ? L’armée aurait-elle fait taire l’Islandais trop curieux ? Autant de questions auxquelles ils vont devoir répondre ; Erlendur, quant à lui, est obsédé par la disparition d’une jeune fille, 25 ans plus tôt, alors qu’elle partait à l’école. Il va reprendre l’enquête et tenter de savoir ce qui s’est passé. On a toujours autant de plaisir à lire un roman de l’auteur islandais, même si le personnage cabossé d’Erlendur nous manque un peu. On retrouve en tout cas son obsession pour les personnes disparues mystérieusement, mais ce roman est également l’occasion de revenir sur les tensions qui existent au sein de la société à propos de la présence américaine sur le territoire islandais. Titre original : Kamp Knox Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Indridason, Arnaldur. Le Lagon Noir, Éditions Métailié, 2014, 2016, 320 pages.

Mon nom est Rouge

Pamuk, Orhan

mon nom pamuk Un roman vivant et coloré qui nous plonge dans l'atmosphère du déclin de la peinture des enlumineurs ottomans sous l'influence des peintres européens, en particulier des portraitistes italiens, à la fin du XVIe siècle, alors que régnaient encore des règles de l'islam condamnant les portraits pour danger d'idolâtrie. « Si je cherche à me figurer une image qui ne soit pas l'illustration d'une histoire, elle sera finalement une sorte d'idole », dit un des personnages, « et qui finit toujours par inviter à l'adoration ». Un meurtre a été commis, mais ce n'est pas tant cette histoire qui est importante, que tout ce qui est écrit, avec beaucoup d'amour, sur la peinture des enlumineurs ottomans et sur la peinture tout court. Le rouge, c'est la couleur qui parle et se décrit avec passion. « Qu'est-ce qu'une couleur ? C'est le toucher de la pupille, la musique du sourd-muet et la parole des ténèbres. » Les peintres, eux, « à la place du bonheur dans la vie, mettent celui de la contemplation. » Et « la qualité d'un peintre se révèle à sa manière d'appréhender la cécité de la mémoire. » On sent la nostalgie de l'auteur pour un temps révolu où « la rose rouge de l'inspiration, née en Orient, a été transportée à Istanbul, s'est fanée au couchant de celle qui avait vu fleurir tant de peintres de miniatures. La peinture a été quittée comme une maison dont on passe une nuit la porte, sans se retourner, en la livrant aux ténèbres de la ville. » S'il y a quelques longueurs, des descriptions ou de petites histoires connexes, c'est au profit de l'atmosphère ; cela mériterait une deuxième lecture. De même que le récit nous convie à nous renseigner sur l'histoire de cette époque, par exemple celle de Nakkach Osman, peintre enlumineur de 1560 à 1592 à Istanbul et chef de l'atelier impérial. On peut trouver aussi sur internet des photos de belles enluminures. Une lecture que complète bien l’autobiographie Istanbul : souvenirs d'une ville (2003, 2007) du même auteur. Titre original : Benim adim kirmizi Membre : Île-des-Sœurs Pamuk, Orhan. Mon nom est Rouge, Éditions Gallimard, collection Du monde entier, 2001, 573 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Nuit Monstre

Swain, James

nuit swain Un ancien policier, devenu détective privé, enquête à la suite de l’enlèvement d’une coéquipière de l’équipe de basketball universitaire de sa fille. Cette histoire lui rappelle une vieille enquête non résolue d’un enlèvement d’une jeune fille, dont il avait été le principal enquêteur. James Swain manie bien la technique du « thriller ». Sans être un « page turner », selon l’expression consacrée, c’est un roman que l’on n’abandonne pas. Titre original : Night Monster Membre : Cercle littéraire Bridge-Québec Swain, James. Nuit Monstre, Éditions City, 2010, 2012, 368 pages.

Simenon : biographie

Assouline, Pierre

simen assoulin Que vous aimiez Simenon ou que vous ne l'ayez jamais lu, cette brique d'Assouline vaut le détour. Cette biographie traite de ses débuts en Belgique (1903-1922), le cœur de sa vie en France (1922-1945), son séjour en Amérique (1945-1955) et la fin de sa carrière en Suisse (1955-1989). Du début à la fin de sa vie, on peut dire qu'il fut tout un « as de pique ». Simenon a touché à tout : la littérature, le journalisme, le cinéma, le théâtre et... les femmes. Et c'est un homme qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. Sous une trentaine de pseudos, il a signé 175 romans ; sous son propre nom, près de 200 romans (dont 75 Maigret). Au-delà de ces chiffres époustouflants (il fut un temps où il écrivait un roman par mois !), l'important chez cet auteur est l'originalité de ses histoires. L'éditeur Arthème Fayard disait de ses livres : « Il n'y a ni histoire d'amour, ni personnages tout à fait bons, ni personnages tout à fait mauvais, ni jeunes premiers, ni héroïnes. Pas de personnages sympathiques et ça finit toujours mal... on ne se marie jamais... la plupart de vos drames sont sordides... Le héros est un simple fonctionnaire, ni beau, ni fort, ni exceptionnel... il est sans allure, sans panache. » Assouline poursuit : « Dans ses romans, Simenon recherche une certaine couleur de l'existence, l'ennui, le vague à l'âme des types qui en ont marre et qui se cherchent désespérément, la nuit, sous la pluie, dans les bistrots... » Passionnant, ce livre ! Membre : Saint-Jean-sur-Richelieu Assouline, Pierre. Simenon : biographie, Éditions Julliard, 1992, 785 pages.

Tout est possible mais rien n'est sûr

Gomez, Lucile

tout est possi BD Au départ, je ne m'attendais pas du tout à ce genre de récit. Je pensais, bêtement, il faut bien l'avouer, lire quelque chose de drôle et de léger, mais ce n'est pas le cas. Il y a de l'humour certes, mais aussi et surtout de la poésie, de la prise de conscience, des interrogations, de l'espoir, du désespoir... En fait, on suit le quotidien d'une jeune diplômée qui rame pour trouver du travail en rapport avec son diplôme et qui est contrainte de faire des petits boulots alimentaires, des rêves plein la tête, le cœur amoureux. Des projets de liberté pour tous, l'écologie, le partage, l'avenir sont autant de sujets au cœur des préoccupations de Vétille, notre héroïne, et sans doute aussi de nombreux jeunes alors que débute leur vie d'adulte. J'ai adoré vraiment cette BD ; je vous la recommande sans modération. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Gomez, Lucile. Tout est possible mais rien n'est sûr, Éditions Delcourt, collection Mirages, 2015, 187 pages.

Zanaka

Jain

zana cd « My soul is in Africa with you boy » (mon âme est en Afrique avec toi), telle est l’une des phrases qui revient régulièrement dans Come, le titre phare et tube multidiffusé sur les ondes, qui ouvre l’album de Jain. On veut bien la croire à l’écoute des rythmiques des différents morceaux qui suivent. L’inspiration de la jeune Toulousaine qui chante en anglais semble également puiser du côté de la Jamaïque. On comprend mieux les raisons de cet éclectisme, quand on étudie un parcours qui l’a menée depuis sa plus tendre enfance sur les pas professionnels de son père. Notamment en Afrique (Congo), mais également au Moyen-Orient (Dubaï et Abu Dhabi). Une variété d’influences qui fait sa richesse artistique ! Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Jain. Zanaka, CD, 2015.
pas touche!!!