17/04

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

La Petite Licorne présente jusqu’au 2 mai 2014 la pièce Scratch de Charlotte Corbeil-Coleman, dans une mise en scène et une traduction très inspirées de Sébastien David. La pièce commence ainsi : « Ma mère est en train de mourir… Pis j’ai des poux. » Celle qui vient de lancer cette phrase c’est Anna (Émilie Cormier). Elle a 15 ans. Elle vit dans le déni. Elle habite chez ses parents bohèmes : son père (Henri Chassé) joue dans un band et sa mère (Monique Spaziani, très touchante), fait de la peinture et du collage. L’école a demandé qu’Anna suive une thérapie. Sa meilleure amie (Marie-Ève Milot, encore une fois étonnante de justesse) aide Anna comme elle le peut. Et que dire de Micheline Bernard, dans le rôle de la tante d’Anna, la sœur de sa mère ? Son réconfort, à elle, ce sont les papiers-mouchoirs. On passe du rire, à la réflexion, à la tristesse, à la compassion et j’en passe. Une belle découverte, une auteure à suivre ! Ah oui, j’allais oublier : je vous mets au défi de ne pas vous gratter la tête au moins une fois durant l’heure quarante que dure cette production du Théâtre La Bataille. Sébastien David, est un nom à retenir. Sa pièce, Les Morb(y)des et son interprétation dans Ce samedi il pleuvait d’Annick Lefebvre m’habitent toujours. Ce garçon a un talent fou !

Le mardi 1er avril dernier j’ai été invitée à participer à l’émission Montréalité à MAtv pour y parler, durant cinq minutes, du Club des Irrésistibles. Quelqu’un a trouvé le lien sur le Web et me l’a fait parvenir. Si cela vous intéresse d’en savoir un peu plus sur le Club, vous pouvez visionner cette entrevue : matv.ca/montreal/mes-emissions/montrealite/videos/3404551015001

Le samedi 19 avril, à Radio Ville-Marie (91,3 FM), dans le cadre de l’émission Entracte, je reçois Stéphane Aquin, conservateur de l’art contemporain au MBAM et commissaire de l’exposition Peter Doig. Nulle terre étrangère, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal jusqu’au 4 mai 2014.

Première diffusion : le samedi de 12h30 à 13h, en reprise le soir même à minuit. Le jeudi suivant, de 17h à 17h30.

Vous pouvez aussi réécouter en tout temps l’émission Entracte en vous rendant à mon billet de la semaine sur le site Web des Irrésistibles.

Samedi dernier, je recevais le comédien Patrice Dubois venu nous parler de la pièce The Dragonfly of Chicoutimi de Larry Tremblay, présentée à l’Espace Go jusqu’au 19 avril 2014.

ENTRACTE M Poggi - 2014 04 12 Patrice Dubois

Je vous souhaite une très belle fin de semaine et bonnes lectures,
Marie-Anne


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Aventures dans la France gourmande : avec ma fourchette, mon couteau et mon tire-bouchon

Mayle, Peter

Aventures dans la France Gourmande Visites de divers festivals, foires et festivités gastronomiques hors du commun servies à la sauce Peter Mayle, bien armé d’un couteau, d’une fourchette et de son tire-bouchon. De la foire aux escargots de Martigny à la Messe des truffes de Richerenches en passant par le Marathon du Médoc, l’auteur d’Une année en Provence (1994) nous entraîne, cette fois, dans un tour de France insolite et fantasque. Les plaisirs de la table quoi ! Titre original : French Lessons Membre : Île-des-Sœurs Mayle, Peter. Aventures dans la France gourmande : avec ma fourchette, mon couteau et mon tire-bouchon, Éditions Nil, 2002.

Écriture : mémoires d'un métier

King, Stephen

Ecriture memoires d-un metier Un livre très généreux sur l'écriture qui est aussi une apologie de la lecture. Car Stephen King est un très grand lecteur, depuis le plus jeune âge. Il est très cultivé et peut évoquer dans ses livres aussi bien Shakespeare que les écuries d'Augias, Yeats que Walt Disney. En première partie, il explique son parcours d’écrivain, très clairement, comme toujours, et aussi avec la passion qui l'anime. La deuxième partie donne des conseils à ceux qui voudraient se lancer dans l'écriture et aider les autres à comprendre pourquoi, lui, il est si agréable et si intéressant à lire. Des exemples, souvent racontés avec un humour de bon aloi, rendent le récit très vivant. Ce qu'il prône, il le pratique. J'ai trouvé que ses conseils étaient très judicieux et, en toute humilité, je trouve que plusieurs auteurs devaient s'en inspirer, comme certains Français qui se roulent dans l'auto-fiction et certains Québécois qui se plaisent au mur des lamentations. Stephen King tient à parler de la « vraie vie » sans complaisance ni amertume et la science-fiction n'est là que pour presser le citron à ses personnages. L'horreur, c'est un peu l'indicible dit autrement et ce qui permet de parler de ce qui restera toujours un mystère, comme la mort. Il ajoute aussi que le sang, par exemple, est souvent symbolique. Il peut évoquer le sacrifice, la féminité, le péché et la rédemption. Une très belle découverte pour moi. Titre original : On Writing : A Memoir of the Craft Membre : Île-des-Sœurs King, Stephen. Écriture : mémoires d'un métier, Éditions Albin Michel, 2000, 2001.

