18/09

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

J’aurais aimé vous dire que je n’ai pas aimé Et au pire, on se mariera de Sophie Bienvenu, publié aux éditions La Mèche en 2011. Pourquoi en parler, me direz-vous ? Parce que c’est un livre coup de poing, dérangeant, cru, vrai, senti, sans fioriture.
Aïcha, 13 ans, ment tout le temps. Elle fabule, elle s’invente des scénarios, à défaut de vivre sa vie. Elle est tombée amoureuse de Baz, qui a le double de son âge. Aïcha s’accroche à lui comme à une bouée de sauvetage. Elle n’a pas vraiment les mots pour le dire, mais elle y arrive d’une autre manière. Aïcha en veut au monde entier, surtout à sa mère, mais au fond, ne désire-t-elle pas qu’une seule chose : qu’on lui porte attention ?
Dans un lieu qui n’est pas défini, Aïcha parle durant quatre-cinq heures à une interlocutrice qui ne pose aucune question, qui ne prend jamais la parole. Qui est-elle ? Une travailleuse sociale ? Une psy ? Une policière ? À vous de décider.
On sent, tout au long de ces 152 pages, poindre le drame. Il arrivera, mais pas nécessairement là où on l’attendait.
Le Théâtre Prospero en propose, du 26 septembre au 11 octobre 2014, l’adaptation théâtrale mettant en scène la comédienne Kim Despatis, qui interprète le rôle d’Aïcha, cette écorchée vive du quartier Centre-Sud de Montréal. J’ai déjà mon billet. Je risque de ne pas en sortir indemne, comme après la lecture de ce roman qui m’habite encore.

Je reprends également l’animation d’Entracte à Radio VM (nouvelle appellation pour Radio Ville-Marie) à partir de ce samedi. C’est donc un rendez-vous hebdomadaire avec des artisans du milieu artistique.

Le samedi 20 septembre, à Radio VM (91,3 FM), dans le cadre de l’émission Entracte, je reçois la metteure en scène Luce Pelletier qui vient nous parler de la pièce Le Vertige, d’après la première partie du journal d’Evguénia S. Guinzbourg, présentée à l’Espace Go jusqu’au 4 octobre 2014.

Première diffusion : le samedi de 12h30 à 13h, en reprise le jeudi suivant, de 17h à 17h30.

Je vous rappelle qu’il est aussi possible d’écouter l’émission en direct à partir du site web de Radio VM.

Vous pouvez également réécouter en tout temps l’émission Entracte en vous rendant à mon Billet de la semaine sur le site web des Irrésistibles.

Samedi dernier, je recevais la chargée de projet Élisabeth Monast Moreau venue nous parler de l’exposition Vies de Plateau, présentée au Musée Pointe-à-Callière jusqu’au 4 janvier 2015.

ENTRACTE Poggi 2014 09 13 Élisabeth Monast Moreau

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne



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Endiablade

Boulgakov, Mikhaïl

Endiablade Un jour, dans l’Union soviétique des années 20, un modeste chef de bureau nommé Korotkov est, du jour au lendemain, renvoyé. « Révolté par cette injustice, il découvre qu’il vit dans un monde peuplé de cauchemars dont seule la folie lui permettra de s’échapper. » Un conte satirique et diabolique, sur la bureaucratie communiste. Membre : Ville Mont-Royal Boulgakov, Mikhaïl. Endiablade, Éditions Gallimard, collection Folio, 1924, 2004, 111 pages.

Je suis là

Eddie, Christine

Je suis la Je suis là. Vous l'avez lu ? Vous avez vu le compte-rendu qu'en a fait Marie-Anne Poggi dans son Billet de la semaine de la fin août ? Que rajouter ? Il faut lire. En prime, malgré un sujet grave, Christine Eddie manie avec humour et d'une main de maître l'art du zeugme : « Avec ses quatre-vingt-douze ans, son excellente santé et son fauteuil roulant, Arthur a toutes les chances de remporter le titre de doyen à vie de notre immeuble. » « Mon père manie le marteau, la scie et la grandeur d'âme avec la dextérité d'un artiste. » « Avant de devenir une ville de six milles habitants l'hiver et de trente-mille adeptes de la crème solaire en juillet et août, Shédiac a été une plaque tournante du transport tous azimuts. » « - Écoute, Angèle. S'il n'en avait tenu qu'à moi, Évangeline et Gabriel n'auraient jamais été déportés. Ils auraient vécu heureux avec une demi-douzaine d'enfants, des légumes à faire pousser dans leur jardin et quelques chicanes de couple comme tout le monde. » Membre : Rosemont Eddie, Christine. Je suis là, Éditions Alto, 2014, 151 pages.

