16/01

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Jamais je n’aurais cru que vous alliez répondre en si grand nombre à ma petite « enquête » sur vos cinq coups de coeur littéraires de 2019. Une petite idée du nombre de suggestions reçues ? 160 ! Oui, oui, vous avez bien lu.

Parmi tous ces choix, des plus variés, si vous saviez tout ce qu’il me reste à découvrir ? Il me faudrait prendre au moins une année sabbatique.

Allez, on se donne déjà rendez-vous l’an prochain pour le même exercice. Prenez des notes au fil de vos lectures !

Après compilation, voici les livres qui ont été le plus souvent mentionnés (par ordre décroissant) :

Le Lambeau de Philippe Lançon (Gallimard, 2018)

Les Gratitudes de Delphine de Vigan (Jean-Claude Lattès, 2019)

Toute la lumière que nous ne pouvons voir d’Anthony Doerr (Albin Michel, 2014, 2015)

Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie (Stock, 2018)

Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois (de l’Olivier, 2019)

Les Déferlantes de Claudie Gallay (du Rouergue, 2008)

À la ligne : feuillets d'usine de Joseph Ponthus (La Table Ronde, 2019)

Les Délices de Tokyo de Durian Sukegawa (Albin Michel, 2016)

Hôtel Lonely Hearts d’Heather O’Neill (Alto, 2017, 2018)

Également plusieurs Aki Shimazaki et Didier van Cauwelaert… mais jamais les mêmes titres.


Le lundi 20 janvier, à Radio VM (91,3 FM), de 17 h 45 à 18 h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec le metteur en scène Denis Bernard, qui nous parlera de la pièce Les Filles et les Garçons de Dennis Kelly, présentée à La Licorne jusqu’au 22 février 2020.

Lundi dernier, je recevais Laura Vigo, conservatrice de l'art asiatique et de l'archéologie au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) et commissaire, pour sa présentation montréalaise, de l’exposition Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés, présentée jusqu’au 2 février 2020.



Les Irrésistibles de Marie-Anne ont aussi leur page Facebook. Venez voir !

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Alabama Song

Leroy, Gilles

Alabama Song

J’ai lu ce roman d’une traite. Contrairement à plusieurs opinions, je n'ai que de l'admiration pour l'auteur « qui s'est glissé dans la peau de Zelda [Fitzgerald], au plus près de ses joies et de ses peines. Pour peindre avec une sensibilité rare le destin de celle qui, cannibalisée par son mari écrivain, dut lutter corps et âme pour exister », comme le précise la quatrième de couverture.

J'ai été touchée par cette forme d'écriture, et malgré le fait que Gilles Leroy soit un homme, je trouve qu’il a su si bien, et avec beaucoup de respect, se mettre à la place de Zelda qui a vécu à une époque où les femmes avaient encore peu de droits et de reconnaissance.

C'est en quelque sorte une forme d'autobiographie ou le roman qu'elle n'a pas pu écrire ; j'en conclus une forme de réhabilitation légitime pour Zelda.

Prix Goncourt 2007. Membre : Île-des-Sœurs Leroy, Gilles. Alabama Song, Éditions Mercure de France, 2007, 189 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Du bon usage des étoiles

Fortier, Dominique

Du bon usage des etoiles

Magnifique illustration de couverture de Pascale Bonenfant. Livre « fictif » avec beaucoup de données historiques sur la traversée de John Franklin pour conquérir le passage du Nord-Ouest dans l’Arctique.

C’est une bonne histoire et un vrai roman d’aventures qui combine le journal intime, de la poésie, des extraits savants de science et de botanique...

Cela nous familiarise avec l’époque victorienne. Le personnage de Lady Franklin est avant-gardiste. On s’attache à Francis Crozier, le commandant du Terror, personnage le plus sensé, digne, sensible, introverti et humble.

