22/09

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en me rendant rue Papineau voir Les Inconnus de Julie-Anne Ranger-Beauregard – production du Crachoir, en codiffusion avec le Théâtre de la Manufacture –. Agréablement surprise, je fus.
La prémisse de départ est simple, mais se complexifie au fur et à mesure du déroulement de l’action. Au bar Le Volcan, c’est soir « Frenche-moi, l’événement spécial ». Parmi la foule, deux êtres solitaires, Macha (Marie Bernier) et Alexis (Alexandre Fortin), vont faire connaissance. Macha vient de se faire voler son portefeuille. La conversation s’établit rapidement entre elle et Alexis qui accepte de lui offrir un verre, sans rien exiger en retour. Commence alors une joute verbale livrée au quart de tour. Jusque-là, vous pourriez à la limite me dire : « Marie-Anne, on a déjà vu ça, ce n’est pas très original. » Mais c’est mal connaître Frédéric Blanchette, metteur en scène, et Elen Ewing, scénographe. Ils ont réussi à s’approprier les lieux, créant un environnement parfait pour ce genre de situation.
La salle, étant divisée en deux, les spectateurs se font face. Les comédiens, très justes dans leur interprétation, se parlent tout au long de la petite heure que dure le spectacle à travers un panneau de plexiglas – belle trouvaille. On sent très vite qu’il y a une attirance entre ces deux trentenaires qui s’apprivoisent, se relancent, se désirent. Plusieurs questions se posent : sont-ils vraiment des inconnus qui apprennent à se connaître ? Sont-ils seuls ? En couple ? Pour quelle(s) raison(s) sont-ils venus dans ce bar ? Tout bascule à l’instant où Macha franchira l’autre côté du miroir, tandis qu’Alexis prendra la place de celle vers qui il est attiré. Que se passera-t-il à partir de là ? Tout n’est-t-il pas qu’éphémère, illusion, mensonge ? Vous avez jusqu’au 30 septembre pour aller à la Petite Licorne et vous faire votre propre opinion.

Le lundi 26 septembre, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec la comédienne Sylvie Drapeau, qui nous parlera de la pièce La Délivrance, troisième partie de la trilogie de Jennifer Tremblay, présentée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au 15 octobre 2016.

Lundi dernier, je recevais Lorraine Pintal, directrice générale et artistique du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), venue nous parler des 65 ans de l’institution et de la pièce Tartuffe de Molière, présentée jusqu’au 22 octobre 2016.

Culture à la carte - 20160919 - M.-A. Poggi - Lorraine Pintal

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En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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D'autres vies que la mienne

Carrère, Emmanuel

dautres-vies-que-carrere Coup de cœur bouleversant pour ce roman d’Emmanuel Carrère. Incapable d’en parler, j’en ai encore le souffle coupé. Il y est question de vie et de mort, de maladie, d’extrême pauvreté, de justice et surtout d’amour. Tout y est vrai. À lire absolument… Membre : Île-des-Soeurs Carrère, Emmanuel. D'autres vies que la mienne, Éditions P.O.L., 2009, 310 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Disclaimer

Renée, Knigth

disclai-knight Vous avez sûrement déjà lu ou vu l’avertissement : « Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite. » Inopinément, vous trouvez un livre sur votre table de chevet. Vous y lisez l’avertissement ci-dessus. Vous en commencez la lecture. Des photos compromettantes tombent du livre. Vous découvrez que ce livre contient tout votre vécu, incluant des événements troublants, scandaleux dont vous vous pensiez libérée étant donné que l’autre est décédé. Comment réagissez-vous ? Dans ce relatif nouveau genre littéraire « domestique noir » où logent déjà Gone Girl (2014) et The Girl on the Train (2014), je considère Disclaimer meilleur et plus actuel. Bonne lecture ! Membre : St-Eustache Renée, Knigth. Disclaimer, HarperCollins Publishers, 2015, 2016, 352 pages.

Hôzuki

Shimazaki, Aki

hozuki-aki L’auteure se plaît à donner un titre de fleur à chacun de ses romans. Ici c’est l’hôzuki, le physalis ou l’amour-en-cage et qui, en langage des fleurs, signifie aussi mensonge. L’auteure se plaît également à donner vie aux mêmes personnages rencontrés dans des romans précédents. Dans celui-ci, nous retrouvons Mitsuko Tsuji, la jolie jeune femme qui était entraîneuse dans un bar dans le roman Azami. Si chaque vendredi soir, Mitsuko devient Azami dans un bar de 1ère classe, le reste de la semaine, elle est bouquiniste. Elle possède une boutique dans une petite rue de Nagoya. Elle est aussi et surtout la mère de Tarô, un enfant métis et sourd-muet. Un jour, une femme entre dans la boutique avec sa fille, Hanako. Elle est à la recherche de livres pour son mari, diplomate. Les deux enfants, Tarô et Hanako, font connaissance et deviennent rapidement amis. Les enfants se reverront sous la surveillance des deux femmes. Mitsuko va devenir la confidente involontaire de cette femme qui a un lourd secret. Mitsuko, quant à elle, cache également un secret. Serait-il commun ? Aki Shimazaki a à cœur de parler du quotidien des gens, des liens qui les unissent, de la société et de ses contraintes. Ce court roman est une réussite et le lecteur découvre, une fois encore, un pan de la société japonaise. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur, du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Shimazaki, Aki. Hôzuki, Éditions Actes Sud, 2015, 141 pages. Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'Archipel d'une autre vie

