27/01

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

J’espère que vous allez bien… Comment vous remercier de toutes ces belles suggestions ? Bienvenue également aux nouveaux membres.

Ce samedi 28 janvier, à radio Ville-Marie (91,3 FM), de 12 h 30 à 13 h et, en reprise, le vendredi 3 février, de 11 h 30 à 12 h, je reçois le comédien Roger La Rue qui vient nous parler de la pièce de Georges Feydeau, Le Dindon, présentée au TNM jusqu’au 11 février 2012 - des supplémentaires sont déjà annoncées.

Je vous souhaite une très belle fin de semaine et à vendredi prochain,

Marie-Anne

121 curriculum vitae pour un tombeau

Lamalattie, Pierre

Ici, il ne s’agit pas d’un tombeau dans le sens habituel, mais plutôt dans le sens monumental de l’oeuvre. L’auteur est artiste peintre et travaille en même temps pour l’ISV à l’orientation de jeune en les conseillant sur leur CV, ce qui lui fait rencontrer beaucoup de personnes. C’est un livre original, plein d’idées pour la peinture, pour l’observation des autres, car là, justement, est sa singularité : il observe les autres (à travers lui-même, bien sûr). Il observe aussi la société dans laquelle nous vivons et se permet des jugements pertinents et des références culturelles. Il y a aussi en arrière-plan sa relation avec sa mère et aussi celle avec Claire. L’auteur ne se ménage pas par rapport aux femmes. L’auteur construit son oeuvre en même temps que nous pour en arriver à l’exposition.

Beloved

Morrison, Toni

Toni Morrison m’a bouleversée, tant par la justesse de ses propos que par la complexité de ce roman. C’est une réflexion sur les affres de l’esclavage, ce passé moins glorieux de l’Amérique, qui, érigé en système économique, est tellement présent et puissant, qu’il en devient presque un personnage. Elle nous fait pénétrer dans un monde sombre où les propriétaires terriens ont un droit de vie ou de mort sur leurs esclaves, eux qui ne sont qu’un « bien » parmi tant d’autres, toujours sur le point d’être cédés ou vendus. La famille ne peut tout simplement pas exister dans des conditions semblables ! Les vies amoureuses y sont déchirées ; les enfants n’ont pas de parents, et les parents pleurent les enfants qui leur ont été enlevés. Les Noirs étouffent leurs rêves, refoulent leurs émotions, endurent l’impensable et même, une fois libérés, n’arrivent pas à se défaire de leurs chaînes. Ce tableau est peint avec tant de finesse, de mystère et de génie que nous réussissons à saisir, ou plutôt, à ressentir le déchirement, le désarroi, le déracinement, sans compter l’angoisse perpétuelle de tous les protagonistes. À lire !

Burqa de chair

Arcan, Nelly

J'ai fait connaissance avec l'univers honteux de Nelly Arcan avec ce recueil de nouvelles. Un sentiment si profondément ancré depuis la petite enfance ; ça dévore, ça épuise, ça consume l'être de l'intérieur. La honte implique tant de petits sous-entendus : - la culpabilité à l'égard de sa propre image - le regard réducteur de l'autre - le jugement d'une collectivité, d'une société qui se dit pourtant libre et qui n'hésitera pourtant pas à sonner le glas. Femme fragile, femme de chair, femme de mots, maux de femme, mal-être de femme ; belle et obsédée - sans espoir, vivement la nuit noire, noire, noire.

