16/02

Le Billet de la semaine

Bonjour à vous toutes et à vous tous,

Après Le Feu de mon père en 2014 et Tiroir no 24 en 2010, Michael Delisle est de retour avec Le Palais de la fatigue.

Sur la page couverture, les éditions du Boréal ont inscrit « nouvelles ». J’opterais plutôt pour « récits », car les six histoires se complètent, se répondent, reprenant les mêmes personnages à des âges différents.

Deux frères habitent Longueuil chez leur mère, agente immobilière assez spéciale. Celle-ci vient d’aménager dans un cottage tout neuf que lui a promis « un riche promoteur libanais » en échange de... Durant quelques jours, un locataire particulier (attendez de voir !) va loger chez eux, ramené par Johnny, l’oncle des garçons.

La deuxième histoire, qui porte le titre éponyme du recueil, se déroule en 1978 alors que le narrateur, maintenant âgé de 18 ans, fait son entrée au cégep. Il se rapproche de son professeur de poésie québécoise qui aime les jeunes garçons. Après un voyage d’une semaine à Londres en sa compagnie, il emménage chez lui, se met à l’écriture et désire trouver un éditeur.

Pendant ce temps, le frère du narrateur fréquente Carole qui a les mêmes aspirations politiques que lui et avec laquelle il aura un fils, Eddy. Quelques autres personnages viennent se greffer à ceux déjà mentionnés, à commencer par Johanne Falardeau, amie du narrateur qui souhaite devenir acupunctrice, et Jogues, photographe de grand talent qui, après une trentaine d’années de travail acharné, annonce que « son œuvre est finie ».

Le narrateur se ballade de Longueuil à Montréal, en passant par le mont Tremblant, Paris et la Bulgarie. Le Palais de la fatigue alterne aussi entre l’envie d’écrire et la difficulté d’être publié, les attentes d’une première relation sexuelle et ses déceptions, les joies reliées à la naissance d’un enfant mais aussi les désillusions, les renoncements et les abandons.

Et l’auteur de conclure sur ces lignes : « Je travaille avec une ambition de plus en plus élémentaire. J’écris pour voir à quoi la vie ressemble, une fois écrite. » Effectivement, l’écriture de Michael Delisle est minimaliste, concise, qui nous plonge dans une atmosphère intimiste, toute en finesse.


Le lundi 20 février, à Radio VM (91,3 FM), de 17h45 à 18h, dans le cadre de Culture à la carte, je m’entretiendrai avec la comédienne Louise Turcot, qui nous parlera de la pièce Ne m’oublie pas de Tom Holloway, présentée chez Duceppe jusqu’au 25 mars 2017.

Elle nous entretiendra également de son roman pour adolescents Laura, publié chez Québec Amérique.

Lundi dernier, je recevais la comédienne Sylvie Drapeau, venue nous parler des pièces La Cantatrice Chauve suivie de La Leçon d’Eugène Ionesco, présentées au Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 4 mars 2017.

Elle nous entretenait également de son récit Le Ciel, publié chez Leméac.



Les Irrésistibles de Marie-Anne ont maintenant leur page Facebook. Venez voir !

https://www.facebook.com/LesIrresistiblesDeMarieAnne

En vous rendant sur la chaîne YouTube à l’émission Les Irrésistibles de Marie-Anne, vous pourrez entendre, à chaque semaine, mes commentaires et critiques de théâtre ou d’arts visuels.