Je reviens te chercher

Musso, Guillaume

Je reviens te chercher C'est un auteur dont je n'avais jamais entendu parler et c'est par hasard que je suis tombée sur ce roman à suspense, plein de mystères que le lecteur a parfois du mal à saisir. En résumé, il faut se dépêcher d'aimer et de vivre avant d'avoir franchi le point de non-retour. Peut-on en quelques heures rattraper les erreurs de sa vie ? C'est ce qu'expérimente le héros du roman, Ethan. Il est amoureux de Céline qu'il quitte brutalement sans explication, cette Céline dont il aura une fille, Jessy, ce qu'il ignorera longtemps. Il devient riche et très célèbre, mais dans une grande solitude morale, lorsqu'il reçoit, 15 ans après l'avoir quittée, un faire-part de mariage de Céline ; il se rend compte alors qu'il l'a toujours aimée. Il décide d'aller la reconquérir avant qu'il ne soit trop tard. Après quelques heures folles et vraiment mystérieuses au cours desquelles il aurait dû mourir plusieurs fois, il est abattu par un inconnu encapuchonné qui le poursuit toujours. Puis l'incroyable survient, la journée recommence comme si le héros avait une seconde chance pour revivre ces heures décisives. C'est là que le lecteur se perd, d'autant plus que chaque chapitre est daté, jour et heure à la minute près ; parfois, ces dates font référence à des jours ou à des semaines précédentes, et alors on a du mal à s'y retrouver… À moins peut-être de lire ce roman d'une traite. Le dénouement est stupéfiant. Cet auteur a écrit depuis Central Park (2014), en vente actuellement, et je ne le lirai que s'il me tombe sous la main ! Membre : Outremont Musso, Guillaume. Je reviens te chercher, Éditions XO, 2008, 331 pages.

L'Espionne de Tanger

Duenas, Maria

L-espionne de Tanger Une jeune espagnole émigrée, crée à Tétouan, au Maroc, un atelier de couture qui fait le bonheur de riches expatriées. Elle devient vite leur confidente. Quand la guerre éclate, la maîtresse d'un haut-commissaire lui fait une proposition : être un agent des forces alliées. Ce qui fait vivre à Sira plus qu'une double vie, compte tenu de sa situation familiale. On pourrait qualifier ce genre littéraire de « chick lit », mais le fait d'être sensibilisé à l'époque de Franco et de ses relations avec les Allemands compense avantageusement. Bonne lecture ! Titre original : Tiempo entre costuras Membre : Cercle littéraire Bridge-Québec Duenas, Maria. L'Espionne de Tanger, Éditions Robert Laffont, 2009, 2012, 599 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Degré suprême de la tendresse

Marienské, Héléna

Le degre supreme de la tendresse Il ne faut pas entrer dans cet ouvrage en s’attendant à trouver là une apologie de la tendresse. C’est plutôt « hard », comme on dit aujourd’hui, voire « trash »… Les premières pages s’ouvrent sur le sang qui coule dans le caniveau, faisant hurler le violeur, et libérant la violée dont les jeunes dents ont tranché dans le vif… Tout l’art d’Héléna Marienské va s’exprimer alors dans la déclinaison de la scène, plus ou moins arrangée, remaniée, en huit pastiches fort réussis de différents auteurs aussi éloignés les uns des autres que le ciel l’est de la terre. Nous trouvons là Montaigne qui côtoie Houellebecq, le caïd de la zone qui fredonne en verlan, avec l’accent du quartier, cela va de soi, La Fontaine, Perec, Céline… Dans la deuxième partie, nous ne sommes plus vraiment surpris par la teneur du récit, et nous pouvons donc apprécier l’incroyable facilité de la romancière à passer d’un auteur à l’autre sans jamais nous lasser, bien au contraire. La plume de Marienské est tour à tour vive, expressive, furieuse, enjouée, crue, fouineuse, jouisseuse. Elle explore et croque avec gourmandise la langue de ces différents écrivains et réussit admirablement à faire passer le message que l’abus de pouvoir en trouve toujours un plus violent. À savourer tout particulièrement le morceau intitulé « Chupa Chups » assez mordant… Mais Montaigne décrivant la scène n’est pas mal non plus ! Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Marienské, Héléna. Le Degré suprême de la tendresse, Éditions Éloïse d’Ormesson, 2008.

Le Jardin sablier

Plomer, Michèle

Le jardin sablier Un tout petit livre à savourer lentement. Sorte de journal égrenant les jours et les mois en contemplation devant son jardin. Très zen et agréable à lire pour ceux et celles qui aiment célébrer la nature à travers de simples observations journalières. Membre : Outremont Plomer, Michèle. Le Jardin sablier, Éditions Marchand de feuilles, 2007, 91 pages.