Les saisons de la solitude

Boyden, Joseph

Livre bouleversant par sa cruauté et sa beauté aussi. L’histoire se déroule à Moosonee, une réserve indienne aux confins de la Baie James. Will, un ancien trappeur Cree, est dans le coma et sa nièce, Annie, le veille. Tous deux racontent et c’est un long cheminement à travers les espaces sauvages et aussi l’espace des grandes villes. Beaucoup d’alcool, mais aussi des façons de poser les pièges pour les castors, comment tuer et dépecer un orignal. Nous sommes dans la nature, la vraie, faite de violence et de surprises. Ce livre, c’est aussi l’autre violence implacable et redoutable entre les hommes, mais il y a de la poésie et la beauté du décor grandiose. Annie cherche sa soeur Suzanne qui a disparu, et, à travers son périple, tout l’univers de la mode, de la drogue et des dealers est survolé. Pas de tendresse pour la pauvre indienne Cree dans ce monde de Blancs. Ce livre m’a bouleversée par sa profondeur, sa détresse, mais aussi par sa force de vie jusqu’au bout des limites humaines. Le personnage de Silence (Gordon) est très fort, mais le livre en lui-même l’est aussi en entier. Titre original : Through Black Spruce

Parapluies

Eddie, Christine

Quelques moments de la vie de femmes de générations différentes, dont le destin se croise. Humour, finesse et espoir sont au rendez-vous. Très, très agréable à lire.

Parfois je ris tout seul : chroniques

Dubois, Jean-Paul

J'ai adoré ce Dubois. 140 pages composées de 122 chapitres, de 122 histoires qui m'ont fait rire tout seul parfois, sourire souvent, réfléchir presque à tout coup. Comme celle-ci intitulée « Mèche » : « C'était sans doute à cause de la mèche et de la moustache. En tout cas, mes copains y me disaient toujours : « Tu ressembles à Hitler. » Hier, j'en ai eu marre. J'ai rasé la moustache et coupé la mèche. Quand je suis arrivé au café, mes potes y se sont arrêtés de boire, comme si c'était un étranger qui rentrait. Puis j'ai entendu une voix qui a dit : « Tiens, Hitler est allé chez le coiffeur. » Résumé : « Un électricien victime de fous rires intempestifs perd son travail. Une femme renonce à son fantasme d'amant viril et charbonneux de peur de salir son tailleur beige. Un écrivain brise en mille morceaux, à la fin de chaque livre, le siège sur lequel il l'a écrit... Entre Desproges et Beckett, des instantanés insolites, féroces et extrêmement drôles des petits dérapages de la vie quotidienne. »

Quelque chose en lui de Bartleby

Delerm, Philippe

quelque-choseImaginez un personnage solitaire, un tantinet ataraxique, en retrait de la fulgurance de la vie moderne. Un vrai héros fuyant la vitesse, l'empressement, l'ivresse, les désirs à jamais impossibles à combler. Chaussez-le de bons baskets, faites-le circuler dans Paris - promeneur solitaire à la Rousseau - notant sa vie sans désirs, sans attentes. Il vivra au présent, sans souvenirs, mais doté d'une mémoire sans failles. Se contentant d'effleurer la surface des choses : déambuler dans Paris, s'arrêter dans les cafés, pique-niquer, rêver, lire... Imaginez le même personnage - tout à coup tenté par la modernité informatique - décidant de publier ses pensées sur un blogue : inaction.com (le site en question est pure fiction). Un blogue qui finira par être assailli par une horde de lecteurs en quête d'un peu de paix. Devinez ce qu'il fera de cette soudaine notoriété ? Ce personnage aura un peu en lui du personnage de Melville : Bartleby. Tout est là dans ce court récit de Philippe Delerm. Délicieux. Merci à la membre de Germaine-Guèvremont pour cette suggestion de lecture parue ici sur le Club des Irrésistibles. On pourra aussi lire la version numérique de Bartleby (c'est vraiment génial) sur le site web des Bibliothèques de Montréal. C'est gratuit, suffit d'être abonné.
2 avril 2010 J'ai passé un bon moment en compagnie d'Arnold Spitzweg, un salarié d'origine alsacienne, tranquille, travaillant et vivant à Paris. Un jour, par défi, il va se mettre à écrire un blog vantant sa vie tranquille et lente. Livre agréable à lire; on s’y promène avec le héros.