Je vous souhaite de très belles découvertes et à la semaine prochaine,

Marie-Anne


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Castro

Kleist, Reinhard

Castro plus gros format Quelques mois avant la révolution de 1959, Karl Mertens, journaliste allemand, s’envole pour Cuba afin de faire le portrait de Fidel Castro. Témoin privilégié de la révolution, il se fait raconter l'enfance de l'homme, ses premières interventions armées, son exil au Mexique et la rencontre avec le Che. Parmi les rebelles, il fait l'expérience des premières heures de la révolution, les combats, le départ de Batista, la prise de pouvoir de Castro, la baie des Cochons, la crise des missiles cubains. Reinhard Kleist réalise une œuvre passionnée et passionnante qui s’interroge sur le destin de l’homme, entre libérateur flamboyant et dictateur cynique, ainsi que sur les réactions qu’il a déclenchées. Féru ou non d’histoire politique, je me suis laissé emporter par la magie de ce récit qui tient au caractère objectivement passionnant de la vie politique cubaine durant la seconde moitié du 20e siècle et par le charisme de Castro. Je vous conseille la lecture de ce carnet de bord d'une révolution cubaine, d'hommes et de femmes, d'un pays. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Kleist, Reinhard. Castro, Éditions Casterman, collection Écritures, 2012, 282 pages.

Chanson douce

Slimani, Leïla

Chanson douce Sliman

Myriam désire retourner travailler. Adam est encore bébé et Mila est en maternelle. Paris, 10e arrondissement. Ils vont chercher une nounou et semble avoir trouvé la perle, Louise. Elle a de bonnes références, les derniers employeurs étaient très contents. Louise est parfaite avec les enfants et en plus elle fait la lessive, les repas, elle est toujours disponible.

De plus en plus, les parents comptent sur elle, mais Louise compte également sur eux. Une dépendance dangereuse. Même si on connaît le drame dès la première page, on s'accroche à cette chronique d'une descente aux enfers, pour comprendre. Poignant ! Membre : Laval-Vimont Slimani, Leïla. Chanson douce, Éditions Gallimard, collection Blanche, 2016, 240 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Continuer

Mauvignier, Laurent

Continuer Mauvi grand format Récit passionnant d'une mère prête à tout pour éveiller Samuel, son fils de 16 ans, enfermé avec ses écrans, comme les jeunes d'aujourd'hui. Elle entreprend une randonnée de plusieurs mois à cheval, dans les montagnes du Kirghizistan. Au grand dam de son père qui n'est pas tout à fait d'accord, car il connaît l'état fragile de sa mère et les excès qu'elle peut commettre. Une aventure qui ne les laissera pas indemnes. Intense ! Membre : Laval-Vimont Mauvignier, Laurent. Continuer, Éditions de Minuit, 2016, 238 pages.

L'Amie prodigieuse. 1, Enfance, adolescence

Ferrante, Elena

lamie prodig ferrante

Écoutez le coup de cœur d’un membre du Club des Irrésistibles lu par Marie-Anne Poggi.

Irrésistibles 20160216

Ferrante, Elena. L'Amie prodigieuse. 1, Enfance, adolescence, Éditions Gallimard, 2011, 2014, 389 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

L'autre qu'on adorait

Cusset, Catherine

lautre quon adorait Cusset

Une histoire vraie… Thomas, 39 ans, se suicide en avril 2008 sur le campus d’une université américaine. Il enseignait la littérature française et l’histoire du cinéma.

Je partage tout à fait la recension, en décembre dernier, d’un membre du Club des Irrésistibles de France. Dans son 13e roman, Catherine Cusset nous déçoit profondément.

Je ne m’explique guère qu’elle ait été en lice à l’automne dernier pour, entre autres, le prix Goncourt. Abonnée : Germaine-Guèvremont Cusset, Catherine. L'autre qu'on adorait, Éditions Gallimard, collection Blanche, 290 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La fille qui tombe du ciel