Membre : Johanne de Rosemont Fortier, Dominique. Du bon usage des étoiles, Éditions Alto, 2008, 344 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Epiphania. 3

Debeurme, Ludovic

Epiphania BD tome 3

Voilà le troisième et dernier tome de cette trilogie qui est pour moi incontournable. Une nouvelle fois j'ai été subjuguée par le dessin, l'histoire et les inventions de l'auteur.

Je vais être honnête, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris et finalement ce n'est pas grave, car les émotions, l'imaginaire et la réflexion générés par ce dernier tome (mais la série en général) m'ont complètement bouleversée.

Ma lecture terminée, mon esprit est encore hanté par certains passages et je sais déjà que cette série restera dans mon top 10 des meilleures BD jamais lues.

À nouveau c'est un coup de coeur. Une jolie performance de Ludovic Debeurme d'arriver à maintenir autant de qualité tout au long de ses trois tomes. Bravo !

Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Debeurme, Ludovic. Epiphania. 3, Éditions Casterman, 2019, 136 pages.

La Femme de personne

Desbiens, Anne-Marie

La Femme de personne

L’auteure nous relate habilement l’histoire des femmes du Québec à l’époque de la Grande Noirceur. Elle brosse un tableau juste et intéressant.

L’héroïne mène un combat afin que les femmes soient reconnues dans la société. Beaucoup de chemin a été parcouru depuis 60 ans… les Québécoises reviennent de loin. Il est souhaitable de recommander, en 2020, la lecture de ce livre historique aux jeunes. Bonne lecture ! Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Desbiens, Anne-Marie. La Femme de personne, Éditions Guy Saint-Jean, 2019, 344 pages.

La Mémoire dans les poches. 1, 2 et 3

Brunschwig, Luc

La Memoire dans les poches, tome 1

Qui est ce vieil homme qui se réfugie dans un bar un bébé dans les bras ? Cette question que tout le monde se pose oblige Sidoine à nous raconter son histoire.

Une vie en apparence ordinaire, mais qui se dévoile peu à peu : celle de sa femme, Rosalie, de son fils, Laurent, et ce qui a conduit à faire exploser leur équilibre familial. Puis l'arrivée d'une jeune fille en situation irrégulière qui, bien malgré elle, va faire éclater la cellule familiale... Je ne saurai trop vous en dire sur l’intrigue, car elle est finalement assez complexe, et d’autant plus belle quand on la découvre sans a priori. Alors vous qui aurez la chance de lire les trois tomes d’un coup, allez-y, n’hésitez pas. Un véritable polar familial, mené avec suspense et beaucoup de finesse. Dessin et couleur d'Étienne Le Roux. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Brunschwig, Luc. La Mémoire dans les poches. 1, 2 et 3, Éditions Futuropolis, 2006 (77 pages), 2009 (70 pages) et 2017 (77 pages).

Le Dynamiteur

Mankell, Henning

Le Dynamiteur Mankell

J’ai retrouvé Mankell avec grand bonheur. Je m’ennuie de cet auteur, de ses valeurs, de la dignité humaine qu’il accorde à tous les êtres, de la solidarité qu’il ne veut pas voir disparaître, de sa mélancolie.

Philippe Lançon, auteur du Lambeau (Gallimard, 2018) lui a rendu hommage très justement en disant qu’il était un homme engagé. « Écrire lui a donné les formes par lesquelles, en divertissant ses lecteurs, il rappelait les valeurs qui lui étaient chères et les angoisses qui le constituaient. Il aimait la solidarité et il avait peur du temps : voir l’une disparaître l’indignait, perdre l’autre le terrifiait. Son œuvre est celle d’un Alceste humaniste ou, si l’on préfère, d’un révolté pascalien. » Dans Le Dynamiteur, Mankell rend hommage à une vie simple d’homme juste, humble, qui poursuit une vie aimante malgré l’adversité. L’auteur nous appelle à être de meilleurs êtres humains. Titre original : Bergsprängaren Membre : Johanne de Rosemont Mankell, Henning. Le Dynamiteur, Éditions du Seuil, 1973, 2018, 213 pages.