Rosa Candida

Ólafsdóttir, Audur Ava

Livre surprenant parce qu'il est différent et d'une jeune auteure, que moi, j'ai aimé lire. J'y ai trouvé une histoire somme toute assez originale, tout en étant près de la vie ordinaire et parcourue de réflexions intéressantes, en particulier sur la différence des générations, la différence entre les hommes et les femmes et les liens familiaux. Discours tout en douceur qui change agréablement des gros drames insolubles.
20 janv 2012 Je ne qualifierais pas ce livre d'irrésistible, même si je suis sensible au fait qu'il puisse plaire par l'aura de bonheur et de bonté qui s'en dégage. Je dois vous avouer qu'il a failli me tomber des mains tant le texte charrie son lot de bons sentiments et de personnages improbables, idéalisés ou simplement sublimés. Des exemples : une jeune fille de neuf mois qui comprend la profonde différence entre le bien et le mal à la vue des images saintes exposées dans une église, qui s'extasie devant le retable de l'enfant Jésus (lequel enfant Jésus lui ressemble comme une goutte d'eau bénite), qui soigne miraculeusement par sa seule présence l'arthrite et l’eczéma, etc. Des personnages sans aspérités, sans véritables démons intérieurs. Ils sont tous bons : le père, la mère, le bon moine cinéphile, la mère de l'enfant, les voisines. Ils sont aussi tous un peu parfaits. Le protagoniste principal - l'homme idéal - qui apprend avec une facilité déconcertante tous les gestes de l'homme en voie d'émancipation : cuisiner, récurer, lessiver, câliner, refouler ses vilaines pulsions sexuelles, et j'en passe. Des personnages qui sont un peu des faire-valoir du personnage principal, de son destin, de son initiation à la vie de père. L'oeuvre est traversée par un lyrisme à la limite du kitsch et une symbolique mystique bâtie autour des figures séculaires de la Rose et de la Croix. C'est écrit simplement, trop.
6 janv 2012 Je remercie la membre d'Outremont pour ses commentaires en réplique aux miens sur ce roman. Vous avez tout vrai, cette histoire est belle du début jusqu'à la fin, presque trop parfaite... oserais-je dire « à l'eau de rose » et ça dégouline de partout... C'est en effet très reposant. Mon bémol en était un sur le style d'écriture qui ne m'a pas impressionnée, et je me demandais quelle importance accordions-nous à la façon d'écrire, au vocabulaire, à la langue, au style littéraire. Voilà !
Histoire douce, simple et remplie d'amour, d'une famille et, en particulier, d'un des fils, un jeune homme de 22 ans. Dès le début du livre, nous apprenons qu'il a un enfant « fruit d'un instant d'imprudence ». Il choisit d'exercer le métier d'horticulteur, contre le gré de son père. Métier qu'il exercera à plusieurs milliers de kilomètres de sa ville natale, où se passera la plus grande partie de l'histoire. Cependant, l'auteure nous laisse imaginer et elle tait l'ensemble des noms des lieux où se déroulera l'action. J'ai été vivement impressionnée par ce récit. Tout m'est apparu léger, tant dans la mort que dans la naissance. Le narrateur décrit avec précision ses questionnements, sentiments, malaises et émotions. Les mots semblent couler de source et l'excellent rythme, maintenu jusqu'à la fin, donne envie de se rendre rapidement à la dernière page. Membre d'Outremont
30 déc 2011 Je viens de lire l'opinion d'un membre de Pointe-Claire sur ce roman, qui me donne envie d'avancer une autre lecture. J’ai trouvé très rafraîchissante cette lecture en cette période de Noël. Je pense que l'on peut y voir le parcours initiatique d'un jeune homme candide vers la quête du grand Amour Inconditionnel. Il s'en va vers un lieu non nommé, escarpé, vers un monastère très particulier pour y faire renaître un jardin que de vieux moines ont abandonné, dont ils ont même un peu peur. Il emporte avec mille soins, trois (chiffre d’or) boutures de roses, trésor transmis par sa mère - son amour humain. Il est le seul jeune dans ce village qui l'observe, avec pour seul contact, un moine qui vit avec des films - le contact avec la vie -. Il travaille vaillamment la terre, mais aussi sur lui-même avec beaucoup de questions. L'entrée de son enfant dans sa vie est comme - le don du talisman - elle rayonne et guérit - elle va lui donner la piste vers le trésor à atteindre. L'arrivée de la mère de l'enfant est le signal - âme, corps et esprit ne font qu'un - et il faut se mettre à nu... ce qu'il fait au propre et au figuré ! La dernière scène est magnifique : il tient sa fille devant le vitrail et voit sa rose à huit pétales dans la lumière du vitrail : c'est la Rose Mystique. Dans notre monde en remous et en transition, les candides sont nos utopistes... ils sèment des roses pour le futur ! Une auteure très originale par son style, mais surtout sa démarche de lecture à plusieurs niveaux... dans la grande tradition enseignante des contes !