Mawer, Simon

La fille qui tombe du ci Ce roman raconte l'histoire d'une jeune fille née à Genève qui se retrouve en formation à Londres pour rejoindre la Résistance française. C'est presque un « coming of age » d'une jeune femme romanesque, romantique et prête à tout. Elle est suisse de naissance, française de coeur et surtout résistante face à l'ennemi. 1940 : sa beauté, son intelligence, sa témérité font d'elle une espionne idéale, elle mène sa double mission d'une main de maître et la réussit à la perfection sauf que... Quand j'étais petite – Modèle 1951, génération Tintin, Agent Secret, Opération-mystère, CF-RCK, Les Enquêtes Jobidon, Bob Morane – je rêvais de devenir espionne, les résistants me fascinaient. Tout comme La Vie aux aguets (2007) de William Boyd était venu trouver une partie de ma jeunesse, ce roman m'a aussi beaucoup plu. Titre original : The Girl Who Fell From the Sky Membre : Punta Gorda, Floride Mawer, Simon. La fille qui tombe du ciel, Éditions Le Cherche midi, 2012, 2014, 492 pages.

La Grand-mère de Jade

Deghelt, Frédérique

La grandmere de Jade

Jade, la narratrice, écrit des romans qui sont tous refusés par les éditeurs. Quand son petit ami la quitte, elle décide d’aller chez sa grand-mère qui doit bientôt rentrer en maison de retraite. Elles vont vivre ensemble pendant trois mois, elles apprendront à se connaître et, contre toute attente, vont bien s’entendre…

Ce roman est une belle histoire, un bel échange entre deux générations. L'écriture est fluide et le récit juste sympathique au départ prend peu à peu de l'ampleur et l'on partage avec intérêt la vie, les lectures et les passions des deux protagonistes, mais aussi la belle relation qui se tisse entre elles.

Ce livre se savoure comme un petit dessert sucré et fondant. Membre : France Cette suggestion est proposée par un lecteur du Pays de Romans – France, membre du club de lecture Troquez vos Irrésistibles et partenaire du Club Les Irrésistibles des Bibliothèques de Montréal. Deghelt, Frédérique. La Grand-mère de Jade, Éditions Actes Sud, 2009, 391 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

La Succession

Dubois, Jean-Paul

La succession gros format

Avoir le suicide en héritage. Voilà la « succession » dont il est question dans le dernier roman de Jean-Paul Dubois.

Paul Katrakilis est un héros attachant et désabusé typique des personnages de cet auteur. L'histoire se passe entre Miami où Paul vit ses années les plus heureuses comme joueur de pelote basque, passion de son enfance, et Toulouse où il reprend le cabinet de médecin de son père à la mort de celui-ci. Dans ce décor austère de la maison familiale, il se rapproche du tragique destin de sa lignée.

Ce roman a été sélectionné au premier tour du Goncourt 2016. Membre : Ville Mont-Royal Dubois, Jean-Paul. La Succession, Éditions de l’Olivier, 2016, 234 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Le Poids de la neige

Guay-Poliquin, Christian

Le Poids de la neig Un auteur du Québec qui possède une maîtrise de l'écriture remarquable. Une histoire incroyable qui nous empoigne dès le départ. Une panne d'électricité, un village isolé, deux hommes coincés dans une maison éloignée du centre, le plus âgé ayant accepté, moyennant l'approvisionnement en nourriture et la promesse d'un départ, de soigner le jeune, blessé lors d'un accident. Un huis clos dense, entrecoupé de brèves interruptions de gens du village. Et la neige qui n'en finit plus d'envelopper, de recouvrir, d'isoler, d'emprisonner. La neige comme un personnage omniprésent. Une aventure formidable racontée avec brio. On ne sait pas ce qui s'est passé exactement et ne pas en parler ajoute au mystère présent tout au long du récit. Un exploit littéraire captivant. Un jeune auteur plein de talent ! Membre : Pointe-Claire Guay-Poliquin, Christian. Le Poids de la neige, Éditions La Peuplade, 2016, 296 pages.