La Ballade d'Ali Baba

Mavrikakis, Catherine

La Ballade Ali Baba Allez, ne boudez pas votre plaisir, jetez-vous sur le dernier récit de Mavrikakis. Un court texte, 206 pages, mais une fulgurante et dense traversée du temps : de 1939 à 2013. Pour parcourir la planète à la rencontre d’un père longtemps absent. Un père à la limite de l’abject, mais qu’on se surprend à aimer tellement sa façon de croquer dans la vie est lumineuse. Pensée pour le Requiem de Tabucchi pour le rapport à la nourriture et à l’au-delà. Ici s’arrête la comparaison avec Tabucchi. Le père ne connaît pas la nostalgie, le saudade. Il détruit tout sur son passage, s’imprégnant du présent et regardant toujours droit devant. Un ouragan ! Le récit d’une réconciliation. « Tu seras éternel. Tu seras dans tous les récits. Tu seras lové au coeur de tous les possibles. Tu ne seras plus rien. » Membre : Rosemont Mavrikakis, Catherine. La Ballade d'Ali Baba, Éditions Héliotrope, 2014, 206 pages.

La Formule de Dieu

Santos, José Rodrigues dos

La formule de Dieu Cet auteur portugais a écrit un suspens construit autour de nombreuses questions existentielles : la mort, l’amour et l’existence de Dieu. Le premier ministre d’Israël rencontre, aux États-Unis, Albert Einstein. Il croit que ce dernier connaît le secret de la bombe atomique. Einstein a écrit un manuscrit inédit : « La Formule de Dieu ». Tomas Noronha, cryptologue, rencontre à un congrès une Iranienne, Ariana. Elle l’invite dans son pays afin qu’il déchiffre le texte. Tomas devient alors un agent double de la CIA. Ce roman est envoûtant tant sur le plan scientifique que politique et religieux. À lire ! Titre original : Fórmula de Deus Membre : Germaine-Guèvremont Santos, José Rodrigues dos. La Formule de Dieu, Éditions Pocket, 2006, 2012, 516 pages.

Le Legs d'Adam

Rosenfeld, Astrid

Le Legs D-Adam En 2004 à Berlin, Edward Cohen, le propriétaire d'une boutique de mode branchée, découvre des notes laissées par son grand-oncle Adam. Ce dernier a 18 ans, en 1938, quand il rencontre la jeune fille de ses rêves. Mais elle disparaît alors que la famille d'Adam s'apprête à quitter l'Allemagne pour se refugier en Angleterre et Adam décide d'aller à sa recherche au lieu de suivre ses parents. Avec, en toile de fond, la montée du nazisme et la Deuxième Guerre mondiale, ce roman sur l'amitié et la famille, décrit les liens qui unissent les personnes ainsi que les énormes sacrifices causés par l'amour. Roman touchant, parfois poétique, parfois drôle, qui se divise en deux parties, plutôt inégales, mais qui se complètent et se reflètent, nouant des liens entre les générations. Dans la première partie, pleine de magie et de légèreté, Edward Cohen se penche sur son enfance entre une mère aimante et un beau-père fantasque et roublard. Il évoque également son grand-père qui soulignait sans cesse sa ressemblance avec Adam, son grand-oncle disparu. Son récit s’arrête à la mort de sa grand-mère. La deuxième partie qui constitue le fondement du livre, dépeint avec réalisme la vie quotidienne dans le ghetto de Varsovie et les conditions d'existence des populations asservies. Titre original : Adams erbe Membre : Lachine Rosenfeld, Astrid. Le Legs d'Adam, Éditions Gallimard, 2011, 2014, 367 pages.

Le Vase d'or

Hoffmann, Ernest Theodor Amadeus

Le Vase d-or Anselme, un jeune étudiant, se promène un jour le long d’une rivière et entend soudainement un tintement de clochettes. Lorsqu’il regarde dans les yeux splendides au bleu profond d’un serpent, il se sent métamorphosé. Cette rencontre étrange bouleverse le cours de sa vie… Un conte moderne, fantastique, onirique, romantique et merveilleux. Membre : Ville Mont-Royal Hoffmann, Ernest Theodor Amadeus. Le Vase d'or, Éditions Gallimard, 1814, 129 pages.

L’année où Marilyn fit scandale

Vézina, Richard

L-annee ou Marilyn fit scandale Histoire passionnante, qui tient en haleine et retarde notre heure de souper et de sommeil. Dur et délicat à la fois, le roman rend à merveille l’ambiance sociale de l’époque, les années 50, qui annonce tous les bouleversements que connaîtra le Québec. Bonne lecture ! Membre : Montréal Vézina, Richard. L’année où Marilyn fit scandale, Éditions Sémaphore, 2014, 145 pages.