23 déc 2011 Je ne sais pas si mes espoirs étaient exagérés après avoir lu les comptes rendus dithyrambiques des Irrésistibles... Eh bien, j'ai été déçue ! L'histoire est jolie et touchante puisqu'il s'agit d'un jeune de 22 ans qui découvre la paternité, s'émeut devant l'enfant qu'il a fait par hasard, et de surcroît, s'éprend de la mère avec qui il veut vivre le reste de sa vie. Je pense que nos coeurs de mères ont été touchés et cette histoire « idéale » nous fait rêver. Mais je me demande : quelle valeur accordons-nous au style dans nos évaluations ? La majorité des lecteurs des Irrésistibles sont, je crois, des lectrices. Aussi, j'aimerais bien que quelques mâles s'adonnent à la lecture de ce « beau » roman et nous livrent leur opinion. Je serais curieuse d'entendre leurs commentaires.
18 nov 2011 Un grand merci à toutes les personnes qui nous ont suggéré de lire ce roman. Livre plein d’amour, de tendresse. Se lit doucement.
4 nov 2011 Je suis d’accord avec tous les autres commentaires précédents. Un jeune homme part pour réaliser son rêve de reconstruire un jardin de roses médiéval en laissant derrière lui son frère jumeau autiste sous la supervision de son vieux père octogénaire, ainsi que sa petite fille Flora Sol de huit mois qu’il a eue à la suite d’une rencontre d’un soir. Un beau petit roman rempli d’amour et de tendresse, exprimés par des petits gestes anodins soulignant l’attachement des uns envers les autres. Des petits détails qui nous font sourire. Un beau coup de cœur !
21 oct 2011 Livre déjà mentionné dans des chroniques précédentes. C’est une histoire remplie de tendresse et de candeur qui se lit d’un trait. Un petit bijou qui fait du bien ! Prix des Libraires 2011.
14 oct 2011 Un roman de style « road movie » initiatique pour un jeune homme qui quitte son Islande natale, son père octogénaire et son frère jumeau autiste pour sauver une roseraie légendaire, propriété d'un monastère situé quelque part en Europe. Il partage la passion des roses avec sa mère adorée morte dans un accident d'auto. Il retrouvera son amie Anna et leur fille née après une brève rencontre dans la roseraie. Le monastère est dirigé par un moine cinéphile qui deviendra son conseiller, choisissant tel ou tel film pour répondre à ses questions existentielles. Très joli roman sur un jeune homme candide, on dirait ici « rose » dont on ne peut s'empêcher d'aimer la sensibilité et d'admirer les talents de père et d'amoureux.
23 sept 2011 Histoire d'un jeune homme, Arnijotur, (Ah ! ces noms islandais), passionné d'horticulture, qui quitte l'Islande pour se rendre à un monastère dont le jardin, jadis célèbre, a été laissé à l'abandon et qu'il s'engage à restaurer. Il rencontrera le responsable, Frère Thomas, moine cinéphile qui deviendra son ami. Des imprévus l'attendent. Dans ce livre, les relations humaines sont harmonieuses et pleines de tendresse : comme les relations avec son père et celles avec sa fille de trois ans, Flora Sol, qu'il initie à l'émerveillement et à la beauté. Un roman tendre, rafraîchissant et lumineux. Un coup de coeur. Ce livre s'est mérité le prix des Libraires en 2011.
20 mai 2011 Grâce au lien qui le rattache à sa mère, le jeune Arnljotur est particulièrement intéressé par la culture des roses, une variété spéciale à huit pétales. Arnljotur quitte très jeune la maison familiale et, sans le savoir, un insolite voyage initiatique l’attend. Avant son départ, le temps d’une très brève rencontre avec Anna fera qu’Arnljotur deviendra père d’une petite fille, un bébé accidentel qui changera sa vie alors qu’il devenait le jardinier d’un lointain monastère. Dépaysement garanti au lecteur, belle écriture, livre intéressant.
18 fév 2011 Il est difficile de résumer ce si beau livre d'une auteure islandaise. Les réflexions qu'elle nous impose sont à la fois d'une légèreté et d'une grande profondeur. Le personnage principal y choisira sa voie en toute liberté. Ce livre respire l'amour, la tendresse et le bonheur de vivre. À lire absolument !