Makine, Andreï

larchipel-dune-makine L'Archipel d'une autre vie est un hymne à la liberté qui se passe dans la taïga soviétique des années 50, où seul Andreï Makine peut nous entraîner. Avec toute la poésie qu'on lui connaît. C'est le récit de Pavel Gartsev qui a été mobilisé pour participer à des opérations fictives, comme se défendre en cas d'attaques atomiques. Au cours de ces manœuvres, le caractère des gradés de l'armée se révèle : les uns hautains, les autres parvenus, le tout sur fond de délation à l'ère stalinienne. Jusqu'à ce qu'on leur demande de traquer un prisonnier qui s'est échappé d'un camp. Cette traque dans la taïga dont les pins sont à hauteur d'homme, ce prisonnier qui semble se moquer de ses poursuivants, marquent Gartsev. Plus la traque se poursuit, plus le voyage devient initiatique pour ce narrateur. Il doit écouter, le soir, ses compagnons de virée décrire de hauts faits d'armes, avérés ou faux. Dans l'espace situé aux confins presque de l'Asie, la réflexion de Gartsev l'amène peu à peu à se distancier de ses compagnons. Quand il connaît l'identité de la personne poursuivie, sa réflexion l'amène à admirer la proie. Revenu au camp militaire, emprisonné parce qu'on le soupçonne d'avoir laissé filer la proie, il se libère et part la rejoindre au bord de l'archipel des Chantars, là où une autre vie les attend. Roman puissant, philosophique, comme un voyage au bout de soi, comme j'aime appeler les road movies. À lire absolument ! Membre : Montréal Makine, Andreï. L'Archipel d'une autre vie, Éditions du Seuil, 2016, 288 pages.

L'Étrange vie de Nobody Owens

Gaiman, Neil

letrange-vie-de-nob-gaiman La nuit où un mystérieux tueur assassine ses parents, un bébé trouve refuge dans le cimetière voisin. Adopté par un couple de fantômes, le petit Nobody Owens grandit paisiblement avec les habitants du cimetière. On suit les aventures de Nobody avec plaisir, découvrant un gamin mi-fantôme mi-humain, attiré par le monde des vivants, mais empli d’un profond respect pour ses amis fantômes. Un roman où l’on tombe avec facilité dans un univers fantastique, intrigant, à la fois drôle et sombre créé par Neil Gaiman. Pour les jeunes qui ne sont pas effrayés facilement ! Illustrations de Dave McKean. Titre original : The Graveyard Book Membre : Outremont Gaiman, Neil. L'Étrange vie de Nobody Owens, Éditions Albin Michel, collection Wiz, 2009, 310 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Jeune épouse

Baricco, Alessandro

la-jeune-epou-alessand En Italie, une jeune épouse débarque dans une famille très riche. Elle doit se marier avec le Fils. Il est présentement dans un autre pays. Ce dernier lui fait parvenir des cadeaux en attendant son retour. La jeune épouse aura droit, pendant ce temps, à un apprentissage sensuel de la part de la fille handicapée, de la mère et du père. Ce qui est très étrange, l’auteur écrit à la première et à la troisième personne sans égard au lecteur. C’est là un Baricco fort désagréable et plein de sous-entendus inutiles. À éviter ! Titre original : La Sposa Giovane Abonnée : Germaine-Guèvremont Baricco, Alessandro. La Jeune épouse, Éditions Gallimard, collection Du monde entier, 2015, 2016, 224 pages. Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Bonheur conjugal