Métis Beach

Bourbonnais, Claudine

Metis Beach C’était en 1955 lorsque mon père m’amena à Métis Beach pour la première fois. C’était mettre le pied dans le jardin des merveilles. Issu d’un petit village de Gaspésie, être confronté à cette beauté et à cette richesse était pour le moins impressionnant. On ne pouvait pas faire autrement qu’être ébloui par ces haies de vingt pieds de hauteur parfaitement taillées, ces maisons énormes et belles, ces gazons parfaitement manucurés et toutes ces fleurs… On ne voyait jamais personne, possiblement que nous étions hors-saison ! Métis Beach était en quelque sorte un monde hermétique, inaccessible pour le commun des mortels. Grâce à Claudine Bourbonnais, nous avons un accès privilégié, par l’intermédiaire de son personnage Romain Carrier, à cette communauté fortunée, à son quotidien, à ses joies et à ses peines. J’ai bien aimé le récit de Claudine Bourbonnais, mais j’aurais aimé que l’action se limite à Métis-sur-mer, peut-être le fera-t-elle dans un avenir rapproché… Pour qui n’a jamais visité ce coin de pays, ça vaut le détour. Il faut remercier les Elsie Reford de cette époque qui ont su mettre en valeur ce que la nature a de mieux à offrir sur les berges du Saint-Laurent. Membre : Pointe-Claire Bourbonnais, Claudine. Métis Beach, Éditions du Boréal, 2014, 449 pages.

Thérèse Raquin

Zola, Émile

Therese Raquin Malgré une histoire tout à fait lugubre, j'ai trouvé cette lecture extraordinaire à plusieurs égards. Un des premiers romans de Zola, publié en 1867. Il signerait sa découverte du « réalisme » et l'importance qu'accorde l'auteur à l'hérédité et au milieu dans le façonnement des individus, des personnages. Dans la préface de la deuxième édition, Émile Zola dit : « J'ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères... des personnages dominés par leurs nerfs et leur sang. L'âme est parfaitement absente... mon but a été un but scientifique avant tout... le travail analytique que les chirurgiens font sur des cadavres. » On pourrait dire aussi travail psychanalytique puisque Freud lui même a reconnu en Zola un « parfait connaisseur de l'âme humaine » et certains de ses livres ont été pour Freud une source d'inspiration. Dans le roman, le personnage de Laurent est en proie à des états de déraison... à cause de La femme... objet de tous les désirs et de toutes les haines, dit-on. La description et l'analyse de ses états d'âme est remarquable. Il a aussi été dit que c'est en écrivant ses romans qu'Émile Zola a pu apaiser ses propres démons intérieurs. J'ajouterais que si Freud et Zola étaient, hélas, d'accord sur leur vue pessimiste de la nature humaine, ils en ont tous deux parlé avec tant d'intelligence que les lire « rend moins niaiseux ». Membre : Île-des-Sœurs Zola, Émile. Thérèse Raquin, Éditions Le Livre de poche, 1867, 1986, 284 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Tsukushi

Shimazaki, Aki

Tsukushi Yûko est mariée à l’héritier d’une immense fortune. Alors qu’elle prépare l’anniversaire de sa fille unique, elle découvre, dans le tiroir de la table de chevet de son mari, une boîte d’allumettes sur laquelle sont dessinées deux fleurs : des tsukushi. Découverte à priori anodine, mais qui va entraîner des questionnements, d’autant que sa voisine semble savoir des choses qu’elle-même ignore. Yûko va devoir faire face à des secrets qui vont bouleverser son existence. Tsukushi est le quatrième volet de la série que propose l’auteure montréalaise d’origine japonaise. Membre : Médiathèques de Romans Shimazaki, Aki. Tsukushi, Éditions Leméac, Actes Sud, 2012, 137 pages.

Vivre est facile avec les yeux fermés

Trueba, David

Vivre-est-facile-avec-les-yeux-fermes Du bon bonbon, pour l’âme et les yeux que vous garderez ouverts, souvent rieurs, parfois humides. Un film qui fait du bien. Nous sommes en 1966. Antonio est professeur d’anglais, sympathique, un peu naïf, un bon nounours attachant, qui rêve de rencontrer son idole John Lennon, justement en tournage dans son Espagne du Sud, un peu oubliée par l’évolution. Il ne recule devant rien dans sa poursuite du rêve et rencontre, en route, deux belles « jeunesses » : l’un qui se sauve d’un père policier un peu trop autoritaire et l’autre, enceinte, qui fuit le foyer pour jeunes filles où sa famille l’a envoyée cacher sa situation. Les images sont belles, les dialogues savoureux. Si vous comprenez l’espagnol, vous apprécierez encore davantage, mais les sous-titres sont efficaces. On regarde davantage qu’on écoute. Un bon cinéma est universel, de toute façon ! Titre original : Vivir es fácil, con los ojos cerrados Membre : Verdun Trueba, David. Vivre est facile avec les yeux fermés, film espagnol, 2013, 2014.
pas touche!!!