Le Premier amour

Márai, Sándor

Le Premier Amour Je viens de lire avec un immense plaisir le premier roman écrit par Sándor Márai, publié initialement en 1928. Dans ce roman, un professeur quinquagénaire enseigne dans un lycée hongrois. Il se confie à son journal où il raconte une vie solitaire et casanière auprès de sa gouvernante, ses sorties au cercle, ses cours de latin et ses rares visites au bordel. Jusqu’au jour où il va découvrir l’amour et la jalousie qui le conduisent à une effrayante psychose. C’est un roman lent où l’action avance par touches minuscules. La description de la solitude du personnage est d’une précision chirurgicale. À lire ! Titre original : Bebi, vagy az elso szerelem Membre : Mercier-Hochelaga-Maisonneuve Márai, Sándor. Le Premier amour, Éditions Albin Michel, 1928, 2008.

Le Roman du piano : du XIXe au XXe siècle

Hildebrandt, Dieter

Le roman du piano Un récit qui se lit comme un roman et dont le personnage principal est un piano. Il raconte deux siècles d’histoire de cet instrument et de ses figures marquantes, en compagnie des époux Schumann ainsi que de Brahms, Liszt, Chopin, Debussy, Stravinsky et John Cage. Il est aussi question des grands interprètes contemporains comme Rubinstein, Glenn Gould, Horowitz, Scott Joplin et le ragtime, la musique de film, l’improvisation et le jazz. Avec ses anecdotes, citations et illustrations, Le Roman du piano est avant tout une histoire passionnée de cet instrument mythique qui a traversé des siècles de chefs-d’œuvre et d’émotions. Membre : Île-des-Sœurs Hildebrandt, Dieter. Le Roman du piano : du XIXe au XXe siècle, Éditions Actes Sud, 2003.

Le Voile de la peur

Shariff, Samia

La Voile de la peur Voici un livre qui m’a touchée profondément. L’auteure raconte sa vie de femme musulmane en Algérie. Son plus grand défaut est d’être une femme pour ses parents, une honte. On la marie de force avec un associé de son père. Elle se fait battre et violer à répétition. Elle subit au quotidien des violences physiques et psychologiques inimaginables de la part de son mari et de sa famille. Elle ne pense qu’à une chose : fuir avec ses enfants, se trouver un pays d’accueil qui pourra l’accueillir. Très prenant, je l’ai lu en deux jours. Membre : Ste-Dorothée Shariff, Samia. Le Voile de la peur, Éditions Jean-Claude Lattès, 2006. Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Origine suspecte

MacDonald, Patricia

Origine suspecte Voici un polar des plus intéressants. Une maison passe au feu. La mère y perd la vie, mais sa fille de neuf ans est sauvée par un voisin. L’enquête révèle que le feu a été allumé par une main criminelle. Le mari était absent. Son alibi n’est pas prouvé. Qui a tué la mère ? Beaucoup de surprises... Passionnant ! Titre original : Suspicious Origin Membre : Outremont MacDonald, Patricia. Origine suspecte, Éditions Albin Michel, 2003.

Tom à la ferme

Dolan, Xavier

Tom a la ferme La critique dit de ce film que c'est le plus abouti de Xavier Dolan. Je le vois personnellement plus comme un exercice de style, assez bien réussi il est vrai. Xavier Dolan a, sans nul doute, du talent, tant comme acteur que comme réalisateur. Il a su exploiter parfaitement les ficelles du bon thriller transmettant efficacement au spectateur l'anxiété, pour ne pas dire l'angoisse, ressentie par Tom. (Notons au passage que le film est bien servi par la musique de Gabriel Yared). Mais ce n'est pas le seul aspect du film où sont mis en scène les ravages du non-dit, les conséquences du déni et les ambiguïtés et ambivalences des relations du type amour-haine. Le film raconte comment Tom, en perte de repères, entre dans un processus d'aliénation et d'expiation masochiste, pour faire face au deuil qui le déboussole au point de faire sien le milieu familial délétère de ses hôtes. J'ai apprécié, entre autres, la finesse de l'analyse et le jeu des acteurs. Par contre, je suis sortie de la salle, un peu frustrée, n'étant pas sûre d'avoir tout compris, comme s'il me manquait, outre des bribes de dialogue, quelques clefs pour combler ce que j'ai perçu comme des invraisemblances ; invraisemblances qui passent plus facilement au théâtre - entre deux actes, deux scènes - qu'au cinéma où l'on attend une plus grande continuité, une plus grande unité. À cet égard, la fin du film a déçu les attentes que l'ambiance si patiemment mise en place avait créées. En résumé : un film que je recommande par un réalisateur extrêmement prometteur. Le scénario est signé par Xavier Dolan et Michel Marc Bouchard, d’après sa pièce de théâtre. Membre : Île-des-Sœurs Dolan, Xavier. Tom à la ferme, film québécois, 2013.
pas touche!!!