Ben Jelloun, Tahar

le-bonheur-ben-jelloun Ce roman est un long témoignage des difficultés majeures rencontrées dans la vie d'un couple : Soulane et Amina. Tout commence par les grandes différences culturelles entre un homme de 36 ans, issu de la haute bourgeoisie marocaine, et celle de son épouse aussi marocaine, de 24 ans, scolarisée à Paris et issue d'un petit village et de parents pauvres, du sud du Maroc. Ces différences se manifestent rapidement et intensément le jour même de leur mariage ! Soulane est un peintre célèbre et mondialement reconnu. Il fait de nombreux voyages à l'étranger pour préparer ses expositions. Amina est une femme au foyer, dont les préoccupations majeures sont les enfants tout en accompagnant Soulane dans ses relations sociales. Après plusieurs années de vie commune, de disputes et d'oppositions mutuelles, Soulane est happé dans un accident de voiture qui le rendra paraplégique pour le reste de ses jours. Soulane est un homme courageux et déterminé à retrouver sa forme physique pour recommencer à peindre. Amina se crée un groupe de femmes amies et décide de vivre sa vie comme elle l'entend. Elle demeure une femme amoureuse de son mari, mais aussi dotée d'une puissante jalousie, alors qu'elle découvrira que Soulane est un homme à femmes depuis toujours et a continué de l'être, même après leur mariage. Tout ce qui précède se retrouve dans la première partie du roman. La deuxième constituera la réponse d'Amina à cet homme qui aimait trop les femmes. Donc, un long plaidoyer de déchirements, de violences ; je vous laisse lire la suite avec courage. L'écriture est magnifique et semble relever d'une étude comportementale de la part de l'auteur. Son vocabulaire est précis, diversifié, prolifique et visuel. Toutefois, malgré le fait que j'apprécie hautement Tahar Ben Jelloun (j'ai lu plusieurs de ses livres), je ne peux que vous dire que je n'ai pas aimé Le Bonheur conjugal. Il y manque certains moments de bonheur, pour permettre au lecteur de reprendre son souffle et d'entrevoir un peu d'espoir jusqu'à la fin de cette histoire ! Membre : Outremont Ben Jelloun, Tahar. Le Bonheur conjugal, Éditions Gallimard, 2012, 363 pages.

Mémoire de fille

Ernaux, Annie

memoire-ernaux Un tout petit livre, comme Annie Ernaux a l'habitude de les commettre. L'auteure revisite sa jeunesse et surtout un passage comme monitrice dans une colonie (au Québec, on dirait un camp de vacances pour jeunes). Elle a 18 ans, en mai 1958. Elle ne connaît rien des garçons, rien des relations sexuelles, rien de tout ça. Elle le découvrira brutalement par un responsable de la colonie, mais plutôt irresponsable côté humain ! Cet événement, et l'été qu'elle passera à cet endroit, elle voudra l'oublier toute sa vie. Elle voudra s'oublier telle qu'elle était et surtout telle qu'elle était perçue. Annie Ernaux s'ouvre à nous, se confie et se dévoile. Elle souffre de boulimie à cette époque. Elle nous fait généreusement le récit de son parcours qui la mènera à l'écriture. Elle passera vers l'École normale pour devenir institutrice, mais ce sera vers les Lettres qu'elle ira. Et c'est la destination où elle se sent bien, où elle se sent à sa place ! La lire, c'est la mémoire d'une époque et c'est assister à la naissance d'une écrivaine unique, une voix essentielle. Membre : Laval-Vimont Ernaux, Annie. Mémoire de fille, Éditions Gallimard, collection Blanche, 2016, 151 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Seul dans le noir

Auster, Paul

seul-dans-auster Si vous voulez mon avis, Auster ne doit pas dormir beaucoup. Son imagination doit être active au moins 23 heures sur 24. Il s’agit ici d’une sorte de fiction que s’invente un homme accablé de douleur par la perte d’êtres chers. Il dort à peine, et, la nuit, pour ne pas tomber dans une mélancolie qui l’inciterait au suicide, il invente une histoire d’un monde parallèle. Mais la réalité de son imagination va-t-elle le rattraper ? La vie, la mort, le deuil, l’amour… toujours les mêmes thèmes… toujours ce qui nous maintient en vie, nous fait réfléchir. Comme cette phrase qui me hante : « Betty était morte d’un cœur brisé. Il y a des gens qui rient en entendant cette expression, mais c’est seulement parce qu’ils ignorent tout de la vie. Ça arrive tous les jours et ça continuera d’arriver jusqu’à la fin des temps. » Encore une fois, Auster nous parle de ses idées fixes : les hasards, les coïncidences, les multiples spirales de la vie… mais également des interrogations d’un homme arrivé à la fin de sa vie, avec tout ce que cela comporte de bons souvenirs, mais aussi d’amères déceptions. Titre original : Man in the Dark Membre : Montréal Auster, Paul. Seul dans le noir, Éditions Actes Sud, Leméac, 2008, 181 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Uashat

Bouchard, Gérard

uash-bouchard En 1954, Florent, étudiant en sociologie, jeune sans expérience, fait un stage à Uashat village amérindien près de Sept-Îles pour y faire une étude généalogique de la population. Il habite la réserve avec Grand-Père qui lui raconte la vie des Indiens. Il rencontre aussi les familles qui lui parlent de leur vie dans la réserve. Il va à Sept-Îles rencontrer les autorités et le curé ; il y fréquente également les bars. Livre très intéressant sur les mœurs et coutumes des Amérindiens, leurs rapports avec les Blancs, le clergé, les politiciens, toute la misère, les conflits et le drame qui y résultera. Extrêmement bien écrit, captivant et finalement, on en apprend pas mal… À vous de vous faire une opinion ! Membre : Germaine-Guèvremont Bouchard, Gérard. Uashat, Éditions du Boréal, 2009, 321 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Un membre permanent de la famille

Banks, Russell

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Écoutez le coup de cœur d’un membre du Club des Irrésistibles lu par Marie-Anne Poggi.

Irrésistibles 20160922

Banks, Russell. Un membre permanent de la famille, Éditions Actes Sud, 2013, 2015, 240 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

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