Tous les matins je me lève

Dubois, Jean-Paul

Au risque de me répéter, cet auteur me rend de bonne humeur et contribue grandement à me faire passer l'hiver sans trop de dommages. Ce petit bijou de roman aurait facilement pu s'intituler « Les angoisses quotidiennes d'un romancier ». Car pour dire toute la vérité, le titre de ce livre est trompeur, car le héros ne se lève jamais avant midi puisqu'il ne se couche rarement avant le milieu de la nuit. La nuit, il écrit. Le reste du temps, il ne fait rien : il se préoccupe de sa femme et de ses enfants. Il les aime. « Quand je commençais une histoire, c'était toujours à partir d'une phrase qui me passait par la tête une phrase de rien du tout [...]. J'ai pensé que, si les gens savaient comment je travaillais, ils n'achèteraient pas mes livres. Quand je finissais une page, je n'avais pas la moindre idée de ce que j'allais raconter sur la suivante [...]. Les mots, les mots seuls me tiraient ligne après ligne, c'étaient eux qui faisaient tout le travail. »

Un été sans les hommes

Hustvedt, Siri

Trois âges de la vie se rencontrent, des dames âgées habitant en résidence dans une petite ville du Minnesota et qui ont formé un club de lecture ; Mia, notre personnage principal, fille de l'une des dames âgée, poète habitant New York, vient de se faire quitter par son mari et sort d'une institution psychiatrique suite à une profonde dépression. Elle décide de passer l'été dans sa ville natale où résident sa mère et un groupe de sept jeunes filles qui suivent l'atelier de Mia, la poète qui essaie de se reconstruire. Ce livre est délicieux, suave comme de la poésie et écrit comme un long poème épique. Le portrait des quelques hommes évoqués n'est pas flatteur, mais, finalement, aux travers des épreuves de ces femmes de tout âge, elles ont besoin de l'autre sexe. Titre original : The Summer Without Men

Une gourmandise

Barbery, Muriel

De la même auteure que L'élégance du hérisson, cette fois-ci, il s'agit d'une histoire de bouffe, mais aussi de fin de vie. Personnes au régime s'abstenir. Résumé : « C’est le plus grand critique culinaire du monde, le Pape de la gastronomie, le Messie des agapes somptueuses. Demain, il va mourir. Il le sait et il n’en a cure : aux portes de la mort, il est en quête d’une saveur qui lui trotte dans le coeur, une saveur d’enfance ou d’adolescence, un mets originel et merveilleux dont il pressent qu’il vaut bien plus que tous ses festins de gourmet accompli. Alors il se souvient. Silencieusement, parfois frénétiquement, il vogue au gré des méandres de sa mémoire gustative, il plonge dans les cocottes de son enfance, il en arpente les plages et les potagers, entre campagne et parfums, odeurs et saveurs, fragrances, fumets, gibiers, viandes, poissons et premiers alcools… Il se souvient - et il ne trouve pas. Pas encore. »
pas touche!!!