Les Borgia

Lunel, Pierre

Les Borgia La couverture de ce livre laisse croire qu’il s’agit d’un essai historique. Toutefois, les lecteurs férus d’histoire ne trouveront pas leur compte dans ce qui est en fait un roman historique. Et, à mon humble avis, un mauvais roman historique. La vie du pape Alexandre VI Borgia (1431-1503) et de ses enfants, notamment César (1475-1507) et Lucrèce (1480-1519), est suffisamment sulfureuse sans qu’il soit besoin d’y inclure tous les ragots qui ont circulé à Rome à leur sujet, enrobés dans des dialogues peu vraisemblables. Peut-être le seul point positif du livre : un reflet assez exact de la cour papale de l’époque, qui aurait tant impressionné Martin Luther, mais qui est cependant bien mieux décrite dans d’autres ouvrages sérieux. Membre : Pierre, abonné de Guèvremont Lunel, Pierre. Les Borgia, Éditions Pascal Galodé, 2011, 307 pages.

Lion

Davis, Garth

Lion film « Séparé de sa famille et perdu dans Calcutta, un enfant échappe à divers pièges avant d’être adopté par un couple de Tasmanie. Vingt ans plus tard, grâce à Google Earth, il entreprend de retrouver les siens. » Coté 4, il mériterait plus. Cette histoire est vraie et le réalisateur nous invite à une réflexion sur les valeurs de la vie. Les images sont remarquables. À voir ! Avec, entre autres, Dev Patel, Rooney Mara, Nicole Kidman et David Wenham. Abonnée : Germaine-Guèvremont Davis, Garth. Lion, Film américano-britannique-australien, 2016, 2017.

Petit pays

Faye, Gaël

Petit pays gros format

Vous connaissez peut-être Gaël Faye. C’est un jeune auteur-compositeur-interprète de belles chansons bien rythmées.

Petit pays est son premier roman, et quel roman ! Il a gagné le Goncourt des lycéens en 2016. Gaël Faye, comme le héros du roman qui s’appelle Gaby, est né au Burundi. Gaby raconte sa belle vie de tous les jours au Burundi, ce pays en paix. Son père est Français, sa mère est Rwandaise. Puis, le bruit de l’Histoire vient tout bousculer.

C’est un poète, Gaël Faye : « […] sa voix était un instant de grâce, elle fondait comme un bout de sucre dans nos âmes », page 156.

Bonheur, tragédie et résilience, il y a tout ça dans ce roman. Il faut le lire !

J’oubliais de vous dire que Gaël Faye avait fait une chanson intitulée Petit pays. Elle est très belle. Il y a un clip de la chanson sur YouTube : écoutez ici.

Membre : Ahuntsic-Cartierville Faye, Gaël. Petit pays, Éditions Grasset, 2016, 224 pages.

Cette oeuvre a déjà été suggérée par le Club des Irrésistibles, lire ici.

Tante Jeanne

Simenon, Georges

Tante Jeanne Simen Dans une sorte de nouvelle autobiographique, Les Mémoires de Maigret (1950), Simenon écrit : « [Les personnages qui m'intéressent sont] ceux qui sont faits comme vous et moi et qui finissent, un beau jour, par tuer sans y être préparés. » Il poursuit en disant que « ni les crimes commis par des professionnels ni les crimes passionnels ne l'intéressent ». Dans Tante Jeanne, un autre de ses « romans durs », Simenon prouve ce qu'il avance : Jeanne et son frère Robert sont des gens des plus ordinaires qui voient leur vie basculer parce qu'un tout petit grain de sable vient bousiller l'engrenage. Babelio : « Une femme âgée revient dans son village après quarante ans d'absence. Lassée de la vie, elle y cherche asile et sécurité. Quand elle se rend chez son frère Robert qui avait repris le commerce de vin paternel, […] Jeanne Martineau découvre une famille à la dérive. » Ensuite ? Ne comptez surtout pas sur moi pour connaître la suite. Je vous laisse le plaisir de découvrir la fin et d'y prendre autant de plaisir que moi. Membre : Saint-Jean-sur-Richelieu Simenon, Georges. Tante Jeanne, Éditions Presses de la Cité, 1951, 100 pages.
pas touche!!!