Le Modèle

Christensen, Lars Saabye

Le Modele

C’est la première fois que je lisais cet auteur norvégien né en 1953 – très polyvalent d’après ce qu’en dit la jaquette du livre. J’ai été happée par son roman.

On apprend que le personnage principal, Peter Wihl, un peintre de renom, va perdre la vue. Un point de départ un peu mélodramatique, convenons-en, mais le traitement qui est fait de la suite des choses ne l’est nullement. Christensen nous plonge dans un univers familial très attachant ; on se sent dans un film de Bergman dans lequel Mankell viendrait introduire un filon social troublant : un camarade d’école, maintenant un ophtalmologiste un peu louche, apparaît tout à coup, ce qui déplacera l’intrigue pendant quelques pages en Estonie où des enfants pauvres ont besoin de chaleur et de lumière. Le rapport du peintre à son travail est magnifiquement exploité ici. Le poète qui est aussi l’auteur, arrive à mettre en mots le processus particulier qui conduit des formes, des couleurs et des pulsions intimes à l’œuvre peinte. L’intrigue n’est pas sans égratigner au passage certaines dimensions superficielles du commerce de l’art. La mise en scène d’une pièce d’Ibsen, à laquelle collabore en tant que scénographe, Helen, la femme du peintre, donne lieu à une description amusée des travers et des traditions du milieu théâtral. On remarquera aussi, dans ce roman, une construction souvent en double : un événement se présente comme le parallèle ou l’inversion d’un autre. Seule faiblesse, à mon avis, le dénouement… Titre original : Modellen Membre : L. de LaSalle Christensen, Lars Saabye. Le Modèle, Éditions Jean-Claude Lattès, 2005, 2007, 355 pages.

Mes sœurs et moi

Lennox, Judith

Mes soeurs et moi

Quatre sœurs, quatre destins. Proches dans leur jeunesse, élevées par une mère quasi absente, car de santé précaire, et un père distant. À la veille de la Première Guerre mondiale, que deviendront Marianne, Iris, Eva et Clémence ?

L'époque est peu aisée pour les femmes et leur autonomie, elles devront se battre pour la conquérir. Les péripéties sont au programme, un roman historique qui se lit aisément. Titre original : All my Sisters Membre : Laval-Vimont Lennox, Judith. Mes sœurs et moi, Éditions L’Archipel, 2005, 2013, 519 pages.

Où on va, papa ?

Fournier, Jean-Louis

Ou on va pap grand format

Un coup de cœur… suffocant. Une finesse, une simplicité. Il nous fait rire et on relit aisément certains passages pour mieux s’en imprégner.

Jean-Louis Fournier a une excellente façon de nous faire réfléchir sans s’apitoyer et rester avec un goût de… c’est cela que j’ai aimé chez cet auteur. Il en rajoute pour nous faire voir que ce n’est pas facile. J’ai fermé le bouquin en me disant : voici un beau récit à lire et à relire.

Membre : Pointe-Claire Fournier, Jean-Louis. Où on va, papa ?, Éditions Stock, 2008, 156 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Une vérité à deux visages

Connelly, Michael

Une verite a deux visage grand format

Quel plaisir, par des soirs d’hiver, de se retrouver avec Harry Bosch, l’inspecteur chouchou de Michael Connelly.

Cet enquêteur à la retraite, qu’il n’arrive jamais à prendre, se retrouve avec deux dossiers importants, dont « l’un met sa réputation en jeu alors que l’autre menace carrément sa vie ».

Un roman aux nombreuses intrigues superposées, mêlant infiltration, disparition et manipulation.

L’auteur est comme un bon vin, plus il vieillit meilleur il est. Bonne lecture !

Titre original : Two Kinds of Truth Abonnée : bibliothèque Germaine-Guèvremont Connelly, Michael. Une vérité à deux visages, Éditions Calmann-Lévy, 2017, 2019, 432 pages.
pas touche!!!